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Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Manifestations en Haïti contre
la hausse des prix
des denrées de base.
(AFP)

Crise alimentaire. La faim et les moyens


Haïti, Côte d’Ivoire, Egypte… face aux “émeutes de la faim” qui se multiplient dans le monde, les institutions internationales enchaînent les mises en garde et les appels à la mobilisation. Une trentaine de pays, en Afrique, en Asie ou en Amérique Latine sont directement menacés de troubles politiques et sociaux à cause de la crise alimentaire, d’après la Banque Mondiale. Le FMI a averti que “des centaines de milliers de personnes” allaient “mourir de faim” si l’inflation se poursuivait à un tel rythme. Un message relayé par le
rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler, qui a estimé que le monde se dirigeait “vers une très longue période d’émeutes” et de conflits liés à la hausse des prix et aux pénuries.

Le problème n’est pourtant pas le manque de nourriture, mais le prix des aliments, devenu prohibitif pour de plus en plus de monde. L’inflation des produits de base est vertigineuse : le président de la Banque Mondiale Robert Zoellick estime que les prix du blé ont augmenté de 181% en trois ans. Le maïs et le riz ont aussi connu des hausses spectaculaires ces derniers mois. Le prix d’un sac de riz de 55 kg est ainsi passé de 35 à 70 dollars en une semaine à Haïti.

À l’origine de cette envolée, l’augmentation de la population mondiale et surtout la hausse du niveau de vie dans les pays qui connaissent une forte croissance, comme la Chine, l’Inde ou le Brésil. La demande a augmenté plus rapidement que l’offre. La flambée des cours du pétrole, qui se répercute sur les produits alimentaires transportés d’un pays à l’autre, est une autre cause de cette inflation record. Un troisième facteur, plus directement imputable aux choix des Etats, est le développement des biocarburants, qui fait grimper les prix des céréales. Jean Ziegler a même qualifié la production massive de biocarburants de “crime contre l’humanité”. Tandis que les pays riches commencent à promettre des aides d’urgence, l’ONU appelle plus que jamais à des solutions de long terme.


Gaza. Retour des violences

C’était trop paisible pour durer. Après un mois d’une relative accalmie, 20 personnes ont été tuées mercredi à Gaza, dans les plus violents affrontements qu’ait connus le territoire depuis mars. Trois soldats israéliens ont été victimes d’une embuscade à Gaza-ville, mercredi matin. L’action, revendiquée par la branche armée du Hamas, a provoqué la réaction immédiate des Israéliens qui ont lancé des raids aériens sur Gaza. Ces opérations ont fait 17 morts, dont un caméraman de l’agence de presse Reuters. À Al Boureij, un camp de réfugiés, un hélicoptère a lancé des missiles contre des combattants palestiniens qui s’apprêtaient à tirer des obus de mortier vers Israël. Depuis une semaine, les attaques israéliennes se multiplient, après une opération commando de trois groupes armés palestiniens contre le terminal de carburant de Nahal Oz.


USA. Le pape a honte

Le pape Benoît XVI a entamé mardi un voyage de cinq jours aux Etats-Unis, dont l’un des thèmes sensibles sera le scandale des prêtres pédophiles américains. “Un pédophile ne peut pas être prêtre. Je suis profondément honteux”, a déclaré le souverain pontife avant son départ pour Washington. Afin d’éviter tout amalgame, Benoît XVI, souvent décrit comme homophobe, a ajouté : “Je ne parle pas des homosexuels, mais de la pédophilie, qui est autre chose”. Le scandale des prêtres pédophiles a éclaté en 2002, lorsque l’archevêque de Boston a révélé avoir protégé un prêtre qui avait agressé sexuellement de jeunes catholiques. Près de 3000 prêtres ont, depuis, fait l’objet d’une dénonciation pour des faits remontant parfois aux années 60. L’attitude plutôt passive du Vatican sur le sujet est régulièrement critiquée.


