El Nene. "Je refuse d'être livré aux Moros"
Aït Idder : "Le roi doit accepter la critique"
Associatif. La galaxie des droits de l'homme
Maghreb. Le rêve brisé
Afghanistan. L'autre bourbier
Wana. Les 7 péchés capitaux
Polémique. Qui en veut à l'Islam ?
Peinture. De tons et de matières
N° 322
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Modern Times,
par Ali Chraïbi.
(DR)

Exposition. Le monde souffre en photographies


Une photo qui ne raconte qu’un événement peut-elle changer le cours de l’Histoire ? Définitivement oui. Un simple regard d’enfant et c’est toute la détresse d’un peuple qui s’exprime. La violence d’une scène de torture et c’est tout un système qui s’effondre. Défendre les droits de l’homme et la justice sociale, c’est justement toute l’ambition de l’exposition “Au-delà des murs”, qui se tiendra à l'Ecole des Beaux-Arts de Casablanca. Du 15 mai au 14 juin, les travaux de sept photographes proposeront ainsi un regard sur la pauvreté, la religion, les ravages de
la guerre ou du sida. Déambuler entre la quarantaine d’œuvres vous amènera du Queens à Odessa en passant par l’Ethiopie et le Sri-Lanka. Un voyage qui prend parfois aux tripes mais qui incite à la réflexion. Réalisée par la fondation américaine Open Society Institute, la manifestation fait l’objet d’une tournée internationale depuis près de deux ans. L’étape marocaine de l’exposition accueillera également les réalisations du photographe Ali Chraïbi. Ce Marrakchi, qui promène son objectif dans le pays depuis plus de dix ans, a été sélectionné parmi les artistes nationaux pour son travail sur la condition ouvrière. Son reportage, intitulé “Modern Times”, s’immisce au sein d'une fabrique d'huile et de savon, dans la banlieue de Casablanca. A ne rater sous aucun prétexte.

Du 15 mai au 14 juin, à l'Ecole des Beaux Arts de Casablanca.



Sortie. Grâce au deuil

Nos souvenirs brûlés, c’est l’histoire d’une mère de deux beaux enfants qui perd son mari, un homme doux, beau et généreux, et qui plus est, meurt en héros. Sa douleur est telle que pour y survivre, elle s’accroche désespérément à un homme qu’elle détestait jusque-là, un avocat déchu, toxicomane, ami d’enfance de son défunt mari. Elle noie son chagrin en se battant pour le sortir de sa déchéance ; lui est consentant, en souvenir de son meilleur ami. L’histoire aurait pu être un mélo dégoulinant de pleurnicheries si ce n’est, primo, que la réalisatrice Suzanne Bier filme la perte de l’être cher à la manière des impressionnistes, par petites touches pudiques et décentes. Secundo, les deux rôles principaux sont campés par deux comédiens parmi les plus sexy de Hollywood : Halle Berry, poignante en veuve, et Benicio Del Toro, comme un poisson dans le rôle du camé. Le film a ses petits défauts : quelques longueurs et lourdeurs, et un petit chouia de manque de relief. Rien de méchant.

Nos souvenirs brûlés, au mégarama.



Théâtre. Une arche sur le Détroit

La patera coule, les planches sont salutaires : à travers un passeur d’hommes prêts à tout risquer, une journaliste européenne en quête de reportage et une jeune Subsaharienne en soif d’un monde meilleur, la pièce de théâtre Noé, à toi la paix porte un triple regard sur les migrations africaines. Entre scène et cinéma, ce manifeste, écrit et réalisé respectivement par Najab Hassan et Abdellah El Moutaqi, est le fruit du projet lycéen Réseau Afrique migration, avec l’aide des associations “Cinéclub de Hay Mohammadi” et des “Amis et familles des victimes de l’immigration clandestine”.

Dimanche 4 mai à 16 h au complexe Touria Sekkat, Casa.



