|
Par Majdoulein El Atouabi
Musique. La playlist des festivals
La saison des festivals est ouverte et, avec elle, celle de la chasse aux stars. Chaque manifestation musicale met un point dhonneur à exhiber ses têtes d'affiche, histoire dattirer le mélomane. Qui sen plaindrait ?
|
|
Mawazine [Du 16 au 24 mai]
Allo Houston, ici Rabat
Cette année, nous avons le plus gros budget depuis la création de Mawazine, martèle Aziz Daki, directeur artistique du festival rbati, qui débute le 16 mai prochain. Et comment fait-on pour obtenir un telle manne ? On a pu lever autant de fonds grâce à larrivée de Mounir Majidi (secrétaire particulier du roi) à la tête de lorganisation, répond sans ambages un membre du staff de Mawazine. Des fonds qui ont permis au festival de voir grand pour l'édition 2008, en s'offrant une certaine Whitney Houston comme tête daffiche. Aucun autre festival marocain na, aujourd'hui, les reins assez solides pour programmer une star de cette envergue, surenchérit notre source. Pourtant, la chanteuse de R n B, qui revient d'une longue traversée du désert, ressemble à une erreur de casting dans un festival aux sonorités latino-africaines. En réalité, en optant pour Whitney Houston, cest un produit d'appel que recherchent les organisateurs de Mawazine. On ne pouvait pas rater loccasion de présenter une star de son gabarit, même si elle ne correspond pas forcément à notre thématique, justifie Aziz Daki. Qu'importe : Ziggy Marley, George Benson, Dee Dee Bridgewater et Juanes seront là pour donner le change
|
Musiques sacrées de Fès [Du 6 au 14 juin]
Tenue correcte exigée
La plus sélecte des manifestations musicales se déroulera sous lombrelle protectrice du 1200ème anniversaire de Fès. Pour marquer le coup, les organisateurs ont fait appel à la diva américaine Jessie Norman, au Sénégalais Ismaël Lô. La Libanaise Majda Roumi jouera, quant à elle, au joker de luxe. Elle a été programmée à la place de Mohamed Abdou (Arabie Saoudite), trop cher pour notre bourse, confie ce membre de lorganisation. Une grande partie de notre budget est consacrée aux artistes de renom, qui demandent de gros cachets. Pourtant, ledit budget n'est pas des plus maigres : 12 millions de dirhams, financés en partie par les spectateurs. Car le pass, qui permet dassister à l'ensemble des spectacles, ne coûte pas moins de 3300 DH. C'est certain, le festival fassi, qui souffle ses 15 bougies, joue dans un registre particulier et ne risque pas de piétiner sur les plates-bandes des autres, plus populaires : Vu la singularité du Festival de Fès, nous ne convoitons pas les mêmes vedettes que les autres festivals. |
Essaouira [Du 26 au 29 juin]
Esprit, es-tu là ?
Beaucoup de festivals programment les artistes au succès populaire assuré. Plus rares sont ceux qui ont un réel esprit, comme ceux de Fès ou dEssaouira, affirme un membre de lorganisation du Festival gnawi. Il ny aurait donc pas de chasse effrénée aux célébrités, même si quelques noms sont bien utiles quand on na pas daudience à demeure, comme c'est le cas pour le Festival de Casablanca. Programmer des stars est nécessaire pour convaincre le public de venir jusqu'à Essaouira, concède un membre de léquipe A3, organisatrice de l'événement. Mais pas de quoi vendre son âme au diable : Nous restons fidèles à une tendance jazzy, avec lAméricain Wayne Shorter et le Libanais Ibrahim Maalouf (le neveu dAmin), mais vous nen saurez pas plus. Des artistes moins mainstream quailleurs, mais qui représentent un tiers du budget du festival en raison du nombre de spectacles programmés. |
LBoulevard [Du 19 au 22 juin]
Le chemin de la notoriété
Chaque année, on se pose la question. Et chaque année, on est soulagé : LBoulevard est maintenu ! Mieux, pour fêter ses 10 ans, le tremplin de la nouvelle scène marocaine mettra les petits plats dans les grands, avec une brochette de noms. On aura des pointures comme IAM, Louis Bertignac et Akram Sedkaoui du Band of Gnaoua, révèle tout fier Hicham Bahou, co-organisateur du festival. Mais ce sont nos stars quon veut réellement mettre en avant. Notamment les H-Kayne, Darga ou Hoba Hoba Spirit, qui ont fait leurs premières armes à LBoulevard avant de faire le bonheur des autres festivals. Je pense que nous sommes lantichambre expérimentale des autres festivals, poursuit Hicham Bahou, qui nest pas mécontent de voir naître de nouveaux découvreurs de talents, comme Génération Mawazine. Le raout casaoui garde cependant une longueur davance : cette année, il est ainsi question dinviter des producteurs étrangers, pour quils viennent faire leur marché sur place. |
Timitar [Du 1er au 6 juillet]
Pot-pourri musical
Cette année, nous proposerons une sorte de best of, affirme Brahim Mazned, directeur artistique du festival dAgadir. Doù une impression de déjà vu pour cette cinquième fournée de Timitar. Alpha Blondy et Idir seront de retour à Agadir. Après un passage à Fès, Youssou NDour répondra aussi présent au rendez-vous amazigh. Une programmation recyclée ? Pas du tout, se défend El Mazned, le programme est surtout lié à lactualité musicale, puisque les principales têtes daffiche ont toutes sorti un nouvel album cette année. En réalité, Timitar avait surtout besoin de vedettes durant ses premières années, histoire d'attirer le projecteur médiatique. En 2006, il était question que Jimmy Cliff, qui avait signé un accord avec nous, se produise aussi au festival d'Essaouira, se souvient ce membre de lorganisation. Nous avons émis notre veto : autrement, son concert à Agadir aurait eu moins dimpact auprès des médias. |
Casa Musique [Du 17 au 20 juillet]
Secret défense
La loi du silence plane sur la 2ème édition de Casa musique, héritier du défunt Festival de Casablanca. Les dates ne sont pas encore annoncées et encore moins la programmation. Les raisons de l'omerta ? Les organisateurs ne veulent pas sengager, alors que les contrats ne sont pas encore signés. En puis, ils misent beaucoup sur leffet de surprise pour faire parler deux, explique une source proche du staff. Mais des fuites, il y en a toujours. Ainsi, Method Man, rappeur du collectif américain du Wu Tang-Clan, et Seun Kuti, le représentant de lafro-beat nigérian (et fils de qui vous savez) seront à Casablanca. Les artistes programmés doivent avoir une assise populaire, mais il ny a pas de thématique spécifique. Nous proposons un éventail large car le public casablancais est plutôt hétéroclite, explique Hicham Abkari, directeur artistique du Festival. Candidat avoué à la course pour les célébrités, Abkari estime cependant qu'il n'y a pas de rivalité entre les différentes manifestations musicales : On aurait du mal à programmer des têtes daffiche comme Joey Starr au Festival des musiques sacrées de Fès. Ouais, faut voir. |
|