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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“La mort a eu peur de moi”

Mohamed Merhari alias “Momo”
Co-organisateur de L’Boulevard
(DR)

Antécédents

1972. Naissance à Casablanca.
1994. Mort de son père.
1999. Première édition du Tremplin des jeunes musiciens (actuel L’Boulevard).
2003. Obtient un diplôme de directeur de centres de vacances et de loisirs.
2004. Naissance de sa fille, Inès.
2008. Prépare la 10ème édition de L’Boulevard.

Smyet Bak ?
Lâaddi Merhari.

Smyet Mok ?
Fatema Akkaoui.

Nimirou d’la carte ?
BE 612 733.

Momo, vous venez de frôler la mort après un accident cardiaque. Que s’est-il passé ?
En fait, c’est la mort qui m’a frôlé. Je pense que je lui ai fait peur, elle est partie en courant (rires).

Sincèrement, vous avez eu les chocottes, non ?
Je suis sérieux. La mort ne me fait pas peur. Comme il n’y a aucun moyen de l’arrêter, j’ai décidé de ne pas me prendre la tête.

Vous êtes insouciant ou philosophe ?
Je pense que je suis un peu les deux. Mais je pense être plus insouciant que philosophe. Ma vie, c’est lhamak.

Pourtant, vous organisez un évènement d’ampleur, cela nécessite un minimum de sérieux et d’organisation ?
Oui, bien sûr, mais il faut toujours une dose d’insouciance. Depuis les années 70, des gens essaient d’organiser quelque chose comme L'Boulevard. Beaucoup ont jeté l’éponge. Avec Hicham (Ndlr : Bahou, co-organisateur de L’Boulevard), on s’est accrochés, c'est tout.

En parlant de Hicham, on vous voit plus souvent que lui. Vous êtes Monsieur RP du duo ?
Hicham n’aime pas trop parler à la presse, tandis que moi, cela ne me dérange pas. Lui est plus back-office et conception graphique. La répartition des tâches se fait naturellement.

On va être amené à moins vous voir maintenant ?
ça va pas ou quoi (rires) ? Vous me verrez autant qu’avant !

Vous avez à peine 36 ans. Vous ne vous imaginiez pas avoir une attaque cardiaque…
Cela s’est passé en pleine nuit. J’ai senti une grosse douleur à la poitrine, mais j’étais à mille lieues de m’imaginer que c’était une attaque cardiaque. Le lendemain, je suis parti consulter un médecin qui m’a fait passer un électrocardiogramme. Quand j’ai vu sa tête (au médecin), j’ai cru que c’était lui qui avait une attaque.

Du coup, vous allez mener une vie un peu moins rock’n roll …
Oui, je suis obligé. Plus de cigarette, plus d’alcool. Je dois aussi moins stresser. Mais ça devrait aller, l’équipe s’est étoffée, donc, cela fait moins de charge de travail pour moi.

Vous avez été hospitalisé pour subir une opération au cœur, ce qui engendre pas mal de frais. Vous avez une couverture sociale ?
Non, j’ai juste une couverture musicale. Mes amis, parmi lesquels des musiciens, m’ont beaucoup aidé. Aujourd’hui encore, certains viennent aux nouvelles et demandent ce qu’ils peuvent faire pour moi. Je leur réponds : “Rien, on verra la prochaine fois” (rires). Je les soupçonne de vouloir me garder en vie (rires). À y voir de plus près, cet évènement est la seule “opération” rentable de ma vie.

Ah bon ? L'Boulevard ne vous a pas enrichi ?
Pas vraiment. Depuis quelque temps, Hicham et moi, nous nous versons un salaire. Mais pendant plusieurs mois, nous ne touchions pas un centime.

Qu’est-ce qui est prioritaire pour vous. Votre fille ou L’Boulevard ?
Ma fille d’abord, puis L'Boulevard. Mais à vrai dire, ce n’est pas comparable.

Votre maman aussi vous appelle Si Mohammed ou Momo ?
Elle s’est adaptée. Maintenant, elle m’appelle Momo, pour ne pas passer pour une ringarde.

Cette année, vous avez participé à l’organisation du Festival de Dakhla. Ça ne vous dérange pas de travailler pour le Makhzen ?
Personnellement, je n’ai rien contre le Makhzen. Si le Makhzen a quelque chose contre nous, qu’il vienne nous le dire.

Chaque année, vous dites que le L’Boulevard est menacé. Cette édition n’échappe pas à la règle ?
Oui, c’est comme d’habitude. Chaque fois, on pense que c’est la dernière. Et comme d’habitude, on fera tout pour que l’aventure continue.

Quel est le problème ?
C’est l’espace qui abrite L’Boulevard. Le COC et le RUC sont devenus trop petits pour l’accueillir. Cette année, nous voudrions que ça se passe à l’aérodrome d'Anfa. Nous avons d’ailleurs adressé un courrier à la CDG, nouvelle propriétaire des lieux. Ce sera aussi une manière de permettre aux Casablancais de dire adieu à cet espace magnifique qui sera bientôt rasé.

Une dernière question Momo. Dima dima nayda ?
Oui, nayda fel galb.

 
 
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