|
Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
|
Modern Times,
par Ali Chraïbi.
(DR)
|
Exposition. Le monde souffre en photographies
Une photo qui ne raconte quun événement peut-elle changer le cours de lHistoire ? Définitivement oui. Un simple regard denfant et cest toute la détresse dun peuple qui sexprime. La violence dune scène de torture et cest tout un système qui seffondre. Défendre les droits de lhomme et la justice sociale, cest justement toute lambition de lexposition Au-delà des murs, qui se tiendra à l'Ecole des Beaux-Arts de Casablanca. Du 15 mai au 14 juin, les travaux de sept photographes proposeront ainsi un regard sur la pauvreté, la religion, les ravages de |
|
la guerre ou du sida. Déambuler entre la quarantaine duvres vous amènera du Queens à Odessa en passant par lEthiopie et le Sri-Lanka. Un voyage qui prend parfois aux tripes mais qui incite à la réflexion. Réalisée par la fondation américaine Open Society Institute, la manifestation fait lobjet dune tournée internationale depuis près de deux ans. Létape marocaine de lexposition accueillera également les réalisations du photographe Ali Chraïbi. Ce Marrakchi, qui promène son objectif dans le pays depuis plus de dix ans, a été sélectionné parmi les artistes nationaux pour son travail sur la condition ouvrière. Son reportage, intitulé Modern Times, simmisce au sein d'une fabrique d'huile et de savon, dans la banlieue de Casablanca. A ne rater sous aucun prétexte.
Du 15 mai au 14 juin, à l'Ecole des Beaux Arts de Casablanca.
|
Sortie. Grâce au deuil
Nos souvenirs brûlés, cest lhistoire dune mère de deux beaux enfants qui perd son mari, un homme doux, beau et généreux, et qui plus est, meurt en héros. Sa douleur est telle que pour y survivre, elle saccroche désespérément à un homme quelle détestait jusque-là, un avocat déchu, toxicomane, ami denfance de son défunt mari. Elle noie son chagrin en se battant pour le sortir de sa déchéance ; lui est consentant, en souvenir de son meilleur ami. Lhistoire aurait pu être un mélo dégoulinant de pleurnicheries si ce nest, primo, que la réalisatrice Suzanne Bier filme la perte de lêtre cher à la manière des impressionnistes, par petites touches pudiques et décentes. Secundo, les deux rôles principaux sont campés par deux comédiens parmi les plus sexy de Hollywood : Halle Berry, poignante en veuve, et Benicio Del Toro, comme un poisson dans le rôle du camé. Le film a ses petits défauts : quelques longueurs et lourdeurs, et un petit chouia de manque de relief. Rien de méchant.
Nos souvenirs brûlés, au mégarama.
|
Théâtre. Une arche sur le Détroit
La patera coule, les planches sont salutaires : à travers un passeur dhommes prêts à tout risquer, une journaliste européenne en quête de reportage et une jeune Subsaharienne en soif dun monde meilleur, la pièce de théâtre Noé, à toi la paix porte un triple regard sur les migrations africaines. Entre scène et cinéma, ce manifeste, écrit et réalisé respectivement par Najab Hassan et Abdellah El Moutaqi, est le fruit du projet lycéen Réseau Afrique migration, avec laide des associations Cinéclub de Hay Mohammadi et des Amis et familles des victimes de limmigration clandestine.