Festival. Symphonies souiries

Déjà huit printemps pour le Festival des Alizés. Le printemps musical, organisé à Essaouira, sera ponctué pour cette huitième édition d'une programmation riche et éclectique : musiques symphoniques, de chambre, airs d'opéra et chorales rendront hommage aux plus grands compositeurs. Bizet, Beethoven, Liszt, Mozart et les autres seront ressucités par les interprétations de l'Orchestre national de Lille, de l'ensemble Trepsycordes, du ténor Sébastien Guèze, de la formation Quai n°5 et du quintette à vent Moraguès. Cette année accueillera de nouveau le Chœur des Trois Cultures. Carrefour musical et culturel, il est composé de trois chorales : la marocaine de Jalila Bennani, la française de Michel Piquemal et l'égyptienne, dirigée par Nayer Nagui. Trois cultures, trois langues. Latin, arabe et hébreu pour chanter donc la paix dans leurs récitals. En marge du festival sera organisé, comme à son habitude, celui des Jeunes Talents, histoire de dénicher des perles locales et étrangères.

Du 8 au 11 Mai à Essaouira.



Festimode. La tendance aux créateurs

Fatigué d’arpenter les vitrines des boutiques franchisées ? Installez-vous à la fashion-week casablancaise. Pour sa troisième édition, Festimode présente des collections entre identité marocaine affirmée et mode urbaine. Les créations de cinq stylistes sont à découvrir lors d’un grand défilé le 17 mai, dans la nef de l’Eglise du Sacré-Cœur. Et pour l’édition 2008, Noureddine Amir, Amina Agueznay, Saïd Mahrouf, Amel Bouazizi et Salima Abdel Wahab n’ont pas eu froid aux yeux. Vous pourrez aussi observer l’habileté des petites mains avec le défilé des jeunes talents. Pour affûter son goût vestimentaire, rien de tel qu’un petit tour à la galerie Alif Ba, dès le 14 mai. L'exposition “Excès de mode” proposera, elle, une réflexion à travers les travaux d'artistes, de photographes et de créateurs. Et même si vous n’êtes pas une fashionista, rendez-vous autour d’un débat sur la mode en tant que phénomène de société, le 15 mai, à 16 h, à l'Institut français de Casablanca.


Arts plastiques. Amina, à fleur de peau

Amina Benbouchta, dont le travail vogue entre le figuratif et l’abstrait, est une artiste accomplie qui ne se contente pas de peu. L’art pour elle est une histoire de réflexion et de recherches plastiques continues. Bousculant la syntaxe picturale, créant ses propres codes, fragmentant l’espace, elle propose une lecture originale de l’œuvre. Aucune lourdeur dans ses couleurs ni dans son trait, une légèreté assumée et une prudence qui n’enlèvent rien à la profondeur de son propos. Le travail d’Amina Benbouchta est une quête perpétuelle du meilleur et du vrai. Et cela se lit dans ses toiles où apparaissent, sans crier gare, des formes, tout sauf attendues, et auxquelles l’artiste (comme le regard du visiteur) s’accroche. Des formes, mais aussi des mots lisibles ou voilés, et qui permettent une multitude de sens. Les toiles de Benbouchta sont à consommer, sans indigestion.

Jusqu’au 23 mai à l’Espace Souffle, Casablanca.



Rencontres. Diversité continentale

L’Institut français d'Agadir organise du 13 au 23 mai “Afrique Maghreb”, une rencontre entre artistes et intellectuels du continent pour rappeler son unité et sa richesse culturelle. Au programme, contes, expo et rencontres entre les écrivains Olivier Poivre d'Arvor et Abdelwahab Meddeb, le Tunisien Tahar Bekri et le Togolais Kangni Alem. De la musique aussi, avec les concerts du Malien Habib Koité, de Batoul Al Marouani et des amazighs Izenzaren. André Azoulay - fraîchement nommé à la tête de la Fondation Anna Lindh - donnera une conférence sur la “lecture marocaine de l'Alliance des civilisations”, pour contrecarrer la notion de choc des cultures. Une projection hommage au voyageur de Smara, Michel Vieuchange, clôturera l'évènement. Complet et intéressant.


