1er Mai. Faut-il avoir peur ?
Abdelaziz Meziane Belfkih. "Il n'y a pas de crise de l'enseignement"
Société. L'huissier, ce mal-aimé
Législation. La loi "anti-drague"
Israël-Hamas. L'impossible dialogue
Alimentation. La faim du monde
Médicament. La bataille des génériques
Agriculture. Akhannouch voit vert
Sortie. Ce que Lola veut
Arts plastiques. À la conquête de l'Ouest
Cinéma. Cuisine et dépendance
N° 321
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

La pochette de l’album
Kourda, de Adil Rizki.
(DR)

Musique. L’Kourda de Adil


“Cet album est au service de la culture et de l’art. Pas au service des sonneries de portables”. Le ton est donné. C’est qu’il en a accordé et désaccordé, des guitares. Oui, Adil Rizki a plus d’une corde à son arc. Il signe avec Kourda son premier album solo, après des années d’apprentissage au service de la musique. Les riffs et mélodies du guitariste casablancais ont grandi avec toute une génération : son premier groupe, Dust’n’Bones, a remporté le tout premier Tremplin, L’Boulevard d’il y a déjà dix ans. Puis est venu le temps de Trium, de
Kingstoune et de Dayzine. Depuis, il a écumé les festivals et les pubs du royaume, avant de revenir avec un opus qu’il désigne lui-même comme un voyage. Voyage dans les musiques traditionnelles marocaines à la sauce jazz-rock, “100% Made in Adil”, confie l’artiste. Balade au creux de l’aïta jeblia, d’un ghernati reggae-jazz, d’airs berbères, de rythmes hassani et d’un bon rock alternatif casaoui… Voilà Kourda. Une visite dans le monde de la musique pour “montrer aux jeunes musiciens qu’on peut faire de la musique et fusionner les styles sans faire du résultat une omelette indigeste”, lance l’auteur compositeur. Même si l’idée initiale ne tendait pas à mettre l’album en vente, Adil Rizki le fait quand même pour en récolter les fruits et commencer à travailler sur le deuxième. Cinq morceaux donc, de Yamna - featuring hommage avec le groupe Dayzine - à Dajaj Beldi en passant par Terladélhadra, Inawill et Dellaly. Bien meilleur qu'une omelette. Allah yaatik essaha.


Sortie. La robe ne fait pas le diable

Trop gentille, Jane passe sa vie à marier ses amis tout en rêvant, sous sa carapace de parfaite célibattante, au prince charmant… qui se trouve être son boss. Ses espoirs se trouvent vite bousculés par l’arrivée de sa blonde de sœur, le tout sous l’œil cynique d’un journaliste bogoss et opportuniste. On a beau les soulever dans tous les sens, circulez, y a pas grand-chose à voir sous les 27 Robes de Katherine Heigl, l’héroïne de Grey’s Anatomy (qui devrait mieux ausculter les scénarios avant de se plonger dans le grand écran). Si celui-ci est signé de la même main qui adapta l’ébouriffant Le Diable s’habille en Prada, le résultat est trop angélique pour être honnête, 27 Robes enfilant les poncifs de la comédie sentimentale hollywoodienne comme une traîne de mariée cousue de fil fluorescent. Quiproquo à deux dirhams, altruisme dégoulinant, coup de foudre sous la pluie et, bien sûr, déclaration d’amour au micro devant tout le monde… Non, non, ce film d’Anne Fletcher, degré zéro de la réalisation, n’arrive pas même à la cheville potelée de Bridget Jones.

27 robes, au Mégarama.



Rétro. Whatever Nabil does

Dans la famille Nabil Ayouch, je voudrais… tous ses films ! La Cinémathèque de Tanger a choisit Ayouch pour inaugurer une série de rétrospectives à déguster sur les hauteurs du Grand Socco (à suivre, Izza Génini, Hakim Belabbès…). Plongez-vous dans l’univers de ce réalisateur doué, prolifique et controversé : jusqu’au 6 mai, Whatever Lola Wants, quatrième long-métrage fraîchement sorti ; du 7 au 13 mai, Une minute de soleil en moins (2002) et Ali Zaoua (2000), du 14 au 20 mai, Ali Zaoua et Mektoub (1997) ; du 21 au 27 mai, Mektoub et le court-métrage Les Pierres bleues du désert (1992), avec un certain Jamel Debbouze.


