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N° 318
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Aissam Bouali, dans une scène
de The red line.
(DR)

Bonne surprise. La Ligne à suivre


Al Aoula est peu connue pour tutoyer les lignes rouges. Sauf quand il s’agit de The Red line, le dernier film du Belgo-marocain Brahim Chkiri. Léchée et alléchante, la bande-annonce récemment balancée sur le Net cultive le buzz autour de ce polar très noir qu’on croirait fraîchement sorti de Hollywood – on y retrouve la star Mohamed Qissi, partenaire régulier de Jean-Claude Van Damme. Et c’est en fait le tandem SNRT / Faouzi Vision qui coproduit cette histoire de flic vengeur de sa famille assassinée, tournée en janvier à Agadir. The Red
line, “c’est la limite entre le bien et le mal”, explique Brahim Chkiri, nourri d’influences asiatiques : à 38 ans, le prolifique réalisateur a déjà travaillé sur des séries en Malaisie et en Thaïlande. Sans oublier quatre longs-métrages réalisés en Turquie, neuf films de genre – dont Elle et Tiwerga – signés pour la Film Industry ou encore Les Quatre pierres, premier long-métrage en hassani, également coproduit par Faouzi Vision et la SNRT. Si la date de diffusion de The Red line n’est pas encore fixée (vers mai-juin), et qu’une sortie grand écran est “en cours de négociation”, il ne devrait pas tarder à faire monter la cote de ses deux belles gueules : Morad Zaoui, footballeur amoureux dans Wake up Morocco, et surtout Aissam Bouali, Français d’origine marocaine installé à Zurich, déjà fort convaincant dans La Vague blanche de Ali El Mejboud, qu’il retrouvera mi-avril à Casa sur le plateau d’une nouvelle série de Al Aoula, 8H, tournée en temps réel. ça vous rappelle quelque chose ?


Sortie. Once upon a time

Il répare des aspirateurs et, fidèle guitare en bandoulière, joue sur le pavé sa musique d’écorché. Elle est immigrée tchèque, pianiste, jeune mère et femme de ménage. Il n’arrive pas à oublier la femme qui l’a quitté, elle a un mari resté au pays et qu’elle n’aime plus. Dans les rues de Dublin, ces deux âmes seules se rencontrent autour de la seule valeur sûre, la musique. Emmené par une BO sublime qui, scénario et dialogue à la fois, donne son sens à cette histoire simple. Once, tourné en deux semaines, est une ballade irlandaise modeste mais sans fausse note. Au plus près d’acteurs aussi justes et à vif que leurs voix – Glen Hansard, leader du groupe The Frames dont faisait partie le réalisateur John Carney, et Markéta Irglova -, la caméra, fébrile comme un cœur incertain, sait capturer tout l’éphémère du bonheur pour en faire résonner longtemps l’écho. Prix du public au Festival de Sundance, Once s’est offert l’Oscar 2008 de la meilleure chanson. En VO sous-titrée.

Once de John Carney, au Mégarama.



Festival. Ha ha ha Agadir !

Deux femmes et un homme, voilà de quoi s’éclater au Festival du rire d’Agadir. Autour de Rachid Asslal, enfant du pays, auteur du premier one man show en tachelhit Ounamir et le Commissaire, gravitent les nouvelles coqueluches de la scène humoristique française : Saïda Jawad joue les va-et-vient identitaires dans Monsieur Accordéon, clin d’œil à l’instrument de musette que son père lui flanqua entre les mains pour en faire une “vraie française”, et Sophia Aram, tour à tour ado délurée, mère schizo et prof suicidaire, décoche ses balles d’humour noir avec Du plomb dans la tête. Rachida Khalil sort de ces corps de femmes !

