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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Hicham Smyej

La Semaine

Le siège casablancais de l’OCP.
(DR)

OCP. Bonne année 2008 !


Décidément, l’année démarre sous les meilleurs auspices pour le groupe OCP. Après avoir quasiment réglé ses problèmes de recapitalisation et d’externalisation de sa caisse de retraites (la loi sur la transformation de l’Office est désormais dans le circuit législatif), voilà que le premier exportateur du pays tire le bénéfice d’une conjoncture internationale favorable. Les prix du phosphate et dérivés ont en fait suivi la tendance mondiale de flambée des prix des matières premières. La forte demande provenant de l’Inde et de la
Chine tire les prix à la hausse, rompant un cycle de stagnation qui a duré près d'une trentaine d’années. Les cours de certains produits ont d’ailleurs doublé, voire quadruplé. C’est le cas de ceux de la roche phosphate, qui sont passés de 50 dollars en 2007 pour flirter désormais avec les 200 dollars ! Idem pour le prix des engrais, qui a augmenté en une année de 260 à près de 760 dollars. Pour le groupe OCP, premier exportateur mondial de phosphates, l’effet de la hausse des prix s’est rapidement fait sentir sur les comptes. Entre janvier et février, la valeur des exportations des phosphates et dérivés a ainsi progressé de 67% par rapport à la même période de l’année dernière, passant de 2,5 milliards à près de 4,2 milliards de dirhams. La part des ventes du groupe dans le total des exportations a atteint 20%, contre 13% une année auparavant. Pourvu que ça dure…


Saïdia. Addoha rassure

Quelques mois après le rachat de 50% du capital de Fadesa Maroc, les managers d’Addoha (qui président désormais le directoire de la société) opèrent leur première sortie médiatique. Objectif : rassurer quant à l’avancement du plus important projet de Fadesa, à savoir la station balnéaire Mediterranea Saïdia. Première station du fameux plan Azur, son lancement semble justement prendre du retard. “Nous sommes dans les temps par rapport à notre échéancier et nos engagements vis-à-vis du gouvernement”, tient à préciser Hassan Ben Bachir, conseiller d'Anas Sefrioui, président d’Addoha. Le numéro 2 du groupe confie toutefois qu’un certain retard est accusé par rapport à la livraison du premier hôtel et que Fadesa Maroc devrait même payer des pénalités de retard au futur exploitant de l’établissement. “Il va falloir attendre la saison 2009 pour le lancement des trois hôtels”, ajoute-t-il. Addoha a également effectué des changements opérationnels dans la conduite du chantier, qui était auparavant éparpillé entre des dizaines de sous-traitants.


OPA. Charaf prend le contrôle

Fertima passe dans le giron de Charaf Corporation. Les 400 millions de dirhams, nécessaires au rachat de 86,6% du capital de la société de fertilisants, seront financés à parité par des fonds propres et un prêt bancaire. Au besoin, un appel public à l’épargne sera lancé. En rachetant les parts détenues par le Portuguais Adubos, la MAMDA/MCMA et le groupe Holmarcom, Charaf Corporation se positionne comme le leader du secteur. En effet, le mariage de Charaf, fournisseur d’engrais des grandes exploitations, et Fertima, qui approvisionne les petites surfaces, permettra au couple de contrôler 55% d’un marché prometteur. En effet, la FAO estime les besoins à 2,5 millions de tonnes par an alors que la consommation actuelle ne dépasse pas le million de tonne.


BMCI. La BNP mise gros

BNP Paribas met le paquet pour sa filiale marocaine. L’actionnaire principal de la BMCI augmentera le capital de celle-ci de 1,5 milliard de dirhams, le portant à 2,6 milliards. Une injection de fonds censée accompagner l'élan de croissance de la banque, qui a réalisé un exercice 2007 éclatant : le produit net bancaire dépasse les 2 milliards, le retour sur investissement flirte avec les 20% et le résultat net a augmenté de 24% à 666 millions de dirhams. En recapitalisant sa filiale marocaine, BNP Paribas ne fait que suivre la réglementation de Bank Al-Maghrib, qui impose le respect de ratios prudentiels, faisant appel aux fonds propres des banques. Un objectif non atteint par la BMCI, malgré les deux augmentations de capital de l’année dernière, par transformation des obligations en actions et par conversion de dividendes.


