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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hicham Smyej

La semaine

Photo de famille des 26 chefs
d’Etats à la clôture du sommet
de l’OTAN.
(AFP)

Otan. Sommet chargé


Le sommet de l'OTAN, qui a réuni les dirigeants des 26 pays de l'organisation à Bucarest jusqu'au jeudi 3 avril, fut pour le moins studieux. Les participants devaient en effet se pencher sur nombre de décisions sensibles. La première concernait le projet de bouclier antimissiles américain, dont des éléments devraient être implantés sur le sol de la République tchèque. La déclaration finale des 26 a finalement apporté son soutien au président américain, George Bush, appelant même la Russie “à profiter des propositions des Etats-Unis en
matière de défense antimissile” et l'invitant à “explorer ces possibilités au moment qui sera approprié”. Pour rappel, Moscou avait vivement critiqué le projet de bouclier antimissiles et s'est dite opposée à l'implantation d'un tel dispositif sur le sol d'un pays voisin. Sa réponse officielle ne devrait être connue que vendredi, jour de la tenue du Conseil OTAN-Russie, auquel participe Vladimir Poutine en personne.

Mais si les membres de l'OTAN ont tenu tête à la Russie sur le dossier du bouclier antimissiles, ils se sont montrés plus diplomates dans celui de l'élargissement de l'Alliance. En effet, la Géorgie et l'Ukraine n'ont pas rejoint la Croatie et l'Albanie comme candidats officiels à l'adhésion. Leur entrée dans l'antichambre de l'OTAN a été repoussée à une date ultérieure, faute de consensus entre les 26 et sous la pression de la France et l'Allemagne (suivies de 10 autres pays), soucieuses de ne pas heurter de front la Russie.

Les deux pays ont néanmoins obtenu l'engagement des 26 d'intégrer “un jour” l'organisation. Ce compromis n'a pourtant pas été du goût de Moscou : le vice-ministre des Affaires étrangères russe, Alexandre Grouchko, a en effet prévenu que l'intégration des deux anciennes républiques soviétiques serait “une grande erreur stratégique qui aura des conséquences sérieuses pour la sécurité de l'Europe”. Autre recalée : la Macédoine, dont l'adhésion a été empêchée par un veto grec. Athènes refuse en effet que la Macédoine intègre l'OTAN sans avoir changé de nom (qui est aussi celui d'une province grecque).

Enfin, les dirigeants de l'Alliance se sont prononcés pour l'accroissement “substantiel” de leurs effectifs en Afghanistan. Mais pour le moment, seule la France a déclaré explicitement vouloir y envoyer un bataillon de 700 soldats.


Cuba. La révolution du shopping

Cette semaine, Cuba aura vécu sa deuxième révolution. Une série de “micro-changements” impulsés par Raul Castro commence à modifier le quotidien des Cubains, dans un socialisme bientôt cinquantenaire. Mardi, prévenus par “Radio Bemba”, le bouche-à-oreille de la capitale, ils ont commencé à se rassembler près des rares magasins d'électroménager, certains pour acheter, beaucoup pour s'enquérir des prix d'appareils dont la vente au public était à nouveau autorisée. Les autorités avaient invoqué en 2003 les graves problèmes énergétiques de l'île pour en bloquer la vente. Fours à micro-ondes, cocottes-minute électriques, lecteurs de DVD, magnétoscopes, bicyclettes ou scooters électriques chinois et, plus rares, ordinateurs ont commencé à trouver preneurs, en devises. Les Cubains se disent ravis de ces mesures et surtout de la belle économie qu'ils font en évitant le marché noir.


Zimbabwe. Mugabe s’accroche

Après avoir perdu sa majorité au Parlement, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir il y a 28 ans, le président zimbabwéen Robert Mugabe se bat pour survivre politiquement. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principale formation d'opposition, affirme qu'il a aussi perdu l'élection présidentielle, organisée parallèlement au scrutin du samedi 29 avril. Mais cinq jours après les élections, la commission électorale n'avait toujours pas publié les résultats de la présidentielle, qui a notamment opposé Mugabe au chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai. De son côté, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), parti au pouvoir, parle plutôt d'un second tour des présidentielles. Ce serait le dernier moyen de sauver son dirigeant, apparu publiquement jeudi pour la première fois depuis le scrutin.


