Scandale. La nouvelle chasse à l'homo
Portrait. Le doyen des "Afghans"
Mohamed Ziane. "Je veux sauver la peau de Belliraj"
Politique. Et si on (re)jugeait l'Alternance ?
Football. L'homme qui a dit non
Irak. Le chaos, encore et toujours
Agriculture. La méthode Polyter
Parcours. Play it again Sam
Livre. Le testament de Chraïbi
Spectacle. Coup de Folie's
N° 317
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Le spectacle Striptease
cardiovasculaire, avec l’artiste Ajo.
(RICARDO ZUBELZU)

Forum de la créativité. De la suite dans les idées


Etudiants, lâchez-vous ! Parce qu’apprendre est important, mais s’exprimer est essentiel, le Forum de la créativité, dixième du nom, donne de la bride aux neurones les plus académiques. Débucher les talents et booster les vocations, l’université Hassan II de Casa et l’association Maqam s’y attèlent dans un esprit de connecting people et de saine émulation. Lecture de poésies et nouvelles, expos photos et peinture, installations de sculpture, projections d’art vidéo, concerts de rap, rock, fusion et R’N’B, pièces de théâtre et démonstrations de
création numérique : aucune discipline n’est laissée sur le banc de touche. Entre les complexes Zaf Zaf, Touria Seqqat, Sidi Belyout, My Rachid, l’Institut Cervantès et une trentaine de lieux universitaires, le Forum attend chaque jour un gros millier de visiteurs. Bon point pour ce rendez-vous de la créativité, les ateliers du Forum ne font pas dans le banal : écriture rap (avec Bigg et l’Espagnol Chojin), infographie, malhoun, direction de comédien, clown, sérigravure, expression corporelle, technique du son et d’éclairage, vidéo interactive… Et que dire du récital de poésie underground - “Striptease cardiovasculaire” - de l’artiste espagnole Ajo? On se demande ce qu’en pensent les islamistes des bancs de la fac… “Il n’y a jamais eu de problème avec eux, assure le sociologue Jamal Khalil, un des fondateurs du Forum. Leur pouvoir d’organisation dans les facs est souvent surestimé”. Ah bon ?

Jusqu’au 4 avril.



Sortie. Une ministre sur grand écran

C’est l’histoire d’un petit douar menacé par les projets urbains du président de la commune, un Si Hammou crapuleux (la preuve, c’est qu’il boit de l’alcool avec ses complices français, qui veulent construire un hôtel dans le village, beurk !). Régi par ce grand méchant loup (un Hamidou Benmassoud aux allures de faux Belmondo), le village vit dans le souvenir d’un chef de tribu droit et fier, feu Amghar, mort en chassant les colons du douar. Un souvenir inextinguible, entretenu par Tamghart, sa veuve, une vieille femme droite comme le i de Touria Jabrane, puisque c’est Madame la ministre de la culture qui interprète ce rôle (le film a été tourné avant sa nomination). Elle est du coup la seule raison d’aller voir ce film de Hassan Rhanja, non pas qu’elle y excelle mais juste par curiosité malsaine. Bref, Tamghart est rejointe par Rachid, fils de ses voisins, qui revient après des études en Belgique pour protéger l’arganier du douar, symbole de liberté. Un long-métrage qui part sûrement d’une bonne intention, mais qui, à l’arrivée, reste bourré de défauts comme c’est pas permis.

Argana, au Mégarama.



Théâtre. Papy blues

Une chambre se libère dans une maison de repos. Pour l’obtenir, tout effrayés qu’ils sont de se retrouver à la rue, là où l’on chasse les vieux devenus indésirables, neuf retraités s’affrontent dans des jeux idiots et cruels, parodiés de la télé-réalité. Ceux qui échouent sont éliminés pour de vrai… Ecrite par Pascale Martin, expert ès comédies grinçantes (Joyeuses condoléances, Faims de mois) et mise en scène par Imane Zerouali (Le Saint des incertains) avec la Compagnie du Clair Obscur, Paradise Blues verse son humour noir sur la fatuité des relations sociales.

Vendredi 11 et samedi 12 avril, à 20h, salle Bahnini de Rabat.



