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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Hicham Smyej

La Semaine

Un plan d’économie de l’énergie
va être (enfin) mis en place.
(AFP)

Electricité. L’été de tous les dangers


L’énergie était au menu d’une séance de travail présidée par le roi, mardi 15 avril, et réunissant au Cabinet royal pas moins de six ministres. Au final, Mohammed VI, déjà largement sensibilisé au dossier, aurait (au sens figuré) tapé du poing sur la table. Principalement consacré à la demande en électricité, qui croît de 8 à 9% par an, ce mini-Conseil ministériel a souligné l’urgence de la situation. Carte blanche a été donnée à la ministre de l’Energie, Amina Benkhadra. Désignée à la tête du comité de pilotage, la petite victoire
de la ministre est aussi celle du cabinet américain Mc Kinsey qui est à l’origine des principales mesures d’urgence préconisées : généralisation des lampes à basse consommation (LBC) et des chauffe-eau solaires, multiplication des audits énergétiques, rationalisation de l’éclairage public… Ce plan de maîtrise de la demande (initialement préconisé par l’ONE) prévoit aussi la généralisation de l’horaire continu et propose d’adopter l’horaire européen (GMT +1). Dépendant très fortement du contexte politique, cette dernière proposition n’est encore qu’à l’état d’ébauche. Ironie du sort, le jour même où se réunissaient le roi et ses ministres, la ville de Mohammedia était plongée dans le noir pendant plus de 8 heures. La faute à des voleurs de câbles appâtés par la hausse du cours du cuivre. Un avant-goût peut-être de ce que pourrait être l’été prochain : une période où, activité économique et touristique oblige, les pics de consommation électrique seront beaucoup plus élevés, avec un risque important de panne géante.


Compensation. Les pétroliers s’enflamment

Le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) tire à nouveau la sonnette d’alarme à propos du système de subvention. Et pour cause : ils sont les premiers touchés par la défaillance du mécanisme. D’autant plus que les pétroliers anticipent la crise qui devrait survenir dès l’été prochain. Depuis quelques mois déjà, la Caisse de compensation ne leur rembourse que la moitié du différentiel entre les prix de vente et les prix de référence. Résultat : un cumul d’arriérés qui s’élève aujourd’hui à quelque 5,5 milliards de dirhams. Face à cette situation, qui pèse lourdement sur leur trésorerie, les pétroliers menacent de fermer le robinet. Pour eux, il n’y a pas 36 000 solutions : soit l’Etat dote véritablement la Caisse de compensation des moyens financiers nécessaires, soit le gouvernement consent à un retour au système d’indexation. Traduction : les prix à la pompe doivent augmenter.


Notation. Les réserves de S&P

La croissance de 6,8% que claironne le gouvernement fait l’objet de réserves dans le dernier rapport de l’agence de notation Standard & Poor’s. Cette inquiétude est d’abord liée à la part des dépenses dédiées aux investissements, censées re-booster l’économie qui connaît un léger recul (4,1% en 2007 contre 4,3% en 2004). Parallèlement, l’envolée des prix des produits alimentaires et énergétiques tire les dépenses publiques vers le haut. Les recettes, quant à elles, n’augmenteront pas. Autant d’éléments qui poussent l’agence de rating de revoir à la baisse la note de la dette marocaine : BB+ pour la dette extérieure et BBB pour la dette intérieure.


Tanger Med. 5 hectares pour les Catalans

Le méga-projet Renault-Nissan fait des émules. La semaine dernière, des représentants du gouvernement autonome de Catalogne étaient en visite au chantier du port Tanger Med. Motif : la signature d'une convention avec TMSA pour la mise à disposition d’un terrain de 5 hectares dans la zone franche industrielle du complexe portuaire. Les Catalans projettent d'y installer des unités industrielles et des locaux de stockage pour les entreprises voulant prendre position dans la région. Autre accord signé : l’ouverture, dès l’année prochaine, d’une nouvelle ligne commerciale entre Tanger et Barcelone. Une confirmation de plus que Tanger Med devient une plateforme incontournable dans la région.


