Grâces royales. La loterie du pardon
Santé. Les 10 commandements de Yasmina Baddou
Rkia Abou Ali : "Je n'ai pas encore tout dit"
Années de plomb. Une couverture qui laisse froid
Audimat. La télé sur mesures
Égypte. Élections sous haute tension
Internet. Le "meetic" halal
Pouvoir d'achat. L'intenable système des subventions
Musique. La playlist des festivals
Portrait. Architecte ès jazz
Hommage. Le talentueux M. Faouzi
N° 319
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Les “tansikiyate” de protestation
contre la vie chère se préparent
déjà au 1er mai.
(TNIOUNI / NICHANE)

Social. Va y avoir du sport !


Abbas El Fassi a entamé le deuxième round du dialogue social avec les syndicats. Dans sa besace, le Premier ministre avait plusieurs propositions pour diminuer les effets de la cherté de la vie, à la base du vaste mouvement de grèves qui agite fonctionnaires et citoyens. Outre la hausse du montant alloué à la Caisse de compensation, Abbas El Fassi propose des augmentations salariales dans le secteur public de 10%, étalées sur 3 ou 4 ans. La baisse du plafond de l’impôt sur le revenu de 42% à 38% est une autre mesure-phare qu’il accompagne
d’un relèvement du seuil des salaires imposables de 24 000 à 30 000 DH par an. “Cette proposition est loin de correspondre à la réalité économique et sociale des travailleurs”, a d’ores et déjà déclaré Abderrahmane El Azouzi, secrétaire général de la FDT (proche de l’USFP). Les cinq principales centrales syndicales du pays sont en fait engagées dans une partie de poker menteur. L’UGTM, proche de l’Istiqlal, cache mal son assujétion au Premier ministre, tandis que la FDT avance au rythme des hésitations de l’USFP. L’UMT et la CDT de Noubir Amaoui jouent les électrons libres. Seule l’UNTM (proche du PJD) semble vouloir réellement faire contrepoids. Mais au gouvernement, même si on s’en défend, le risque est en fait d’avoir à faire face à un 1er mai de tous les dangers. “Les syndicats ne parviennent jamais à mobiliser plus de 7% des travailleurs. De toute façon, nous espérons boucler le dernier round avant le 1er mai”, nous explique-t-on à la primature. En attendant, le mouvement des tansikiyate (coordinations), qui mobilise les Marocains contre la vie chère depuis deux ans, semble être le grand oublié de ce “dialogue entre vieux amis”. Pourtant, c’est lui qui risque de chauffer le public lors de la prochaine Fête du travail…


People. Il s’appelle Ziggy

Le fils de Bob Marley profitera de son passage au prochain festival Mawazine (du 16 au 24 mai) pour faire d’une pierre deux coups : jouer au touriste. L’organisation de la manifestation musicale rbatie a modifié le billet d’avion retour de Ziggy Marley à sa demande : “Il a émis le souhait de passer quelques jours de repos au Maroc avec sa femme et ses deux enfants”, nous a révélé un membre du staff artistique du festival. Les organisateurs de Mawazine se sont même transformés pour l’occasion en agence de voyage : “Nous lui avons réservé des nuitées dans plusieurs grands hôtels et concocté un circuit à travers le pays”, ajoute cette tête pensante du festival.


Islamistes. Sous haute surveillance

Depuis l’évasion des neuf détenus islamistes de la prison de Kénitra le 7 avril (lire dossier p. 38), les autorités carcérales sont sur les dents. La fouille des visiteurs est désormais draconienne, même les journalistes d’Al Aoula et 2M n’y ont pas coupé le jour où ils ont tenté, en vain, de filmer le lieu de l’évasion. La surveillance semble s’être généralisé à tous les centres de détention du pays. À la prison casablancaise de Oukacha, les gardiens, qui doivent sûrement craindre que les prisonniers s’évadent par la cuvette des toilettes, les accompagnent désormais jusqu’au petit coin. À quand la surveillance pendant les visites conjugales ?


Sahara. Les Norvégiens s’en mêlent

L’association humanitaire Norwegian Refugee Council (NRC) vient de publier, sur son site web, un rapport public consacré au Sahara, sous le titre “pays occupé, population déplacée”. Véritable plaidoyer contre la politique marocaine au Sahara, le bulletin reprend une partie du vocabulaire indépendantiste : “invasion marocaine”, “colons”. Très documenté sur les violations des droits de l’homme au Sahara, le rapport reste par contre silencieux sur la situation dans les camps de réfugiés de Tindouf. À noter que le gouvernement norvégien, qui est un des bailleurs de fonds du NRC, défend l’autodétermination du peuple sahraoui.


