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Bon courage, Madame la ministre
En tant que professionnel de la santé, jai lu avec beaucoup dintérêt larticle intitulé Les 10 commandements de Yasmina Baddou (TelQuel n° 319), qui recense les (nombreuses) difficultés que devra surmonter notre ministre de la Santé pour remettre à flot ce bateau qui tangue et chavire depuis des décennies.
Ces différents problèmes peuvent être synthétisés en un seul : depuis toujours, le Maroc na jamais conçu et mis en route une politique claire et réaliste de la santé. La santé est certes un droit fondamental, mais pour que tout citoyen puisse en bénéficier, encore faut-il que lEtat sen donne les moyens matériels et humains. Encore faut-il que chaque région puisse disposer dinfrastructures optimales et de compétences médicales pour couvrir toutes les demandes de soins. Ce nest manifestement pas le cas aujourdhui.
Le Maroc na pas une médecine à deux, mais à quatre vitesses : il y a ceux qui peuvent partir se faire soigner en Europe ou aux Etats-Unis, ceux qui ont la capacité de payer les prestations coûteuses (mais souvent justifiées) des cliniques privées et ceux qui nont dautre choix que de sadresser aux hôpitaux publics, mal équipés et où exercent des médecins mal payés et démotivés. Enfin, il y a la médecine à vitesse V0, celle des régions où il nexiste pas de médecin ou dunités de soins à des kilomètres à la ronde, et dont les habitants nont pas les moyens économiques datterrir dans des structures sanitaires adéquates. En fait, ledit article aurait dû être intitulé Les douze travaux dHercule. Et je souhaite à Mme Baddou du courage et de la persévérance pour refaire les plans dune structure sans fondations.
Dr Fayçal Bouhlal,
Rabat.
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Sans cor ni ampli
Fidèle lecteur de votre magazine, je vous remercie pour la dose de courage que vous injectez dans nos curs au fil des jours. Je vous écris simplement pour rendre hommage à Mme Nouzha Skalli et à vous-mêmes pour avoir défendu notre droit au sommeil. Lappel à la prière nest-il pas une invitation au recueillement et à lhumilité dans laccomplissement du rite ? Pourquoi donc le faire avec le volume au maximum ? Bilal, le premier muezzin de lislam, navait besoin ni de cor ni dampli Fender pour réveiller les âmes pieuses. Et franchement, à lère des technologies et des portables 3G, avons-nous encore besoin de quelquun pour rappeler aux fidèles lhoraire de la prière ?
Samir El Bidaoui,
Casablanca.
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Arrêter la guerre des routes
Je vous écris pour parler du calvaire que nous vivons chaque jour, celui de notre comportement sur la route. Un comportement qui nous coûte cher : en 2006, deux mille trois cent soixante douze personnes sont décédées sur les routes marocaines, qui ont aussi fait près de 15 000 blessés graves. Ceci sans compter le coût économique, qui avoisine, daprès les estimations, près de 10 milliards de dirhams par an. Il est trop facile dincriminer la vétusté du parc automobile ou létat du réseau routier : la vraie raison de cette hécatombe est la banalisation dune conduite suicidaire, qui ignore tout respect du Code de la route. Et chacun a sa part de responsabilité : automobilistes, piétons, transporteurs publics et privés, agents publics chargés du contrôle de ce secteur, agents de police et de gendarmerie chargés de sanctionner les contrevenants
Une telle anarchie rend nécessaire une réforme en profondeur du Code de la route, accompagnée par des campagnes de sensibilisation faisant appel, pour une fois, à des images dures, histoire de montrer le plus crûment aux gens ce à quoi ils sexposent. Quant aux amendes, elles doivent également êtres revues à la hausse, pour devenir enfin de vrais outils de dissuasion : les gens se rappellent plus facilement de largent quils sortent de leur poche ! Enfin, et cest peut-être le plus important, les autorités devront sanctionner, de la façon la plus ferme, toute tentative de corruption. Et punir autant le corrompu que le corrupteur.
Idir Ouguindi,
Casablanca.
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Quest-ce qui nous arrive ?
Mais que se passe-t-il au Maroc ? Quarrive-t-il aux Marocains ? Depuis quelque temps, une pensée dominante sest insidieusement installée dans la tête des gens, des plus jeunes aux plus vieux, pauvres et riches, instruits et analphabètes.
Dabord une pensée rétrograde, qui pourrait tenir en une phrase : Tout était mieux avant. Ainsi, Hassan II fut le seul à avoir su gouverner ce pays, nos grands-parents avaient tout compris à la vie, le mariage à lancienne est le seul qui puisse durer, léducation à la dure est plus que jamais nécessaire à nos enfants
Avons-nous à ce point la mémoire courte ? Sommes-nous à ce point désorientés, paumés, que nous ne voyons plus notre avenir que dans le passé ? Cette pensée a aussi vite fait de tout ériger en sacré : le roi, la famille royale, le Sahara, la Palestine, les traditions, la langue arabe, la culture amazighe, etc. Quant à la religion, nen parlons pas
au sens propre du terme ! Interdit de douter, de questionner, de sinterroger, dessayer de comprendre. Dès quil sagit dislam, les cerveaux sarrêtent de fonctionner, les esprits se ferment, et les bouches ont tout intérêt à faire de même. La pauvre Nouzha Skalli en a récemment fait lexpérience. Elle, qui na fait que poser une question sur lexistence de normes régissant lappel à la prière, sest aussitôt retrouvée clouée au pilori par les bien pensants, sans que personne ne daigne faire semblant de la défendre.
Quest-il donc arrivé aux intellectuels engagés, aux artistes audacieux, aux agitateurs didées ? Aujourdhui, ils ne sortent de leur torpeur que pour réclamer des aides étatiques ou pleurer leur sort dincompris. On nous ressasse que le Maroc se dirige vers la modernité, tout en conservant ses spécificités culturelles et son identité séculaire. Si cette spécificité et cette "identité" ne sont faites que de dictature, de bêtise, dobscurantisme, dintolérance, de bigoterie et de conservatisme, nous nen avons que faire. Je nen ai que faire. Si cest cela être un vrai Marocain, je rends ma CIN et mon passeport dès demain.
Ahmed Benahmed,
Casablanca.
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Des CIN modernes, disent-ils
Depuis le temps quon nous parle de ces cartes didentité électroniques, voilà quelles font enfin leur apparition (La CIN qui vous veut du bien , TelQuel n° 318). Et là, surprise ! Jai été choquée de voir que ces cartes comportaient le nom de la mère et du père de leur titulaire. Franchement, où est lintérêt ? Déjà quon se plaignait de devoir répéter ces informations à la mouqataâ du coin, chaque fois quon demande un document
Quelle est lutilité de mettre des informations aussi personnelles entre les mains du premier venu, ou dun commerçants pour justifier son identité en cas de paiement par chèque ? A-t-on pensé aux personnes non reconnues par leur père, et qui retrouveront sur cette case le mot inconnu ? Pourquoi doit-on toujours subir cet excès de zèle ? Ne pouvions-nous pas nous contenter de napposer sur cette carte didentité, censée être un modèle de progrès technique, les renseignements essentiels, imitant en cela les pays que nous avons pris comme modèle pour lintroduction des CIN électroniques ? Si nous devons copier, autant le faire de manière intelligente.
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