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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Mehdi Sekkouri Alaoui

Football.
Lemerre en questions

Roger Lemerre, le futur coach des
Lions de l’Atlas, aura du pain
sur la planche.
(AFP)

Les négociations avec Roger Lemerre sont quasiment bouclées. Découverte, en 4 points, du futur sélectionneur des Lions de l’Atlas.


Qui est-il ?
Roger Lemerre n'est pas un inconnu pour les Lions de l’Atlas. En 2004, il était à la tête de la sélection tunisienne qui les a privés du deuxième sacre continental de leur histoire (après celui de 1976). Un an plus tard, il est encore là, lorsque la même équipe leur barre la route du Mondial 2006. Né en 1941, Roger Lemerre a d’abord débuté sa carrière
en tant que joueur à Sedan (1961-1969), Nantes (1969-1970), Nancy (1971-1973) puis à Lens (1973-1974). Solide défenseur, mais loin d’être un foudre de guerre, il arrive quand même à décrocher trois étoiles d’or France Football (1967, 1968, 1969) et autant de sélections en équipe de France. Mais sous la casquette d'entraîneur, il a par contre longtemps souffert avant de se faire un nom. En une dizaine d’années, il n’a en effet coaché que des clubs de seconde zone. En 1983, il est même contraint de s’inscrire au “chômage”, avant de se voir confier l’équipe de France militaire, avec laquelle il remporte un championnat du monde militaire en 1995. Trois ans plus tard, c’est un autre sacre mondial qu’il décroche, mais avec l’équipe A, comme adjoint d’Aimé Jacquet. Au lendemain de cette consécration, ce dernier lui cède sa place, malgré diverses pressions pour imposer un sélectionneur “plus médiatique”. Médiatique, il le deviendra en conduisant les Bleus vers le titre de l’Euro 2000 et de la Coupe des confédérations en 2001. Mais la joie est de courte durée. La disqualification prématurée de la France au premier tour du Mondial de 2002 précipite sa chute, au grand bonheur de la Fédération tunisienne qui le recrute dans la foulée.

Pourquoi lui ?
Roger Lemerre aurait pu prendre les rênes des Lions de l’Atlas dès 2003. À l’époque, la Fédération française de football l’avait proposé à son homologue marocaine… qui lui a préféré un Baddou Zaki, qui n'était alors qu’intérimaire. Mais ce n’est que partie remise. En 2008, l’équipe marocaine passe totalement à côté de sa CAN. Bouc émissaire de cette débâcle, son coach Henri Michel est congédié illico presto. Pour le remplacer, une liste de six entraîneurs locaux est proposée par l’Amicale des entraîneurs marocains. Réclamé par la rue, Baddou Zaki est en pole position. Sauf que. “Zaki n’avait pas les faveurs du bureau fédéral. Quant aux autres prétendants, on a estimé qu’ils n’avaient pas la carrure pour ce poste”, explique ce proche de la FRMF. Coup de théâtre : le choix d’un sélectionneur étranger revient dans les cartons. Des contacts sont même entrepris avec quelques pointures, dont l’Espagnol Vicente Del Bosque (ex du Real Madrid), mais le choix final se porte sur une vieille connaissance : Roger Lemerre. “Après avoir étudié toutes les candidatures, on a estimé que Lemerre avait le profil le plus adéquat”, justifie ce membre fédéral.

Quelle est sa méthode ?
D’après Franck Simon, journaliste du bi-hebdomadaire France Football, Roger Lemerre est “un professeur du football. Un véritable pédagogue”. Normal, puisque l'homme, bardé de diplômes, fut durant de longues années l’un des piliers de la direction technique française.

Lemerre est aussi réputé être une bête de travail, “un bosseur capable de tester énormément de joueurs. Il a pu ainsi dénicher de vraies perles”. Mais il est également quelqu'un d'exigeant et de très strict, à l’image de cette vieille école qu’il personnifie. “Il n’aime pas les écarts de conduite ni les critiques, prévient le journaliste sportif Najib Salmi. Les joueurs ont intérêt à suivre ses directives à la lettre”. Quant aux journalistes, ils n’ont qu’à bien se tenir. Ce n’est pas un secret, Roger Lemerre ne les tient pas en haute estime. “Jamais il ne vous accordera d’entretien en tête à tête”, explique simplement l'un de ses proches.

Va-t-il durer ?
Lemerre n’a même pas encore posé ses valises que les pronostics vont déjà bon train sur son prochain limogeage (ou démission). Certes, l'homme a tenu six ans en Tunisie, mais, au Maroc la situation est plus complexe, avec un système de gestion opaque du football et une presse sportive particulièrement agressive. “Cela va être dur, car Roger aime que tout soit fait dans les règles, nous explique le journaliste Patrick Vella, qui lui a consacré une biographie en 2002. Cela dit, je ne pense pas qu’il signerait au Maroc s’il n’avait pas eu les garanties nécessaires”. Pour Najib Salmi, “il est prématuré de faire des pronostics. Ce sont les résultats qui font durer un entraîneur”. Première examen : la CAN 2010 !

 
 
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