Sexualité. Demain, la pilule
Lissasfa. La vie après le drame
Évadés de kénitra. Plus que 8 !
USFP. Et si Elyazghi restait ?
Football. Lemerre en questions
Analyse. Des syndicats et des grèves
Télévision. Carton jaune pour Al Jazeera
Rallye. Orage mécanique
Etats-Unis. Obama est OK
Birmanie. L'effet Nargis
Automobile. La guerre des prix
Abdelwahab Meddeb. "La charia est une hypocrisie !"
Sortie. America, America
Rencontre. Le kiosquier intello
Cinéma. Fenêtre sur courts
N° 323
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Majdoulein El Atouabi

Évadés de kénitra.
Plus que 8 !

Mohamed Chetbi, de retour
à la case prison.
(DR)

Le filet sécuritaire déployé au lendemain de l’évasion de neuf détenus salafistes de la prison de Kénitra a fini par payer : jeudi 24 avril, Mohamed Chetbi, l’un des fugitifs, a été arrêté à Rabat. Mais la traque continue…


Il y a un mois, l'évasion de neuf détenus salafistes de la prison de Kénitra a fait l'effet d'une bombe. Depuis cette journée du 7 avril, un impressionnant dispositif de sécurité est déployé pour mener la traque des fugitifs : aux entrées et aux sorties des grandes villes, en passant par les villages et les petits patelins, des barrages de police et de la
gendarmerie quadrillent le pays. “L’alerte soleil (alerte rouge, dans le jargon militaire. Ndlr) a été décrétée dès l’annonce de l’évasion. Le jour même, un important réseau de barrages était dressé sur l’ensemble du territoire”, nous explique un gradé de la Gendarmerie royale. Mais ce n'est pas cette nasse sécuritaire qui a permis l’arrestation de l'un des fuyards. C'est à Rabat que Mohamed Chetbi a été appréhendé dans la soirée du 24 avril.

Arrestation discrète
Après 17 jours de cavale, celui qui a été présenté comme le stratège de l'évasion de Kénitra a été arrêté dans une ruelle de la capitale, entre les quartiers l’Océan et Diour Jamaâ. Mais ce n'est qu'une semaine plus tard que l’annonce officielle de son arrestation sera faite, via le canal “classique” de la MAP. Le 1er mai, tandis que le prolétariat marocain célébrait la Fête du travail, une dépêche laconique de l’agence de presse officielle tombe, révélant que Chetbi a été interpellé en compagnie de Mohamed Saïd Essoussi et Khalid Guemmouri, les deux personnes chez qui il avait trouvé refuge. Le texte ne mentionne cependant ni la date, ni le lieu de l'arrestation. “En attendant le dénouement de l'affaire, la police s'abstient de donner trop d'informations sur les détails de l’enquête. L’annonce de l’arrestation de Chetbi a été retardée pour éviter d’alerter les autres fugitifs”, nous explique une source à la DGSN. Et encore, la missive de la MAP sonne comme une simple réplique à un article publié par Al Ayyam, également le 1er mai, qui mentionnait le premier l’arrestation de Chetbi. Selon l'hebdomadaire, le fugitif n’aurait opposé aucune résistance. Il se serait livré aux policiers, se contentant de leur demander “d’épargner” ses deux protecteurs. Le récit est confirmé par une source sécuritaire, qui nous explique : “La descente a eu lieu bien après minuit. Un dispositif discret, composé tout au plus d’une vingtaine de policiers en uniforme et en civil, a quadrillé la ruelle avant d’investir la maison où Mohamed Chetbi s’était caché. Il s’est laissé facilement menotter et aucun coup de feu n’a été tiré”.

Deux complices, au moins…
Question : comment la police a-t-elle réussi à débusquer le fugitif ? “Chetbi avait choisi de se déguiser en femme. Il portait une burka à l'afghane, ce qui lui permettait de circuler librement à Rabat sans être inquiété. Et si ce n’était sa maladie, il aurait été difficile de le démasquer”, ajoute la même source. Epileptique, Mohamed Chetbi suivait en effet un traitement médical spécifique, ne pouvant être délivré que sur présentation d’une ordonnance. “Une notice a été distribuée à l’ensemble des pharmacies, les incitant à signaler tout achat suspect d'un certain type de médicament. C’est ce qui a permis de localiser Chetbi”, détaille notre source à la DGSN. Mais à en croire plusieurs pharmaciens contactés par TelQuel, aucune “notice” de la sorte ne leur serait parvenue. Ce qui laisse penser que la localisation de Mohamed Chetbi s’est faite via des méthodes moins rocambolesques et bien plus “”conventionnelles”… comme la simple dénonciation. En tout cas, l’arrestation de ce premier fugitif aura permis aux forces de l’ordre de recueillir plus d’éléments sur les circonstances de l’évasion et sur l'identité des complices qui l’auraient facilitée. Parmi eux, Mohsine El Hanouichi et Taoufik Bouarfa, deux détenus salafistes de la prison de Kénitra, ont été sortis de leurs cellules pour être interrogés au lendemain de l’arrestation de Chetbi. Celui-ci aurait, quant à lui, été incarcéré dans le centre pénitentiaire de Salé. “La loi ne permet pas à la police de garder un détenu indéfiniment, oppose Abderrahim Mouhtad, de l’Association Annassir. Selon ses proches, Mohamed Chetbi serait actuellement à la prison de Salé, en attendant sa prochaine comparution devant le procureur du roi”. À suivre.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés