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N° 322
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Le Conseil de sécurité de l’ONU
a adopté une résolution favorable
à la position marocaine dans
le conflit du Sahara.
(AFP)

Sahara. Le Maroc transforme l’essai


La diplomatie marocaine vient sans doute de marquer son plus joli point dans le long processus de règlement du conflit du Sahara. Dans la soirée du mercredi, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une résolution comportant plusieurs points positifs en faveur de la thèse marocaine. “Les parties doivent faire preuve de réalisme et d’un esprit de compromis”, peut-on lire dans le texte de cette résolution. Soit la même formulation utilisée par Ban Ki-Moon et Peter Van Walsum dans leur dernier rapport sur la situation au Sahara.
“Van Walsum avait déclaré que l’indépendance du Sahara était une option non réaliste. Ce qui lui a valu un tollé de la part du Polisario et de ses alliés. En reprenant cette même formule, le Conseil de sécurité apporte clairement son soutien à Van Walsum et, partant, au Maroc”, nous a confié un officiel des Affaires étrangères marocaines. Autre point en faveur du Maroc, l’appel des parties au conflit à l’engagement de négociations de fond. “En l’absence d’une proposition crédible de la part du Polisario, cette recommandation ne signifie qu’une chose : l’ouverture, lors du prochain round de négociations, d’un débat concret sur le contenu de la proposition marocaine d’autonomie”, explique notre source. Et justement, sur ce dernier point, aussi bien les Etats-Unis que la France viennent d’exprimer leur soutien total à la solution de l’autonomie par le biais de leurs ambassadeurs à l’ONU. “Même si le soutien français et américain semblait acquis, c’est la première fois qu’il est formulé dans un cadre aussi officiel que le Conseil de sécurité”, jubile un haut responsable marocain, avant de tempérer : “Mais il ne faut pas pour autant crier victoire. Le chemin est encore long”.


Hafid Benhachem. Maton en chef

Un cadre sécuritaire disparu de la circulation depuis des années vient d’être nommé par le roi au poste de délégué général de l'Administration pénitentiaire. Agé de 72 ans, le revenant n’est autre que l’ancien patron de la DGSN, Moulay Hafid Benhachem. Dans le communiqué annonçant sa nomination, une phrase souligne la teneur de la mission impartie à l’ex-premier flic du royaume, celle de restructurer les prisons marocaines : “Sa Majesté le roi a donné au délégué général ses hautes instructions pour veiller à assurer la sécurité et la discipline au sein des établissements pénitentiaires et à n'autoriser aucune violation ou transgression des lois”.


Ben Laden junior. Galop pour la paix

Le rejeton de l’ennemi public numéro 1 est décidé à promouvoir la paix dans le monde, contrairement à son père. Omar Ben Laden, 27 ans, a annoncé la semaine dernière dans Paris Match (qui lui consacrait un portrait) son intention d’organiser une course de chevaux pour la paix sur le continent africain. Les participants devraient prendre le départ en Egypte où Ben Laden junior réside avec son épouse, une britannique de 52 ans, pour rallier au final le Maroc. Ne reste plus qu’à décrocher le précieux sésame : “Nous somme entrain d’obtenir le feu vert des autorités libyennes, tunisiennes, algériennes et marocaines” a-t-il déclaré au magazine français.


Ahmed Bensouda. Funérailles VIP

Le dimanche 27 avril, c’était la foule des grands jours dans le carré VIP du cimetière Chouhada de Rabat. Plusieurs dignitaires du régime étaient venus assister à l’enterrement de l’ex-conseiller de Hassan II, Ahmed Bensouda, décédé à l’âge de 88 ans. En plus des seniors, comme Abdelaziz Meziane Belfkih, Brahim Frej et le général Housni Benslimane, l’assistance comptait plusieurs conseillers et proches de Mohammed VI, tels que Rochdi Chraïbi, Mohamed Moâtassim, Yassine Mansouri et Fadel Benaïch. Tous ces copains d’école du roi ont pour point commun d’avoir été des élèves d’Ahmed Bensouda au Collège royal.