Dimanche 4 mai à 16 h au complexe Touria Sekkat, Casa.
|
Festival. Symphonies souiries
Déjà huit printemps pour le Festival des Alizés. Le printemps musical, organisé à Essaouira, sera ponctué pour cette huitième édition d'une programmation riche et éclectique : musiques symphoniques, de chambre, airs d'opéra et chorales rendront hommage aux plus grands compositeurs. Bizet, Beethoven, Liszt, Mozart et les autres seront ressucités par les interprétations de l'Orchestre national de Lille, de l'ensemble Trepsycordes, du ténor Sébastien Guèze, de la formation Quai n°5 et du quintette à vent Moraguès. Cette année accueillera de nouveau le Chur des Trois Cultures. Carrefour musical et culturel, il est composé de trois chorales : la marocaine de Jalila Bennani, la française de Michel Piquemal et l'égyptienne, dirigée par Nayer Nagui. Trois cultures, trois langues. Latin, arabe et hébreu pour chanter donc la paix dans leurs récitals. En marge du festival sera organisé, comme à son habitude, celui des Jeunes Talents, histoire de dénicher des perles locales et étrangères.
Du 8 au 11 Mai à Essaouira.
|
Festimode. La tendance aux créateurs
Fatigué darpenter les vitrines des boutiques franchisées ? Installez-vous à la fashion-week casablancaise. Pour sa troisième édition, Festimode présente des collections entre identité marocaine affirmée et mode urbaine. Les créations de cinq stylistes sont à découvrir lors dun grand défilé le 17 mai, dans la nef de lEglise du Sacré-Cur. Et pour lédition 2008, Noureddine Amir, Amina Agueznay, Saïd Mahrouf, Amel Bouazizi et Salima Abdel Wahab nont pas eu froid aux yeux. Vous pourrez aussi observer lhabileté des petites mains avec le défilé des jeunes talents. Pour affûter son goût vestimentaire, rien de tel quun petit tour à la galerie Alif Ba, dès le 14 mai. L'exposition Excès de mode proposera, elle, une réflexion à travers les travaux d'artistes, de photographes et de créateurs. Et même si vous nêtes pas une fashionista, rendez-vous autour dun débat sur la mode en tant que phénomène de société, le 15 mai, à 16 h, à l'Institut français de Casablanca. |
Arts plastiques. Amina, à fleur de peau
Amina Benbouchta, dont le travail vogue entre le figuratif et labstrait, est une artiste accomplie qui ne se contente pas de peu. Lart pour elle est une histoire de réflexion et de recherches plastiques continues. Bousculant la syntaxe picturale, créant ses propres codes, fragmentant lespace, elle propose une lecture originale de luvre. Aucune lourdeur dans ses couleurs ni dans son trait, une légèreté assumée et une prudence qui nenlèvent rien à la profondeur de son propos. Le travail dAmina Benbouchta est une quête perpétuelle du meilleur et du vrai. Et cela se lit dans ses toiles où apparaissent, sans crier gare, des formes, tout sauf attendues, et auxquelles lartiste (comme le regard du visiteur) saccroche. Des formes, mais aussi des mots lisibles ou voilés, et qui permettent une multitude de sens. Les toiles de Benbouchta sont à consommer, sans indigestion.
Jusquau 23 mai à lEspace Souffle, Casablanca.
|
Rencontres. Diversité continentale
LInstitut français d'Agadir organise du 13 au 23 mai Afrique Maghreb, une rencontre entre artistes et intellectuels du continent pour rappeler son unité et sa richesse culturelle. Au programme, contes, expo et rencontres entre les écrivains Olivier Poivre d'Arvor et Abdelwahab Meddeb, le Tunisien Tahar Bekri et le Togolais Kangni Alem. De la musique aussi, avec les concerts du Malien Habib Koité, de Batoul Al Marouani et des amazighs Izenzaren. André Azoulay - fraîchement nommé à la tête de la Fondation Anna Lindh - donnera une conférence sur la lecture marocaine de l'Alliance des civilisations, pour contrecarrer la notion de choc des cultures. Une projection hommage au voyageur de Smara, Michel Vieuchange, clôturera l'évènement. Complet et intéressant. |
Animation. Du nouveau au FICAM
Le Festival international du cinéma danimation de Meknès s'agrandit et lance la première compétition africaine du film d'animation. De quoi promouvoir la production cinématographique africaine de manière officielle
Pas moins de dix courts-métrages en compétition, parmi lesquels le clip conçu et réalisé par Amine Beckoury et Chouaïb Chirror pour Blad Skizo, morceau de Hoba Hoba Spirit. Mais aussi, des courts venus droit d'Algérie dont L'obsession du carré et Plaisir et douceur de Ammar Amrani, du Burkina Faso, du Sénégal, représenté par Champion, d'Egypte et enfin de Tunisie qui joue le jeu avec Magon Le Magnifique et Le Chevalier, la Princesse et le Dragon. Une jolie petite sélection pour une première.
