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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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La semaine.

Les Mghrib Music Awards repartent
pour une deuxième édition.
(DR)

Récompenses. And the award goes to...


La clique des filles et un garçon qui veulent du bien à la scène musicale marocaine remettent le couvert avec une deuxième édition des Mghrib Music Awards. Souvenez-vous l’année dernière, le club des cinq du webzine nextline.ma (Ayla, Layal, Meriem, Karima et Younes) lançait l’événement qui récompensait le dur labeur d’artistes de rap, fusion et rock. C’était frais, c’était bon enfant et sans prétention, c’était au théâtre Mohammed V à Rabat. Malgré les mille et une difficultés rencontrées par la jeune et fragile équipe cette année-là, voilà qu’elle
revient avec une édition qui s’annonce encore plus aboutie que la première. En plus des catégories meilleur artiste rap hip hop, fusion et rock, vient s’ajouter une récompense du meilleur DJ de l’année 2007. Depuis le 9 avril et jusqu’au 5 mai, vous pouvez aussi voter pour le meilleur album de l’année, le meilleur titre et la meilleure vidéo, en plus d’élire (parmi les nominés ou pas) la révélation de l’année. Autre nouveauté cette année, les artistes et groupes nominés ont été présélectionnés par un jury composé de connaisseurs de la question. La cérémonie de remise des Mghrib Music Awards s’annonce donc ambitieuse et aura lieu, toujours à Rabat, au complexe Moulay Abdallah, le 10 mai prochain. Parmi les artistes qui s’y produiront, sont fortement pressentis Haoussa, Bigg, Fez City Clan et Z-Wall. Et que le meilleur gagne.

Votes ouverts depuis le 9 avril jusqu’au 5 mai sur www.nextline.ma



Sortie. Ces braves Américains

En Espagne, en pleine conférence sur la lutte anti-terroriste, le président des Etats-Unis est victime d’un attentat. À travers les points de vue d’une reporter américaine rebelle, d’un agent secret sur le retour, d’un touriste qui filme tout ce qui bouge ou encore d’un beau policier espagnol, Pete Travis reconstitue le puzzle du drame pour mieux en dénouer l’intrigue. Si le défi de réalisation est bien relevé, aidé par un montage précis et nerveux, et que la Plaza Mayor de Salamanque nous épargne une énième reconstitution moyen-orientale, Angles d’attaque ne s’en fourvoie pas moins dans les écueils du genre. Avec Saïd Taghmaoui en méchant terroriste et le président US en brave magnanime, qui épargne au Maroc un bombardement imminent, ce thriller d’action, porté par Dennis Quaid, Matthew Fox et Forest Whitaker, délaisse trop vite le mode intimiste pour un imbuvable délire de cascades et une fin démago. Angles d’attaque, c’est donc des ornières aussi nombreuses que la vision d’ensemble est obtuse. Dommage.

Angles d’Attaque, au Mégarama.



Musique. I believe, I Fnaïre

Fnaïre, la main encore pleine de henné, quittent bientôt leur mère- patrie pour une tournée internationale. Aux côtés de Nass El Ghiwane, le trio qui prône le “rap taklidi” s’envole vers des cieux plus modernes : L’Amérique du Nord entre le 8 et le 15 mai, avec des dates à Montréal et Orlando. Retour au Maroc pour leur concert au festival rbati Mawazine (le 18 mai). Les Fnaïre enchaîneront avec une tournée européenne : six concerts en France, d’Asnières à Toulouse en passant par Paris, Nice, Mulhouse et Bruxelles. D’autres dates sont prévues, en Allemagne et à Dubaï. Pas mal pour des Bahjawa en baggy.


découverte La cornemuse s’amuse

Celtic Legends débarque au Maroc : après plus de mille représentations partout dans le monde, la troupe irlandaise, composée de cinq musiciens et pas moins de quatorze danseurs, sillonnera les scènes de Rabat, Casa et Marrakech à la fin du mois d’avril. Le spectacle, créé en 2002, puise dans l’irish folklore et met en scène danses celtiques et musiques traditionnelles avec claquettes, cornemuses, flûtes et tout le toutim. Le compositeur qui guide les jupettes est loin d’être un illustre inconnu dans son île natale : primé une bonne dizaine de fois, Fergal O’Murchu a déjà collaboré avec des pointures telles que Dolly Parton, pour ne citer qu’elle. La chorégraphie, elle, revient à Gerard Hayes, danseur converti. Une heure et demie de show pour initier ceux qui ne connaissent des Irlandais que le cliché de grands buveurs… et pour les connaisseurs bien sûr, qui apprécient les rythmes cadencés d’un patrimoine chargé de musique et d’histoire. Et que ça claque !