Coach national. Fin du suspense

Le prochain sélectionneur de l’équipe nationale sera Roger Lemerre. “L’annonce officielle de sa nomination aura lieu la semaine prochaine”, nous confie ce dirigeant de la FRMF. Cela ne peut pas se faire plus tôt, car l’équipe nationale, conduite par l’intérimaire Fethi Jamal, est actuellement à Alger pour disputer un match de la phase éliminatoire du CHAN 2009 (Championnat d’Afrique réservé aux joueurs évoluant sur le continent africain). Roger Lemerre entrera en fonction au courant du mois de juin au plus tard. “S’il arrive à trouver un arrangement avec la Fédération tunisienne, il pourrait même déposer ses valises au Maroc plus tôt”, poursuit notre source.


Lissasfa. L’étoffe des héros

Depuis quelques jours, l’histoire de Hassan Fazi est colportée, comme une légende, par les témoins de l’incendie de Lissasfa (lire article pp. 34 à 40). Ce trentenaire habite dans le quartier et sa femme travaillait dans l’usine qui a pris feu. Il n’a pas hésité à porter spontanément secours aux ouvriers bloqués à l’intérieur de l’atelier. “Avec des jeunes du quartier, il a percé un trou dans le mur de la bâtisse au niveau du 2ème étage, bien avant l’arrivée des pompiers”, rapporte ce témoin oculaire. Au total, Hassan Fazi arrachera aux flammes huit personnes (dont son épouse), avant de périr dans l’incendie. “Il est retourné une dernière fois à l’intérieur. En milieu d’après-midi, son cadavre a été l’un des premiers extraits par les pompiers”, ajoute notre source.


Journalisme. École high class

À l’automne prochain, l’Ecole supérieure de journalisme et de communication (ESJC) ouvrira ses portes. “Elle dispensera une formation initiale en trois ans”, nous explique Khalid Belyazid, directeur de développement d’Eco-médias, groupe média à l’origine du projet. Issue d’un partenariat avec l’Ecole supérieure de journalisme de Paris, l’ESJC devrait accueillir 60 à 80 étudiants. La sélection post-baccalauréat se fera après étude du dossier et des épreuves écrites. Les frais de scolarité ont déjà été fixés à 40 000 DH par an. Prohibitif ? “L’école ne proposera pas de bourses, mais des prêts bancaires à taux préférentiels sont à l’étude”, rétorque Khalid Belyazid.


Presse. Les chiffres

Les chiffres de ventes de la presse marocaine en 2007, contrôlés et certifiés par l’OJD (Office de justification de la diffusion), viennent de tomber. Avec une moyenne de 23 013 exemplaires par semaine, TelQuel confirme sa position de n°1 des hebdomadaires francophones marocains, suivi de La Vie Eco (15 872) et du Journal hebdo (14 025). Chez les hebdomadaires arabophones, le leader est Al Ayyam (24 252), suivi de Nichane (20 544), puis, pratiquement ex aequo, Al Michâal (9680), et Al Watan Al An (9259). En nombre d’exemplaires vendus, le Groupe TelQuel (TelQuel et Nichane) est, depuis 2007, le premier éditeur de magazines au Maroc. C’est grâce à vous, chers lecteurs, que nous en sommes arrivés là. En un mot comme en mille : merci !


Liberté de la presse. Détente cordiale

“C’est un dégel”, conclut Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), au lendemain de sa rencontre, mercredi 30 avril, avec le ministre de la Communication marocain, Khalid Naciri. Entre RSF et le gouvernement, la discussion était suspendue depuis la lettre au roi de début septembre. “Renouer le dialogue est positif, rapporte Ménard. M. Naciri a accepté le principe qu’on apporte notre expertise à la modification du Code de la presse et a reconnu que remettre Hormatallah en prison était une erreur et qu’il était souhaitable de le gracier”. L’échange s’est toutefois corsé à l’évocation du cas Ali Lmrabet, interdit d’exercer pour dix ans. “Fin de non-recevoir”, commente Ménard. Il n’a pas davantage réussi à plaider la cause des journalistes espagnols qui estiment qu’on entrave leur couverture du conflit du Sahara.