Festival. Les arts sur les planches

Amateurs de théâtre, de musique et d’arts visuels, “Thé-arts” vous est servi par la La Villa des Arts de Rabat, qui accueille, du 6 au 10 mai prochain, la deuxième édition de ce festival dédié aux prestations scéniques toutes disciplines confondues. Le principe ? Rencontres et créations organisées entre artistes français et marocains, afin d’initier le public local à la culture du spectacle sur les planches. Au programme, représentations théâtrales, avec les troupes marocaines Dabateatr et NJ (initiateurs du projet “Thé-arts”), ou encore Jardin suspendu de la troupe Aphrodite. À prévoir aussi un petit détour par le spectacle fantasque des Français Les Zanimos, qui présentent Le Marfand de Fables, où ils mêlent danse, théâtre, marionnettes et musique. En ce qui concerne la musique, justement, elle sera dignement présente lors des concerts de Barry, des jeunes K’lma, des déjantés Basta Paï Paï et bien d’autres encore. En marge de “Thé-arts”, exposition, table ronde et spectacle de sons et lumières… De quoi se perdre entre troupes et groupes !

www.pourlesarts.com
Du 6 au 10 Mai à la Villa
Des Arts de Rabat.



Cinéma. Pas d’ennui chez Saïdi

Policier reconverti en scénariste compulsif, doublé d’un réalisateur plébiscité, Ismaël Saïdi (Rhimou) se frotte désormais à la production. À travers D3, la société qu’il vient de fonder à Tanger, le Belgo-marocain porte le prochain long-métrage de Frédéric Dumont, Un Ange à la mer, l’histoire d’un homme d’affaires de Sidi Ifni dont le fils essaie d’enrayer le suicide. Une coproduction maroco-belgo-franco-canadienne, dont le tournage, qui devait commencer cette semaine dans le Sud, a été reporté pour l’après ramadan. Le temps pour Ismaël Saïdi de peaufiner l’écriture du cinquième épisode du téléfilm Al Kadia, réalisé par Noureddine Lakhmari, et de préparer son proche départ pour Cannes. Son premier long-métrage pour le grand écran, l’épopée historique de Ahmed Gassiaux, avec Assâad Bouad et Richard Bohringer, vient d’obtenir une bourse pour croiser, sur la Croisette, un prestigieux panel de producteurs et distributeurs. Tournage annoncé pour octobre.


Arts plastiques. Ces gens-là

Les portraits de Moulay Youssef El Kahfaï sont insondables. D’une qualité picturale incontestable, ils se dévoilent si peu et ne disent rien sur “l’intention de l’artiste”. Cela minimise-t-il leur intensité ? Loin s’en faut. Les personnages, hommes ou femmes, solitaires ou en couple, pris chacun à part, sont un modèle de secret et de mystère. Leur somme en revanche, crie le tragique de leur existence. Peints à la manière des expressionnistes, ils interpellent le spectateur et l’invitent à un face-à-face et à une kyrielle de questionnements : qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Pourquoi vos yeux ne disent rien de vous ? Quel poids portez-vous sur vos frêles épaules ? Diplômé de l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Tétouan, Moulay Youssef El Kahfaï sort de sa tanière marrakchie, pour une expo à Casablanca.

Jusqu’au 3 mai à la galerie Shart. Casablanca.



Musique. Le Mali en double

En mai, le Mali n’aura jamais été aussi près du Maroc. Avec son groupe Bamada fondé en 1988, Habib Koité déploiera mardi 13, au complexe ZafZaf du Maârif à Casablanca, toute la virtuosité de sa guitare, porteuse des gènes griots de l’ethnie khassonké et fédératrice des traditions musicales de ses racines. Quelques jours plus tard, au festival Mawazine de Rabat (du 16 au 24 mai), c’est la belle Rokia Traoré, ancienne disciple du maître Ali Farka Touré, qui envoûtera le public de son folk gracile et éthéré. Aujourd’hui mondialement connus pour leurs sublimes Afriki et Bowmbaï, Habib Koité et Rokia Traoré ont tous deux été révélés par le Prix Découvertes RFI de 1993 et 1997. Voilà une radio qui n’a pas l’oreille dans sa poche.