Evénement. Whitney 7ta l’mout

C’est avec une fierté non dissimulée que l’équipe organisatrice de Mawazine a livré, officiellement et en grande pompe, les lignes principales de l’événement r’bati de rythmes du monde, lors d’une conférence de presse tenue le 25 mars dernier à Rabat. On promettait une surprise ? Promesse tenue, puisque le bal sera clôturé par un concert de la chanteuse de Rythm’and Blues, égérie des eighties, Whitney Houston. La star, disparue de la scène musicale depuis 10 ans pour cause de mariage houleux avec Bobby Brown et de multiples cures de désintoxication, a refait surface mi-2007, donnant très peu de concerts et annonçant un prochain album pour fin 2008. Whitney Houston se produira au Maroc le 24 mai pour un cachet quasi dérisoire, nous chuchote-t-on, comparativement à ce qu’elle touche d’habitude (plus de 2 millions d’euros !). Autre surprise, la première partie du concert de la chanteuse américaine sera assurée par un artiste marocain dont le nom n’a pas été divulgué (même si des rumeurs désignent déjà le rappeur Bigg).

Le 24 mai, scène Annahda, Rabat.



Festival. L’enfant roi

C’est le printemps, les envies de bêtises poussent comme des pissenlits dans la tête de vos gamins alors que vous les rêvez en parfaits citoyens du monde : courez à Bouskoura, le pays où les enfants ont tous les droits, sauf celui d’être pourris gâtés. Du 16 au 27 avril, le Festival des mômes les accueille sous la cape de Dame nature qui, telle une wonder babysitter, ne leur laisse pas une minute de répit. A peine arrivé, chaque bambin enfile ses bottes de sept lieues pour enchaîner autant d’ateliers qui font grandir : Natura pour la touche civique et écolo ; Musica pour apprendre à tendre l’oreille aux sons du monde ; Touchatout pour aiguiser sa créativité ; Bizart pour découvrir peinture, sculpture, photo ou BD ; Allegra pour s’essayer à l’expression scénique, au cirque ou à la danse ; Show pour s’en mettre plein les mirettes avec trente pièces de théâtre, concerts, spectacles de danse et de marionnettes, et enfin Agora pour s’épanouir sans stresser ses parents.


Arts plastiques. L’Orient à Casa

La Compagnie marocaine des œuvres et objets d’art (CMOOA) voit grand. La maison de vente se lance dans “l’International Arab Art”, dédiant sa vente aux enchères du 29 mars à l’art contemporain dans le monde arabe. Aux côtés de plasticiens marocains contemporains (Hassan Darsi, Mohamed El Baz, Mounir Fatmi, Safaa Erruas...) et de peintres majeurs (Saladi, Gharbaoui, Belkahia, Chaïbia…), figureront en bonne place de nombreux artistes syriens, égyptiens, libanais et algériens. Le clou de la vente reste néanmoins la présence d’œuvres (peintures et photographies) de plasticiens iraniens à la carrière internationale. Les travaux de la photographe Shadi Ghadirian, à titre d’exemple, ne manqueront pas de faire mouche, représentant des femmes voilées posant avec un objet contemporain entre les mains ou avec un ustensile de cuisine à la place du visage. Subversif à souhait.

Samedi 29 mars à l’Hôtel des ventes de Casablanca à 16h.



Musique. Miroir, miroir

Pour Mehdi K-Libre, qualité et discrétion vont de pair : le rappeur de Meknès lance son premier album solo après huit ans de carrière bâtie sur scène. L’opus, co-produit par Funky Noise, est sobrement intitulé “L’Mraya” et contient pas moins de 14 titres. Le vainqueur de l’Boulevard 2005 présentera “L’Mraya” (sortie prévue pour fin avril) en live et en avant-première sur la scène de l’Institut français de sa ville. Pour accompagner son rap à textes, Mehdi K-Libre invite à ses côtés le rappeur Shyller. Si le nom ne dit rien aux novices, il n’en reste pas moins que ce dernier est l’une des meilleures plumes de rap francophone du pays. Shyller donc, mais aussi des feats de taille, avec deux Hatim : celui des H-Kayne et le petit nouveau du Ragga marocain. À ne pas rater.