Dialogue social. Le Smig au centre

C’est fait, Abbas El Fassi a entendu les principaux acteurs du dialogue social. Rien de concret n’est sorti du premier round tenu avec les syndicats. Et ce, malgré la proposition gouvernementale d’augmenter le Smig de 10% en 5 ans. Une progression qui s’impose pour Si Abbas. En effet, en une décennie, le salaire minimum n’a connu que deux revalorisations le portant à 9,66 dirhams de l’heure. Le second bras de fer a eu lieu avec le syndicat des patrons. La CGEM est arrivée en mettant sur la table des négociations une hausse annuelle de 2,5% sur 4 années. Une offre généreuse ? La CGEM exige en contrepartie la totale… une baisse de l’IR, l’IS et la TVA. Pour se faire entendre, les patrons n’ont pas hésité à brandir la menace de plans sociaux. Traduction pour les politiciens : augmentation du taux de chômage. Visiblement, le gouvernement négocie le couteau sous la gorge.



Pendant ce temps, le peuple…
Au revoir président !

“Viré !”. Aïe ! Depuis son premier pas à l’Omnium, Saâd savait que cela finirait par arriver un jour. Dès son premier jour, il avait saisi qu’il ne bossait pas dans une firme, mais plutôt dans une ferme. Là où règne la loi du contremaître. Mais jamais il n’aurait imaginé que son limogeage se déroulerait de la sorte. Jamais il n’aurait pensé qu’il se retrouverait comme un élève surpris par une interrogation en télécoms. Saâd aurait préféré raccrocher de lui-même plutôt que de vivre cette scène pittoresque : sept cravatés qui le virent pour incompétence, alors qu’il cumule peut-être tous leurs diplômes réunis. Il a eu même un moment de folie où il aurait aimé renverser la table, leur balancer leurs quatre vérités en face. Mais il avale la couleuvre en descendant la bouteille de Aïn Saïss du voisin. Saâd est aujourd’hui out. Il ne regrette ni son salaire royal, ni sa Peugeot 607. Il se lamente surtout sur son ancien statut, quand il était le dauphin attitré d’un redoutable requin de la finance. Aujourd’hui, il se trouve grillé avec son ancien protecteur. Heureusement, les compétences marocaines ont toujours la cote à l’étranger. Saâd peut donc retrouver de nombreux ex du groupe qui ont rebondi dans une multinationale. Directeurs de filiales, bronzant à 52° à l’ombre à Amman ou à Jeddah. Saâd est au moins rassuré sur son avenir au Moyen-Orient : sa démission (forcée) a déjà fait le tour du monde, reprise même par la presse malaisienne. Comme demande d’emploi, y a pas mieux !



Bourse. La cote aux étrangers

Les étrangers et les MRE font de plus en plus confiance aux valeurs cotées au Maroc. C’est en substance les conclusions du dernier rapport du CDVM. Les investissements étrangers enregistrent un bond de 20%, à la traîne par rapport au MASI qui a progressé de 34%. C’est cette évolution qui a poussé des fonds étrangers à 149 milliards de dirhams, mais elle réduit leur participation à 25% de la capitalisation contre 35% il y a à peine deux ans. Côté personnes physiques, le nombre de boursicoteurs étrangers a doublé, mais peine à franchir la barre des 5000. Ici, ce sont les MRE qui arrivent en pole position avec la moitié des mises. Quant aux OPCVM, les capitaux étrangers ont avancé de 83%. Un taux à nuancer, puisqu’en valeur absolue, leurs investissements ne portent que sur 1,3 milliards de dirhams.


OFF.

Depuis quelque temps, George Soros, star de la finance mondiale, opère un ramassage sur le titre ONA. Il aurait déjà accumulé près de 500 000 actions payées au prix fort. Un renfort qui arrange les affaires du holding en ces moments difficiles, où un vent de panique souffle sur le marché. Après l’annonce des difficultés que connaît Wana, le cours de l’ONA a chuté de 6% avant de se stabiliser.


Delta Holding, conglomérat de structures oeuvrant dans l’infrastructure et la métallurgie, mettra en vente près d’un million d’actions en Bourse. Une opération de 900 MDH, combinant cession et augmentation de capital. La quasi totalité des sociétés de Bourse et des banques de la place seront dans le syndicat de placement.

 
 
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