Atelier. Cinémômes

Ne pas imposer un regard d’adulte, ne pas visionner les films des autres, ne pas donner de leçon de cinéma : voilà tous les interdits de “J’entre les deux bouts”, un atelier de 7ème Art inédit pour les enfants de Darna, à Tanger. En échange, la liberté de “trouver l’artiste qui est en eux”, explique Oliver Laxe, cinéaste espagnol de 26 ans et initiateur du projet. Pendant un an, à raison de deux jours par semaine, une dizaine d’enfants vont arpenter la ville du Détroit, caméra 16mm au poing, pour filmer “ce qu’ils aiment”, puis monter sur des machines des années 70. Ni caméra numérique, ni ordinateur : “On fait confiance au pouvoir thérapeutique du travail manuel”. À terme, un film patchwork de ces images sera projeté en salles et en festivals, avec l’appui du CCM, de la Coopération espagnole et de la Cinémathèque de Tanger.


Danse. Prolifique Taoufiq

Taoufiq Izeddiou, chef de file de la compagnie de danse marrakchie Anania ne dort pas sur ses lauriers. L’artiste (ancien boxeur !) construit d’année en année une solide carrière de chorégraphe incontournable. Depuis 2000, il multiplie solos, créations et tournées au Maroc et à l’étranger. Le voilà donc reparti pour une nouvelle aventure intitulée Ataba (le seuil), en compagnie de cinq danseuses pour lesquelles il a créé un spectacle complet : chanteuse orientale, bendir et bande-son faite d’enregistrements de boîtes de nuit, de voix de chefs africains et arabes. Le tout pour dire l’identité multiple de sa terre natale. Ataba sera présentée les 21, 22 et 23 mai au Centre national de la danse à Pantin. Et bientôt au Maroc.



Humeur.
Taxi driver

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Ne pas avoir de permis de conduire est un luxe. Pas de soucis de stationnement ni de stress au volant. Un prix à payer, cependant, pour ce petit snobisme. Celui de la course et la punition de la conversation au sommet avec le chauffeur. En fait, un monologue usant. “Trop de feux rouges ! Femme au volant, la mort au tournant !” sont autant de sentences définitives servies sur un plateau d’argent. Elles auraient la même origine, selon un chauffeur croisé cette semaine : “La circulation infernale est due à l’accumulation du mounkar”. L’argument aurait étonné le ministre des Transports, Karim Ghellab, s’il prenait des taxis. Il semble anodin pour les usagers quotidiens des tacots, qui ont appris à se faire discrets avec les chauffeurs qui écoutent le Coran à tue-tête. Des clients qui opinent à tous les dires de ces professionnels du volant. Victimes du syndrome de Stockholm le temps d’une course. Lâches et sages comme une image. A contrario d’une cliente pimpante, embarquée dans le même taxi que nous. Du haut de ses 18 ans, du bas de son dos dénudé, elle a ramené à la raison notre chauffeur imam. Il a éteint son autoradio, s’est concentré sur le rétro, a esquissé un sourire. Sans sa barbe, on aurait même pu le confondre avec Robert de Niro. Juste le temps d’un trajet jusqu’à Aïn Diab, destination de la Jodie Foster en top moulant. Puis, elle a fermé la porte du taxi. Et l’autre a rouvert sa gueule…



Ce n’est pas banal
La rumeur a vu faux. Ce n’est donc pas Don Bigg qui ouvrira le bal le soir du concert de Whitney Houston le 24 mai à Rabat, mais Miss Joudia, élue par l’équipe organisatrice de Mawazine pour montrer de quoi elle est capable. ça fera des jaloux et y a vraiment de quoi.


C’est déjà ça
Le Maroc aura son stand au village international du Festival de Cannes, dont la 61ème édition se déroulera du 14 au 25 mai prochain. Une tradition initiée par le Centre cinématographique marocain et dont le but est de vendre aux producteurs le produit Maroc, ses décors et ses techniciens.


Darga tourne
Le peuple du Cactus promène son sound system sur les scènes locales, deux mois après la sortie de l’album Stop Baraka. Darga étaient à Fès mercredi 23 avril, et continuent leur mini-tournée à Oujda le 26, se produisent à Lalla Takerkoust le 3 mai, au Festival Moonfest, et le 4 mai à la salle Bahnini à Rabat.

 
 
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