Du 8 au 16 mai à l'IF de Meknès.
|
Cinéma. En attentant Daoud
De tous les bons films marocains produits ces dernières années, un seul restait inédit en salle : En attendant Pasolini, le dernier Daoud Aoulad Syad. La lacune est en passe dêtre réparée puisque le film, comme nous la révélé son réalisateur, bénéficiera enfin dune sortie au Maroc le 21 mai. Le film, qui sinspire dun documentaire de Ali Essafi (Ouarzazate movie, 2002), raconte lhistoire dun village du Sud marocain, pris dun accès de fièvre à loccasion du retour de Pier Paolo Pasolini, qui avait déjà tourné un premier film dans la région (dipe roi, 1967). Un conseil : le 21 mai, réservez au moins deux heures de votre journée à ce superbe moment de cinéma, sacré meilleur film arabe du dernier Festival de cinéma du Caire. |
 |
Humeur.
Kick and rush
Les Anglais ont inventé deux aphrodisiaques avec un bonheur aux antipodes lun de lautre. Le gigot dagneau à la menthe, qui na pas dépassé les frontières étroites de leur île. Et le football, devenu un sujet de réconciliation sur loreiller au succès planétaire. En tout cas, plus que la malbouffe anglaise. Le foot, cest toujours bon pour la vie à deux, car on peut être de mauvaise foi, même quand son team fétiche joue comme une batterie de cuisiniers éthiopiens. C'est-à-dire avec rien à se mettre sous la dent. Cest encore meilleur quand on est opposé à une femme dont on connaît lodeur des dessous par cur. Surtout si elle préfère la sueur de léquipe adverse, sans jamais sentir sous les bras. On a vu toutes les vertus nutritives de cette équation pas plus tard que cette semaine. Un homme, une femme, attablés dans un restaurant de Gauthier, à Casablanca, à lheure du match Manchester United - FC Barcelone. Ils se querellaient, à mots couverts par lambiance, sur les qualités de chaque équipe. Cétait sanguin sans effusion de sang. Contenu avant le règlement de comptes, une fois à la maison, loin du regard des autres. Le match allait se rejouer dans la surface de vérité : un matelas Richbond 1,70 x 2 m. Les tacles sannonçaient meurtriers. Marquage au maillot. Prolongations assurées. Si perfide Albion
|
|
Rectif
Du changement du côté des Mghrib Music Awards : initialement programmés au complexe Moulay Abdellah de Rabat, les Mghrib Music Awards restent finalement fidèles à leur premier amour : c'est au théâtre national Mohammed V, à Rabat toujours, que se déroulera, le 10 mai, la cérémonie de remise des prix.
www.mmawards.ma
Hommage
Auteur de plusieurs beaux livres sur le Maroc, académicien, photographe passionné et collectionneur, Mohamed Sijelmassi disparaissait en 2007, laissant derrière lui une uvre à laquelle un colloque est dédié les 9 et 10 mai à la Fondation Al Saoud à Casablanca. Y participeront anthroplogues, critiques dart, historiens et architectes.
Les Curs brûlés à Cannes
Les Curs brûlés dAhmed El Maânouni sera présenté au Festival de Cannes, le 20 mai, en marge de la compétition officielle. Le long-métrage marocain a été sélectionné dans le cadre du projet européen Med-Screen, visant à promouvoir le cinéma des huit pays arabes de la région méditerranéenne. |
|