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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Souleïman Bencheikh

USFP.
Et si Elyazghi restait ?

(TNIOUNI)

À quelques semaines du 8ème congrès de l'USFP, les postulants à la succession d’Elyazghi affûtent leurs armes. Mais aucune candidature n’est encore officialisée et, surtout, le zaïm n’a pas dit son dernier mot…


Samedi 3 mai à Rabat, les militants socialistes avaient les yeux tournés vers le prochain Congrès de l’USFP, qui devra marquer la refondation d’un parti en sérieuse perte de vitesse. Réunis en conclave pour un énième conseil national censé déblayer le terrain, les socialistes ont surtout débattu organisation. Même si Mohamed Elyazghi
a depuis longtemps annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à la tête du parti, l’heure n’est pas (encore) aux affrontements, et les éventuels candidats ne se bousculent toujours pas au portillon. Ils se jaugent, dans une sorte de round d’observation où celui qui se dévoilera le dernier a toutes les chances de l’emporter.

Pour l’instant, malgré les débats parfois houleux qui animent l’USFP, on se dit à la recherche du consensus et du rassemblement. “Il y a une vraie volonté de dépasser la crise. Nous cherchons à corriger nos erreurs : ne plus être catalogués ni comme un parti élitiste, ni comme un parti makhzénien”, explique Abderrahmane Fadaïli, militant socialiste de longue date. Et Elyazghi semble avoir bien saisi ce nouvel état de fait : personne n’est en mesure de clamer publiquement que la zaïm assume seul le recul politique de l’USFP. D’ailleurs, rares sont les signes qui laissent présager une prise de distance d'Elyazghi avec son parti de toujours. Certes, il est peu assidu aux réunions de l’USFP, mais ses camarades chauffent l’ambiance pour lui. Son coup d’éclat lors de la récente commémoration de la Conférence de Tanger (où il avait sommé le Premier ministre algérien de rejoindre la position marocaine sur la question du Sahara) lui a permis de compter ses supporters. “Elyazghi représente l’histoire du parti. Il avait la légitimité pour intervenir de la sorte. D’ailleurs, son discours n’a gêné personne, bien au contraire…”, argumente un membre du conseil national, présent à Tanger.

Des hommes et des listes
Sorti par la porte, Elyazghi risque-t-il donc de revenir par la fenêtre ? Très peu, au sein du conseil national, semblent croire en un retour en force du zaïm. Mais aucun ne prend le risque d’un conflit ouvert. “Il faut lui aménager une porte de sortie. On pourrait très bien instituer que chaque ancien premier secrétaire devienne président de droit de notre commission de discipline et de moralité. Elyazghi en a la stature”, nous confie un soutien presque affirmé de Oualalou. Un strapontin pour le déjà ex-homme fort de l’USFP ? Elyazghi pourrait s’en accommoder, mais à condition, sans doute, que la participation au gouvernement du Parti de la rose (et donc la sienne) ne soit pas remise en question. Et c’est justement sur ce point que se joue la stratégie d’Elyazghi : faire en sorte que le prochain congrès national n’accouche pas d’un bureau politique hors de contrôle. Pour l’instant, la chose est en bonne voie. Et les surprises de dernière minute seront plus difficiles à orchestrer : auparavant, le bureau politique était élu à bulletin secret et au scrutin uninominal, mais des listes circulaient sous le manteau, récompensant le soutiens des uns et des autres. Pour le prochain congrès, le mot d’ordre est “démocratie interne”. Les militants ont ainsi opté pour un scrutin de liste à même de favoriser la transparence du vote. “Le vote à la proportionnelle permettra de faire émerger des tendances et de sortir des luttes de personnes pour entrer dans un véritable combat d’idées”, analyse une militante. Seul hic : vu le retard accumulé, les listes risquent de n’être rendues publiques que le jour de l’ouverture dudit congrès. Aberrahmane Fadaïli, lui, se pose la question de l’opportunité d’un tel choix : “Est-ce le moment de penser à des courants, alors que nous sommes en pleine refondation ? Il n’est pas sûr que nous soyons en mesure d’organiser une compétition honnête. Il nous faudrait une direction consensuelle”. C’est de ce mot - consensus - que peut venir le salut d’Elyazghi. Avec les noms de Oualalou, El Malki et Radi qui circulent pour reprendre le flambeau, l’actuel zaïm a toutes les chances de garder bien chaud son siège gouvernemental. Et probablement un autre dans le parti…

 
 
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