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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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ZB, un Guercifi à Singapour

J’étais déjà une fervente lectrice des humeurs de Zakaria Boualem, qui a un avis sur tout, des questions sur tout et des réponses à tout. Mais depuis que j'ai quitté le Maroc (à mon corps défendant) en octobre dernier, j'ai été rassurée de le retrouver sur le Net. Et de me retrouver à chaque nouvelle “aventure” en plein cœur de Casa. Souvenirs, souvenirs… Quelle n'a donc été ma surprise de voir que ZB m’avait suivie jusqu’en Amérique centrale ! (eh oui, numéro 315...). Je pensais qu’il fallait être tordue pour faire (comme moi) un Casablanca-la Barbade, en Amérique centrale où personne ne savait d’ailleurs situer la ville blanche sur une carte, et voilà que j'ai la visite de Zakaria qui raconte les péripéties de l’équipe de foot locale. Tu as raison ZB, ils sont nuls en foot à la Barbade... Je t'aurais invité avec plaisir à constater cela par toi-même. Seulement, je me suis (re)fait téléporter aux antipodes du Maroc, à Singapour. Là, par contre, il faudrait vraiment que Zakaria Boualem voit ça par lui même. Ce serait drôle de voir un Guercifi à Singapour.

Barbara Schutz, Singapour.



Sommes-nous arabes, ou arabophones ?

Je m'adresse à vous car je suis un fidèle lecteur de votre magazine, qui défend des valeurs et des idées que je partage. J’aimerais revenir sur la notion d’identité. Qui sommes-nous ? Je me souviens d'un édito de A.R. Benchemsi, traitant du sujet de la darija, cette langue qui retrace notre histoire, au même titre que le berbère, qu’on a tendance à oublier. Lors du dernier sommet arabe en Syrie, Kadhafi a encore fait des siennes, avec des interventions provocantes. Il a, comme à son habitude, appelé les pays arabes (qui sont africains pour certains), à rejoindre ce qu’il appelle l’Union africaine. Mais ce qu’on retiendra du passage du Guide de la révolution, c’est bien cette déclaration, que je rapporte en substance : “Nous autres arabes, nous nous haïssons les uns les autres. Nous nous voulons du mal (…) Nous sommes notre propre ennemi”. Pour une fois, Kadhafi a raison de fustiger un concept arabe utopique qu’il a, soit dit au passage, lui-même longtemps défendu. Car si l’ensemble des pays dits arabes partagent une même langue (l’arabe classique), il n’en va pas de même pour les gènes. De fait, la notion même de monde arabe est discriminatoire. Ce patrimoine linguistique commun n’existe que dans la “version” officielle. À mon sens, il serait plus judicieux de changer l’appellation du sommet arabe et de lui substituer le concept de “sommet des pays arabophones”. Un peu comme le sommet de la francophonie. De nombreux peuples vivant sous la bannière d’un pays ayant l’arabe comme langue officielle (c’est ainsi qu’il faudrait les désigner) sont considérés, parfois malgré eux, comme étant arabes… Et il n’y a pas besoin de regarder bien loin pour en trouver. C’est notamment le cas, au Maroc, des berbères, ou encore de certains pays subsahariens, qui n’ont d’arabe que le nom. L’idéologie panarabiste a réussi à “dénaturer” et à nier certaines identités nationales, en les apparentant à une fantomatique nation arabe. Elle a même créé une sorte de schizophrénie de masse.
Bref, nous sommes tout simplement Marocains. Nous parlons en majorité deux langues : le tamazight et la darija. Certains préfèrent utiliser dans leur quotidien le français, et ils sont libres dans leur choix. Par contre, je n’ai pas connaissance d’une seule famille marocaine parlant l’arabe classique au quotidien.

Abdelhak Kabbabi, Casablanca.



Précision.

Madame Nouzha Skalli, ministre du Développement social, qui a été l’invitée de notre rubrique Interrogatoire (“La darija devrait être notre langue nationale”, TelQuel n°316), tient à préciser que l’essentiel de ses propos, au sujet de notre langue de tous les jours, ne ciblait pas l’officialisation mais “la promotion de la darija comme condition pour consolider la démocratisation des différents pouvoirs”. Des propos, et une pensée, que les Marocains partagent largement avec Madame Nouzha Sqalli.
 
 
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