Tourisme. Les recettes en baisse

Dilemme : le nombre de touristes augmente, alors que les recettes de voyage sont en baisse. C’est bien ce que révèlent les derniers chiffres publiés par l’Observatoire du tourisme. En effet, au terme des deux premiers mois de l’année, quelque 447 000 touristes ont franchi les frontières marocaines, soit 59 000 (+15%) de plus que le nombre enregistré à la même époque de l’année dernière. La France est toujours en tête, avec 163 000 arrivées, suivie de l’Espagne et l’Allemagne. Le nombre de nuitées connaît en revanche une baisse de 2%. Marrakech et Agadir sont les villes les plus touchées par ce recul (respectivement -5 et -12%), alors que Tanger et Fès s’en sortent plutôt bien. Quant aux recettes, elles ont régressé de 5,6% au terme des deux premiers mois de l’année.



Pendant ce temps, le peuple…
Au 20ème étage…

Printemps 2010. Si Abdeslam, accompagné des “98 qui font le Maroc”, coupe le ruban rouge du nouveau siège social de sa compagnie, avant de leur offrir l'inévitable tour du propriétaire. 5 hectares de superficie, 91 mètres de haut, 13 ascenseurs, 400 places de parking, 2500 m2 d’auditorium… Qui dit mieux ? Et bien sûr, il y a le côté hi-tech écolo. Ces vitres qui permettent un éclairage naturel et absorbent l’énergie solaire, ce système de récupération des eaux pluviales pour arroser le jardin et ce capteur de mouvement dans les salles de réunions pour optimiser la clim. Un joujou architectural qui a gagné le prix Ecobulding du Paris Expo avant même le premier coup de pioche. Il n’y a qu’un prénommé Abdeslam pour réaliser ce genre de prouesses. Le seul et unique Abdeslam qui a su transformer une administration publique en une machine à cash en vendant du blabla : des minutes télécoms. Lui qui a su construire sa tour (d’ivoire) sans demander un centime aux actionnaires. C’était déjà en 2008, quand il décide de fourguer tout le foncier de la boîte pour se payer le plus haut building de Rabat. Un siège digne de la première entreprise du pays, qui brasse 30 milliards de dirhams de chiffre d’affaires. Et surtout un bureau digne du puissant président qu’il est. Perché au 20ème étage, son office est muni d’un télescope pour contempler les satellites et garder un œil sur ce qui se passe dans sa filiale au Gabon. C’est ici qu’il passera les deux dernières années qui le séparent de la retraite. Une sortie honorable qu’il souhaite de tout coeur après 32 années de carrière bien mouvementée. Qu’elles seront longues ces deux dernières années…



CDG. Touchons du bois

Driss Jettou et Dominique De Villepin (ex-Premier ministre français) en ont rêvé, la CDG et sa consœur hexagonale, la CDC (Caisse de dépôts et de consignation), l’ont fait. La création de la Société forestière de la CDG (SFCDG) parachève un accord signé en 2005 par les deux gouvernements sortants. Ses 5 millions de dirhams de capital sont détenus à 70% par CDG Développement et à 30% par la Société forestière de la CDC. Il s’agit d’administrer deux fonds d’investissement pour gérer la production de bois au Maroc. Le premier, Eucaforest, créé en 1996, est dédié à la production d’eucalyptus pour sa société-mère, Cellulose du Maroc. Le second est le nouveau Fonds Maroc forêts (FMF). Il sera doté de quelque 200 millions de dirhams pour reboiser 25 000 ha en 10 ans. Une décade pour produire de l’eucalyptus, du bois de feu et du bois d’œuvre.


OFF.

C’est la banque d’affaires casablancaise CFG Group qui a décroché la mission de conseil pour la commercialisation du foncier pour les hôtels prévus sur Saïdia Mediterranea. En effet, trois hôtels ont été construits par l’aménageur Fadesa, alors que les terrains pour trois autres établissements devront être cédés à d’autres opérateurs. La banque d’affaires spécialisée dans le tourisme aura donc pour rôle de trouver les futurs acquéreurs de ces terrains. Une bonne opération d’intermédiation foncière. l


Et de 21 pour l’ONHYM ! L’Office marocain des hydrocarbures vient de signer un nouveau contrat de reconnaissance pétrolière. Cette fois-ci, c’est avec la filiale britannique du groupe tchèque MND, qui exécutera des travaux géologiques et géophysiques dans la zone de “Missour Ouest” sur une superficie de 13 000 km2.

 
 
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