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Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
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Hicham Lasri, plus rien ne l'arrête !
(DR)
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Talent. Lasri sur le gâteau
Hicham Lasri donne le tournis. Alors quil sapprêtait à rejoindre les ateliers MFD (Meda Films Developement) pour bosser sur le projet Le blues nest pas la seule couleur avec Ali Essafi, ce jeune auteur-réalisateur, hyperprolifique et trublion de lordre cinématographique établi, sest désisté pour une excellente raison. Le CCM vient de lui accorder 5,5 millions de dirhams davance sur recettes pour un autre film, La Farabande des pitbulls. Une histoire de poseur de sabots un brin loser, qui tombe amoureux et se retrouve embarqué |
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| dans un braquage. Pour lhistoire, Hicham Lasri a repêché un personnage du très personnel LOs de fer, lun des trois longs-métrages de genre quil a réalisés pour la Film Industry. Dans la même veine, La Farabande des pitbulls, toujours produit par Ali N et qui devrait nécessiter 16 millions de dirhams, sannonce très visuel, un peu déstructuré, à latmosphère mélancolique, jazzy
Je me laisse guider par la musicalité de mon instinct, poétise le cinéaste de 31 ans, qui souhaite tourner, en noir et blanc, en 2009. Je veux encore développer lintrigue, les personnages. ça tombe bien : depuis janvier et jusquà juin, Hicham Lasri, boursier, est en résidence à la Cité internationale des Arts de Paris pour peaufiner son scénario, ainsi que la trame de
son roman de science-fiction. Lauréat du Grand Prix littéraire de 2M, Stati©, chroniques du futur racontera, entre autres, le festin fantastique dun détective amazigh victime du racisme au 23ème siècle, à travers treize nouvelles. |
Sortie. Les mots pour le dire
Se sachant condamné, Jerry, avant de mourir, a laissé à sa femme Holly une série de lettres cachées pour laider à reconstruire sa vie. Sans surprise, voici une comédie dramatique comme on a pu en voir des dizaines. Couleurs vives sur musique karaoké et larmes salées sur sourires immaculés, grosses ficelles et flash-back à rallonge
bref, un kit de bons sentiments pour apprendre à faire son deuil. Et pourtant, et pourtant, entre les hauteurs de Manhattan et la verdure irlandaise, le charme de P.S. : I love you opère. On aime la sincérité de Hilary Swank, double oscarisée (Boys dont cry, Million dollar baby) qui na rien à prouver, les fossettes de Gerard Butler (à revoir dans 300 et Le Fantôme de lOpéra), ou encore les gaffes des seconds rôles (Lisa Kudrow, linénarrable Phoebe de Friends). Même si, au final, on soufflera quand même à Richard LaGravenese de sen tenir à lécriture scénaristique, où il excelle (Sur la route de Madison, Erin Brokovitch) plutôt quà la réalisation.
P.S. : I love you, au Mégarama.
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Coup de cur. Mama Africa
Dans la bouche de Richard Bohringer, les mots mère patrie ont du sens. Invité par lIF de Casa mardi 10 avril à présenter Carnets du Sénégal, dans lequel il a posé ses textes à vif sur les croquis de Virginie Broquet, lacteur du Grand chemin et auteur de Cest beau une ville la nuit a crié tout son amour pour lAfrique. Là où, dans les sons, les odeurs et les hommes des confins sahéliens, il dit avoir trouvé la mère quil na jamais eue. Ce poète flamboyant, généreux, baroudeur et grande gueule, fait citoyen sénégalais des mains du président Wade, en a profité pour dire tout le bien quil pense de la France sarkozyenne des temps modernes. On aime. |
Spectacle. La danse du bonheur
En 2004, lécole Paule Moreau, en partenariat avec lInstitut français de Casablanca, lance un projet des plus originaux : proposer à quelque 55 jeunes filles de 6 à 14 ans de lorphelinat Moulay Driss Ier de travailler des techniques artistiques de danse contemporaine. Elles sont en manque de confiance en soi, daffirmation de soi et naspirent quà dire leurs envies et leurs rêves, le projet leur donnera tout ça. Avec en sus de la discipline, de la volonté et le sens du partage. Danse moderne, hip hop, danse classique, gymnastique rythmique, arts martiaux, des ateliers réguliers les initient à mouvoir leur corps. La portée sociale du projet va plus loin : faire travailler ces filles, dont la plupart ne sont pas orphelines, mais subissent la violence de la misère ou celle de leurs parents, avec des élèves de lécole Paule Moreau. Lissue de ces ateliers, menés par les deux professeurs de danse Anne-Lise Riscalla et Ahlam El Morsli, est un spectacle de danse qui sera donné le 29 mai prochain à 19h à lInstitut français de Casablanca. À ne pas rater. |
Production. Debout les arts !
