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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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La semaine

Nicolas Sarkozy
(AFP)

Diplomatie. Sarkozy et le monde


UPM. Le sigle ne vous dit encore rien. Et pourtant. Ce qui se cache derrière -l’Union pour la Méditerranée - n’est rien de moins qu’un “rendez-vous avec l'Histoire”, comme le clame fièrement le président français. Après des mois de tractations, avec Berlin notamment, Nicolas Sarkozy a profité de sa visite à Tunis pour lancer un plaidoyer en faveur de son projet de partenariat entre l'Union Européenne et ses voisins du sud, du Maroc à la Turquie. L’UPM sera officiellement initiée lors du Sommet de Paris le 13 juillet. Mais si le nom change, la
coopération est déjà engagée entre les deux rives au sein d’une appellation moins évocatrice : le Processus de Barcelone. Depuis 1995, l’UE finance ainsi des politiques d’ajustement structurel et sectoriel par le biais de prêts et d’aides, dont 252 millions d’euros versés au Maroc. Un échec, selon Sarkozy, car “ce n'est pas le partenariat entre les peuples, c'est la poursuite du dialogue Nord-Sud sur la base d'une relation inégalitaire où l'un décide et l'autre reçoit”. Le chef de l’Etat a promis à son homologue tunisien une Union “fondée sur une égalité des droits et des devoirs”. Selon des indiscrétions, Tunis serait récompensée de son soutien au projet en accueillant le secrétariat général. La France et l'Egypte hériteraient de la co-présidence tournante. Nicolas Sarkozy a décrit une structure “à géométrie variable où chacun participera comme il le souhaite” autour de “projets concrets”. La dépollution de la Méditerranée est souvent citée en exemple. Mais au-delà du pragmatisme souhaité notamment par Angela Merkel, Sarkozy a argué d’une Union qui éviterait “le choc des civilisations et la guerre des religions” et accélérait le règlement du conflit au Proche-Orient. Israël est en effet appelé à participer à l'UPM. Et le président français de conclure : “Cette Union, elle changera le monde”. Mais une telle ambition - démesurée - se heurte à la question du financement. Plusieurs partenaires européens n'entendent pas débourser plus que ce qui est déjà prévu pour la Méditerranée. Et l’utilisation des fonds engagés dans l'actuel Processus de Barcelone nécessite l’accord des 27.


Irak. Le procès de Tarek Aziz reporté

Il a été le visage de l'Irak à l'étranger pendant près de quinze ans et est aujourd’hui sur le banc des accusés, le siège occupé par celui qui fut son maître, Saddam Hussein, lors de son propre procès. Tarek Aziz, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, comparaît pour la mort de dizaines de commerçants irakiens en 1992 et risque la peine de mort. Âgé de 72 ans, l’unique chrétien du cercle étroit des puissants de la dictature baassiste nie tout lien avec cette affaire. “Mon père se trouvait hors d'Irak à ce moment-là”, clame son fils. Selon lui, l’accusation vise à empêcher ce fidèle du dictateur de profiter de la loi d’amnistie, accordant la libération des détenus sans jugement depuis plus d’un an. Tarek Aziz s'était rapidement rendu aux troupes américaines et est incarcéré depuis cinq ans. L’audience a été ajournée au 20 mai.


Autriche. La maison des horreurs

Un abri anti-atomique de 60 m2 sans fenêtre, dans une cave d'Amstetten, petite bourgade à l’est de l’Autriche. C’est là que Josef Fritzl a séquestré sa fille pendant 24 ans. Entre 18 à 42 ans, la jeune femme a été retenue captive et violée. De la relation incestueuse sont nés sept enfants. Trois ont été adoptés par le père et sa femme. Trois autres, âgés de 19, 18 et 5 ans, ont grandi avec leur mère sans jamais voir la lumière du jour. L’hospitalisation de l’aînée a finalement permis de découvrir leur existence. Le septième enfant est décédé après sa naissance en 1996. Josef Fritzl a fait des aveux complets, indiquant avoir brûlé le corps dans une chaudière. Il risque la prison à perpétuité pour homicide par négligence. Si l’implication de l’épouse est écartée, l’enquête se poursuit sur d’autres pistes de complicité.


Corée du Nord. Le retour de la famine ?

La hausse des prix des denrées alimentaires et la réduction de l'aide internationale menacent la Corée du Nord de famine. C'est la conclusion d'une étude du Peterson Institute for International Economics, basé à Washington. Ses réserves de devises limitées et sa réputation de piètre partenaire commercial font que Pyongyang n'est plus en mesure de s'approvisionner sur le marché international. Facteur aggravant, le pays a perdu une partie de sa récolte l'an dernier en raison d'inondations. Dans certaines zones du pays, le prix du kilo de riz a plus que doublé en un an et représente le tiers du salaire moyen d'un travailleur nord-coréen. La Fao avait indiqué fin mars que la Corée du Nord se retrouve cette année avec son déficit alimentaire le plus important depuis sept ans. À l'époque, le pays avait connu une famine qui a fait près d'un million de morts.



Lu pour vous [FRANCE]
Musulman cherche sépulture

Marie Lemonnier, Le nouvel Observateur du 24 au 30 Avril 2008.

“Le paradis, c'est complet”. Ou presque. Du moins pour les musulmans qui souhaitent se faire enterrer en France selon leur rite. C'est ce que veut dénoncer, à travers ce titre provocateur, la réalisatrice Yamina Benguigui. Elle tourne actuellement son film avec Isabelle Adjani, dont le père d'origine algérienne repose au cimetière de Bobigny, le seul en métropole entièrement dévolu aux défunts de confession islamique.(…) Près de 6 millions d'adeptes de l'islam, et seulement 80 carrés confessionnels sur tout le territoire, telle est la complexe équation française du “mourir musulman”. (…) Malgré le précepte religieux qui recommande au fidèle d'être enterré là où il décède, entre 80% et 85% des musulmans de l'Hexagone optent toujours pour le rapatriement de leur dépouille dans leurs pays d’origine. Un choix quasi automatique pour les Turcs, qui, à cet effet, cotisent à une caisse spéciale; les ressortissants marocains, qui souscrivent à une assurance obligatoire auprès de leur banque (…) “La solution viendra peut-être, à long terme, des catholiques et des athées, qui sont de plus en plus nombreux à se faire incinérer et qui vont ainsi libérer de l'espace”, explique Pascal-Hervé Daniel, chef du service des cimetières de Paris.

 
 
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