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Par Abdelmajid Faraji
Législation. La loi anti-drague
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Le dragueur indélicat pourrait
encourir une peine de prison
assortie dune amende.
(AIC PRESS)
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Accoster des femmes sur la voie publique sera désormais considéré comme un délit ! Cest l'un des points-phares dun projet de loi portant sur la violence à légard des femmes.
Pss, Pss
Manchoufoukch azzine ?. La formule est usuelle chez les dragueurs impénitents de la rue marocaine. Mais bientôt, ils devront tourner sept fois leur langue dans leur bouche avant de proférer pareilles sérénades. Un projet de loi veut en effet pénaliser le harcèlement sexuel sur la voie publique, la drague pour le commun des mortels. Selon ses (futures) dispositions, toute personne ayant |
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prononcé des paroles obscènes à l'adresse d'une femme dans un lieu public risque une peine allant dun mois à deux ans de prison, assortie d'une amende variant de 1200 à 2000 DH. Et personne nest à labri : du collègue de travail indélicat au passant dans la rue à la main baladeuse, en passant par le gardien de la paix à la libido hypertrophiée. Et pour ce dernier, la facture prévue est encore plus lourde
Ce dispositif anti-drague constitue l'un des points phares du projet de loi relatif à la lutte contre la violence faite aux femmes. Un projet de loi que défend aujourdhui, bec et ongles, Nouzha Skalli, ministre du Développement social et de la famille, mais dont linitiative revient à sa devancière au même fauteuil, Yasmina Baddou. C'est en effet l'actuelle ministre de la Santé qui avait, au sein du précédent gouvernement, lancé une réflexion sur le sujet, impliquant différentes composantes de la société civile marocaine (notamment les associations féminines), en sinspirant de lexpérience espagnole, l'une des plus concluantes en la matière. Il faut dire que la violence contre les femmes a connu ces dernières années une évolution plutôt alarmante. Si une récente étude, évoquée par Nouzha Skalli, a démontré que 80 % de la population masculine marocaine nest pas violente, les un sur cinq restants, en manque de punching-ball, ont la fâcheuse tendance à se défouler sur la gent féminine. Et souvent, cela se termine par un drame. Il y a quelques semaines, un ingénieur de Rabat a assassiné sa femme et manqué de faire de même avec sa fille. Emue en apprenant le drame, Nouzha Skalli, nous a déclaré : Ce genre dactes doit cesser rapidement. La femme ne doit plus être agressée, ni dans la rue ni chez elle.
Une loi dissuasive
Le nouveau projet de loi devrait bientôt emprunter le circuit législatif. Un texte qui, selon la mouture actuelle, devrait donner au juge toute latitude pour décider léloignement du mari violent du domicile conjugal pour y faire revenir lépouse et les enfants. Il pourra aussi interdire à celui-ci de sapprocher ou dessayer de prendre contact avec eux.
Ce projet de loi à létude, plutôt novateur, a pourtant fait des insatisfaits dans les rangs des féministes du royaume. Pour beaucoup, en labsence de protections suffisantes, qui épargneraient autant de violences aux femmes, une loi à but uniquement punitif ne serait pas la solution idoine. Ainsi, Nezha Alaoui, présidente de lUnion de laction féminine (UAF), aurait souhaité que la loi ne soit pas seulement dissuasive et quelle intervienne dans un cadre plus général : de létude du phénomène à la protection de la femme et enfin la sanction. Son de cloche similaire du côté de Fatima Maghnaoui, présidente du Centre découte et secours destiné aux femmes violentées. Il faudrait dabord instaurer une culture dégalité entre les sexes, de droits de lhomme et de citoyenneté. Et ce rôle incombe aux parents, aux professeurs, aux médias et à la société civile, argumente-t-elle. Il faut se pencher sur la prévention dabord, et pas seulement la sanction. Et de citer lexemple espagnol, où, dès leur plus jeune âge, les citoyens sont initiés, à travers des émissions pédagogiques, des livres scolaires et les médias, à légalité entre les sexes et à la stigmatisation de la violence faite aux femmes.
Les Marocaines ne sont pas moins citoyennes que leurs homologues du sexe masculin. Elles sont à même de pouvoir défendre leurs droits, réplique Nouzha Skalli, défendant mordicus la substance du projet de loi, avant d'ajouter que le texte élaboré par son département est soumis au débat et reste ouvert à toutes les idées. Quitte à retarder la promulgation de la loi ? |
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