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Par Youssef Ziraoui
Y a pas de papy comme moi
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Abdelghafour Mohcine, Alias Vigon,
chanteur
(DR)
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Antécédents
| 1945. |
Naissance à Rabat. |
| 1964. |
Part sinstaller en France. |
| 1966. |
Fait la première partie d'Otis Redding à lOlympia. |
| 1978. |
Rentre au Maroc. |
| 2000. |
Part en tournée en France. |
| 2008. |
Est invité au festival Jazzablanca. |
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Smyet Bak ?
Ali Mohcine.
Smyet Mok ?
Hlima Rehmani.
Nimirou dla carte ?
Je ne lai pas sur moi, désolé.
C'est grave, mais passons. Sur létat civil, vous vous prénommez Abdelghafour. C'est quoi le lien avec Vigon ?
Ce surnom date de la période où jétais encore à lécole. Je narrivais pas à prononcer le mot wagon, et je disais vigon à la place. Du coup, mes camarades de classe ont commencé à mappeler comme ça. Quand jarrivais à leur mettre la main dessus, je leur faisais passer un mauvais quart dheure. Plus tard, quand je suis allé en France, jai choisi ce nom de scène, un peu par hasard.
Vous êtes, paraît-il, un mec bien. Vous navez pas de défauts ?
Si, jen ai plein. Par exemple, je nen fais quà ma tête. Mais disons que je suis quelquun de sérieux. Un vrai Sahraoui de Tata.
À ce propos, vous êtes un supporter de lUnion sportive de Touarga (UST), club de GNF II ?
Ah ça non ! Je suis un inconditionnel du Fath de Rabat.
Votre frère fait partie des interprètes du fameux Watani, tube patriotique des années hassaniennes. Vous, qui êtes spécialisé dans les reprises, vous ne comptez pas en faire quelque chose ?
En fait, je suis ouvert à toute proposition. Mais si on ne vient pas vers moi, je continue mon chemin.
Vous adorez reprendre Yesterday des Beatles. Êtes-vous un adepte de la formule : cétait mieux avant ?
Jai dû le dire et le penser pas mal de fois, à tort. Chaque fois que je me produis quelque part, je passe un excellent moment. Avant, quand on avait un public de trois cents personnes, on était heureux. Aujourdhui, la condition dartiste sest améliorée. On voyage dans de bonnes conditions, on est mieux payés.
Vous êtes riche alors
Je ne suis pas riche, mais je ne suis pas non plus dans le besoin, car je travaille tous les jours depuis plus de quarante ans. Je vous rappelle que je suis fils de kheddar (marchand de légumes). Pour moi, tout ce qui marrive, ce nest que du bonheur.
Vous êtes aussi un grand fan de James Brown. Est-ce que Vigon feels good ?
Oh yeah, I feel good
So good.
Après votre retour au Maroc à la fin des années 70, vous avez choisi Agadir pour opérer dans un restaurant. La restauration et la chanson font-ils bon ménage ?
Vous faites bien den parler, parce que beaucoup de personnes se méprennent, croyant que jétais le gérant de ce restaurant. Le fait est que jaime recevoir et moccuper des gens. Ils venaient nous voir pour passer un bon moment. Jessayais dêtre à la hauteur.
Si vous aviez à faire un duo avec un artiste marocain, ce serait plutôt Bigg ou les Fnaïre ?
En fait, je ne connais ni lun ni lautre. Mais mon passage au Maroc sera loccasion de faire connaissance avec des groupes dici.
Depuis vos débuts, vous êtes coiffé à la manière des chanteurs noirs américains des sixties. Vous essayez de vous faire passer pour un black from Harlem ?
Pas du tout. Quand je chantais à Casablanca, dans les bases américaines, javais déjà ce look. Jessayais un peu de ressembler à mes maîtres (Rires).
Vous êtes toujours habillé de la même façon. Votre garde-robe ne comprend donc quune seule veste ?
(Rires) Non, disons que jaime bien porter du noir. Mais pour vous faire plaisir, japporterai deux vestes avec moi à Casablanca.
Très jeune, vous vous êtes installé en France, après avoir été refoulé une première fois. Vous êtes un harrag avant lheure ?
Cest tout à fait ça. Je me suis exilé pour travailler et aider la famille.
À 63 ans, vous êtes trois fois grand-père, et malgré cela, vous êtes sur scène tous les jours jusquà des heures tardives. Papy ferait-il de la résistance ?
Bien plus que ça. À vrai dire, je ne connais pas beaucoup de papis comme moi. Mais vous navez quà venir me voir sur scène, vous en aurez le cur net. |
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