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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Zeghari,
envoyé spécial à Tanger

Reportage. Le festival de Nouzha Skalli

Nouzha Skalli, lors du Festival des enfants aux besoins spécifiques.
(DR)

Après Casablanca et Marrakech, Tanger a accueilli un festival dédié à l’enfance handicapée. L’occasion, pour la ministre de tutelle, de se livrer à un méthodique, et plutôt séduisant, tour de com’.


Le soleil inonde la Place des nations, à Tanger, où une centaine de stands sont dressés à l’occasion du 6ème Festival des enfants dits aux besoins spécifiques. À proximité des espaces de jeux gonflables, chasse gardée des moins de 12 ans, se dresse une scène en attente d'artistes atypiques : près de 1500 enfants handicapés, placés pour une fois sous
les feux de la rampe à l'occasion de spectacles de chant et de danse pendant tout le week-end. Le lieu rassemble également des associations venues des quatre coins du pays pour exposer des projets visant, selon l’expression consacrée, à intégrer les handicapés dans la vie sociale. “Ne plus avoir honte de nos handicapés, ne plus les cacher”, tel est le credo de la manifestation, entonné par Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la famille et de la solidarité, département qui organise cette 6ème édition.

L’enfance handicapée, mais pas seulement
En cette matinée du 28 mars, les organisateurs s’agitent dans tous les sens. Pas de tracas de dernière minute à l’origine de ce remue-ménage, mais une rumeur insistante : “Le roi doit venir pour l’ouverture du Festival”, répète-t-on ici et là. Finalement, ce n’est “que” Nouzha Skalli qui a fait le déplacement, accompagnée de Jamal Rhmani, ministre de l’Emploi, pour donner le coup d’envoi des festivités. Pendant que ce dernier subit l'assaut de citoyens, venus lui demander (forcément) du travail, sa collègue s'est déjà lancée dans une petite campagne de com’ bien maîtrisée. Quelques photos et des visites de stands plus tard, c’est avec un sourire inamovible que la ministre enchaîne les déclarations devant les caméras des chaînes nationales. Et en profite pour déclamer ses messages, qui vont bien au-delà de la seule enfance aux besoins spécifiques. “Je ne me prive d’aucun moyen de communication. Nous avons déjà travaillé en partenariat avec le ministère des Affaires religieuses pour attirer l’attention sur la lutte contre les violences faites aux femmes. Aujourd’hui, nous voulons sensibiliser les gens à une meilleure considération de nos handicapés”.

Une cause parmi tant d’autres puisque Nouzha Skalli, l’un des membres fondateurs de l’ADFM (Association démocratique des femmes du Maroc), s’estime concernée par “tous les citoyens hormis, peut-être, les hommes bien portants et qui gagnent bien leur vie”. Le sens de la formule et l’humour en prime.

Les femmes, encore et toujours
Au bord de la piscine de l'hôtel El Minzah, cette féministe de la première heure livre, dans un élégant tailleur sombre, ses (nouvelles) intentions pour faire front aux violences à l’encontre de la gent féminine. Violences physiques, bien entendu, mais aussi verbales. “Il faut absolument en finir avec les sifflements qui agrémentent le passage des femmes dans la rue”, s’insurge-t-elle en agitant ses lunettes. Et de poursuivre : “Nous planchons actuellement, en concertation avec la société civile, sur l’idée d’un projet de loi visant à endiguer le phénomène”. L'intention est louable, mais une nouvelle loi pourra-t-elle venir à bout de pratiques aussi enracinées ? “La loi n'est certes pas une solution miracle. Mais les restrictions juridiques aident à changer les mentalités”, précise la ministre.

Vient le tour de la lutte contre la pauvreté. À l’heure où Abbas El Fassi promet de la réduire de 20%, Nouzha Skalli livre un point de vue plus nuancé et moins technique (“Je m’attache peu aux chiffres. Je mobilise surtout mon énergie à faire de la prévention”), avant de revenir à la cause féministe, citant l’exemple des femmes répudiées “qui se retrouvent du jour au lendemain sans le sou”. Madame la ministre est manifestement en terrain connu, voire conquis. Son tour de com’ à Tanger aura au moins servi à ça.

 
 
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