Affaire Bendidi. "ONA MAN SHOW"
Salafistes. Les prisonniers de la haine
Parlement. Chaud, chaud, le printemps !
Débat. Zmagria, on vous aime
Portrait. Le Colonel des pelouses
Wafa Sultan. "Les musulmans doivent avoir le choix de culte"
Italie. Le retour du Cavaliere
Communication. La pub se met Net
Arts plastiques. Les beaux rêves des Beaux-Arts
Télévision. La SNRT fait son cinéma
N° 320
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Le ministre de l’Éducation
nationale préconise des mesures
urgentes d’un coût total
de 8 milliards de dirhams.

Enseignement. Branle-bas de combat !


Le Conseil supérieur de l’enseignement a rendu public, mercredi 17 avril, son rapport annuel sur l’état et les perspectives du système d’éducation et de formation au Maroc. Constituée de quatre volumes et d’une synthèse, “cette contribution se veut scientifique et citoyenne. Si elle permet à chacun de se faire librement et en conscience une opinion sur son école sur la base de faits chiffrés et documentés, elle aura alors fait œuvre utile”, peut-on lire dans l’avant-propos du rapport. De fait, le travail abattu en un an par le CSE, sous la houlette de
Abdelaziz Meziane Belfkih, est colossal : près de 400 pages d’analyses, de graphes et de données chiffrées. Au final, le système éducatif est décortiqué sans concession. Pour autant, pas question de faire marche arrière dans la réforme entamée en 2000. “L’enseignement est en crise, c’est un fait. Mais il ne s’agit pas de faire son mea culpa. Nous faisons des propositions, c’est maintenant à l’Exécutif de mettre en œuvre la politique adéquate”, nous confie une source proche du dossier. Côté ministère, c’est d’ailleurs le branle-bas de combat. Relégué à un rôle protocolaire depuis sa prise de fonction, Ahmed Akhchichine, ministre de l’Education nationale, semble maintenant avoir pris la mesure de la tâche qui l’attend. Le ministre, qui avait promis des mesures d’urgence pour début avril au plus tard, a commencé à distiller dans la presse les grands axes du plan qu’il compte soumettre au roi. Le ministre a d’ores et déjà annoncé la couleur : les mesures qu’il préconise réclament une rallonge budgétaire de près de 8 milliards de dirhams. Voilà qui ne plaira pas au ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, le gardien des cordons de la bourse gouvernementale.


Mohammed VI. King of Bollywood

Le roi a commandé au fameux photographe de stars André Rau un livre sur le Maroc. L’ouvrage sera consacré aux célébrités, top models et designers ayant un pied-à-terre dans le royaume, rapporte le site productionparadise.com, dédié à la photographie. Perdu sur ce site confidentiel, le projet initié par Mohammed VI aurait pu passer inaperçu sans la caisse de résonance de Bollywood. Les portails people consacrés au cinéma indien ont dévoilé et amplifié l’information quand ils ont appris que des photos de l’actrice Masumeh Makhija seraient intégrées à l’ouvrage, la comédienne ayant tapé dans l’œil d’André Rau. Si M6 visait la discrétion, c’est râpé.


Belliraj. Service VIP

Le chef terroriste présumé Abdelkader Belliraj ne ferait l’objet d’aucune surveillance rapprochée, selon son avocat Me Ziane, qui contredit les informations publiées dans la presse. Lors d’une visite récente, Me Ziane a trouvé Belliraj “décontracté”, comme à l’accoutumée, et se réjouit d’avoir obtenu que “le juge accorde à son client le droit d’appeler sa femme en Belgique”. Belliraj, qui n’a pas encore fait sonner le téléphone de son épouse, reçoit la presse dans sa cellule de la prison civile de Salé, où il disposerait même “d’un poste de télévision et d’une radio”. On va finir par confondre la prison de Salé et le Club Med.