Les 17, 18 et 19 avril, à l’IF d’Agadir



Musique. Amarg à Marseille

Premier concert français pour Amarg Fusion, et pas n’importe lequel. Les Gadiris représentaient le week-end dernier le Maroc à Babel Med, festival et forum des musiques du monde tenu à Marseille, partageant ainsi l’affiche avec Asa, Titi Robin ou Ibrahim Maâlouf... Un vrai succès pour le groupe, qui a tenu en haleine un millier de spectateurs sur la scène principale, samedi soir. Ali Faïq et Bohsine Foulane en ont même profité pour animer un atelier de chant en langue berbère auprès de vocalistes marseillaises, le lendemain du concert. En coulisses, on croisait bien sûr Brahim El Mazned, directeur artistique de Timitar et membre du comité de sélection de Babel Med, Amine Hamme et Mounir Kabbaj de l’équipe du Boulevard, Khadija El Bennaoui, ambassadrice du fonds Art Moves Africa, ou encore Aziz Daki et Nabil Touzani, représentant Mawazine, qui évoquaient la création d’une association des festivals marocains. Par ailleurs, Amarg Fusion sortira cet été son nouvel album, Argan, mis en boîte par Ali Faraoui.


Nocturnes. Courts mais intenses

Le court-métrage est incompris ? La nuit porte conseil ! Les samedis 19 et 26 avril, l’ESAV, école d’audiovisuel de Marrakech, a concocté deux sessions nocturnes (la première dans ses locaux, la seconde à la FOL de Casa) pour vous faire découvrir les dernières trouvailles du cru marocain : Fin de mois de Mohamed Mouftakir, Chambre A de Rachid Cheikh, Casablanca de Ali Benkirane, Le Portable, de Nour Eddine Tilsaghani, Le Prince de Ouarzazate de Fouad Challa et La jeune femme et l’instit de Mohamed Nadif, en présence des réalisateurs, pour discuter des conditions de production et de diffusion du court au Maroc. Passé 23h, le Festival de Clermont-Ferrand s’invite avec une sélection internationale : Camera obscura de Thierry Onillon, Il Supplente de Andrea Jublin, Terminus de Trevor Cawood, Deweneti de Dyana Gaye, Raymond de Bif, Tricko de Hossein Martin Fazeli, City Paradise de Gaelle Denis, Tanghi Argentini de Guido Thys et I Am (Not) Van Gogh de David Russo.


Arts plastiques. Cana, le regard de Bourkia

30 juillet 2006. Israël bombarde Cana, un village au Sud Liban. Plus d’une cinquantaine de civils, dont des enfants, sont massacrés. C’est à cette tragédie humaine que Hassan Bourkia, l’une des figures emblématiques de la peinture contemporaine marocaine, a consacré son travail “Cana, ce jour-là (le regard d’un peintre)”, exposé à la galerie marrakchie Noir sur Blanc. Un travail, que l’écrivain Edmond Amran El Maleh décrit ainsi : “…Le regard se pose sur des pierres noires calcinées, des débris métalliques, désordre chaotique de ce qui reste(…) C’est ainsi que Bourkia répond à cet événement inscrit dans une longue histoire marquée par une politique de terreur (…). Mais si l’événement évoqué est d’ordre politique, l’œuvre réalisée résonne comme un poème d’émotion, grave, qui crée, anime et fait vivre.”

Expo sur la folie humaine. À la Galerie Noir sur Blanc, du 5 au 26 avril, Marrakech.



Photographie. Les visages d’El Ghoumari

Woujouh (visages), c’est le titre de l’expo du photographe marocain Nouredine El Ghoumari, proposée à Rabat par l’Association marocaine d’art photographique. Originaire de Taza, installé en Angleterre et intervenant à l’ISIC (Institut Supérieur de l’Information et de la Communication), l’artiste a successivement étudié à Londres, Alexandrie, Paris et Brighton, et exposé d’Ukraine et au Japon... La galerie de “portraits de rue” qu’il présente ici rend hommage aux petites gens et à ses origines marocaines, au fil de visages immortalisés par un noir et blanc léché, doux mais contrasté, qui lui a valu une prestigieuse parution dans le livre The World’s greatest black and white photographers. À découvrir absolument.

Du 10 avril au 10 mai à la galerie Mohamed El Fassi, 1 rue Ghandi, Rabat.



