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Par Majdoulein El Atouabi
Évadés de kénitra.
Plus que 8 !
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Mohamed Chetbi, de retour
à la case prison.
(DR)
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Le filet sécuritaire déployé au lendemain de lévasion de neuf détenus salafistes de la prison de Kénitra a fini par payer : jeudi 24 avril, Mohamed Chetbi, lun des fugitifs, a été arrêté à Rabat. Mais la traque continue
Il y a un mois, l'évasion de neuf détenus salafistes de la prison de Kénitra a fait l'effet d'une bombe. Depuis cette journée du 7 avril, un impressionnant dispositif de sécurité est déployé pour mener la traque des fugitifs : aux entrées et aux sorties des grandes villes, en passant par les villages et les petits patelins, des barrages de police et de la |
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gendarmerie quadrillent le pays. Lalerte soleil (alerte rouge, dans le jargon militaire. Ndlr) a été décrétée dès lannonce de lévasion. Le jour même, un important réseau de barrages était dressé sur lensemble du territoire, nous explique un gradé de la Gendarmerie royale. Mais ce n'est pas cette nasse sécuritaire qui a permis larrestation de l'un des fuyards. C'est à Rabat que Mohamed Chetbi a été appréhendé dans la soirée du 24 avril.
Arrestation discrète
Après 17 jours de cavale, celui qui a été présenté comme le stratège de l'évasion de Kénitra a été arrêté dans une ruelle de la capitale, entre les quartiers lOcéan et Diour Jamaâ. Mais ce n'est qu'une semaine plus tard que lannonce officielle de son arrestation sera faite, via le canal classique de la MAP. Le 1er mai, tandis que le prolétariat marocain célébrait la Fête du travail, une dépêche laconique de lagence de presse officielle tombe, révélant que Chetbi a été interpellé en compagnie de Mohamed Saïd Essoussi et Khalid Guemmouri, les deux personnes chez qui il avait trouvé refuge. Le texte ne mentionne cependant ni la date, ni le lieu de l'arrestation. En attendant le dénouement de l'affaire, la police s'abstient de donner trop d'informations sur les détails de lenquête. Lannonce de larrestation de Chetbi a été retardée pour éviter dalerter les autres fugitifs, nous explique une source à la DGSN. Et encore, la missive de la MAP sonne comme une simple réplique à un article publié par Al Ayyam, également le 1er mai, qui mentionnait le premier larrestation de Chetbi. Selon l'hebdomadaire, le fugitif naurait opposé aucune résistance. Il se serait livré aux policiers, se contentant de leur demander dépargner ses deux protecteurs. Le récit est confirmé par une source sécuritaire, qui nous explique : La descente a eu lieu bien après minuit. Un dispositif discret, composé tout au plus dune vingtaine de policiers en uniforme et en civil, a quadrillé la ruelle avant dinvestir la maison où Mohamed Chetbi sétait caché. Il sest laissé facilement menotter et aucun coup de feu na été tiré.
Deux complices, au moins
Question : comment la police a-t-elle réussi à débusquer le fugitif ? Chetbi avait choisi de se déguiser en femme. Il portait une burka à l'afghane, ce qui lui permettait de circuler librement à Rabat sans être inquiété. Et si ce nétait sa maladie, il aurait été difficile de le démasquer, ajoute la même source. Epileptique, Mohamed Chetbi suivait en effet un traitement médical spécifique, ne pouvant être délivré que sur présentation dune ordonnance. Une notice a été distribuée à lensemble des pharmacies, les incitant à signaler tout achat suspect d'un certain type de médicament. Cest ce qui a permis de localiser Chetbi, détaille notre source à la DGSN. Mais à en croire plusieurs pharmaciens contactés par TelQuel, aucune notice de la sorte ne leur serait parvenue. Ce qui laisse penser que la localisation de Mohamed Chetbi sest faite via des méthodes moins rocambolesques et bien plus conventionnelles
comme la simple dénonciation. En tout cas, larrestation de ce premier fugitif aura permis aux forces de lordre de recueillir plus déléments sur les circonstances de lévasion et sur l'identité des complices qui lauraient facilitée. Parmi eux, Mohsine El Hanouichi et Taoufik Bouarfa, deux détenus salafistes de la prison de Kénitra, ont été sortis de leurs cellules pour être interrogés au lendemain de larrestation de Chetbi. Celui-ci aurait, quant à lui, été incarcéré dans le centre pénitentiaire de Salé. La loi ne permet pas à la police de garder un détenu indéfiniment, oppose Abderrahim Mouhtad, de lAssociation Annassir. Selon ses proches, Mohamed Chetbi serait actuellement à la prison de Salé, en attendant sa prochaine comparution devant le procureur du roi. À suivre. |
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