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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Hicham Smyej

La Semaine

Taoufiq Hejira, ministre de l’Habitat, présentant à Mohammed VI le
programme des logements sociaux.
(DR)

Habitat social. Lancement des logements “low cost”


C’est désormais officiel : le programme pour la construction de logements à 140 000 dirhams est lancé. Destiné aux ménages dont le revenu mensuel n’excède pas 1,5 fois le Smig, ce programme porte sur une enveloppe d’investissement de 15,5 milliards de dirhams. Les deux tiers des 130 000 logements prévus devraient être réalisées par les filiales régionales du holding Al Omrane durant les 4 années à venir. Le reliquat sera confié à des promoteurs immobiliers privés, dans le cadre d’un partenariat avec l'établissement public. Ces logements à bas coût
sont censés profiter aux habitants des logements menaçant ruine, aux agents de la Sûreté nationale, aux employés de la fonction publique, ainsi qu'aux salariés du secteur privé et de l’artisanat. Comme pour les autres logements sociaux, le crédit pour le financement de l’acquisition de ces nouvelles habitations peut être garanti par le fonds Fogarim. Autre particularité de ce programme : il intègre le monde rural (une première) avec 22 000 maisons à construire en respectant les normes de sécurité et de qualité. En milieu urbain, seront construits des immeubles R+3 équipés de services de proximité. Une série de mesures ont été prises pour garantir le logement social au profit des familles démunies. La Loi de Finances avait introduit des mesures incitatives en faveur de ce nouveau produit, qui profitera aussi de l’assiette foncière publique. Le lancement de ce produit devrait booster la production de logements sociaux. A titre de rappel, 2007 a été la 3ème année consécutive où la barre des 100 000 unités d’habitat a été franchie. Mais le déficit reste toujours important.


Balance commerciale. L’année de tous les dangers

A peine les premières statistiques de l’année de l’Office des changes tombées, les pouvoirs publics se sont inquiétés de l'aggravation du déficit de la balance commerciale. Un récent document de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), adossée au ministère des Finances, met en relief les répercussions de la hausse des cours mondiaux des produits de base sur la balance commerciale marocaine. L’étude se concentre sur deux produits en particulier : les céréales et les produits pétroliers. “Le renchérissement des importations de pétrole et de blé pour le mois de janvier 2008 représente près de 60% de l’accroissement global des importations de notre pays”, souligne le document. Mais côté propositions, la DEPF se contente de ressasser les grandes thématiques scandées depuis plusieurs années : diversification du bilan énergétique national, accroissement du poids des énergies renouvelables ou encore la résorption du déficit de productivité et la réduction de la dépendance pluviométrique pour l'agriculture.


HPS. À la conquête du monde !

“Nous sommes fiers d’être la société marocaine qui s’exporte le mieux”, claironne Brahim Berrada, directeur administratif et financier de HPS, qui figure parmi les leaders mondiaux de la monétique. Avec 90% du chiffre d’affaires réalisé à l’export, la société crée deux succursales à Paris et à Dakar. “Nous voulons apporter un support de proximité et de prospection en Europe et en Afrique”, explique Berrada. Pourquoi se priver, lorsqu’on sait que la filiale de Dubaï, ouverte en 1993, est la source de la moitié des 150 millions de chiffres d’affaires et qu’elle sert de tremplin pour le marché asiatique. “Au Japon, nous travaillons avec la 2ème société de crédit du pays, qui totalise à elle seule 6 millions de cartes, alors qu’au Maroc, nous ne sommes encore qu’à 4 millions” précise Berrada.


BCP. Le style Benchaâboun

Pour sa première sortie, Mohamed Benchaâboun a fait sensation. Le nouveau président du Groupe banques populaires n’avait pas une bonne nouvelle à livrer, mais quatre. Primo, le groupe affiche toujours une santé éclatante, avec un résultat net en croissance de 6%, à 2,4 milliards de dirhams. Secundo, les salariés de la banque vont profiter d’une augmentation de capital qui leur sera réservée, à l’instar de ce que font les grandes banques de la place. Tertio, la BCP vient d’obtenir l’agrément pour la création d’une filiale en Mauritanie, qui sera la 3ème en Afrique après les filiales en Centrafrique et en Guinée. Last but not least, Benchaâboun annonce la mise en place d’un fonds des fonds pour la prise de participation dans des secteurs à fort potentiel. L’activité de capital investissement a jusque-là fait cruellement défaut à la banque.


