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N° 319
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Foot et intégration : l’équation insoluble

Je vous écris pour réagir à un article publié dans votre magazine, concernant le footballeur d’origine marocaine Adil Rami (TelQuel n° 317) et pour évoquer, d'une manière plus large, la “problématique” des sportifs français de souche étrangère. Adil Rami, comme d'autres joueurs tels Samir Nasri, Karim Benzema ou encore Hatem Ben Arfa, ont opté tout naturellement pour la France, étant tout simplement citoyens français, pays où ils sont nés et où ils ont été formés par des clubs français. Je m'étonne donc que ceux qui choisissent la France et non le pays d'origine de leurs parents soient traités de “traîtres” par la presse de ces différents pays. À cet égard, je suis choqué que des éléments aussi talentueux que Marouane Chamakh, Youssef Hadji ou encore Michael Chrétien (Basser pour le Maroc) aient choisi le Maroc alors qu'ils auraient largement leur place parmi “les Bleus”. D'autant plus encore que dans le cas de Chamakh, le joueur a déjà porté le maillot bleu dans toutes les catégories jusqu'en “espoirs”.
De quel droit le Maroc ou d'autres pays africains revendiquent-ils des joueurs dont le seul lien est l'origine de leurs parents ? La majorité de ces joueurs ne parle même pas correctement l'arabe et d'ailleurs, comme l'a souligné Abdeslam Ouaddou après la dernière CAN (TelQuel n° 313), il existe deux clans antagonistes au sein de l'équipe marocaine entre francophones et arabophones, Européens et locaux, ce qui nuit fortement à la cohésion et, par extension, aux résultats de l'équipe nationale marocaine.
Je peux comprendre que des joueurs n'ayant pas le talent nécessaire pour postuler en équipe de France se “rabattent” sur la sélection du pays de leurs parents, mais ceux qui ont le niveau privent leur pays (la France) de leur talent. Ceci pose un autre problème, plus large celui-là.  Comment peut-on revendiquer (à juste titre) d'être traité et respecté comme un Français “de souche” si on ne s'identifie pas à la communauté nationale ?
Le triste exemple du match “France-Maroc” à Saint-Denis, où la Marseillaise a été sifflée par des Français d'origine maghrébine, est de ce point de vue symptomatique, les joueurs marocains ayant reconnu eux-mêmes qu'ils jouaient à domicile...
Si la France n'a pas toujours été un exemple en matière d'intégration et d'insertion des immigrés, le sport a toujours échappé à cette fatalité. La nation doit à des joueurs d'origine étrangère ses plus grands exploits. Qu'aurait fait la France sans Raymond Kopa, Larbi Ben Barek, Michel Platini, Luis Fernandez, sans oublier bien sûr Zinedine Zidane ?
Bien que le règlement autorise les joueurs bénéficiaires de la double nationalité à choisir le pays dont ils souhaitent défendre les couleurs, il me paraît important, voire primordial, qu'ils comprennent que l'enjeu n'est pas simplement sportif mais que le processus concerne leur intégration pleine et entière en tant que citoyens français. Pour finir, je souhaite faire une précision afin d'éviter une quelconque connotation “raciste” à mon commentaire. Si un Franco-marocain né et ayant été formé au Maroc décidait, in fine, de jouer pour la France, que ne dirait-on pas dans la presse marocaine ? Il serait, à coup sûr, l'objet d'un lynchage médiatique pour “trahison”. Ce qui serait valable côté marocain devrait donc, en toute logique, l'être aussi côté français.

Frank Nouma,
Bruxelles – Belgique.


(ndlr : L’intégration par le foot est un sujet chaud, sensible, qui mérite certainement un large débat. Les opinions exprimées concernent leurs seuls auteurs, elles méritent le respect, dans toute leur diversité, quand elles sont franches et assumées).



Fitna : sommes-nous si irréprochables ?