Abou Ali. En route pour la gloire

L’héroïne du scandale de Tighssaline sera fêtée en grande pompe, dimanche prochain, au club des avocats de Rabat par le Centre marocain des droits de l’homme. “Nous souhaitons rendre hommage à cette femme audacieuse, qui a eu le courage de dénoncer la corruption qui mine notre appareil judiciaire”, nous a déclaré le président du CMDH Khalid Cherkaoui Semmouni ajoutant que “des avocats et des journalistes ayant défendu Rkia seront aussi honorés ce jour-là”. Contactée par TelQuel, Rkia Abou Ali s’est montré circonspecte à propos de l’hommage : “Je ne sais pas quoi en penser, j’attends d’être sur place pour voir”.


Sondage. Marocains anti-Bush

Le Maroc est l’un des six pays arabes à avoir participé à un vaste sondage d’opinion réalisé par l’institut américain Zogby International. Menée sur quelque 4000 personnes en 2005, l’étude visait à mieux cerner les comportements politiques et sociaux des populations cibles. Les 800 Marocains qui se sont prêtés au jeu ont déclaré leur préférence pour la chaîne d’information qatarie Al Jazeera, qui devance haut la main ses rivales MBC et Al Arabia. Concernant la politique étrangère américaine, 77% des sondés marocains estiment que George Bush n’a pas envahi l’Irak pour “répandre la démocratie”, mais pour “éluder le problème du Proche-Orient”.


AMDH. L’IER dans le collimateur d’Amine

Abdelhamid Amine, le vice-président de l’AMDH, vient de dresser son bilan de l’action de l’IER. Dans une lettre de 18 pages, publiée cette semaine sur le site militant mouvement.info, Amine dresse un constat détaillé sur la défense des droits de l’homme au Maroc depuis la disparition de Hassan II jusqu’au rapport de l’IER, présenté à Mohammed VI en novembre 2005. Fidèle à son credo, Amine est peu amène pour l’instance qui a écarté “la lutte contre l’impunité” et aurait fait preuve d’une “hostilité déclarée” à l’endroit de l’AMDH. Au-delà de cette vieille querelle entre anciens camarades de combat, Amine revient sur les cas emblématiques qui ont été ignorés par l’IER (l’enlèvement de Mehdi Ben Barka et de Houcine Manouzi) et l’absence de poursuites contre les responsables des exactions. “Quid du rôle de l’institution monarchique et du roi Hassan II en personne ?”, s’interroge Amine.


Partis. Le temps des dissolutions

C’est fait, le Parti démocrate amazigh marocain (PDAM) n’existe plus. Le Tribunal administratif de Rabat a ordonné, jeudi dernier, sa dissolution suite à la plainte déposée fin 2007 par le ministère de l’Intérieur qui considérait son statut, fondé sur une base ethnique, comme contraire à la Constitution. “Ce jugement montre la mauvaise foi du Pouvoir”, nous a déclaré son président Ahmed Dgharni. Le même jour, le parti islamiste Al Oumma, de Mohamed Merouani (incarcéré dans le cadre de l’affaire Belliraj), est aussi passé à la trappe. Le Tribunal administratif ayant jugé qu’il “s’était constitué de manière illégale et qu’il n’avait entrepris aucune démarche pouvant être inscrite dans le cadre de la procédure de création d’un parti”.


PJD. Sahra dialna

Réuni en conseil national à Bouznika, le parti de Saâd Eddine El Othmani a relancé le débat sur le Sahara. Partant du constat de l’échec des négociations de Manhasset, le secrétaire général du parti a appelé le gouvernement à appliquer unilatéralement son plan d’autonomie. “La proposition d’autonomie a attiré à notre pays beaucoup de sympathie. Il faut maintenant saisir l’occasion pour passer à l’acte”, a surenchéri le numéro 2 du parti, Lahcen Daoudi. Le PJD cherche-t-il à apparaître “plus royaliste que le roi ?” Ce n’est pas l’avis du chercheur Mohamed Darif pour qui “le PJD ne peut pas prendre le risque de se démarquer des orientations royales”. Simple agitation médiatique donc ?