Histoire. Une Khattabi n’est plus

La fille du leader historique de la révolution rifaine est morte au Caire, le 6 avril dernier, à l’âge de 70 ans, des suites d’une longue maladie. Mouna Khattabi avait suivi son père en exil en 1947 alors qu’elle était âgée d’à peine dix ans. “Elle n’avait jamais quitté l’Egypte depuis, pays qui était devenu sa seconde patrie et dont elle parlait la langue mieux que la darija”, nous a confié un proche. Décrite comme discrète et en retrait, comparée aux autres membres de la famille, elle a été inhumée au Caire auprès de son père Abdelkrim Khattabi et de son frère Saïd, décédé en novembre 2007 dans la capitale égyptienne.


Boumalne Dadès. Marche ou crève

Le comité de soutien aux familles organise une marche pour la libération des détenus de Boumalne Dadès, ce dimanche à Ouarzazate. Mot d’ordre de la manifestation : “La liberté pour les détenus et contre la marginalisation de la région”. Pour rappel, dix personnes avaient été condamnées à des peines de deux à six ans de prison ferme, après des manifestations dans la bourgade de Boumalne Dadès, début janvier. Lahcen Belaïd, coordinateur du comité de soutien se dit “optimiste après les grâces dont ont bénéficié les camarades de l’AMDH poursuivis pour atteinte aux sacralités (lire Focus p. 6)”. Une première audience du jugement d’appel est prévue lundi 14 avril, au lendemain de la marche. Selon des sources judiciaires, le dossier est bouclé et une décision pourrait être rendue rapidement.


Sida. L’ALCS on the road

L’Association de lutte contre le sida (ALCS) a livré, mardi 8 avril, les premiers résultats de sa campagne à destination des routiers. Une étude menée en septembre dernier, sur un échantillon de quelque 500 professionnels de la route le long de l’axe Tanger-Guelmim, éclaire sur le chemin qu’il reste à faire en matière de prévention. “L’enquête confirme la vulnérabilité des routiers au VIH/sida et une forte demande de prévention de leur part : 82% des sondés ont des idées fausses sur les modes de transmission du VIH et seulement 25% utilisent systématiquement le préservatif”, a déclaré Hakima Himmich. La présidente de l’ALCS, toujours optimiste, note avec satisfaction que sur les 6574 routiers approchés depuis juin 2007, près de 450 ont effectué un test de dépistage.


Rachad Bernoussi. Fin de l’aventure

Le petit poucet de la Coupe de la CAF s’est fait éliminer en huitième de finale après sa défaite 2-0 sur le terrain de l’Espérance de Tunis. “Nous étions opposés à un adversaire de qualité, qui joue avec aisance et insolence”, a commenté à l’issue du match l’entraîneur des Tunisiens, Youssef Zouaoui. Aisance et insolence, deux qualités qui ont convaincu le staff de l’Espérance de Tunis de prendre attache avec deux joueurs du Rachad : “Le manager du club tunisien s’est déplacé au Maroc après le match pour superviser notre défenseur Zekroumi et le milieu de terrain Kouchame”, nous a précisé un dirigeant du Rachad Bernoussi.


Whitney Houston. ça sent le poisson

Les organisateurs du festival Mawazine ont été surpris en recevant la liste des exigences de la chanteuse américaine, envoyée par ses managers. Tête d’affiche de l’édition 2008, Whitney Houston y a fait préciser ses goûts culinaires. C’est plein de phosphore : “Nous avons reçu ses menus quotidiens en détail. Elle adore les calamars et les crevettes”, nous confie un membre du staff de Mawazine. Les organisateurs du festival, dirigé désormais par le secrétaire du roi, Mounir Majidi, ont payé très cher pour avoir Whitney Houston. Mettre ses petits plats dans les grands est un détail comparé à son cachet…


Droits de l’homme. L’œil de l’ONU

Le ministre de la Justice, Abdelwahed Radi, a présenté mardi 8 avril à Genève le rapport sur l’état des droits de l’homme au Maroc devant la toute nouvelle instance de l’ONU en charge de la question. Radi en a profité pour (auto) accorder au Maroc un satifecit lors son examen de passage. “Nous n’avons pas eu accès à la tribune. On nous cantonnait dans les espaces de débats”, nous a expliqué Mohamed Boukili, dirigeant de l’AMDH, une des associations invitées à Genève pour donner un autre son de cloche auprès de l’ONU. Les ONG marocaines ont profité de l’occasion pour distiller leur constat, moins rose, pointant du doigt les cas de torture, d’emprisonnements abusifs, d’atteintes à la liberté de la presse…


Activités royales. Un gouverneur au chômage

Le gouverneur de Khénifra ne doit pas apprécier le côté “serial inaugureur” de Mohammed VI. En tournée dans le Moyen-Atlas, le roi n’a pas plus apprécié l’absence de ruban rouge à couper. Notamment celui de la route devant désenclaver Anfgou, village en altitude où dix enfants sont morts de froid en janvier 2007. Faute de route carrossable, Mohammed VI a limogé le gouverneur de la région, jeudi dernier, pour “manquement à ses devoirs”, rapporte l’AFP. “Les projets de l’INDH étaient au point mort dans la région”, témoigne un acteur associatif local, qui a mené la fronde contre l’inertie du gouverneur. Climat de paix sociale oblige, le couperet est tombé.



3 questions à Khalid Sefiani
[Avocat des hommes politiques détenus dans l’affaire Belliraj]


Vous avez réagi aux récentes déclarations de Me Ziane, que vous accusez de nuire à vos clients et de violer le secret de l’instruction ?
Me Ziane a violé le secret de l’instruction. En déclarant que son client Belliraj a fait des aveux, il commet un délit. Il passe son temps à tirer sur ses confrères, plutôt que de défendre le droit à un procès équitable. Cela m’étonne venant du bâtonnier du barreau de Rabat. Il n’a même pas pris position contre les interventions des ministres de l’Intérieur ou de la Communication.

Me Ziane dit avoir eu accès au dossier de son client. Seriez-vous les seuls à avoir des problèmes avec le juge d’instruction Abdelkader Chentouf ?
S’il a bénéficié d’un traitement particulier, l’affaire serait grave. J’ai cru comprendre que Me Ziane n’a pas demandé des copies du dossier de son client. On ne peut pas renoncer à ce droit, qui existe depuis 1959. Si Me Ziane veut seulement sauver la peau de Belliraj, comme il l’affirme, nous demandons en revanche la vérité et le respect du droit.

Où en sont justement vos demandes concernant l’accès au dossier de l’accusation ?
Jusqu’ici rien de nouveau, c’est le statu quo. Nos clients refusent toujours d’assister à l’interrogatoire détaillé, tant que leur défense ne peut être assurée. C’est au juge d’instruction de débloquer la situation.


Mémoires. Coup de sang de Filali

L’ancien ministre des Affaires étrangères et Premier ministre de Hassan II a publié, début avril, ses mémoires de haut commis de l’Etat. Dans Le Maroc et le monde arabe (éd. Scali), Filali revisite une partie de l’histoire contemporaine du royaume, commençant en 1956 par une scène de la mélancolie de Franco, après la “perte” du Maroc, “le fils” qu’il n’a jamais eu, selon l’expression du général espagnol. Le journaliste du quotidien El Pais, Ignacio Cembrero, relève aussi la violente attaque de Filali, deux fois ambassadeur à Madrid, contre José Luis Zapatero, l’homme qui a “ruiné les perspectives” de coopération entre les deux pays. À 80 ans, Abdellatif Filali appelle à “l’unique décision qui s’impose : rompre les relations avec l’Espagne”, et récupérer Sebta et Melilia.


16 mai. En attendant l’indemnisation

Des victimes des attentats du 16 mai 2003 ont réitéré leur demande d’indemnisation à l’Etat, jeudi dernier. Cinq ans après les explosions qui ont secoué Casablanca, une trentaine de personnes grièvement blessées attendent toujours un geste du gouvernement. “La loi contre le terrorisme a été adoptée en un temps-éclair, on aurait aimé qu’un fonds d’aide puisse être créé dans la foulée”, se désole Mhammed Mahboub, gérant du restaurant Casa de España où l’on dénombre le plus de victimes. Egalement vice-président de l’Association des victimes des attentats du 16 mai, Mahboub souhaite une réelle mobilisation nationale sur le sujet.


Maroc-Algérie. Le drame des familles

Une association a ajouté son grain de sel à la polémique sur l’ouverture des frontières avec l’Algérie. Dans une lettre ouverte publiée dans Al Bayane, Ryage.com défend le droit à la libre circulation des familles par voie terrestre entre les deux pays. “Certains parents ne peuvent pas rendre visite à leurs enfants sinon grâce à l’aide d’un passeur qui soudoie les garde frontières des deux côtés”, nous a expliqué Fathia Daoudi, présidente de l’association. Comme solution appropriée, elle propose l’octroi de laissez-passer ou encore la programmation d’un jour par semaine où les familles recensées pourraient voir leurs proches. “Les autorités ont trouvé une solution pour les prisonniers de Tindouf, pourquoi pas pour nous ?” ajoute-t-elle.


Stationnement. Horodateurs illégaux

Le tribunal administratif de Rabat vient d’asséner le coup de grâce au système de stationnement payant de la capitale. Après les décisions accordant des dédommagements pour pose illégale des sabots, le juge administratif a carrément annulé la délibération du conseil municipal de Rabat Hassan, datant de 1996, qui autorisait la pose d’horodateurs. “Cette annulation entraîne, en cascade, celle du contrat de délégation passé avec une société privé de stationnement”, se réjouit Me Abderrahmane Benameur qui a introduit le recours. La balle est maintenant dans le camp de Chakib Benmoussa pour réviser les contrats entre les communes et les sociétés de parkings.


Affaire Erramach. Acquittement en masse

Le jeudi 4 avril, la Cour d’appel de Tanger a disculpé sept magistrats et officiers condamnés en 2004 à des peines d’un an à deux ans de prison pour corruption et abus de pouvoir dans le cadre de l’affaire Mounir Erramach. Que du beau monde : les magistrats Abdellah El Hajoui, Abdelkrim Zehouani et Abdellah Sallal, l’ex-préfet de police Mohamed Sekkouri, l’ex-chef de la sûreté à Tétouan, Mohamed Charafeddine et l’officier de la Gendarmerie royale, Abdelhak Sarhane. Selon Hafida Tétouani, la tante de Mounir Erramach : “Ces acquittements prouvent encore une fois que le dossier d’accusation de Mounir est vide. Il devrait lui aussi être libéré. Son maintien en détention est une mascarade”.


Aventure. Marathon des stars

La 23ème édition du Marathon des sables a vu la participation de plusieurs sportifs de haut niveau, dont l’ancien sociétaire du Barça, Luis Enrique, son compatriote le basketteur Tonin Llorente, et un coureur pas comme les autres : Frédéric Doué, le bodyguard du président Sarkozy, qui a “beaucoup souffert”, rapporte le quotidien français L’Humanité. Au final, c’est le Marocain Mohamed Ahansal qui remporte l’épreuve, succédant à son frère Lahcen, victorieux à 10 reprises. Pour paraphraser l’ancien footballeur anglais Gary Lineker, le Marathon des sables, ce sont 850 sportifs qui courent, et à la fin c’est un Ahansal qui gagne.


Hommage. Le colonel taciturne

L’émission “Le cinquième invité” d’ Arriyadia sera consacré, lundi prochain, au colonel Mehdi Belmejdoub, l’ex-boss du football marocain décédé la semaine dernière. “Nous avons tenté de l’inviter plusieurs fois de son vivant, mais il préférait rester discret depuis son retrait de la Fédération de football”, regrette Younes Alami, le directeur de la chaîne sportive. L’émission animée par Mustapha Badri aura une particularité. La chaise de l’invité restera vide en l’honneur de Belmejdoub, peu versé dans la com’ depuis qu’il a payé les pots cassés de la cinglante défaite (1-5) contre l’Algérie en 1979. Sur le plateau défileront des joueurs de la CAN 76, remportée par le Maroc sous la férule du colonel.


RAM. L’avion furtif

Une centaine de passagers d’un avion de la RAM ont passé la nuit de lundi dernier à l’aéroport de Bruxelles pour cause de vol annulé. La police belge a dû intervenir pour calmer certains d’entre eux qui manifestaient leur colère de manière trop bruyante. Joint par TelQuel, un responsable de la compagnie nationale explique que l’incident est dû à un contretemps technique : “Atlas Blue (compagnie low cost de la RAM) a loué un avion à une compagnie européenne. L’appareil est tombé en panne et la société qui nous assiste à Bruxelles n’a pas pu assurer l’hébergement des passagers”. Le lendemain, la société mère a volé au secours de sa “fille” en casant les voyageurs à bord de trois vols réguliers.


Presse. La mode façon Le Matin

Le groupe Maroc Soir investit la presse féminine avec son nouveau mensuel, Femina mag, lancé la semaine dernière. La nouvelle publication de l’éditeur du Matin du Sahara est un gratuit tiré à 50 000 exemplaires, distribué dans les magasins de mode féminine, les salles de sports et de main à main. “Femina mag est une sorte d’équivalent local du magazine français Femme Actuelle”, nous a précisé Sabr Abou Ibrahimi, directrice commerciale du groupe Maroc Soir. Sur le segment déjà encombré de la presse féminine, les initiateurs du projet comptent faire la différence en proposant un magazine pratique fait d’articles concis. “C’est là que se situe la demande selon nos études de marché”, explique Sabr Abou Ibrahimi.