Ports. Casa triple sa capacité

Les appels d’offres pour l’extension du port de Casablanca sont bien lancés. Trois soumissionnaires au moins se sont déjà manifestés. Il s’agit de l’incontournable SGMT (déjà activement présente sur Tanger Med), de Somagec et d'un opérateur italien. Les travaux visent l’élargissement des capacités du terminal à conteneurs à travers la construction d’un nouveau quai et l’aménagement d’un espace de stockage. L’Agence nationale des ports avait déjà budgétisé quelque 600 millions de dirhams pour ces travaux, qui devraient multiplier par 3 fois la capacité d’accueil du port. Celle-ci est aujourd’hui limitée à 600 000 conteneurs, ce qui engendre une congestion de plus en plus décriée par les opérateurs économiques.



Pendant ce temps, le peuple…
Moqadem de poche

Moulay Ahmed se rend au commissariat pour retirer ses documents d'identité. Et là, il découvre qu’il est le premier à disposer de la fameuse carte nationale d’identité électronique (CNIE), alias la carte biométrique. La première du genre confectionnée par la DGSN et financée par le compte spécial du Trésor, qui a budgétisé 210 millions de dirhams pour l'opération. Moulay Ahmed retourne sa nouvelle carte dans tous les sens pour voir ce qu’elle a de révolutionnaire. D’emblée, il se rend compte du gâchis : désormais, il n’est plus Moulay, juste Ahmed. Le deuxième hawli sacrifié à sa naissance était de trop, comme lui répétait si souvent son père. Et puis, il n’y a plus cette ligne que notre héros chérissait tant sur sa CIN classique. Celle de sa fonction, moqadem, qualité qui lui donnait tous les pouvoirs sur les titulaires d’un certificat de nécessité. Mais ce qu'Ahmed redoute le plus, c’est la puce de sa carte “bio”. Le policier en moustache lui explique que cette puce emmagasine toutes ses données biométriques. Il lui fait même une démonstration sur une borne électronique, qui met à nu tous ses secrets : Ahmed tout court fait 1m55 pour 60 kilos, il a les cheveux gris et, comme signe particulier, une tache de naissance sur le testicule gauche. Voulant le rassurer, l’inspecteur lui apprend que cette carte infalsifiable procure un énorme avantage. Elle remplace à elle seule quatre documents administratifs : extrait d’acte de naissance, certificats de vie, de résidence et de nationalité. Peine perdue, l’ex-Moulay Ahmed constate que, bien plus que son intimité, c’est son job qui est désormais menacé. Car avec cette CNIE, tout le monde aura son moqadem à lui, bien au chaud dans sa poche.



Bourse. Reprise des introductions

C’est au cours de ce mois d’avril que la première recrue de la Bourse en 2008 devrait faire son entrée. Il s’agit de la société Dellatre Levivier Maroc (DLM), qui a annoncé une augmentation de capital de quelque 90 millions de dirhams. Spécialisée dans les travaux de charpente, DLM propose ses actions (dès le 14 avril) pour le prix unitaire de 729 dirhams. Selon la note d’information, cette augmentation de capital devrait permettre à la société de financer une ligne de production dédiée aux mâts d’éoliennes destinés tant au Maroc qu’à l’export. Un marché à fort potentiel, au vu des différents projets de parcs d’éoliennes lancés dans le royaume. DLM ambitionne également de se positionner sur les marchés de l’offshore pétrolier.


OFF.

Une nouvelle filiale de l’ONA est attendue en Bourse. Le marché se fait l’écho de préparatifs à la mise sur la cote de Sopriam, importateur des marques automobiles Peugeot et Citroën. La banque d’affaires qui devrait accompagner cette opération ? Attijari, filiale de l’ONA, part évidemment favorite. Car au sein du holding royal, les synergies sont légion.


Une mission de prospection au Maroc vient d’être organisée par le ministère du Commerce international italien. Objectif : dénicher des opportunités pour les entreprises italiennes du secteur de l’aéronautique. Même les financiers étaient du voyage, représentés par Simset, l’institution financière italienne de promotion des entreprises à l’étranger.

 
 
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