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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

L’heure d’été permettra à l’ONE
de mieux répondre aux périodes
de pics de la demande en kilowatts.
(AFP)

Energie. Le temps, c’est de l’argent


Réglez vos montres, le Conseil du gouvernement a décidé, jeudi 8 avril, de passer à l’heure d’été du 1er juin au 27 septembre. Pour l’équipe de Abbas El Fassi, ajouter une heure aux cadrans relève même de l’urgence. Objectif : économiser de l’énergie. “Ça ne résoudra pas le problème énergétique du pays, mais nous devons prendre toutes les mesures pour l'atténuer”, nous explique le porte-parole du gouvernement, Khalid Naciri. Le cours du baril de pétrole, qui a dépassé les 120 dollars, remet déjà en question la Loi de Finances
2008, qui tablait sur un niveau de 75 dollars. Les 3,6 milliards de dirhams offerts par l’Arabie Saoudite vont certes permettre de colmater quelques brèches, mais pour les solutions durables, le GMT+1 contribuera-t-il efficacement à réduire la facture énergétique ? “Nous estimons le manque à gagner sur les deux dernières années à 460 millions de dirhams”, affirme Fatima Mossadek, responsable de la communication de l’Office national de l’électricité (ONE).

Une économie dérisoire face à une facture énergétique estimée à 64 milliards de dirhams pour 2008. D’autant que la part du pétrole, locomotive de la flambée des dépenses en énergie, ne représente que 11% des matières premières nécessaires à la production d’électricité. En fait, le passage à GMT+1 s’impose de lui-même pour éviter un black-out éventuel. “L’offre étant insuffisante, il faut ramener la demande à un niveau que nous pouvons satisfaire, poursuit Fatima Mossadek. Les pics de consommation sont constatés en fin de journée, l’heure d’été permettra la réduction des besoins en éclairage”, poursuit-elle.


Cosmétiques. A star is born

Le holding royal SIGER vient de lancer une nouvelle marque de cosmétiques haut de gamme. Baptisée “Maroc-Maroc”, cette gamme vise une clientèle triée sur le volet, essentiellement à l’étranger. Point d’objectif de rentabilité à court terme, le but étant de promouvoir l’image du “plus beau pays du monde” en développant des produits de luxe. Ce faisant, “Maroc-Maroc” se place sur le même créneau que des marques comme Chanel ou Guerlain, mais avec une valeur ajoutée qui risque de faire fureur : des produits à base d’huile d’argan et sans conservateurs. Reste à trouver un distributeur pour cette nouvelle marque. La chaîne internationale de magasins Sephora a certes été pressentie, mais les promoteurs de “Maroc-Maroc” semblent désormais se diriger vers un démarchage plus diversifié. Pour l’instant, la marque, qui a un budget marketing très limité, semble ne compter que sur le bouche-à-oreille.


Couverture médicale. Ramed, c’est parti !

Après plusieurs reports, le Régime d’assistance médicale aux personnes économiquement démunies (RAMED) devrait bientôt devenir opérationnel. Les décrets d’application ont été à l’ordre du jour du dernier Conseil de gouvernement et le lancement est prévu pour le mois prochain. Cependant, ce régime devrait se limiter dans un premier temps à la région pilote de Tadla - Azilal. Un choix justifié par le taux de pauvreté qui y est très élevé. Le régime, ambitieux, compte toucher une population-cible de 8 millions de personnes, avec un budget de 2,6 milliards de dirhams pour l'année 2008.


Télécoms. Vive la mobilité fixe

Wana peut se réjouir. Le troisième opérateur télécoms détient les deux tiers du marché du fixe, selon le rapport trimestriel de l’ANRT publié mardi dernier. Un positionnement à nuancer, puisque le régulateur des télécoms y estime que les téléphones à mobilité restreinte correspondent aux critères du fixe. “La couverture ne dépasse pas les 35 km de rayon, on ne peut quand même pas considérer ces appareils comme de vrais mobiles”, justifie ce cadre de l’Agence. Sauf que la concurrence ne l’entend pas de cette oreille : “C’est un mobile déguisé en fixe, et ça biaise le marché”, s’insurge-t-on du côté de la direction marketing de Maroc Telecom. Visiblement, la pilule a du mal à passer pour l’opérateur historique, qui voit le parc du fixe augmenter d’un million d’abonnés, une hausse réalisée à 94% par Wana.