Le 4 Avril à 19h, IF de Meknes



Bel art. Marrakech se met au vert

Jardins éphémères, jardins d’eau, ateliers d’arts plastiques, concerts, expositions… et bien d’autres choses sont au menu de Jardin’Art 2008. La deuxième édition de ce festival, dédié à l’art du jardin, se tiendra à Marrakech du 10 au 13 Avril. Organisé par le magazine “Jardins du Maroc, jardins du monde”, son but cette année est d’attirer l’attention sur la problématique de l’économie de l’eau… De manière ludique, bien sûr. Tous les moyens sont bons pour sensibiliser le public (petits et grands) dont la présence de professionnels de la question. Des artistes et paysagistes de tous horizons réutiliseront l’espace, pour que la ville ocre devienne verte. Des projections de films, des tables rondes, des concerts et même des contes ponctueront tout le festival. De quoi faire peur aux mauvaises herbes…

Jardin’Art 2008, du 10 au 13 avril à Marrakech.



Cinéclub. Coups de grâce

Fugues, vols, mensonges… pour narguer ses parents indifférents, Antoine fait les quatre cents coups avec son pote René. En narrant à la première personne les aventures de cet adolescent trublion, alter ego de son enfance et brillamment campé par Jean-Pierre Léaud (avec Jeanne Moreau et Jean-Claude Brialy), François Truffaut fait de son premier film un vibrant manifeste de liberté, à l’image de son engagement précoce aux Cahiers du cinéma. Pourfendeur de l’académisme, prônant la sincérité et l’ingénuité dans la création, le jeune critique, pris sous l’aile d’André Bazin disparu le premier jour du tournage des 400 coups, s’affirmait à 27 ans comme le porte-drapeau de la Nouvelle vague française. Culte.

Les 400 coups (1959), samedi 12 avril à 15h, à l’IF Casablanca.




Humeur.
Le petit Nicolas

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Une coopérante affirmait un jour que Sarkozy était raciste. Elle était de gauche comme de bien entendu. On ne l’a pas trop écoutée et à peine contredite. à quoi bon, son amour pour Ségolène Royal l’aveuglait. Non, Sarko n’est pas raciste, il n’a pas cette petitesse. Mais il en a d’autres.
Il est show off, peut-on lui reprocher par contre. Trop m’as-tu-vu, comme s’il y avait un arrière-goût de revanche dans son succès interplanétaire. La marque du ghetto, comme le chantent une foultitude de rappeurs qui partagent l’avis de la coopérante. Car, après tout, qu’est-ce qui distingue le chef de l’Etat français d’un Joey Starr, aujourd’hui ? La dentition et rien d’autre. Et un peu le QI aussi, mais certainement pas la discrétion. Car, surtout grâce à Nicolas, tout un chacun peut désormais faire la différence entre une fausse blonde comme Britney Spears et une vraie comme Carla Bruni ? Il suffit de scruter leur pubis, depuis qu’une photo de la nouvelle première dame de France est en vente aux enchères chez Christie’s. À ce rythme de croisière, Nicolas Sarkozy va finir en page centrale d’un magazine pour jeunes filles. Président d’une république Bling Bling, où la tête d’un chef d’Etat décore le mur d’une chambre, coincée entre deux chanteurs crétins. Les monarchies se cantonnent pour l'heure aux publi-reportages dans Paris Match ou les magazines féminins. C'est pas très républicain tout ce côté secret défense, cette intimité à peine dévoilée, mais peut-être que c'est mieux…



Expo
Peintures, sculptures et dessins de Tomek, à la galerie marrakchie Tindouf. Artiste audacieux, Tomek mélange les genres (collages, peinture, surimpression…) et les objets (balai, planche à lessive, babouches…). Du coup, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, ça vaut quand même le détour. Jusqu’au 30 avril.


Casanayda partout
Le documentaire “Casanayda”, réalisé par Farida Belyazid et écrit par Dominique Caubet s’envolera bientôt sous les cieux du 3ème Panorama des cinémas du Maghreb, à Saint-Denis en France. La projection est prévue pour le 11 Avril et le film est également au programme du festival Bab El Med à Marseille…


Tout neuf
Un nouvel espace d’art a vu le jour à Tanger, au 6, rue Khalil Matrane (derrière le restaurant La Pagode). Portant le nom Dar D’art, le lieu est dédié à la peinture contemporaine et orientaliste et a la belle ambition de découvrir de jeunes talents. Bon vent.

 
 
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