Al Qaïda. Al Zawahiri fustige l’ONU

“Les Nations Unies sont l'ennemi de l'islam et des musulmans : c'est elles qui ont codifié et légitimé l'instauration d'un Etat d'Israël et l'appropriation des terres des musulmans”. C’est la nouvelle déclaration choc d’Ayman Al Zawahiri, n°2 d’Al Qaïda, dans un enregistrement audio rendu public mercredi par Intelcenter, une société américaine spécialisée dans la surveillance des sites Internet islamistes. Cet enregistrement vient en réponse à une centaine de questions posées à Al Zawahiri via Internet, depuis décembre dernier. Ce dernier a d’ailleurs profité de l'enregistrement pour donner des nouvelles d’Oussama Ben Laden. Il dénonce les rumeurs et les campagnes de désinformation visant à le faire passer pour mort et affirme que le leader d'Al Qaïda est vivant et en bonne santé. “Il devra mourir un jour, mais la religion d'Allah demeurera”, a-t-il ajouté.



Lu pour vous [FRANCE]
L'islamisme turc face à ses juges

Caroline Fourest, Le Monde du 3 avril.

Le président de la Cour constitutionnelle de Turquie vient d'accepter une procédure visant à dissoudre l'AKP, le parti islamiste au pouvoir, pour non-respect de la laïcité. Dans un pays comme la France, cela reviendrait à vouloir dissoudre l'UMP sous prétexte que le président de la République tripote un peu trop la laïcité à la française. Il faut bien avouer que c'est tentant, mais indigne d'une démocratie. Cela dit, que ferions-nous si un parti d'extrême droite élu le plus démocratiquement du monde - après avoir promis de ne jamais toucher aux principes républicains - s’employait à restaurer l'Ancien Régime ?
(…) Les onze membres de la Cour constitutionnelle reprochent au parti islamiste d'avoir levé l'interdiction du voile sur les campus universitaires. (…) La mesure prise par l'AKP n'inquiéterait pas les laïques si elle ne donnait pas l'impression d'une simple étape, que les plus pessimistes interprètent comme le symptôme d'un “agenda caché” (…).
Pour rassurer, les leaders de l'AKP aiment comparer leur parti à l'équivalent musulman d'un parti démocrate chrétien. L'argument est séduisant mais légèrement optimiste. Un jour peut-être, à force d'être contenu par le corset laïque, ce parti islamiste renoncera sincèrement à remettre l'islam politique au coeur de la cité. Pour l'instant, sa “modération” n’est due qu'aux menaces de dissolution à répétition, qui l'ont bel et bien contraint à tempérer son discours à défaut de modérer ses envies.



Chypre. Ouverture symbolique

Les Chypriotes grecs et turcs ont eu un petit rendez-vous avec l'histoire ce jeudi matin 3 avril, à Nicosie. L'occasion : la rue Ledra, symbole de la partition de l'île de Chypre et fermée depuis 45 ans, a été rouverte aux piétons au cours d'une modeste cérémonie, à laquelle participaient des représentants du gouvernement de la République de Chypre (grecque), des autorités chypriotes turques et de l'ONU. Malheureusement, ce signe de détente fut aussi soudain que temporaire : douze heures après son ouverture, le passage a été à nouveau refermé par les autorités chypriotes grecques, qui reprochaient à leurs homologues turques d'avoir violé un accord sur la présence de forces policières dans la zone.


Etats-Unis. Le racisme va bien, merci

Alors que les Etats-Unis s'apprêtent à célébrer le 40ème anniversaire de l'assassinat de Martin Luther King, le Southern Poverty Law Center (SPLC) a publié une enquête montrant un net accroissement du nombre de groupes incitant à la haine raciale. Fondé en 1971 pour défendre en justice les militants des droits civiques, le SPLC publie chaque année un rapport sur les groupes extrémistes américains qui fait autorité. L'augmentation, depuis 2000, se chiffre à 48%, et pour l'année 2007, le SLPC a dénombré pas moins de 888 groupes. Et aux classiques néo-nazis, viennent désormais s'ajouter les mouvements anti-Latinos. Selon le SPLC, l'augmentation est due à la naissance de nouveaux groupes anti-immigrants. L'ONG blâme les hommes politiques et certains médias qui ont fait un fonds de commerce de la dénonciation du coût des clandestins pour le système de santé ou d'éducation.


VITE !

Au terme du mois de mars, Barack Obama, candidat démocrate aux présidentielles américaines, a récolté des fonds de campagne dépassant les 40 millions de dollars. Sa rivale, Hillary Clinton, n'en a levé que 20 millions.

 
 
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