Animation. Du nouveau au FICAM

Le Festival international du cinéma d’animation de Meknès s'agrandit et lance la première compétition africaine du film d'animation. De quoi promouvoir la production cinématographique africaine de manière officielle… Pas moins de dix courts-métrages en compétition, parmi lesquels le clip conçu et réalisé par Amine Beckoury et Chouaïb Chirror pour Blad Skizo, morceau de Hoba Hoba Spirit. Mais aussi, des courts venus droit d'Algérie dont L'obsession du carré et Plaisir et douceur de Ammar Amrani, du Burkina Faso, du Sénégal, représenté par Champion, d'Egypte et enfin de Tunisie qui joue le jeu avec Magon Le Magnifique et Le Chevalier, la Princesse et le Dragon. Une jolie petite sélection pour une première.

Du 8 au 16 mai à l'IF de Meknès.



Cinéma. En attentant Daoud

De tous les bons films marocains produits ces dernières années, un seul restait inédit en salle : En attendant Pasolini, le dernier Daoud Aoulad Syad. La lacune est en passe d’être réparée puisque le film, comme nous l’a révélé son réalisateur, bénéficiera enfin d’une sortie au Maroc le 21 mai. Le film, qui s’inspire d’un documentaire de Ali Essafi (Ouarzazate movie, 2002), raconte l’histoire d’un village du Sud marocain, pris d’un accès de fièvre à l’occasion du “retour” de Pier Paolo Pasolini, qui avait déjà tourné un premier film dans la région (Œdipe roi, 1967). Un conseil : le 21 mai, réservez au moins deux heures de votre journée à ce superbe moment de cinéma, sacré meilleur film arabe du dernier Festival de cinéma du Caire.



Humeur.
Kick and rush

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Les Anglais ont inventé deux aphrodisiaques avec un bonheur aux antipodes l’un de l’autre. Le gigot d’agneau à la menthe, qui n’a pas dépassé les frontières étroites de leur île. Et le football, devenu un sujet de réconciliation sur l’oreiller au succès planétaire. En tout cas, plus que la malbouffe anglaise. Le foot, c’est toujours bon pour la vie à deux, car on peut être de mauvaise foi, même quand son team fétiche joue comme une batterie de cuisiniers éthiopiens. C'est-à-dire avec rien à se mettre sous la dent. C’est encore meilleur quand on est opposé à une femme dont on connaît l’odeur des dessous par cœur. Surtout si elle préfère la sueur de l’équipe adverse, sans jamais sentir sous les bras. On a vu toutes les vertus nutritives de cette équation pas plus tard que cette semaine. Un homme, une femme, attablés dans un restaurant de Gauthier, à Casablanca, à l’heure du match Manchester United - FC Barcelone. Ils se querellaient, à mots couverts par l’ambiance, sur les qualités de chaque équipe. C’était sanguin sans effusion de sang. Contenu avant le règlement de comptes, une fois à la maison, loin du regard des autres. Le match allait se rejouer dans la surface de vérité : un matelas Richbond 1,70 x 2 m. Les tacles s’annonçaient meurtriers. Marquage au maillot. Prolongations assurées. Si perfide Albion…



Rectif
Du changement du côté des Mghrib Music Awards : initialement programmés au complexe Moulay Abdellah de Rabat, les Mghrib Music Awards restent finalement fidèles à leur premier amour : c'est au théâtre national Mohammed V, à Rabat toujours, que se déroulera, le 10 mai, la cérémonie de remise des prix.
www.mmawards.ma


Hommage
Auteur de plusieurs beaux livres sur le Maroc, académicien, photographe passionné et collectionneur, Mohamed Sijelmassi disparaissait en 2007, laissant derrière lui une œuvre à laquelle un colloque est dédié les 9 et 10 mai à la Fondation Al Saoud à Casablanca. Y participeront anthroplogues, critiques d’art, historiens et architectes.


Les Cœurs brûlés à Cannes
Les Cœurs brûlés d’Ahmed El Maânouni sera présenté au Festival de Cannes, le 20 mai, en marge de la compétition officielle. Le long-métrage marocain a été sélectionné dans le cadre du projet européen “Med-Screen”, visant à promouvoir le cinéma des huit pays arabes de la région méditerranéenne.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés