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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

Siège de la Caisse de Dépôt
et de Gestion à Rabat.
(AIC PRESS)

Résultats CDG. CGI superstar


“Nos résultats ont suivi une conjoncture favorable”. La phrase est de Mustapha Bakkoury, directeur général de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG). Elle a fait office d’introduction à la présentation des résultats (2007) du groupe lundi dernier à Rabat, probablement pour “justifier” les 6 milliards de dirhams de résultat net consolidé. La conjoncture dont parle Bakkoury est sûrement celle du boom immobilier que connaît le Maroc ces dernières années, en plaçant sur un piédestal la filiale Compagnie générale immobilière : “la CGI a été
la pépinière de toutes les réalisations immobilières du groupe”, dixit Bakkoury. Rappelez-vous, l’introduction en Bourse de 20% du capital de cette dernière en juillet. La CDG avait cédé près de 1,5 millions d’actions pour 952 dirhams pièce. En gros, la Caisse aurait réalisé une plus-value de 1,2 milliard de dirhams sur cette opération. Pas étonnant alors que CDG Développement (qui intègre le pôle immobilier) contribue à hauteur de 24% au résultat de la Caisse. Ce faisant, elle a décuplé son résultat net, qui passe de 126 millions à 1,3 milliard de dirhams. Par ailleurs, le produit net bancaire du groupe recule de 2 milliards de dirhams (en 2006) à 1,5 milliard, en raison de la filialisation de certaines activités, stratégie phare de Bakkoury. Les bénéfices sont en fait dopés par les résultats non bancaires. Explication : 4,3 milliards de dirhams composés de la revalorisation du portefeuille actions et des cessions de participations. Ces dernières constituent-elles la nouvelle stratégie du directeur général ? “Nous avons déjà pas mal de filiales introduites en Bourse, mais cela n’est pas exclu”, nous explique-t-il.


Commerce. La touche Chami

Le 26 avril, le ministre Ahmed Chami a présenté son plan d'action pour le développement du commerce intérieur, dans le cadre du plan Rawaj. Au programme : augmentation du nombre de grandes surfaces, déploiement du commerce électronique et protection du consommateur. Le plan Chami se penche également sur le cas des commerces de proximité. Mot d'ordre : pas question de laisser disparaître les épiceries ! Le ministère va ainsi lancer une étude des comportements des consommateurs pour identifier les raisons de leur préférence pour les grandes surfaces. Ses résultats serviront à concevoir des mesures pour accroître l'attractivité des petits commerces. Mais déjà, il est prévu de doubler l'enveloppe de 100 millions de dirhams allouée à l'Agence nationale pour la promotion des PME (ANPME). Objectif : développer les petits commerces.


Industrie. Meknès, zone verte

Après Casanearshore à Casablanca et Technopolis à Rabat, Meknès aura son Agropolis. Comme son nom l'indique, le parc industriel, s'étendant sur 630 hectares, sera dédié à l’agroalimentaire. Sa création a été décidée par le gouvernement en marge du Salon de l’agriculture de Meknès. Objectif annoncé : augmenter la valeur ajoutée de la production agricole et créer 11 000 emplois en intégrant l’ensemble de la chaîne de valeur. Rentabilité oblige, ce sont en priorité les cultures “juteuses” (huile d’olive, vins et autres produits laitiers) qui éliront domicile dans ce nouveau grenier du royaume. La première tranche sera livrée en 2010 par Med Z, filiale de la CDG. La Caisse a débourse 500 millions de dirhams pour l’aménagement du site, soit 10% de l’investissement nécessaire aux 130 premiers hectares.


Agriculture. Campagne en demi-teinte

Les résultats de la campagne agricole 2007-2008, qui viennent d'être rendus publics, révèlent que la production céréalière a doublé par rapport à l'exercice précédent. S'établissant à 50 millions de quintaux, elle flirte cependant à peine avec la moyenne des dix dernières années. Pour les autres cultures, les bonnes récoltes réalisées par les primeurs et les filières sucrières sont contrebalancées par la baisse de celle des agrumes et des légumineuses. Parallèlement, les aides financières octroyées par l’Etat sont en nette hausse : au terme du premier trimestre 2008, elles atteignent déjà la moitié du budget global qui leur a été consacré en 2007. C’est l’aide à l’économie de l’eau qui se taille la part du lion (50%), avec 213 MDH. Et pour cause, le cumul pluviométrique de cette campagne, bien qu’il soit en hausse, reste déficitaire de 24% par rapport au niveau normal. Idem pour les réserves d’eau à usage agricole, qui ont reculé de 5%.



Pendant ce temps, le peuple…
Mais encore…

Hassan, francophone convaincu, a pourtant en horreur une syllabe de la langue de Molière. “Il y a toujours un mais”, se plaint-il. En effet, la France est fière de son Mai 68, le Maroc l'est moins du 16 mai et il y a même une ville baptisée Chiang Mai en Thaïlande. Un nom que Hassan s'abstient de lire à l'envers (Mai Chiang). De peur de froisser les inconditionnels du 1er mai, certainement le “mais” le plus universel de tous. C’est la “Fête du travail”, instituée en France depuis 1948. L'idée s’est ensuite exportée un peu partout en Europe, en Afrique et en Amérique Latine. Mais les Britanniques et les Anglo-saxons, qui ne font jamais rien comme tout le monde, lui préfèrent le premier lundi du mois de… mai. Décidément. Au Maroc comme ailleurs, il s'agit d'une journée chômée, payée et où les ouvriers peuvent gueuler autant qu’ils veulent, sans que personne ne trouve à y redire. “De toute manière, les patrons s'en foutent, ils sont partis en week-end prolongé”, sourit Hassan. Une journée pour se défouler entre prolétaires, à coups de banderoles et de revendications surannées, soufflées par des syndicalistes bedonnants avec des casquettes moches. Le cru 2008 a été particulièrement goûteux, rehaussé par le palpitant feuilleton du dialogue social Made in Morocco. Une confrontation en quatre rounds : le gouvernement propose, les syndicats ne sont pas d’accord. Puis le gouvernement (re)propose, et là, c'est le patronat qui dispose. Ensuite, le gouvernement et le patronat (re-re)proposent, mais les syndicats ne veulent rien savoir. “Ils doivent vraiment y tenir, à leur gueulante du 1er mai”, comprend Hassan. Mais dès le lendemain, tout le monde s'est remis au travail. En attendant le prochain “mais…”.



OFF.

En marge de l’annonce d’une augmentation de capital de 1 à 2 milliards d’euros, le groupe Vivendi a annoncé son intention de monter dans le capital de Maroc Telecom, dont il détient déjà 53%. Une annonce qui a poussé à la hausse le cours de l’opérateur télécoms, qui franchit la barre des 200 dirhams.


La cloche du marché boursier sonnera trois fois au cours de ce mois de mai. Après Delta Holding, deux autres sociétés devraient faire leur entrée sur la cote, courant mai. Il s’agit de l’enseigne de grande distribution Label’ Vie et la Compagnie minière de Touissit, 3ème opérateur minier après l’OCP et Managem.

 
 
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