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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Hillary Clinton, fêtant sa victoire
aux primaires démocrates
en Pennsylvanie.
(AFP)

Etats-Unis. Hillary se remet en selle


Le 1er avril dernier, Hillary Clinton s’était comparée à Rocky Balboa, le boxeur de légende incarné par Sylvester Stallone. En remportant largement la primaire de Pennsylvanie le 22 avril, elle a prouvé qu’elle était effectivement capable, comme Rocky, de renaître de ses cendres. C’était d’ailleurs la troisième fois que la sénatrice de New York gagnait au moment où une défaite l’aurait mise hors-jeu, après des épisodes similaires dans le New Hampshire, le 8 janvier, et lors des primaires de l’Ohio et du Texas, le 4 mars. Mais cette fois, Hillary Clinton partait
favorite. Elle a finalement remporté une victoire assez large, pour revenir dans la course à l’investiture : elle totalise désormais, selon AP, quelque 1589 délégués, contre 1714 pour son rival.

La dernière ligne droite des primaires, qui prennent fin le 3 juin, promet un duel sans merci. La campagne s’est déjà durcie en Pennsylvanie, les attaques personnelles devenant plus fréquentes. La fameuse phrase d’Obama sur "les habitants des petites villes" de Pennsylvanie frappés par le chômage, qui deviennent “amers” et “s’accrochent aux armes ou à la religion” a déclenché le feu nourri d’Hillary Clinton comme du candidat républicain John McCain. Ils ont, l’un comme l’autre, fustigé “l’élitisme” et “le mépris” d’Obama pour les Américains moyens. Le sénateur de l’Illinois a eu beau reformuler ses propos par la suite, ce faux-pas a certainement fait fuir une partie des électeurs indécis. Pour insister sur sa propre fibre populaire, Hillary est allée boire des pintes dans un pub, tandis qu’Obama s’était essayé au bowling quelques jours plus tôt, sans grand succès. Les prochaines grandes étapes pour les deux candidats démocrates seront l'Indiana et la Caroline du Nord, le 6 mai. Dans cet Etat du Sud où réside une forte population noire, Barack Obama part cette fois-ci favori. Mais les partisans d’Hillary Clinton répètent qu’elle est la mieux placée pour gagner face à McCain le 4 novembre, parce qu’elle a emporté presque tous les gros Etats, décisifs pour une victoire à la présidentielle, lors de ces primaires.


JO. Les Chinois boycottent la France

Choqués par le parcours chaotique de la flamme olympique à Paris le 7 avril, les blogueurs chinois ont appelé au boycott des entreprises françaises en Chine. En quelques jours, des dizaines de manifestations hostiles à la France ont eu lieu à travers le pays. La principale cible de la colère chinoise est le groupe Carrefour, qui possède 112 supermarchés et emploie 44 000 personnes en Chine. Pour arranger la situation, Nicolas Sarkozy a envoyé deux émissaires à Pékin et une lettre d’excuses à Jin Jing, une escrimeuse en fauteuil roulant devenue une héroïne dans son pays depuis qu’elle a défendu bec et ongles la torche olympique contre les assauts répétés des militants pro-Tibet du défilé parisien. Mais le titre de “citoyen d’honneur de la ville de Paris” décerné au dalaï lama, le 21 avril par le maire Bertrand Delanoë, ne devrait pas aider à l’apaisement.


Amérique latine. Élection de l’évêque des pauvres

À l’annonce de la victoire, le 20 avril, de l’ancien évêque Fernando Lugo à la présidentielle, des foules en liesse ont envahi les villes du Paraguay. Une joie populaire inédite depuis la fin de la dictature du général Alfredo Stroessner, qui a duré de 1954 à 1989. Dans ce petit pays d’Amérique latine où 80% des terres sont aux mains de 2% de la population, le nouveau président, qui a été plus d’une fois rappelé à l’ordre par le Vatican à cause de son soutien aux paysans sans terre, fait figure de sauveur. Sa victoire met fin à 60 ans de règne du parti conservateur Colorado. Pour l’ancien prélat, qui a quitté l’Eglise en décembre 2006 pour mener librement son combat politique, il s’agit maintenant de ne pas décevoir les deux millions d’habitants du Paraguay qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.


France. Mort du “nègre fondamental”

Père du concept de négritude, ou la conscience d’être noir, le poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire est mort le 17 avril à 94 ans. Chantre de la révolte contre le colonisateur, il se disait “nègre, nègre, depuis le fond du ciel immémorial”. Il laisse une œuvre ardente et revendicative, proche du surréalisme. Jusqu’à un âge avancé, il cumula les fonctions de maire de Fort-de-France, député, président du Conseil régional de Martinique et président du Parti progressiste martiniquais. Plusieurs personnalités politiques françaises, dont le président Nicolas Sarkozy, ont assisté à ses obsèques en Martinique le 20 avril. Le transfert de ses cendres au Panthéon a été évoqué. Mais son île, la Martinique, est certainement le Panthéon qu’aurait préféré le poète, qui lui avait consacré son premier chef-d’œuvre, “Cahier d’un retour au pays natal”.



Lu pour vous [FRANCE]
Pourquoi les Etats-Unis s’intéressent à nos banlieues

Emeline Cazi, Le Parisien du 21 avril.

Ali Zahi raconte son voyage aux Etats-Unis avec des étoiles dans les yeux. “Je me suis retrouvé en Arkansas, en Oregon, au Texas, et je n'ai qu'une hâte : y retourner”. On l'aurait rencontré quelques mois plus tôt, pas sûr que ce grand escogriffe à chemise blanche ait tenu le même discours. Entre-temps, il est passé entre les mains des Américains et a côtoyé l’Oncle Sam pendant trois semaines aux frais de l’ambassade des Etats-Unis. Ali, 31 ans, né au Maroc, qui a grandi et a été élu à Bondy, dirige le cabinet du maire de Clichy-sous-Bois, berceau des émeutes de 2005. Un pur produit de la Seine-Saint-Denis qui le désigne naturellement candidat à la nouvelle version de l’International Visitors Program du département d’Etat américain. Depuis trois décennies, l’administration américaine repère les futurs leaders de la planète et les prend sous sa coupe. Des générations de politiques et de grands patrons, dont Nicolas Sarkozy, François Fillon, Gordon Brown, ont bénéficié de ce programme. À l’époque, le casting se faisait aux portes de l’ENA et des grandes écoles. Mais en 2005, la cible change. L’Amérique se focalise sur l’autre France, cette société émergente, diverse, qui veut se faire entendre, et dont les leaders pourraient rapidement prendre du galon. Amirouche Laïdi, le jeune chef d’entreprise Aziz Senni, Stéphane Pocrain… tous ont serré la main des grands décideurs américains, et ont fini par nuancer leur propos sur les Etats-Unis.



ONU. La Libye crée la polémique

Membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies depuis six mois, la Libye a visiblement décidé de se faire remarquer. Khadafi était déjà connu pour ses propos radicaux sur Israël. Lors de l’examen d’un projet de résolution proposé par Tripoli sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, l’ambassadeur libyen a comparé le territoire à un camp de concentration. Les ambassadeurs occidentaux ont immédiatement quitté la salle en signe de protestation. L'ambassadeur syrien, au contraire, a renchéri : “Ceux qui se plaignent d'avoir été les victimes d'un génocide répètent le même genre de génocide contre les Palestiniens.”


Zimbabwe. Des armes pour Mugabe

Tandis que les résultats des élections du 29 mars n’ont toujours pas été communiqués, le dictateur octogénaire Robert Mugabe peine à assurer ses arrières. Un cargo chinois, le An Yue Jiang, chargé d’armes et de munitions destinées au Zimbabwe, tente désespérément d’arriver à bon port. À Durban, en Afrique du Sud, où il devait décharger sa cargaison, l’hostilité d’un syndicat de dockers et une décision de justice l’en ont empêché. Le navire a alors fait route vers l’Angola, mais les autorités du pays ont annoncé qu’elles n’autorisaient pas le bateau à séjourner sur leurs côtes. Depuis, les Etats-Unis font pression sur les pays de la région pour qu’ils refusent à leur tour d’accueillir le navire. La campagne de répression programmée par Mugabe contre l’opposition risque de prendre du retard.


VITE !

Une Yéménite de 8 ans, Nojoud, a obtenu le divorce après avoir été mariée de force à un homme de 30 ans. Elle a porté plainte contre son époux et son père, qui l’avait livrée à son mari sans attendre ses 18 ans.

 
 
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