Tout le monde se lève pour Artup ! Créée il y a un mois et demi à Rabat par un prof de philo, une journaliste et un cinéaste, cette agence de production et de promotion artistique se veut un intermédiaire pour aider le créateur à mettre en valeur son uvre, quil soit marocain ou étranger. Mise en réseau, recherche de sponsors, organisation dexpo, publication de catalogue selon des techniques modernes (CD, interview vidéo)
Bien souvent, un artiste soit ne veut pas, soit ne sait pas se vendre. Or il faut bien se confronter au public, disent les initiateurs de la boîte. Pour commencer, lagence a jeté son dévolu sur Roger Davis, peintre anglais installé au Maroc depuis dix-huit ans, dont le travail offre un regard non conventionnel sur la société daujourdhui. Mais aussi un portrait du journaliste Ali Lmrabet à partir des caricatures qui lui valurent la prison. Ce qui nous intéresse, ce nest pas lart pour lart, mais celui qui donne réellement à réfléchir aux gens.
artup.prod@gmail.com |
Arts plastiques. Tibari, en toute discrétion
La carrière de Tibari Kantour est un long fleuve tranquille. Lartiste, discret (il fuit les mondanités comme la peste) à limage de son uvre pourtant singulière, peut senorgueillir de faire partie de ceux dont on ne discute plus le talent. Dire que pour cet artiste la peinture est un moyen dexpression relève de leuphémisme : sourd-muet, ses graphismes, gravures et autres collages parlent pour lui. Depuis quelques années, Tibari bouscule sa création et laisse exploser la délicatesse de son trait et de ses teintes sur grand format. Ses récents orangés, uniques, disent paradoxalement une sensibilité à fleur de peau et une force insoupçonnée. À la Galerie Rê où il expose, il donne à voir ses grands formats et dautres toiles de moindre taille. Un point commun à toutes : aucun il ne peut y rester indifférent, aussi profane soit-il.
Transcendances. Jusquau 20 mai à la galerie Rê. Marrakech.
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Expo. Clichés de paix
Quatre ans après son voyage jusquaux hauteurs de Lhassa, dont elle était paisiblement revenue par le Transsibérien, la reporter globe-trotter Leïla Ghandi expose ses clichés de paix au Liban. Du 23 avril au 16 mai, la galerie beyrouthine Art Lounge ressort une sélection de tirages, déjà présentés il y a un an et demi pour un spécial Hommage au Tibet et dont une partie des ventes sera reversée à International Campaign for Tibet. Je me sens particulièrement proche de ces gens. Enfin, on en parle, estime la baroudeuse. Du 21 au 24 avril, Leïla Ghandi sera dailleurs membre du jury du 12ème Festival du film daventure du Val dIsère, dans les Alpes, avant de participer aux Rencontres littéraires Femmes dhistoires du Château de Bligny les 5 et 6 juillet. |
Festival. De courts et de docus
Le festival international du film court et du documentaire lance à Casablanca sa 3ème édition, du 28 avril au 3 mai et dont le thème est Le film documentaire, notre défi. Un défi tout aussi discret que le festival, coordonné par le Centre cinématographique marocain et la Fondation Jamaï. Pour faire connaître le docu aux jeunes et aux moins jeunes, le festival aura recours à de multiples projections et ateliers de formation aux métiers de laudiovisuel, à des conférences et tables rondes, mais surtout, à deux compétitions : lune de films courts (dans laquelle participent 20 films marocains) et lautre de documentaires (dont 5 locaux), tous réalisés entre 2006 et 2008. Autre pan du festival, les hommages dédiés à lacteur égyptien Abdel Aziz Makhyoun, à la réalisatrice Farida Bourqia et au comédien Omar Chambout. Pas mal tout ça.