Humeur. Une promesse, un tabou

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Amateurs de tabous, en voilà un à croquer comme la pomme d’Adam : le paradis. Dur, dur. À l’école, le maître peut demander à ses élèves : “Si vous n’exécutez pas mes ordres, vous n’irez pas au paradis”. Comme le dirait un personnage de cinéma, en voilà “une offre qui ne se refuse pas”. Quel est cet adulte capable de résister à l’envie de prendre une revanche sur sa vie, de rattraper, comme disait l’autre, le temps perdu ? Quel est cet enfant qui ne souhaite pas aller dans un jardin qu’il imagine digne de Charlie et la chocolaterie, fait de petits fleuves tranquilles, de plantes suspendues dans le vide, d’hommes verts, doux, de femmes vertes plus belles que toutes les Miss Monde réunies ? Forcément, on a tous grandi avec une certaine idée du bonheur posthume. Et la série de deals et de renoncements qui vont avec. La promesse est accrochée à un devoir, une contrainte, une sanction. Il faut accepter, acquiescer, obéir, pour espérer une place en première classe. Un ami m’a dit un jour : “J’ai dû expliquer à mon fils qu’il n’irait pas au paradis s’il continuait de martyriser le chat”. Il aurait pu lui demander de préférer le bendir au violon, de ne jamais discuter un ordre, d’apprendre le Coran plutôt que de lire Sartre ou Marx, que cela aurait à chaque fois “marché”. Invariablement. Le paradis, sa représentation, sont brandis comme un fier instrument d’éducation, la dernière carte pour espérer être suivi, écouté. On a tous “marché” comme ça, dans “ça”. Enfants, adultes, on a marché. Le paradis, on veut tous y aller. Sur terre, si possible. Sinon l’autre, l’éternel, “l’absolute paradise” dont l’idée accompagne notre vie et agit sur nos têtes comme le meilleur des remontants. Beau tabou, donc, à croquer comme la pomme tendue par Eve au pauvre, au bel Adam.



VITES !

“On ne prête qu’aux riches”, doit se dire Abdelkader Belliraj depuis sa cellule. Après la presse belge qui a “établi un lien” entre le Marocain et l’assassinat de Théo Van Gogh, les juges du roi Albert ont ajouté cette semaine une ligne à son CV déjà chargé : ils le soupçonnent de tentative d’assassinat sur un commerçant bruxellois homosexuel.


L’Olympique de Marseille serait sur la piste du défenseur Amine Erbati. Le sociétaire d’Al Dhafra (Emirats arabes unis) a tapé dans l’œil de l’entraîneur du club, Eric Gerets, lors du match Belgique-Maroc (1-4). Erbati serait le premier recrutement du coach belge, qui veut renforcer son secteur défensif, rapporte le quotidien l’Equipe.


L’épouse de Mohammed VI a pris, le week-end dernier, l’avion pour New York sur la ligne régulière de la RAM. Non pas dans un boeing affrété pour elle, mais avec le “petit peuple” de la première classe, le prince héritier dans les bras. Discrète ou presque : six berlines Mercedes ont accompagné Lalla Salma jusqu'à la passerelle d’embarquement.


ne pétition réclamant la libération du journaliste Mustapha Hormattallah est en ligne depuis une semaine sur le portail marocain spécialisé dans les médias, limage.info. Initiée par des journalistes de la place, elle vient en réaction à l’emprisonnement de Mustapha Hormattallah et au fait qu’il n’ait pas bénéficié de la grâce royale.


L’équipe nationale de football du Maroc progresse de 3 places au classement FIFA suite à sa victoire (1-4) face à la Belgique, le 25 mars dernier. Les Lions de L’Atlas sortent (un peu) la tête de l’eau en se classant à la 46ème position, tout en faisant boire la tasse aux Diables rouges, relégués à la 48ème position.


Mauvaise récolte pour le moussem de Sidi Ali Ben Hamdouch, suite à la série d’interpellations pour atteinte aux bonnes mœurs. “Les clients étaient moins nombreux car ils ont pris peur”, affirme un épicier de la bourgade. Un autre commerçant espère des jours meilleurs maintenant que le “moussem est devenu propre”, selon son expression à peine orientée.
 
 
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