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Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Le relais parisien de la flamme
olymique a été émaillé d’incidents.
(AFP)

JO. La flamme vacille


Le parcours de la flamme olympique est décidément semé d'embûches. Après un allumage mouvementé le 24 mars à Athènes, où les militants de l’ONG Reporters sans frontières (RSF) avaient réussi à perturber la cérémonie, l'accueil à Londres, dimanche, n'a pas été très chaleureux. Le parcours londonien a eu lieu sous haute tension, des militants des organisations Free Tibet ou Free Burma tentant d'interrompre à plusieurs reprises l'avancée de la flamme. A son arrivée devant Downing Street, un millier de manifestants ont salué le symbole olympique par des huées.

La traversée de Paris, le lendemain, a été encore plus chaotique, malgré l'impressionnant déploiement policier. Après plusieurs assauts des militants pro-Tibet ou de RSF, la flamme, éteinte pendant 20 minutes, a du finir le trajet en autocar. À Paris comme à Londres, les athlètes se sont plaint de la brutalité des “gardiens de la flamme” chinois. Le judoka français David Douillet, qui portait la flamme lundi à Paris, témoigne : “Ils vous bousculent, vous tarabustent, vous empêchent de courir, vous invectivent en chinois”. Au lendemain de cette journée chaotique, et en dépit de rumeurs d'annulation des étapes suivantes, le Comité international olympique (CIO) a affirmé qu'il n'était pas question de modifier le parcours de la flamme. Mercredi, le passage à San Fransisco ne s'annonçait pas plus harmonieux. Dès mardi, des banderoles “Free Tibet” ornaient le Golden Gate et le quartier de Chinatown a soigneusement été écarté de l'itinéraire, finalement raccourci. Après la Californie, la flamme devait aussi faire escale à Buenos Aires, vendredi. Mais, face aux protestations contre les violations des droits de l'homme en Chine et à la sourde oreille de Pékin sur le sujet, les dirigeants occidentaux hésitent de plus en plus à se rendre à Pékin pour la cérémonie d'ouverture des Jeux : la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre Gordon Brown ont fait savoir qu'ils n'iraient pas. George W. Bush tergiverse, tandis que Nicolas Sarkozy conditionne sa participation à un dialogue entre Pékin et le Dalaï-Lama. Et l’esprit d’Olympie ?


Primaires US. L’Irak fait débat

L’Irak est revenu en force, mardi, dans la course à la Maison Blanche. Après la montée des violences, le général David Petraeus, chef des forces américaines en Irak, a fait un bilan de la situation devant le Sénat, dénonçant le rôle “destructeur” que jouerait Téhéran en soutenant les milices chiites. En réponse, John McCain et Hillary Clinton ont plaidé, fidèles à leurs précédents discours, l’un pour le maintien des troupes, et l’autre pour leur retrait progressif. De son côté, Barack Obama a lancé un appel au dialogue avec Téhéran. “Je ne crois pas que nous allons pouvoir stabiliser la situation sans [l’Iran]”, a-t-il soutenu. Obama, qui promet de retirer les troupes de combat en 16 mois s’il est élu, a suggéré que Washington se fixe des objectifs plus modestes en Irak : “Un statu quo, sans énormes flambées de violence, ça me semble un but raisonnable”.


Iran. Ahmadinejad attaque

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n’a pas tardé à réagir aux accusations du général américain David Petraeus sur le rôle “destructeur” de Téhéran en Irak. “Les Etats-Unis ne peuvent pas imputer aux autres la responsabilité de leurs propres problèmes”, a tonné mercredi le président iranien, en niant encore l’implication de son pays dans le conflit irakien. Téhéran a toujours affirmé que le meilleur moyen de restaurer la stabilité en Irak était un retrait immédiat des troupes d’ “occupation” étrangères. Sur le dossier nucléaire, le président Ahmadinejad a également enfoncé le clou, en répétant ne pas avoir l’intention de céder aux pressions de la France et des Etats-Unis. Déjà, ces deux pays menacent l’Iran de nouvelles sanctions après l’annonce de l’installation de 6000 centrifugeuses.


