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Par Youssef Zeghari
Résultats. ONA franchit le milliard
Chiffres clés.
Chiffre d'affaires
32,8 milliards de dirhams
Résultat net
1,7 milliard de dirhams
Fonds propres
17,2 milliards de dirhams
Endettement net
11,3 milliards de dirhams
Actif net réévalué
30,9 milliards de dirhams
Capitalisation boursière
32,9 milliards de dirhams
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Saâd Bendidi, PDG de lONA.
(TELQUEL)
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Avec un chiffre d'affaires de plus de 30 milliards de dirhams et des bénéfices dépassant le milliard, le premier holding du pays vole de record en record. Zoom sur les comptes florissants du mastodonte.
Lundi 31 mars, 10 heures du matin. Il y a bousculade devant l'entrée de l'auditorium du Twin Center, à Casablanca. Journalistes et analystes financiers sont venus en nombre pour assister à la présentation des résultats de l'ONA, événement incontournable pour les observateurs du marché boursier. Même si, depuis l'arrivée de Maroc Telecom et des |
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groupes immobiliers, l'ONA n'est plus la première capitalisation de la place, la présentation de ses comptes reste un rendez-vous à ne pas manquer, explique un vieux routier de la corbeille casablancaise. Et pour cette troisième présentation de l'ère Saâd Bendidi (désigné en 2005 à la tête du holding), le cérémonial n'a pas changé d'un iota. Les présidents de filiales, quasiment au complet, prennent place au premier rang avant que le PDG ne se dirige vers son pupitre. D'un geste de la main, ce dernier fait taire le crépitement des flashs avant son annonce : Le résultat net de l'ONA a dépassé pour la première fois le milliard de dirhams, lance-t-il, pas peu fier. L'auditoire est déjà conquis, et Mister Power Point, comme se plaisent à le surnommer les analystes, peut alors se lancer dans son exercice préféré : un exposé de 64 diapositives en 64 minutes chrono ! Objectif : expliquer la performance, convaincre que l'ONA est au mieux de sa forme et, surtout, rassurer quant à son avenir et à sa vision stratégique. Voyons de plus près ce qu'il en est vraiment.
Un résultat dopé
Entre 2006 et 2007, le résultat net de l'ONA est passé de 960 millions de dirhams à 1,7 milliard de dirhams ! Un bond de 80%, impressionnant à première vue. Seulement, ce sont des opérations exceptionnelles qui ont permis de franchir (largement) le cap du milliard. Courant 2007, le groupe a en effet cédé trois de ses participations les plus emblématiques : AXA, dans l'assurance, la Monégasque, dans la conserverie et Amendis, dans la distribution d'eau et d'électricité. Trois opérations qui ont drainé 2,5 milliards de dirhams en cash et pas moins de 700 millions de dirhams de plus-values nettes d'impôt pour le groupe. L'ampleur du pactole pousse certains observateurs à se demander si cette politique de cessions va durer. Réponse de Saâd Bendidi : Notre vocation est d'être un groupe industriel à logique d'opérateur multipolaire et actionnaire majoritaire avec contrôle de gestion. Nous nous sommes logiquement désengagés de certaines activités sur lesquelles nous n'avions pas le contrôle. Et d'ajouter : Nous ne prévoyons aucune cession à l'avenir et nous n'avons pas besoin de cela pour gonfler notre résultat.
Effectivement, il n'y a pas eu que des cessions durant l'année écoulée. L'été dernier, Cofarma (Marjane et Acima) a été totalement récupérée par le groupe, qui a racheté les 49% du capital auparavant détenus par Auchan, pour un montant de 3,2 milliards de dirhams. Un joli coup, puisque les deux enseignes de la grande distribution ont cumulé à elles seules près de 8 milliards de dirhams de chiffre d'affaires, soit le quart du volume d'activité de l'ONA ! Et aussitôt le divorce consommé, le holding royal a commencé à traire la vache : ONA a doublé la rémunération de gestion qu'elle prélève sur le chiffre d'affaires de Marjane et Acima dès le mois de septembre, peut-on lire sur l'une des fameuses diapositives. Optorg (vente d'engins de BTP) et les autres entreprises de distribution ne sont pas en reste. Ce pôle sort d'ailleurs premier de la classe en 2007, avec un chiffre d'affaires de 15 milliards de dirhams.