Algérie-Maroc. L’exemple qui tue

Terminant sa visite d’Etat en Tunisie par un discours, prononcé à l’Institut national des sciences appliquées et de technologie (Insat) de Tunis, Nicolas Sarkozy a emprunté des accents lyriques pour présenter (au conditi-onnel) l’un de ses projets pour l’Union pour la Méditerranée : “Vous imaginez, si tous les étudiants de la région pouvaient étudier dans toute la Méditerranée ?”. Enhardi par les applaudissements du public, le président français a déroulé les exemples de ces “peuples qui ne se comprennent pas depuis tant d’années” : “Les Turcs et les Grecs, les Serbes et les Croates, les Algériens et les Marocains”. “Mais pas les Tunisiens”, a-t-il poursuivi, sur sa lancée démago.


Fait-divers. Un bodyguard de M6 liquidé

Abdeljalil Boumehdi aurait été victime d’un règlement de comptes. D’après la presse française, ce garde du corps occasionnel du roi, du temps où il était encore prince héritier, a été assassiné vendredi 25 avril dans la région parisienne de “trois balles dans la tête et trois autres dans l’abdomen”. Boumehdi, 30 ans, un ancien de l’équipe marocaine de lutte gréco-romaine, champion d’Afrique à la fin des années 90, vivait depuis 1996 en France où il aurait, d’après une déclaration de son avocat à l’AFP, échappé à plusieurs tentatives de meurtre : “au fusil de chasse en 2001, alors qu’il était vigile dans un supermarché, à l’arme blanche en 2002, et au pistolet mitrailleur en 2005, alors qu’il se trouvait dans sa voiture”.



3 questions à Ahmed Herzenni
[Président du Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH).]


Seize cadavres ont été déterrés dans la caserne de la Protection civile de Nador. Cette découverte apporte-t-elle un éclairage nouveau sur les émeutes de 1984 ?
Au CCDH, nous savions depuis longtemps que des victimes des émeutes de 1984 étaient enterrées à Nador, sans connaître l’endroit précis. J’ai d’ailleurs été prévenu et me suis déplacé sur les lieux, car il y avait une forte présomption quant à l’identité de ces personnes. Six cadavres sur les seize ont été identifiés comme des personnes portées disparues après les émeutes de 1984.

24 ans après, la situation des droits de l’homme s’est-elle améliorée au Maroc, selon vous ?
Tout citoyen peut le constater. Sur le plan des libertés publiques, nous sommes dans une situation que beaucoup de pays nous envient, même en ce qui concerne la liberté de la presse. Mais nous devons rester vigilants : le bât blesse encore en termes de droits à la santé, à l’école, au logement et au travail.

Certes, mais où en est le plan d’action des droits de l’homme que vous avez lancé avec le soutien de l’Union Européenne ?
Jusqu’à aujourd’hui, nous avons surtout agi sur la question de la mémoire des exactions. Il s’agit maintenant de revenir aux fondamentaux : aux droits humains économiques, sociaux et culturels. Nous avions surtout un rôle d’évaluation, nous voulons maintenant devenir une force de proposition. C’est le sens de ce plan d’action.


Evadés de Kénitra. Et d’un !

Le filet déployé par les services sécuritaires marocains au lendemain de l’évasion de neuf détenus salafistes de la Prison centrale de Kénitra, dans la nuit du 6 au 7 avril, vient de pêcher un gros poisson. Il s’agit de Mohamed Chetbi, maçon professionnel condamné à 20 ans de réclusion et qui serait, selon plusieurs sources, l’un des principaux artisans de l’évasion. L’info a été diffusée via le canal habituel de la MAP. Laconique, la dépêche de l’agence marocaine s’est limitée à rapporter la nouvelle de l’arrestation, sans donner aucune précision sur la date et le lieu où Mohamed Chetbi a été appréhendé. Rien n’a filtré non plus sur le sort de ses acolytes.


Sloughi. Chasse à courre

Le lévrier arabe reprend du poil de la bête grâce aux encouragements de Mohammed VI lors du dernier Salon de l’agriculture à Meknès. Le roi a soutenu le président de l’Association nationale marocaine de la chasse traditionnelle, qui essaie “d’organiser cet automne une grande chasse avec des sloughis”, rapporte l’AFP. Ce serait un mini-évènement, puisque l’utilisation de l’animal par les rabatteurs est interdite depuis quarante ans, sauf dérogation, en vue de le protéger d’une extinction. À la préservation d’une race exclusivement nationale, s’ajoutera du folklore lors de la future battue : faucons, archers et flèches en bois seront aussi de la partie.