Du 28 au 3 mai, théâtre Mohammed VI, Casablanca.
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Cinéma. Graine de chef-duvre
Abdellatif Kechiche a du talent. Définitivement. Le réalisateur franco-tunisien a déjà fait parler de lui avec Lesquive, long-métrage primé quatre fois aux Césars 2005. Il remet ça trois ans plus tard, raflant les mêmes prix pour La graine et le mulet. De meilleur réalisateur à meilleur film de lannée en passant par meilleur scénario et meilleur espoir féminin, La graine et le mulet a touché et sonné juste en choisissant comme personnage principal Souleyman Beiji : un vieil immigré licencié après des années de travail sur les chantiers navals de Sète, qui tente de créer un restaurant de couscous au poisson. Une histoire pleine de sensibilité, damour de la famille et de persévérance, qui débarque sur les écrans de lInstitut français de Casablanca.
Samedi 26 Avril à 18h, Institut Français de Casablanca.
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Humeur.
Los de Dieu
La médecine est une matière qui peut rapporter beaucoup à lislam. Sur le plan orthopédique, sentend. Imaginez vos vieux parents souffrant dusure du cartilage à cause de lâge, vivant des génuflexions frustrantes car ils sont devenus incapables de plier complètement les genoux devant Dieu. Dressés ainsi, les progrès de la science rendraient sèche même la moins laïciste des nymphomanes. Cest pourtant lexemple type du business win-win entre les entreprises occidentales, spécialistes des rotules artificielles, et un des devoirs premiers des musulmans pratiquants. À force de lobbying, les chirurgiens orthopédiques marocains ont convaincu ces sociétés quil y avait urgence à créer des prothèses du genou permettant une flexion du genou à 140 degrés. Langle maximum était jusque là de 100 degrés. Suffisant pour jardiner mais pas pour prier. Les entreprises dorthopédie, qui y vont vu un marché lucratif, ont investi le créneau. Bingo sur toute la ligne. Même le troisième âge des infidèles est devenu fan de rotules artificielles spécial prière. Juste pour jardiner, cela dit. Ce progrès peut sembler quantité négligeable pour tous ceux qui jouent du piano debout pendant que les autres sont à genoux. ça semble pourtant beaucoup pour ceux qui lèvent le coude en cachette de leurs parents. Comme une rédemption à venir par la grâce dune rotule à offrir bientôt dans une clinique blanchâtre. Un mea culpa pour sêtre trompé darticulation
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Lifting
La Villa des Arts de Casablanca sest refait une beauté et a rouvert ses portes au public. Première expo après le lifting : Sahart, regards dailleurs, qui offre à voir les travaux de 42 artistes de différentes nationalités, ayant comme point commun un séjour dans le sud marocain entre 1997 et 2004. Du 24 avril au 31 mai.
Ganga vibrent à Tarifa
Les Ganga Vibes
quittent, le temps dune scène, Casa pour Tarifa : ils y donnent un concert dans le cadre du cinquième Festival du film africain de la ville. Au programme, 94 films en compétition, expos, débats et tables rondes, et ce du 25 Avril au 5 mai. Nos musicos, eux, sy produiront le 3 mai.
Lhaj Saint-Laurent
Le maestro de la couture, Yves Saint-Laurent, est un amoureux du Maroc
Il la dit, redit et écrit ! Et cest à Paris que sa fondation (Pierre Bergé-Yves Saint Laurent) exposera, jusquau 31 août, Une passion marocaine, reconstitution du jardin Majorelle avec caftans, bijoux, broderies
signés YSL, bien évidemment. |
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