Peinture. The Winston way

Peinte lors d’un séjour à Marrakech en 1935, une huile de l’ancien Premier ministre britannique, Winston Churchill, sera mise en vente le 23 avril courant chez Bonhams. La célèbre maison de vente aux enchères de Manhattan a déjà annoncé un prix minimum de 600 000 dollars. Une somme exceptionnelle pour un tableau d’amateur. Bonhams a d’excellentes raisons d’espérer de bonnes enchères pour cette toile, initialement offerte par Sir Churchill à sa sœur. Ce “Coucher de soleil sur les montagnes de l’Atlas” est une vue d’une des tours de La Mamounia. Le paysage aurait tellement marqué l’esprit du grand homme, qu’il y est retourné en 1943 en compagnie de Roosevelt.


Boumalne Dadès. Une lueur d’espoir

Trois sur dix. C’est le nombre de personnes provisoirement libérées (sous caution) dans le cadre de l’affaire Boumalne Dadès, où des manifestants avaient été condamnés à des peines de deux à six ans de prison ferme, suite à une marche de protestation dans la bourgade du sud, début janvier. La justice chercherait-elle la paix sociale ? En tout cas, cette décision intervient une semaine après la libération des Bougrine & Co. “Le dossier semble connaître un revirement radical. Nous avons grand espoir que la justice relaxe les dix prévenus lors de la prochaine audience”, nous confie Lahcen Belaïd, coordinateur du comité de soutien, qui avait multiplié manifestations, sit-in et marches au lendemain de l’arrestation. Verdict final le 28 avril.


Droits de l’homme. L’ONU, plutôt sympa

L’instance onusienne en charge des droits de l’homme a clos ses premières assises vendredi 18 avril. Au final, les officiels marocains sortent rassurés de ce rendez-vous : pas de réelle condamnation, mais des recommandations et des encouragements. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU “est en train de subir de plein fouet le dérapage tant redouté (…) les Etats, amenés à s’évaluer entre eux, ont intérêt à se ménager les uns les autres”, a critiqué Antoine Madelin, membre de la FIDH. Du côté des ONG marocaines, c’est le même son de cloche. Mohamed Boukili, responsable associatif, est blasé : “Il ne fallait pas s’attendre à grand-chose. C’était un espace de débat, pas plus”.



3 questions à Hakima Himmich
[Présidente de l’association marocaine de lutte contre le sida (ALCS)]


L’ALCS organise, samedi 19 avril, sa deuxième journée nationale de dépistage du VIH. L’année dernière, l’évènement avait duré trois jours. Pourquoi l’avoir écourté ?
Pour des raisons strictement budgétaires. Pour la première
édition, nous avions reçu un financement de l’ambassade des Pays-Bas. Nous reconduisons cette année l’opération sur nos fonds propres, avec l’appui des médecins et des bénévoles de l’Association. Or, l’expérience montre qu’il est difficile de mobiliser autant de volontaires pendant trois jours.

Quels sont vos objectifs cette année ?
En 2007, nous avions réalisé plus de 7500 tests et sensibilisé près de 50 000 personnes. Cela correspond à un gros tiers des dépistages effectués sur une année. Pour la journée du 19 avril, nous n’avons pas fait de projections précises. L’essentiel est d’abord de mobiliser le maximum de médecins et d’être présents dans une quarantaine de villes.

Un dépistage pour 10 personnes touchées, ce n’est pas décourageant ?
Les tests rapides ne sont pas une fin en soi. Il y a ceux qui viennent pour un dépistage et attendent leur tour dans les bus ou les centres de santé. Puis, tous les autres qui prennent un dépliant ou un préservatif, et qui sont également sensibilisés. À titre de comparaison, nous sommes en dessous des 30 000 tests par an, alors qu’en France, 3 millions de tests sont effectués annuellement.


Consulats français. Agents marocains en grève

Lors de sa visite au Maroc, jeudi 17 avril, le Premier ministre français François Fillon a eu droit à un comité d’accueil particulier. Les agents marocains employés par les administrations françaises (ambassade, consulats, “missions”) ont entamé, trois jours plus tôt, une grève pour demander des augmentations de salaire, afin de compenser les nouveaux prélèvements fiscaux auxquels ils sont assujettis. Le fisc marocain a récemment exigé une régularisation aux employés des missions françaises, qui ne payaient jusqu’alors pas d’impôts. L’UMT, qui s’est emparée de l’affaire, critique cette “application rétroactive de la loi”.