Hormatallah. La faim justifie les moyens

Le journaliste de l’hebdomadaire Al Watan Al An a entamé, cette semaine, une grève de la faim de deux jours pour protester contre son emprisonnement. Au même moment, le Syndicat national de la presse a organisé un sit-in devant le siège d’Al Watan Al An, en solidarité avec Hormatallah. Joint par TelQuel, son directeur de publication, Abderrahim Ariri, se dit indigné par ce qu’il qualifie “d’attaque personnelle” : “La Commission des grâces n’a pas statué sur son cas, alors qu’une demande lui a bel et bien été présentée”. Ariri s’en est d’ailleurs ouvert à Ahmed Herzenni, président du Conseil consultatif des droits de l’homme, qui l’a assuré de son soutien. Le patron d’Al Watan Al An a aussi réussi à décrocher un rendez-vous avec Abbas El Fassi, pour la semaine prochaine.



Humeur. Café littéraire

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Le bouillon de culture est animé par une sorte de Bernard Pivot au regard de vautour. Quand il s’arrête de parler, ses yeux prolongent méchamment la discussion. Il boit du lait. “Je ne comprends pas que les petits journalistes marocains s’intéressent tant à Hassan II”. Une rangée entière de buveurs, voutés comme des malades en phase terminale, acquiesce dans un silence tombal. Le barman fait le barman, monsieur tout le monde, vous, moi, quelqu’un qui a un avis sur tout : “Tu as raison, il n’y a pas que lui dans la vie”. Les yeux de Bernard Pivot pivotent avant de se lancer dans un monologue digne d’un ballet soviétique : une pièce austère, minimaliste, mâchoires serrées et pointes des pieds volant bien au-dessus du sol. Puis, les yeux du vautour se taisent, ses lèvres prennent le relais, chantonnant d’une étrange voix de fausset : “Sawt Al Hassan Ynadi…”. La rangée des hommes pliés en deux poursuit l’effort : “…B’lssanek Ya Sahra”. Ben oui. Le monde chante autour de moi l’hymne obligé d’une génération. Nous revoilà au plus fort de ces tristes seventies où, entre deux chansons patriotiques, la télévision marocaine proposait un JT frais comme un camembert pourri et nous disait adieu après seulement quatre heures d’émission. Nostalgie, quand tu nous tiens. “La voix de Hassan II appelle de ta langue, ô Sahara” a toujours sonné comme une menace à mes oreilles. Elle me poursuivait comme une ombre malveillante, un mauvais présage. Je l’ai enterrée de ma belle enfance dans les rues de Bourgoune, mon quartier fatal. Pivot et sa secte de choristes fatigués ont appuyé sur la détente, et c’est comme s’ils m’explosaient la tempe. “Sawt Al Hassan” a plombé une possible histoire d’amour, la mienne, le jour où elle, souriante, dansante, tout en convulsions, m’a dit”: “Relaaax, cette chanson est aussi bonne qu’un hymne de Nass El Ghiwane”. Non mais !



VITES !

Selon une rumeur persistante, Saïd El Boujaâdia, Younès Chekkouri et Abdellatif Nasser, les trois derniers prisonniers marocains de Guantanamo, auraient été extradés vers le Maroc à bord d’un avion spécial. Les détenus auraient pris leur envol des Etats-Unis dans la soirée du 30 avril, avant d’atterrir à Kénitra dans la matinée du 1er mai.


Le rappeur américain 50 Cent donnera un concert le 5 juillet au RUC. Sont pressentis, en première partie, les Français NTM. Les billets démarrent à 300 dirhams, mais certaines des 30 000 places seront classées VIP. Et si les organisateurs ont refusé de révéler le montant du cachet de la star du Gangsta rap, il dépasse assurément le demi-dollar.


Le footballeur marocain Rachid Benbouazan est à l’origine d’une première. Il a été condamné par la justice néerlandaise à six mois de prison avec sursis pour avoir brisé la jambe d’un adversaire lors d’un match de championnat des Pays-Bas en 2004. Son tacle appuyé a été assimilé à un délit de coups et blessures.