France. Le bourbier afghan

En annonçant l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan et son souhait de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN dès 2009, le président français Nicolas Sarkozy s’est mis de dans beaux draps. Une perche tendue à l’opposition socialiste, qui a dénoncé un virage “atlantiste” de la politique étrangère de la France et déposé sa première motion de censure contre le gouvernement du premier ministre François Fillon. Au final, la motion a été rejetée, l’UMP (droite) disposant d’une confortable majorité à l’Assemblée. Le Parti socialiste a surtout profité de l’occasion pour forcer un débat sur la politique étrangère française. De son côté, François Fillon a dénoncé un “anti-américanisme primaire”, accusant la gauche de faire preuve de “conservatisme et de repli frileux”. 55% des Français sondés sont opposés à l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan.



Lu pour vous [FRANCE]
Quand l’Italie s’ennuie

Jean-Jacques Bozonnet, Le Monde du 7 avril.

L’Italie s’ennuie. Jamais, de mémoire de politologue, le pays n’avait connu une campagne électorale aussi insipide. La presse italienne se désole de voir le débat démocratique ainsi encalminé à quelques jours des élections législatives des 13 et 14 avril. Les gros titres ne sont inspirés que par des événements périphériques, comme la crise de la mozzarella ou l’agonie d’Alitalia. Les Italiens n’ont même pas eu droit à un duel télévisé entre les deux principaux candidats, Silvio Berlusconi pour la droite et Walter Veltroni pour le centre gauche. Le climat atone de la campagne est lié au sentiment que ces élections ne changeront pas grand-chose. (…) Dans la grisaille ambiante, la victoire de Milan, ville choisie le 31 mars pour organiser l’Exposition universelle de 2015, a été magnifiée : “c’est le résultat d’un travail collectif, au-delà des appartenances politiques”, note le quotidien économique Il Sole 24 Ore. Il n’en faut pas plus pour ranimer la perspective d’une coalition, entre la droite berlusconienne et le centre gauche réformiste au lendemain des élections. (…) Le système électoral pourrait conduire l’Italie à une nouvelle situation d’ingouvernabilité. Les sondages donnent M. Berlusconi vainqueur à la Chambre, mais il pourrait être pénalisé au Sénat. La nécessité d’une grande coalition pourrait alors s’imposer. Sinon, le futur vainqueur risque d’être déjà fragilisé au moment de former son gouvernement. Le soixante-troisième en soixante ans de république.



FMI. C’est la crise

Le Fonds monétaire international a estimé à 945 milliards de dollars le coût de l’actuelle crise financière. L’été dernier, les marchés financiers ont été durement affectés par la crise des subprimes, des crédits hypothécaires américains à haut risque. Depuis, plusieurs grandes banques américaines et européennes ont subi de lourdes pertes. Dans un rapport très critique publié mardi, le directeur du département des marchés financiers du FMI, Jaime Caruana, a qualifié la crise d’“échec mondial”. Cette évaluation du coût de la crise survient au moment où le FMI a revu à la baisse ses prévisions de la croissance aux Etats-Unis à seulement 0,5 % en 2008 et à 0,6 % en 2009.


Espagne. Zapatero joue l’ouverture

Le socialiste José Luis Zapatero n’a pas obtenu l’investiture du Parlement espagnol au premier tour, mercredi 9 avril. Le Premier ministre sortant ne pourra annoncer la formation de son nouveau gouvernement que samedi. Ce sont les voix de partis nationalistes minoritaires (le PNV basque et le CIU catalan) qui ont manqué à Zapatero, qui ne dispose que d’une majorité relative au Parlement. Conscient de ce handicap, le leader socialiste a montré des signes d’ouverture, proposant de passer des accords nationaux sur des grands sujets, dont la politique vis-à-vis de l’ETA. Son rival Mariano Rajoy, leader du Partido Popular (PP), s’est félicité de cette recherche de consensus, indiquant que le “son des paroles” de Zapatero lui avait “plu”. Confronté à des difficultés économiques, José Luis Zapatero doit s’assurer des alliances pour relancer la croissance.


VITE !

La crise couve au Zimbabwe après les présidentielles. Les résultats tardent à venir, et le MDC (opposition) a proclamé la victoire de son leader Tsvangirai. Les dirigeants d'Afrique australe se réunissent en sommet extraordinaire, samedi 12 avril, pour évoquer une sortie de crise.

 
 
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