Cour pénale internationale. Le Maroc sommé de ratifier

La coalition d’ONG pour la Cour pénale internationale (CPI) a envoyé mardi dernier une lettre à Mohammed VI le pressant de (faire) ratifier le statut de Rome. En septembre 2000, le Maroc avait signé la convention créant la Cour pénale internationale, mais, depuis, la ratification se fait attendre. Les 2500 ONG (dont Amnesty International et Human Rights Watch) appellent le roi à “prendre en compte les recommandations de l’IER” sur la question. Dans un communiqué publié mardi, Amnesty s’est dite “vivement préoccupée” par le refus du Maroc de ratifier ce statut. Devant le Parlement, en janvier dernier, Taïeb Fassi Fihri s’était justifié en avançant l’immunité et le droit de grâce reconnus au roi par la Constitution. Des raisons qui ne justifient pas le niet du Maroc, selon Amnesty International, qui ajoute que la ratification par le royaume serait un exemple pour les autres pays africains.


Moulay Hicham. Lettre au colonel

Le cousin de Mohammed VI a envoyé une lettre de condoléances à la famille du colonel Belmejdoub, décédé il y a 15 jours dans une clinique rbatie (lire aussi article p.30-32). Moulay Hicham était une vieille connaissance de l’ancien patron du football marocain, connu pour sa rudesse et sa sévérité, puisque son père, Moulay Abdallah, l’envoyait souvent en “stage” chez le colonel pour le mater en cas d’indiscipline. “Il m’arrivait de passer quelques jours au centre des FAR qu’il dirigeait”, nous a confié Moulay Hicham. Le prince se souvient d’un homme “pugnace et sévère, mais qui force le respect lorsqu’on le connaît mieux”.


Hommage. Sacrée soirée

L’ambiance sera à la fête samedi 19 avril au siège rbati de l’Union marocaine du travail (UMT). “Les détenus du 1er mai”, récemment graciés par Mohammed VI, dont le tonitruant Mohamed Bougrine, auront droit à une “cérémonie de retrouvailles”, organisée par l’Association marocaine des droits humains. Au programme : discours de félicitations (comme de bien entendu) et des spectacles avec, entre autres, l’humoriste Bziz et le poète Saïd Oulhaj. Pour rappel, ces militants de l’AMDH avaient été arrêtés lors des festivités du 1er mai 2007 à Ksar El Kébir, Béni Mellal et Agadir, et condamnés à de lourdes peines de prison pour “atteinte aux sacralités”.


Presse. Libérez Hormatallah !

La mobilisation continue en faveur du journaliste d’Al Watan Al An, incarcéré depuis le mois de février dernier à la prison de Oukacha, suite à sa condamnation pour “divulgation de secrets militaires”. À l’appel du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), une centaine de journalistes et de militants des droits de l’homme se sont réunis mercredi 16 avril à “La maison de l’avocat”, à Casablanca, pour demander la libération de Hormattallah. Dans son allocution, Younès Moujahid, président du SNPM, en a profité pour appeler à “une justice indépendante” et dénoncer “une politique qui vise à étouffer la liberté de la presse”.


Médicaments. Concurrence toute !

“Le Maroc doit redynamiser son marché des médicaments génériques”, a expliqué la ministre de la Santé, Yasmina Baddou, lors d’une journée de travail réunissant les professionnels du médicament mardi 15 avril à Rabat. En 2007, au Maroc, les génériques ont représenté 25% du marché pharmaceutique privé et jusqu’à 90% dans le secteur public. Aujourd’hui, sur le marché national, plus de 50% des génériques vendus sont des antibiotiques. Ces chiffres témoignent du succès grandissant des génériques, favorisé par la politique du ministère de la Santé de rationalisation des dépenses. Pour être mis sur le marché, le premier générique doit avoir un prix d’au moins 30% inférieur à celui du médicament d’origine. Les génériques qui suivent doivent baisser leur prix de 5% à chaque nouvelle entrée sur le marché. Un exemple de concurrence profitable à (presque) tous…