Akhannouch. Conflit d’intérêt ?

Le ministre de l’Agriculture est décidément un homme aux multiples visages. En tant que ministre, il a présenté le rapport Mc Kinsey sur l’agriculture lors du dernier SIAM tenu à Meknès. C’est maintenant avec l’étiquette de patron d’Akwa que Aziz Akhannouch a demandé au même cabinet des éclaircissements sur les propositions de la ministre de l’Energie. Le projet d’Amina Benkhadra, qui table sur la construction de centrales électriques, risque d’aller à l’encontre des intérêts gaziers d’Akwa. Les partenaires d’Akhannouch préconisent en effet la mise en chantier d’un terminal gazier, solution jugée a priori incertaine par plusieurs analystes. Le ministre de l’Agriculture avait promis de se retirer d’Akwa pour se consacrer totalement à la politique. Mais en attendant, il continue à faire son boulot de patron du groupe.


Tramway. Colas s’y colle

Le projet du tramway de Rabat semble sur la bonne voie. Après le contrat conclu avec Alstom pour fournir le matériel roulier, l'Agence pour l'aménagement de la vallée du Bouregreg vient de signer cette semaine un contrat avec des sociétés du groupe Colas, leader mondial dans la construction des routes. GTR et Colas Rail prennent ainsi en charge la construction de deux lignes du tramway Rabat-Salé. Un contrat d’environ 70 millions d'euros, qui comprend la réalisation des plateformes du tramway et la pose des voies ferrées sur une longueur totale de 17 km, ainsi que la plateforme et les voies du centre de maintenance. Les travaux, qui ont débuté le mois dernier, devraient être achevés en juillet 2010



Pendant ce temps, le peuple…
GMT+1

Mustapha, vivant dans un terminal d’aéroport, est incollable sur les chansons de Charles Aznavour et sur les fuseaux horaires. Il n’hésite pas à étaler son savoir à qui veut bien l’entendre : Paris GMT+2, New York GMT-5, Singapour GMT+7h30, Kaboul GMT-15 siècles. Mais pour l’entendre fredonner du Aznavour, il faudra repasser. Mustapha n’a plus le moral, depuis qu’il a su que le gouvernement s’est (enfin) décidé à adopter l’heure d’été. Il n’est pas contre le principe, c’est plutôt la date choisie qui l’agace : le 1er juin, son jour d’anniversaire. Mustapha n’a pas envie d’entamer sa 41ème année en sautant une heure… Car cette nuit du 31 mai au 1er juin, il y aura treize coups de minuit, pour se retrouver directement à 1 heure du matin. Un voyage vers le futur qui n’est pas du goût de notre héros : “Même pas le temps de souffler correctement ses 40 bougies”, peste-t-il. En même temps, Mustapha se montre compréhensif quant à la finalité de cette mesure. Et pour cause : ce 1er juin, quand Mustapha passera à table pour dîner à 20h30, il fera encore jour. Pas besoin donc de lumière. Notre héros finit même par se demander pourquoi le gouvernement a mis tout ce temps pour prendre une mesure tellement évidente : elle permet de gagner une heure en productivité et d’économiser 230 millions de dirhams par an. Certes, pas de quoi se payer la cargaison d’un pétrolier, mais c’est toujours ça. En plus, ce passage à l’heure d’été fonctionnait très bien quand il était d’usage dans les années 80. Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître...



OFF.

Les rentrées marocaines en devises ont le vent en poupe. Au cours du premier trimestre de l’année, elles ont augmenté de 42%, pour frôler les 10 milliards de dirhams. Les investissements directs étrangers (IDE) se taillent la part du lion puisqu’ils pèsent 86,5% de l’ensemble. Quant aux investissements de portefeuille et prêts privés, ils interviennent respectivement pour 12,6% et 0,9% dans le volume global.


Avec un prix du baril qui flambe, la RAM s’est retrouvée, durant le mois d'avril, avec une facture de carburant 60% plus élevée par rapport au même mois de l’année dernière. La compagnie vient ainsi d’adopter un programme visant la baisse de consommation et l'installation d'équipements pour réduire le temps de vol des avions.

 
 
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