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Par Youssef Aït Akdim
Parlement. Chaud, chaud, le printemps !
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Autant lintersaison a été tiède,
autant la session qui souvre
sannonce torride.
(TNIOUNI / NICHANE)
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Après une pause de trois mois, les élus reviennent sur les bancs du Parlement, où le gouvernement est attendu sur le volet social. Lopposition, PJD en tête, affûte déjà ses armes.
Vendredi 11 avril, rentrée des classes dans les deux Chambres du Parlement. Depuis louverture de la session dautomne, marquée par la fameuse panne délectricité, et après la trêve hivernale, les nouveaux ont eu le temps de prendre leurs marques. C'est maintenant que commence vraiment la législature, nous souffle Fatiha Layadi, du groupe Tradition et modernité. Pour la colistière de Fouad Ali El |
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Himma, le bilan législatif est mitigé. La première session a été courte. Malheureusement, le rythme de lactivité parlementaire était plus lent que prévu. Si je devais donner une appréciation générale ? Peut mieux faire, lâche, dépitée, la députée des Rhamna. Faux départ, alors ? Le jugement de ce parlementaire de lopposition est plus sévère encore : Jusque-là, laction du gouvernement a été brouillonne, et le Parlement reflète la faiblesse de la primature.
Un Parlement pour rien ?
Le constat de faiblesse de la branche législative du pouvoir est même devenu lantienne des observateurs. Cette session risque de ne pas être différente des précédentes, se désole le constitutionnaliste Omar Bendourou. Pour ce professeur de la Faculté de droit de Rabat, les députés nont aucune liberté dinitiative. Le Parlement est encadré par le gouvernement, et ce dernier est lui-même sous la coupe du Palais. Le gouvernement arrête lordre du jour, à croire que les députés font de la figuration. Il faut reconnaître que beaucoup délus sont incapables de suivre certains débats. En commission, après deux absences de suite, cela devient même mission impossible, explique Abdelkader Amara, élu PJD de Salé.
Depuis la rentrée, les travées du Parlement sont pour le moins clairsemées. Banal, dautant que les règlements intérieurs des deux Chambres ne prévoient aucune sanction pour les parlementaires absentéistes. En fait, le Parlement reste une institution folklorique, le vrai travail des commissions reste marginal, confie cet observateur de la scène parlementaire. Mardi 15 et mercredi 16 avril, il ny avait pas foule pour entendre le ministre de la Justice, Abdelouahed Radi, répondre aux questions dactualité. Cest le rôle du Parlement de contrôler laction du gouvernement. Mais le sujet du terrorisme, par exemple, est devenu un tabou, estime Omar Bendourou.
Le PJD, en ordre de bataille
Autant lintersaison a été tiède, autant la session qui souvre sannonce torride. Il faut dire quentre-temps, le tracteur est passé. Fatiha Layadi appelle à la responsabilité des élus, même si elle admet que lopposition est dans son rôle lorsquelle critique le gouvernement. Cest de bonne guerre, concède-t-elle. Un avis que ne partage pas cet élu du PJD, qui dit attendre du gouvernement une véritable stratégie de lutte contre la flambée des prix. Le parti islamiste a dailleurs annoncé que les questions sociales seront au centre de son action parlementaire au cours des prochains mois. Abdelkader Amara confirme aussi quune des prochaines propositions de loi concernera la révision de la TVA sur les produits de base.
Une revendication que ne démentiraient pas les tansikyate (coordinations contre la vie chère) de gauche. Faut-il croire alors, comme cet intellectuel de gauche, que le PJD est le seul parti qui exerce, aujourdhui, une fonction tribunitienne ? On parle de fonction tribunitienne, lorsquun parti se fait le porte-parole dune catégorie (la classe moyenne par exemple) et organise un pouvoir de nuisance politique en sappuyant sur une organisation et des militants. Dans le cas du PJD, labsence de syndicats forts est un atout certain, même si larchitecture institutionnelle permet au gouvernement de contrôler le travail parlementaire. En effet, lexécutif garde la main haute sur lagenda législatif et la majorité des textes votés sont à lorigine des projets du gouvernement. Il ne faut pas attendre de lopposition actuelle le dépôt dune motion de censure contre le gouvernement, rappelle ce député de la majorité. Cela nest arrivé que deux fois en quarante ans de vie parlementaire. Cest vrai que la dernière datant de 1990, il y a encore de la marge
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