Merci, Attijariwafa !
Sur le podium des meilleures progressions d'activité, figure aussi la toute nouvelle filiale du groupe, Wana. L'opérateur télécoms a soldé en effet 2007 sur un volume d'activité en progression de 750 millions de dirhams. Il faut cependant préciser que la filiale partait pratiquement de zéro, puisqu'en 2006, elle réalisait un chiffre d'affaires d'à peine 580 millions de dirhams. Et bien que considérée comme un relais de croissance, Wana continue à être un véritable gouffre à cash : en 2007, les deux actionnaires, ONA et SNI, y ont injecté pas moins de 2,6 milliards de dirhams. Et de l'aveu même du management de l'ONA, ses performances freinent la progression du groupe : Hors Wana, l'amélioration des résultats aurait été de 125%, souligne Saâd Bendidi, qui fait référence aux 650 millions de pertes enregistrés par la filiale télécoms. Un mal nécessaire, selon lui, pour se faire une place sur un marché télécoms fortement concurrentiel : Nous allons vers la conquête d'une clientèle, si nous devons perdre de l'argent pour avoir plus de clients, nous n'hésiterons pas.
Le groupe peut toutefois se rattraper sur d'autres activités. C'est le cas du pôle agroalimentaire, concentré pour l'essentiel autour des produits de première nécessité : l'huile, le sucre et le lait. Le secteur participe à près de la moitié du revenu annuel du géant industriel, avec 14 milliards de dirhams. Mais c'est le pôle financier qui reste le premier contributeur aux bénéfices du groupe. Avec un résultat dépassant les 2 milliards de dirhams, le groupe Attijariwafa apporte à lui seul quelque 730 millions de dirhams au résultat consolidé de l'ONA.
En gros, la structure du résultat du groupe reste quasiment inchangée. Les activités financières, l'agroalimentaire et la distribution restent les principaux pourvoyeurs de bénéfices. Les investissements, de leur côté, sont restés essentiellement concentrés sur le développement de Wana et sur la reprise des parts d'Auchan dans Marjane et Acima. Des opérations qui ont d'ailleurs pesé sur le passif du groupe : l'endettement net du holding culmine à 11 milliards de dirhams (2 milliards de plus qu'en 2006), soit les deux tiers des capitaux propres du groupe. Un niveau qui est loin d'inquiéter le patron de l'ONA : Nous avons toujours une marge d'endettement assez confortable, martèle-t-il. Et comme pour rassurer, le dirigeant de l'ONA promet des performances encore plus impressionnantes pour l'année prochaine. Nous tablons sur un chiffre d'affaires de plus de 40 milliards en 2009 et un résultat de 2 milliards de dirhams, annonce-t-il. Deux chiffres à retenir pour la prochaine présentation des résultats du mastodonte économique. |
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SNI. Lautre holding
La Société nationale d'investissement, l'autre holding royal, n'a pas autant brillé que l'ONA. Ce sont quand même quelque 789 millions de dirhams sonnants et trébuchants que le groupe d'investissement a récupéré à la fin de l'exercice 2007, soit une progression de 170 millions. Boosté par les résultats de l'ONA, le bénéfice net de la SNI a également profité des performances de Lafarge et Sonasid, respectivement leaders du ciment et de la sidérurgie. Mais les fonds consacrés au lancement de Wana ont aussi pesé sur ses comptes : Hors Wana, le résultat net du groupe affiche une hausse de +117%, à 1,8 milliard de dirhams, lit-on sur le communiqué du holding. Pour autant, les actionnaires n'ont pas à se plaindre, puisque la SNI distribuera un dividende de 33 dirhams par action. Cela fait pas moins de 233 millions de dirhams qui remontent directement vers son actionnaire principal, Siger. L'année 2008 s'avère en plus prometteuse pour la SNI. Sa filiale Sonasid vient d'annoncer la distribution d'un dividende exceptionnel de 115 dirhams par action. Ses actionnaires se partageront ainsi près de 1,7 milliard de dirhams, soit le double des gains réalisés. Pourtant, Sonasid n'est pas au top de sa forme : alors que la croissance du marché de l'acier affiche une progression de 12%, les ventes du leader marocain n'ont augmenté que de 4%. Dure dure, la concurrence
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