J’ai jugé pertinent le dernier édito intitulé “Condamnation pleine”(TelQuel n° 118). Le film Fitna a été condamné à la fois dans les pays occidentaux et musulmans, étant donné qu’il s’agit d’un film qui attise la haine entre les peuples. C’est donc une bonne chose. En examinant le film, on découvre qu’il a été réalisé à partir d’extraits malheureusement déjà diffusés sur des chaînes officielles arabes, notamment la Saoudienne Iqraâ. Des chaînes qui font l’apologie du terrorisme au vu et au su de tout le monde (musulman), sans que personne ne se “bouge” pour dénoncer des prêches d’un autre âge. Le gouvernement hollandais, lui, a pris ses distances avec le réalisateur du film, un parlementaire d’extrême droite, tout en l’exhortant de ne pas diffuser son produit. Le gouvernement, comme l’ensemble du peuple hollandais, ne font pas d’amalgame entre musulmans et terroristes. Ils savent que la majorité des musulmans, dans leur pays mais aussi dans le reste du monde, ne partagent pas cette idéologie de haine et de violence. Les musulmans, eux, par contre, ont rarement osé dénoncer certaines chaînes de télévision, voire certains régimes arabes. Ils préfèrent, peut-être, appeler au boycott… des produits hollandais, sanctionnant ainsi un gouvernement qui n’a rien d’un “ennemi”… Comme vous l’avez bien dit, M. Benchemsi, nous n’avancerons jamais tant qu’on évitera d’opérer, calmement, notre autocritique, notre mea culpa.

El Houssine Bouiamrine, Khénifra.



Ménard et la question palestinienne

Lecteur assidu de TelQuel, je me permets de faire quelques remarques au sujet de l'interview de Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (TelQuel n° 318). J'aurais notamment aimé que des questions lui soient posées au sujet de la situation des journalistes à Gaza. J’aurais voulu comprendre pourquoi aucune protestation, aussi minime soit-elle, n’a été émise par RSF, concernant les problèmes rencontrés par les journalistes dans l’exercice de leur métier. J’aimerais aussi vous soumettre une idée : pourquoi ne pas inviter vos lecteurs - via Internet - à proposer des questions pour les interviews. Vous pourriez par la suite choisir les plus pertinentes d’entre elles.

Anass Leghwani,
Kénitra.


Réponse :
Lors du Salon du livre, tenu le 13 mars dernier à Paris, où Israël était invité d’honneur, Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, présent le jour de l’inauguration, a commenté la situation des journalistes palestiniens, déclarant : “Si Israël est indéniablement un Etat démocratique, le traitement qu’il réserve aux journalistes palestiniens, dont plusieurs sont tombés sous les balles (israéliennes), ne l’est pas”.



Ode aux Amazighs

Ces derniers temps, la presse marocaine a souvent évoqué la question amazighe, présentée comme le problème d’une “minorité”. Et, comme on le sait fort bien, les minorités sont partout opprimées : la femme, l’enfant, l’homosexuel, le journaliste indépendant, le nomade, le fou, l’artiste, le philosophe, le noir, l’amazigh, etc. Ce n’est pas nouveau. À travers son histoire, le peuple Amazigh a toujours renoncé à une certaine idée du pouvoir, mais il n’a jamais abandonné son identité. Il est fermement attaché à ses terres, à sa culture et à sa langue. Et il résiste au système dans le sens large du terme, encore et toujours. Ce qui ne l’empêche pas d’être patriote et d’aimer profondément son pays. Bon courage à tous les amazighs de notre pays.

Youssef Youssef, Boumalne Dadès.



Les frontières de l’absurde

Jusqu’à quand le Maroc va-t-il réserver un “traitement spécial” à son voisin algérien. Notre pays adopte une position on ne peut plus contradictoire. Au moment où nous suspendons nos relations diplomatiques avec le moindre Etat qui “ose” se fendre d’une déclaration pro-Polisario (souvenez-vous de la bavure historique avec le Sénégal), nous cherchons à ouvrir les frontières avec un pays supposé ennemi, soupçonné et même accusé d’entretenir le conflit dans la région. Si on faisait un sondage dans les règles de l’art, transparent et représentatif, il n’est pas sûr que tous les Marocains accepteraient l'ouverture des frontières. Quel que soit l'argument avancé (manoeuvre politique ou autre), le Maroc court le risque de récolter le dédain de la communauté internationale. Et puis, sur un tout autre plan, pourquoi le Maroc a-t-il par exemple mis un terme à ses relations diplomatiques avec Israël ? Jusqu’à preuve du contraire, ce pays ne nous veut aucun mal… Dans les cas de l’Algérie et d’Israël, la politique est une affaire de calculs, complexes, cyniques, parfois même absurdes et a priori contradictoires. Cela, malheureusement, on l’a bien compris.

El Azzouzi Khadija, Rabat.



Rectificatif.

Contrairement à ce qui a été publié dans TelQuel (et dans Le Monde), l’écrivain marocain Fouad Laroui n’était pas présent au Salon du livre à Paris, dont Israël était l’invité d’honneur.
 
 
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