France. Happy end pour le Ponant

Quand la cote de popularité du président français fait grise mine, quoi de mieux qu’une “belle histoire” pour la stimuler ? Celle du Ponant est tombée à pic. Le 4 avril, l’équipage d’un quatre-mâts de luxe (composé de six Philippins, un Camerounais, une Ukrainienne et 22 Français) est pris en otage par des pirates au large de la Somalie. Paris dépêche sur place porte-hélicoptère et GIGN. L’armateur du bateau commence par verser deux millions de dollars. Puis les hommes du GIGN négocient, libèrent les otages et capturent six pirates. Une fois rapatriés à Paris, les ex-otages retrouvent leurs familles et les ex-pirates, des pêcheurs somaliens, découvrent les prisons françaises. Dans l’histoire, on a perdu la trace d’un million de dollars (l’armateur a pu récupérer la moitié de la rançon). Mais par les temps qui courent, une affaire bien gérée n’a pas de prix.



Lu pour vous [FRANCE]
Quand le FLN recrutait des footballeurs

Simon Roger, Le Monde des 13 et 14 avril.

Rachid Mekhloufi n’avait rien demandé. Le 11 avril 1958, il y a cinquante ans de ça, la vie de l’attaquant de Saint-Etienne a basculé lorsque deux footballeurs, originaires comme lui de Sétif, sont venus le voir à la veille d’un match (…) pour lui annoncer tout de go : “Rachid, demain on part en Tunisie”. Rachid Mekhloufi fait partie des dix joueurs professionnels qui (…) ont quitté clandestinement la France pour constituer l'équipe du Front de libération nationale (FLN). “La disparition soudaine de Mustapha Zitouni, l'arrière central de l'équipe de France, (…) et celle de Rachid Mekhloufi, le buteur de Saint-Etienne, sélectionné lui aussi chez les Bleus, ont provoqué un bruit énorme”, témoigne le journaliste Michel Naït-Challal, qui vient de sortir un livre sur cette épopée politico-footballistique (Dribbleurs de l'indépendance, Editions Prolongations). C'est comme si, aujourd'hui, Lilian Thuram ou Karim Benzema disparaissaient tout d'un coup de la planète foot !" (…)

Ces footballeurs sans histoire dans leurs clubs deviennent, sur l'autre rive de la Méditerranée, “des militants de la cause algérienne en mission pour le FLN”, selon Abderrahmane Meziane Cherif, l'actuel consul général d'Algérie à Paris (…). Rachid Mekhloufi sera le premier à (…) obtenir d'Ahmed Ben Bella, en juin 1962, l'autorisation de rentrer en France. “À 25 ans, ma carrière n'était pas terminée”, se justifie le joueur, qui retrouva les Verts dès la saison suivante.



Népal. Maoïstes contre monarchie

La monarchie n’en a plus pour longtemps au Népal. C’est du moins ce que prédisent les analystes locaux : les ex-rebelles maoïstes sont en passe de remporter 30 à 40 % des voix exprimées lors des élections législatives. La nouvelle assemblée va rédiger une Constitution, qui devrait abolir l’unique monarchie hindoue du monde et proclamer la République. Mais convaincre le roi Gyanendra d’abdiquer ne sera pas une mince affaire. Après dix ans de guerre civile et 13 000 morts, l’ex-guérilla maoïste s’était alliée au printemps 2006 à la classe politique dans de gigantesques manifestations pour réclamer la fin de la monarchie absolue.


Zimbabwe. Mugabe sévit

Robert Mugabe a fini de jouer. Alors que le vieux dictateur, au pouvoir depuis 1980, a d’abord laissé croire qu’il pourrait quitter le pouvoir, le durcissement en cours au Zimbabwe montre qu’il n’en est rien. Depuis le scrutin du 29 mars, les exactions contre la population se multiplient, d’après les observations de l’Association zimbabwéenne des médecins pour les droits de l’homme. Selon un diplomate occidental, “des exactions ont lieu dans tout le pays pour punir les mauvais électeurs. Il y a des gens tabassés, des maisons incendiées, des hôpitaux attaqués par des gens armés”. Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a déclaré pour sa part que “personne ne croit que le président Mugabe a gagné les élections”. Pourtant, le Pouvoir zimbabwéen a réussi à obtenir un recomptage des bulletins.


VITE !

Les ouvriers de Dacia, filiale de Renault en Roumanie, ont repris le travail après 19 jours de grève. Ils ont obtenu une augmentation de leurs salaires de 133 euros bruts par mois (à 450 euros en moyenne) et une prime annuelle égale à un mois de paie.

 
 
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