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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hicham Smyej

La semaine

(AFP)

Tibet. L’UE pour une position unique


Après plus d'une semaine d'hésitation, de déclarations prudentes et de critiques plus que timides, les Etats de l'Union Européenne entendent enfin se concerter pour parvenir à un consensus sur le message politique à envoyer à la Chine, suite aux derniers événements survenus au Tibet. Et selon toute vraisemblance, il ne faut pas s'attendre à une franche condamnation ou même à des critiques sévères : les Vingt-Sept devraient plutôt adopter un discours ultra-modéré et concentrer leurs réactions sur la symbolique cérémonie d'ouverture des JO.

Le Parlement européen a donné le ton. Pour réagir à la gestion par les autorités chinoises des manifestions au Tibet (qui auraient fait 19 morts selon Pékin, mais 140 selon le gouvernement tibétain en exil), les députés prônent une position modérée, écartant l'éventualité d'un boycottage des Jeux olympiques. Le Parlement européen reflète ainsi la position officielle des gouvernements et du dalaï-lama lui-même, qui est accusé par Pékin d'avoir fomenté les troubles au Tibet. “Afin d'être un bon hôte de ces Jeux olympiques, la Chine doit améliorer son bilan dans le domaine des droits de l'homme et de la liberté religieuse”, a déclaré le chef spirituel tibétain en exil à la chaîne indienne NDTV.

La position européenne pourrait se résumer ainsi : les violences seront condamnées et la Chine sera invitée à permettre aux journalistes de se rendre dans la région et à entamer un dialogue avec les Tibétains pour assurer le respect de leur “identité culturelle et religieuse”.

Reste la participation à la cérémonie d'ouverture des JO, que le Parlement européen envisage de boycotter, mais uniquement si la situation ne s'améliore pas au Tibet. La même “menace” est brandie par des pays de l'Union, dont le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, par la voix de son président. “Je ne ferme la porte à aucune éventualité, mais je pense qu'il est plus prudent de réserver mes réponses à l'évolution concrète de la situation”, a déclaré Nicolas Sarkozy. La Pologne, quant à elle, a déjà pris sa décision : elle ne sera pas représentée lors de cette cérémonie.


Pakistan. Cohabitation tumultueuse

Yousaf Raza Gilani, dirigeant du PPP (Parti du peuple pakistanais), proche de Benazir Bhutto, a été élu Premier ministre du Pakistan lundi 24 mars par le Parlement, l'emportant facilement sur son rival Chaudhry Pervaiz Elahi, partisan du président Pervez Musharraf. Aussitôt élu, le nouveau chef du gouvernement a engagé un bras de fer avec le président, ordonnant la libération de tous les juges placés en résidence surveillée depuis l'imposition de l'état d'urgence par Musharraf en novembre 2007. Yousouf Gilani, qui a passé 5 années en prison sous le régime de Musharraf, a annoncé qu'il demanderait une enquête des Nations Unies sur l'assassinat de Benazir Bhutto. Quant à savoir comment il s'accommoderait de la cohabitation, qui s'annonce tumultueuse avec Pervez Musharraf, il s'est contenté d'un : “Je suivrai la Constitution.”


Liban. Persépolis interdit

Critiqué par les autorités iraniennes, le film d'animation Persépolis (Prix du jury du Festival de Cannes 2007 et nominé aux Oscars 2008) ne sera pas non plus autorisé à sortir sur les écrans libanais. “Nous avons pris cette décision après que des responsables chiites ont estimé que le film s'attaquait à l'islam et à l'Iran”, a expliqué le directeur de la Sûreté générale, le général Wafiq Jizzini… qui a pourtant reconnu ne pas avoir vu le long-métrage. Cependant, des observateurs avancent que ce dernier aurait agi de la sorte pour ne pas froisser le Hezbollah, dont on le dit proche. “Cette décision est d'autant plus ridicule que l'on peut trouver au Liban des copies de ce film vendues à deux dollars !”, a déclaré de son côté Bassam Eid, responsable de Circuit Empire, la société qui devait distribuer le film.


France. Gilardi ne commentera plus

Le journaliste sportif Thierry Gilardi est décédé, mardi 25 mars, à l'âge de 49 ans, des suites d'une crise cardiaque. Diplômé de Sciences-Po Paris, ancien journaliste à France-Inter, il a fait pendant de nombreuses années les beaux jours du football sur Canal+. Commentateur des grands directs pour la chaîne cryptée, puis présentateur de Jour de foot (de 1992 à 1995) et de L'Equipe du dimanche (de 1995 à 2002), il avait imposé un nouveau style, fait de fraîcheur et de professionnalisme. En 2005, il avait quitté Canal+ pour TF1, où il a remplacé le doyen Thierry Roland (après un détour par LCI). Passionné de rugby, vice-président du club Stade français depuis 2001, il avait aussi commenté, avec une même aisance, les grandes rencontres de la dernière Coupe du monde de rugby. Thierry Gilardi était marié et père de trois enfants.



Lu pour vous [FRANCE]
D’un boycott l’autre

Pierre Marcelle, Libération du 21 mars.

Au lendemain de la fermeture du Salon du livre de Paris, dont Israël était l’invité d’honneur, il s’avère que l’appel à son boycottage n’aura donc surtout révélé qu’une bavarde indifférence. Sur le terrain de la littérature (laquelle a heureusement le bon goût de s’épanouir ailleurs que dans ses salons), il n’eut évidemment aucun effet perceptible, tant l’hétérogénéité de ses promoteurs voua d’emblée l’entreprise à une formelle et rituelle protestation. À peine a-t-elle fourni, dans les marges gazetières de la foire, le prétexte à jeter l’usuel opprobre sur quiconque ne poussa pas des cris d’orfraie contre l’atteinte évidemment “intolérable” à la liberté de penser, de lire, d’écrire, etc. induite par cette “fatwa”, sinon cet “autodafé”. Déplorons que les gardiens des mots en aient à ce point perdu le sens qu’ils n’entendent pas même ce que la réclusion de la langue arabe dans ses territoires palestiniens suscita de désespoir, en cette belliqueuse année anniversaire de la création d’Israël, et passons. Pour habiller nos impuissances, changeons de boycott.

 
 
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