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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“J’apprends à ne plus être ministre”

Nabil Benabdellah, membre du
bureau politique du PPS
(AIC PRESS)

Antécédents

1959. Naissance à Rabat.
1978. Adhère au PPS.
1983. Reprend le cabinet familial d’interprète.
1988. Est élu premier responsable de la Jeunesse du PPS.
1997. Prend la direction d’Al Bayane et de Bayane Al Yaoum.
02-07. Devient ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

Smyet Bak ?
Mohammed Benabdellah.

Smyet Mok ?
Amina Ramzi.

Nimirou d’la carte ?
A 14776.

Alors, ça fait quoi de ne
plus être ministre ?

Ecoutez, c’est une éventualité à laquelle je m’étais préparé psychologiquement. Maintenant, j’apprends à ne plus être ministre.

Honnêtement, ça ne vous embête pas de ne plus être sous les feux de la rampe ?
Je ne suis pas encore devenu un parfait anonyme. On m’invite à des conférences, à des manifestations culturelles… Cela me permet de continuer d’exister. Et de défendre mes idées.

Vous avez rendu les clés de votre voiture de fonction ?
Evidemment, je l’ai fait le jour même où j’ai quitté mon poste. Et j’ai aussi rendu le téléphone mobile, l'ordinateur portable, le fax, etc.

On doit se sentir léger après ça…
On se retrouve à les payer soi-même, tout simplement.

Entre nous, vous auriez aimé rempiler ?
Honnêtement, pas dans le même secteur. J’avais le sentiment d’avoir accompli la mission qui m’était assignée. Mis à part le projet du nouveau Code de la presse…

Pourquoi est-il resté au stade de “projet” ?
Il a fait l’objet de discussions délicates, difficiles. Fin juin 2007, nous étions arrivés à un consensus à 90%. Mais depuis, le gouvernement a changé, et le projet n’a pas abouti.

Pourquoi votre successeur, Khalid Naciri, lui aussi membre du PPS, n’a-t-il pas transformé l’essai ?
Je ne sais pas. Ce n’est plus de mon ressort.

Certains estiment que votre successeur Khalid Naciri fait du “Benabdellahisme”. Et vous, qu’en pensez-vous ?
Je vous répondrai par une formule facile : Khalid Naciri est Khalid Naciri. Il est probablement appelé à garder un rythme assez soutenu, car il vient après une période très féconde.

Vous parlez de vous, là…
Je pense que le ministère doit rester à un certain niveau de performance. Khalid est un ami de longue date, nous discutons souvent, nous avons des échanges réguliers. Il m’importe qu’il puisse réussir.

Vous avez acquis un riad à Azzemour. C’est pour être “in” ?
Du tout. L’idée de départ était de donner l’exemple. Et ça a marché, vu que de nombreux acquéreurs m’ont emboîté le pas. Azzemour est l'une des villes les plus pauvres du pays. J’y suis attaché, car j’y ai quelques racines.

C’était aussi pour faire un peu de spéculation immobilière…
Non, car j’aurais revendu depuis, vu que le prix du mètre carré a augmenté.

Selon vous, on peut être marxiste et aimer le caviar ?
Ceux qui me connaissent savent que je ne roule pas sur l’or et que je mène un train de vie modeste.

Il paraît que vous allez vous recycler dans le lobbying…
Moi aussi j’ai lu ça dans la presse. Souvent, les gens se hasardent à ce type de spéculation. En ce qui me concerne, je n’ai aucune information à ce sujet.

Comment avez-vous vécu votre défaite aux législatives ?
Ce ne sera pas la première fois que j’échoue dans des élections. J’ai pris l’habitude de me présenter depuis la fin des années 80. Mais j’ai particulièrement mal vécu ce dernier échec.

Ah bon, comment ça ? Vous ne dormiez plus, ne mangiez plus ?
Non, pas à ce point. On prend un petit coup à l’estomac. Mais deux jours plus tard, c’était passé.

À propos du débat sur les mégaphones dans les mosquées, quelle est votre opinion ?
Je pense que c’est un débat mal venu. Les Marocains ont d’autres préoccupations plus importantes.

Ça vous dirait de revenir à la presse ?
Non, c’est catégorique. Quand je dirigeais les deux organes du PPS, j’avais entamé un processus de réforme. Mais on m’a mis des bâtons dans les roues. J’ai donc fini par jeter l’éponge.

On vous dit séducteur…
Je réponds que je suis un homme marié. Certes, j’ai été jeune comme tout le monde. Mais je ne suis pas une star de cinéma.

Une dernière question : vous comptez la raser quand, cette moustache ?
Ah ! Ça, c’est une bonne question. Je l’ai fait il y a quelques années. Mais les mêmes personnes qui m’on demandé de la raser m’ont demandé de la laisser repousser. Alors…

 
 
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