Maroc-Danemark. Exportation de bakchich

“J’espère que l’ambassade du Maroc au Danemark me poursuivra pour diffamation, ça fera parler de moi”, ironise Hamid El Mousti, président de l’association d’amitié dano-marocaine. Cet élu municipal de Copenhague a dénoncé, cette semaine, des cas de licenciements abusifs et de corruption qui s’accumulent à la délégation diplomatique du royaume. D’après lui, les postes “libérés” sont directement alloués aux membres des familles d’employés de l’ambassade et le renouvellement du passeport peut coûter jusqu’à 15 000 dirhams au lieu des 600 usuels. Alertés sur ces dérives, “les responsables ont fait jurer sur le Coran les agents incriminés pour prouver leur bonne foi”, poursuit-il.


Sahraouis. Querelle familiale

L’université Cadi Ayyad de Marrakech connaît depuis le milieu de la semaine dernière des affrontements violents entre deux clans d’étudiants sahraouis. “Le mouvement des opposants au Polisario, Khat Achahid, et l’aile dure de l’organisation sahraouie se font la guerre pour conquérir le leadership des étudiants originaires du Sahara dans les universités marocaines”, nous apprend cette source locale. Les heurts qui ont fait une dizaine de blessés graves à l’arme blanche (et causé une arrestation) ont vu la participation d’étudiants sahraouis venus de tout le pays, ajoute notre source.


Gazon synthétique. C’est bon pour la santé

La Fédération royale marocaine de football a répondu à la polémique sur le gazon synthétique en organisant, mercredi dernier, une conférence à laquelle ont pris part des experts internationaux en la matière (dont un agréé par la FIFA). “Nous avons démontré avec l’aide de ces spécialistes renommés que le gazon synthétique est la meilleure solution pour le football marocain”, nous a déclaré le numéro 2 de la FRMF, Mhamed Aouzal, qui rappelle que “de nombreux pays européens ont fait le même choix que le Maroc”. Ces derniers mois, de nombreux joueurs et entraîneurs du championnat ont critiqué le gazon synthétique, arguant du fait qu’il serait la cause de blessures chez les joueurs de la Botola.


Architectes. Elections à refaire

ACasablanca, l’élection du Conseil de l’ordre des architectes de la région Centre a été invalidée, le 14 avril, suite au recours déposé par un membre de l’instance, Ahmed Boucetta, auprès de la commission en charge des litiges. Raison du recours : la liste des professionnels autorisés à voter (à savoir ceux qui ont leur cotisation à jour) a été arrêtée deux semaines avant le déroulement du scrutin, excluant de fait une partie des architectes qui comptaient régulariser leur situation au dernier moment. “De plus, cette fameuse liste n’a pas été transmise à tous les candidats”, s’insurge Ahmed Boucetta. C’est ce dernier point qui a fini par motiver l’invalidation des élections.


Saâd Kettani. Mgharbi tal mout

“Je m’étonne qu’aucun juif ne figure dans le comité d’organisation des festivités de la ville de Fès”, s’est insurgé cette semaine Simon Lévy, directeur du Musée du judaïsme marocain. Un reproche supplémentaire, venu s’ajouter aux griefs des journalistes locaux lors de la conférence de presse qui a précédé la cérémonie d’ouverture des “1200 ans de Fès”, il y a 15 jours. Objet de la discorde : les journalistes ont demandé au haut commissaire de l’évènement, Saâd Kettani, de ne pas répondre à leurs questions en français. Ils l’ont “déchu” de sa nationalité lorsqu’il a précisé qu’il ne parlait pas bien l’arabe. Vexé, Kettani leur a rétorqué : “Je suis le plus marocain de toute l’assistance”, avant d’annuler leur accréditation.