Le 26 avril au théâtre Mohammed V, Rabat.
Le 27 avril au théâtre Royal, Marrakech.
Le 29 et 30 avril au Mégarama, Casablanca.



Atelier. Idées (cinéma) à développer

Et de trois ! Du 27 avril au 4 mai, Meda Films Development entamera, à Marrakech, l dernière édition de ce programme mené par Ali n’ Production pour Euromed Audiovisuel II. La mission : accompagner dix tandems auteur-producteur méditerranéens dans le développement d’un premier long-métrage de fiction. Psychologie des personnages, études de cas de production du Sud et initiation au “pitch” (présentation live d’un projet de film devant des professionnels) seront au cœur de cet atelier où interviendra, entre autres, le réalisateur et producteur libanais Philippe Arinctingi (Sous les bombes). Après le désistement de Hicham Lasri (L’Os de fer) et de Ali Essafi (Cinemaat) pour Le Blues est la seule couleur, Hicham El Jebbari (Mort à l’aube) et Hicham Brini (Douâa Production) forment, autour de Larmes de Satan, le seul duo marocain de ce cru 2008, aux côtés de trois tandems tunisiens, un algérien, un israélien, deux palestiniens, un égyptien et un turc.


Arts plastiques. Le Harf selon Qotbi

Mehdi Qotbi est un sacré personnage. Haut comme trois pommes, intarissable boule d’énergie, son carnet d’adresses de grands hommes de Maroc et de France ferait pâlir de jalousie un diplomate chevronné. Reste que sa carrière de lobbyiste a souvent fait de l’ombre à sa carrière artistique. Véritable touche-à-tout, Mehdi Qotbi a même lancé en 2007, affiches 4x3 à l’appui, sa propre collection de bijoux et collaboré (lors de la dernière édition du Festival de Marrakech) avec la prestigieuse maison Dior. Artiste plasticien, il expose du 15 avril au 16 mai ses dernières œuvres à la galerie Venise Cadre à Casablanca. 33 toiles désacralisant le “harf” (la lettre en arabe), et le relevant au rang de signe artistique moderne et universel à souhait. Le “harf”, multiplié à l’infini, devient floral, s’efface presque et laisse la part belle à une explosion de couleurs printanières.


Publication. Le lion ne rugira plus

Donner du sens à l’art, c’est la démarche de la Source du Lion, collectif artistique mené par un Hassan Darsi, OVNI parmi les artistes plasticiens, qui, en réaction au traitement inhumain fait aux lions du zoo de Aïn Sebaâ, lança avec ses compères l’opération choc Le Lion se meurt (2003-2007) : collection du Lion (journaux, livres, produits de consommation, figurines à l’effigie du lion), le journal du Lion, la peinture du Lion… C’est tout ce travail à la fois profondément artistique et engagé qui est retracé dans une toute nouvelle publication qui vient boucler la boucle. Qu’en est-il du zoo de Aïn Sebaâ ? De la poignée de fauves qui y survit ? Qui s’en soucie ? “Cette publication, nous l’espérons, est un signal d’alarme que nous tirons”, nous dit-on du côté de la Source du Lion.