Le tribunal militaire des Forces Armées Royales a condamné, la semaine dernière, neuf militaires pour leur implication dans le réseau qui falsifiait des doléances présentées à Mohammed VI lors de ses déplacements officiels. Les peines, selon la MAP qui rapporte l’information, varient de 3 à 8 ans de prison ferme.

Par Souleïman Bencheikh

Spécial 1er Mai

Manifestations. Les syndicats dépassés

Beaucoup avaient annoncé, pour cette année, une Fête du travail houleuse. Les esprits alarmistes se sont jusqu’ici trompés, mais le contexte social reste tendu. “Ce n’est pas des syndicats que vient le danger, mais de la rue”, explique, entre deux slogans, un militant de la CDT. De fait, le mouvement social semble avoir largement dépassé le cadre syndical. Dans les principaux cortèges nationaux, les rangs des travailleurs étaient d’ailleurs grossis par différents collectifs associatifs : AMDH, diplômés chômeurs, coordinations contre la vie chère, familles de victimes des années de plomb… En cause : une hausse des prix galopante et un ras-le-bol palpable.


Mobilisation. Sous les pavés, la plage

À la faible mobilisation constatée lors de ce 1er mai, on peut avancer plusieurs raisons. D’abord, comme le rappelle souvent le gouvernement, les syndicats ne drainent pas plus de 7% des travailleurs. Ensuite, les principales centrales syndicales sont divisées. À Rabat, par exemple, Abdelhamid Amine, membre de la direction de l’UMT, rapporte les heurts qui ont opposé ses camarades à ceux d’un petit syndicat issu d’une scission de l’UGTM. De tels petits accrochages ont aussi eu lieu dans d’autres villes. Autre raison avancée pour expliquer la désertion des troupes : en ce week-end prolongé et ensoleillé, les militants auraient plutôt cédé à l’appel de la plage.


Dialogue social. L’impasse

Le gouvernement a bouclé, la veille du 1er mai, le quatrième round de ses négociations avec les syndicats. Le dialogue s’est finalement achevé sans protocole d’accord. La FDT et l’UMT ont appelé à une grève générale dans la fonction publique pour le mardi 13 mai. Pourtant, Abbas El Fassi proposait une augmentation du SMIG de 10% étalée jusqu’en 2010, avec une première hausse de 5% dès juillet 2008. La tranche salariale imposable passerait aussi de 24 000 à 30 000 DH à l’horizon 2010. Mais, pour Abderrahmane Azzouzi, secrétaire général de la FDT, “le gouvernement est encore loin du compte : il faudrait d’abord qu’il fasse appliquer la loi, notamment sur la fiscalité des entreprises et les conditions de travail des ouvriers”. Rendez-vous en septembre pour un cinquième round. En attendant, les propositions du gouvernement font loi !


Presse. Fatih mai à la UNE

Selon les affinités partisanes de chaque quotidien, le traitement de la fête du travail n’est jamais le même. L’Opinion, organe de presse de l’Istiqlal, consacre sa Une aux propositions du gouvernement, détaillées même dans les gros titres. Le très mesuré Aujourd’hui le Maroc a décidé de minimiser l’événement, n’y consacrant qu’une petite “oreille” très évocatrice : “Le gouvernement s’engage à respecter le pouvoir d’achat”. Al Bayane, affilié au PPS, insiste quant à lui sur la grève générale du 13 mai et accorde trois colonnes à la prose revancharde de l’UMT sur les propositions du patronat. Fidèle à sa tradition, l’Economiste, quotidien des décideurs, ti(t)re à boulets rouges sur les syndicats : “Syndicats : à quoi servent-ils ?”, “Où sont les programmes ?”…


VITE !

Cette année, le 1er mai était placé sous le signe de l’incendie de Lissasfa (56 morts). Les familles des victimes ont massivement participé aux défilés casablancais, notamment sous la bannière de l’UMT. Dans plusieurs villes, les manifestants ont symboliquement brandi des bleus de travail auxquels ils avaient mis le feu.

 
 
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