Cinéma. L’maghrib f’Miricane

Le cinéma marocain s’en va planter son drapeau en terre d’Amérique. Au Festival international du film de Palm Beach, plus précisément (du 10 au 17 avril). Cette année, ce rendez-vous cinématographique met à l’honneur le 7ème art marocain, faisant découvrir au public US cinq films sortis droit du cru 2007. Au programme, Islamour de Saâd Chraïbi, Les Jardins de Samira de Latif Lahlou, En attendant Pasolini de Daoud Aoulad Syad, La beauté éparpillée de Lahcen Zinoun et Adieu Mères de Mohamed Ismaïl. Cinq films qui se rejoignent sur un même point : celui de se vouloir novateurs et audacieux dans les thèmes qu’ils traitent. Par ailleurs, l’association “Save Cinemas In Morocco” se greffe au Festival et y organisera des conférences pour présenter le cinéma du Maroc. De quoi sensibiliser les enfants de l’Oncle Sam au cinéma vert et rouge.


Anniversaire. 2008, l’année fassie

C’est en grande pompe que sera donné ce samedi 5 avril le coup d’envoi de la fête faite à Fès, à l’occasion de son 1200ème anniversaire. 2008 (ou ce qu’il en reste) sera donc l’année durant laquelle tout sera fait pour rappeler aux Marocains que le Maroc est né à Fès, il y a 12 siècles. 12 temps forts sont prévus, dont une Caravane de l’Histoire qui sillonnera le pays, un Livre Blanc, un colloque et un spectacle, en plus de 120 portraits télé de personnalités ayant marqué l’histoire du pays et de jeunes qui ont repris le flambeau. En attendant, on promet un spectacle d’ouverture, en son, images et lumières, réunissant pas moins de 200 artistes dirigés de main de maître par Lahcen Zinoun (chorégraphe), Ahmed Aydoun (musicologue) et Mohamed Abderrahmane Tazi (metteur en scène).



Humeur.
Masters and servants

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Elle est belle cette chanson de Depeche Mode. New wave anglaise d’une époque révolue, mais encore d’actualité au Maroc. Elle aurait été la bande-son idéale pour cette dame, cadre supérieur bon chic bon teint, qui expliquait un jour les avantages de vivre au Maroc. Elle ne connaissait pas Depeche Mode, mais avait tout compris de la vie : “Ici, tu peux t’offrir un chauffeur pour moins que le SMIG”, fut son seul argument. Limite, limite, semblait-il. Et puis, un jour on a eu une bonne. On s’embourgeoisait, mais il fallait bien quelqu’un pour faire la poussière. C’est tombé sur une femme entre deux âges, plombée par des grossesses qu’on devinait successives, douloureuses en tous les cas. Sans temps mort, sans repos biologique. Elle aurait pu être notre maman, cette femme. Elle en avait les gestes en passant la serpillière, cet air las de faire la guerre à la saleté des autres qu’on avait si souvent croisé dans son regard. Et elle sentait la javel, une odeur d’enfance. On l’imaginait malheureuse à travailler chez des dames gavées de petit personnel. Et pas trop triste chez nous car on lui laissait un gros pourboire. Bien au-delà du minimum syndical pour ne pas passer pour un négrier. Plutôt pour le bon fils qui appelle une fois par semaine S.O.S ménage. Un numéro dans un répertoire. Elle y a été enregistrée sous l’appellation “femme de ménage”. C’était le sosie de maman, pourtant on ignorait son prénom. C’était clair, on était mûrs pour avoir un chauffeur…



Cinéma pour tous
La caravane du film amazigh a démarré le 31 mars et sillonne les fins fonds des régions du sud et du Sahara jusqu’au 13 avril. Dans le cadre du festival Issni N'Ourgh, la caravane a pour but de faire goûter les plaisirs du grand écran à un public qui en est dramatiquement privé. Débats et ateliers sont également au programme.


Milano pronto
Le Maroc sera présent au Festival du cinéma d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine qui se déroulera à Milan du 7 au 13 avril. En compétition côté longs, les Cœurs brûlés d’Ahmed El Maânouni, et côté courts Percussion Kid de Mohamed Achaour. Quant au “documentaire”, c’est Nouba d’or et de lumières de Izza Genini qui représentera le Maroc.


La caravane passe
Décidément, le Sud est gâté en matière de caravanes ! Depuis le 1er avril et jusqu’au 11, la Caravane de l’image et de la photo, organisée par l’association Occi-zen, sillonne la province de Ouarzazate, afin de faire découvrir aux enfants de la région l’art de la photographie, dans le cadre d’ateliers d’initiation.

 
 
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