Festival. Soufis à Fès

La deuxième édition du Festival de Fès de la culture Soufie (initié par Faouzi Sqalli, ex- Festival des musiques sacrées) s'annonce bien chargée : du 17 au 24 Avril, la capitale spirituelle accueillera cette ode au soufisme, mettant en valeur ses différents pans. Au programme, des présentations et des conférences sur le soufisme au Maroc, expositions et tables rondes autour de spiritualité et religions, concerts et chants mystiques, et projections de films. Les confréries seront bien évidemment de la partie, de la Kadiriya Boutchichiya à la Chadiliya, tout comme le rappeur/slameur Abdalmalik, qui se dit “sauvé par le soufisme”. Des ateliers de peinture, mais aussi de musique, auront leur place, comme cet atelier de “musicothérapie” animé par des spécialistes de la médecine chinoise.

Du 17 au 24 Avril, à Fès.



Tournage. Et ils se marièrent...

Face à ses parents qui lui concoctent un mariage arrangé lors d’un voyage au bled, Nadia, jeune Française d’origine marocaine, choisit Samir, le plus plouc de ses prétendants. Après six mois à supporter l’acariâtre belle-mère, celle-ci lui impose de choisir entre rentrer en France ou divorcer… Rassurez-vous, l’amour pur et sincère triomphe à la fin de ce téléfilm de France 2, actuellement en tournage – jusqu’au 19 avril - entre l’orangeraie de Sidi Moussa, Casablanca (villa Dar Khalifa) et Essaouira. Zinedine Soualem (Bienvenue chez les Ch’tis), Ouassini Embarek (À tout de suite) et Razika Nayis (Marock) se retrouvent au générique de Mariage arrangé, réalisé par l’Algérienne Rachida Krim (Sous les pieds des femmes), digne héritière de Yamina Benguigui.



Humeur.
Yo Yo Allah

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Le rap marocain est victime d’un virus terrifiant : la pensée du plus grand nombre. À part un ou deux phraseurs fréquentables, la masse ne mérite même pas une brève dans un fanzine. Elle est aussi désorientée qu’une girouette prise dans un maelström. ça prône le gangsta rap en déroulant son tapis en direction des terrasses de café. Attajdid featuring Cheikh Yassine, telle est le sample préféré de beaucoup d’entre eux. Et le reste du temps, ils paradent cigare au bec dans des lieux “branchés” de la côte casablancaise, en survêtements blancs aussi immaculés que le taxi du retour vers un quartier forcément populaire. Le cul clairement entre deux chaises. Côté pile, la frime et l’odeur du fric des autres, côté face, leur propre misère matérielle et intellectuelle. On est vrai puisqu’on vient d’un ghetto, ne cessent-ils de répéter. Aussi authentique que le barbier du coin, est-on tenté de leur répondre. C’est qu’ils ont souvent un discours de garçon coiffeur commentant les frasques de la voisine. Ces rappeurs ont d’ailleurs les fans qu’ils méritent. Tous ceux qui lâchent sur Youtube des clips moralisateurs, où défilent des photos de Marocaines repiquées sur le Net. Pour eux, une fille qui s’affiche est forcément une “pute”. Le show off est la chasse gardée des mecs. Pour la révolution des mœurs, c’est râpé…



Le feu au Carrefour
Révoltés et tranchants, hymnes brûlants à la création, aux mythes et aux éléments, les vers du poète franco-marocain Mohamed Hmoudane forcent l’inclination. Après Meknès et Taza, l’auteur de Blanche mécanique, Attentat et Incandescence sera au Carrefour des livres de Casablanca les 18 et 22 avril à 19h. À découvrir.


Maroc abstrait
Mounia Benkhadra, Achour Mohamed Fathallah et quelque vingt-deux autres peintres marocains uniront leurs œuvres à celles de l’artiste portugais Isaías Correia à partir du 10 Avril au Centre culturel portugais à Rabat. Les “visions abstraites du Maroc” du peintre portugais s’inspirent souvent de la culture amazighe, thème récurrent de ses tableaux.


Mazagan voit grand
Il grandit, l’appétit de Mazagan. Le 1er mai, ces experts du chaâbi-groove seront au Festival de la Soupe de Lille, pour prendre des forces avant Lalla Takerkoust le lendemain, sans oublier Mawazine le 19 mai, Tanjazz le 29, L’Boulevard le 22 juin, le Festival de Casa le 19 juillet et enfin Dieppe le 17 octobre. Bsaha !

 
 
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