Humeur. Anniversaire

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Neuf ans donc. Enfin, d’après Le Matin du Sahara et les calendriers de l’Hégire. On s’y arrêtera bien une deuxième fois, le 23 juillet prochain, l’éditorialiste du Matin et du Maroc bienheureux ira bien d’un deuxième édito tremblant de ferveur, on dira partout la même chose. Neuf ans, voilà. Je me souviens très bien du jour où Hassan II, que je croyais personnellement éternel, a quitté ce bas monde. J’avais un plan de week-end à deux, avec le lait, sans le chien, téléphone éteint, désir allumé. Une belle promesse, quelque chose sur le feu. Et puis non, rien n’a marché. Hassan II nous a dit adieu, ma douce moitié aussi, il me restait mon lait, ma voiture, un chien, un long week-end à meubler. J’ai croisé un ami publicitaire, célèbre, remarquable dans son genre, il sautait de joie, il dansait presque, il chantait des “bonjours”, des “bonsoirs”, des “je vous embrasse”, “je vous aime”, il poussait de ces cris stridents, haletants, de ces râles dont seuls les lits, dans la chaleur de la nuit, peuvent témoigner. “Je me souviens, je me rappelle”, dit la chanson. Moi aussi. Ma pauvre mère m’a appelé, affolée : “Il n’y a rien à faire dehors, il faut rentrer”. Je ne l’ai pas écoutée, j’ai flâné, sillonnant les rues, les quartiers, méditant, fumant, conduisant comme un somnambule. J’ai percuté une voiture, la conductrice, douce et élégante, m’a dit : “Cela ne fait rien, je vous pardonne”. Pas de PV, pas d’ennuis. La nuit a été belle, un peu folle, élastique, un bonheur de pâte à mâcher, long, interminable. J’ai roulé, et puis marché. J’ai ri de la queue devant le supermarché, au rayon des alcools. J’ai ri, intérieurement, nerveusement, amusé, touché, un peu perdu, de la panique des gens normaux, du voisin qui a acheté de la viande pour un mois, de mon ex qui m’a écrit : “Je t’aime, mais je le regrette”.



VITES !

Paris a ouvert une information judiciaire pour “violation du secret de l’instruction” dans le cadre de l’affaire Ben Barka, suite à la plainte de Miloud Tounzi, un des protagonistes présumés de l’enlèvement de l’opposant. L’homme avait intenté une action en justice après la révélation par France 3, en octobre dernier, de l’existence d’un mandat d’arrêt le visant.


Le ministre français de l’immigration Brice Hortefeux est intervenu in extremis pour régulariser Bouchra Ahrram, une Marocaine souffrant d’un cancer, qui devait être expulsée. “Il s’agissait d’une application du droit (…) qui ne tenait pas compte des facteurs humains”, a-t-on expliqué au ministère.


Sous haute surveillance des médias depuis qu’il est sous la houlette de Mounir Majidi, le FUS a enfin remporté un match, samedi dernier, troquant son bonnet d’âne de la Botola pour l’avant dernière place. Même le Matin du Sahara a marqué son étonnement, ouvrant son commentaire du match par un : “Non, ce n’est pas un poisson d’avril”.


Trois marins marocains, membres d’un équipage de pêche espagnol, sont tombés en panne d’essence au large des côtes du Gabon. Ils attendent depuis plus d’un mois leur “sauvetage” des îles Sao Tomé et Principe, rapporte l’AFP. Leur employeur, en pleine crise financière, a quand même promis un rapatriement en avion.


La police espagnole a démantelé, à Tenerife, un réseau de trafic de mariages blancs dont ont bénéficié en majorité des Marocains, rapporte le site tenerifenews.com. Conséquence : le gouvernement autonome des Îles Canaries a décidé de renforcer le contrôle des unions entre étrangers et Espagnols.


Deux livres d’or, appartenant au comédien français Jean-Claude Brialy, décédé l’année dernière, et dans lesquels il conservait les autographes de stars de cinéma et de la politique, ont été dérobés. Parmi les célèbres signataires figure Hassan II, qui avait adressé un message signé à l’acteur, rapporte le quotidien France Soir du 17 avril.
 
 
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