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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Wafaa Leghzaoui

La semaine

Les festivités du 60ème
anniversaire de la création
de l’Etat d’Israël.
(AFP)

Israël. 60 ans de conflits


“Atsmaout” (indépendance) pour les uns, “Nakba” (catastrophe) pour les autres. La mémoire diffère selon le point de vue. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame la création de l’Etat d’Israël. Pour des millions de juifs européens, ce nouvel Etat représente l’espoir d’un avenir meilleur après la tragédie de l’Holocauste. Pour les Palestiniens qui vivaient là, cette date symbolise au contraire l’expulsion et la confiscation d’une partie de leurs terres. Le lendemain de la création d’Israël, les pays arabes attaquaient la nouvelle entité.

Le conflit entre Israéliens et Palestiniens n’a pas cessé depuis. Du 13 au 15 mai, l’Etat hébreu va fêter en grande pompe ses 60 ans. Les mauvaises langues, tel l’éditorialiste du journal libéral israélien Haaretz, Yoël Marcus, disent que les festivités - qui devraient coûter plus d’un million de shekels (environ 2,2 millions de dirhams) - ont pour principal objectif de faire oublier les errements du Premier ministre, Ehoud Olmert, du fiasco de la guerre du Liban en 2006 à son implication récente dans une nouvelle affaire de corruption. Au sein de la société israélienne, les divisions viennent aussi ternir la fête. Au fil des vagues d’immigration successives, des juifs d’Europe de l’Est, d’Ethiopie, du Maghreb ou de Russie se sont installés en Israël pour former une société à la fois riche et hétérogène. Des ultra-orthodoxes à la jeunesse branchée de Tel-Aviv, il s’agit plus de coexistence que de partage d’un projet commun. Sur le plan économique, l’Etat hébreu, bâti sur l’idéal socialiste des kibboutz, s’est rapidement converti au libéralisme. Pour le meilleur et pour le pire : un quart de la population israélienne (24%) vit aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté. Et la paix ? On ose à peine prononcer le mot, tant elle semble lointaine aujourd’hui. Face à l’engrenage des attaques israéliennes sur Gaza répondant aux tirs de roquettes palestiniens, et à l’échec des gouvernements successifs pour mettre en place une paix durable, la désillusion semble avoir gagné les Israéliens, comme les Palestiniens.


Tunisie. Pays des droits de l’homme ?

Tout va pour le mieux en Tunisie. C'est Nicolas Sarkozy qui l’a affirmé avec aplomb lors de sa visite chez son ami Ben Ali, la semaine dernière : “L’espace des libertés progresse en Tunisie”. Au-delà du tollé provoqué par ces propos, le combat pour la liberté d’expression est malheureusement toujours d’actualité chez nos voisins tunisiens. Rachid Khechana et Mongi Ellouze, respectivement rédacteur en chef et directeur de l’hebdomadaire d’opposition Al Mawkef, poursuivent leur grève de la faim entamée le 26 avril, pour dénoncer les saisies répétées de leur journal. Les actions judiciaires engagées contre l’hebdomadaire visent, selon eux, à l’étouffer financièrement. Le journaliste Slim Boukhdir, détenu à la prison de Sfax depuis novembre 2007 et atteint de la gale, a lui aussi entamé une grève de la faim le 2 mai dernier, pour protester contre ses conditions d’emprisonnement.


Liban. Le nouveau combat du Hezbollah

La hausse des prix tombe à pic : depuis des semaines, le Hezbollah n’avait plus fait descendre ses partisans dans la rue. Alors que les syndicats libanais lançaient mercredi une grève générale, les militants du Parti de Dieu et ses alliés de l’opposition ont saisi l’occasion pour dresser des barrages sur les principaux axes de Beyrouth. Plusieurs affrontements entre jeunes des deux camps ont également eu lieu. Alors que la Chambre des députés doit à nouveau se réunir le 13 mai pour élire un président de la république, dont le Liban est dépourvu depuis novembre 2007, cette action permet au Hezbollah de faire remonter la pression. L’agitation du parti de Hassan Nasrallah pourrait même obliger le gouvernement à reporter une nouvelle fois l’élection du président… après 18 tentatives avortées.


Angleterre. Londres passe à droite

Connu pour ses gaffes et son humour potache, l’ancien journaliste Boris Johnson n’était pas vraiment prédisposé à occuper le fauteuil de maire d’une ville de plus de 7 millions d’habitants. C’est pourtant lui qui a remporté les municipales de Londres, jeudi dernier, devançant largement le maire travailliste Ken Livingstone, qui briguait un troisième mandat. Cette victoire conservatrice à Londres est emblématique de la déroute du Parti travailliste au niveau national, arrivé troisième de ce scrutin, derrière les Tories et les libéraux. Les récentes mesures fiscales du gouvernement sont une des causes de l’impopularité du Labour, qui n’avaient pas connu une telle défaite depuis 40 ans. Le Premier ministre, Gordon Brown, est acculé à corriger le tir avant les législatives de 2010, sous peine de devoir céder sa place à David Cameron, le leader des Conservateurs.


Bolivie. Morales contre Santa Cruz

La situation est plus que délicate pour le président bolivien Evo Morales. La région de Santa Cruz, la plus riche de Bolivie, vient de voter à 86% pour son autonomie lors d’un référendum organisé par les autorités locales. Un scrutin que le président bolivien avait déclaré illégitime avant même sa tenue, et dont il a souligné le fort taux d’abstention. D’autres régions prospères ont d'ores et déjà annoncé l'organisation de consultations similaires en juin. Les autorités de Santa Cruz, qui concentre les principales ressources gazières du pays, contestent le projet de Constitution du président Morales, qui prévoit une meilleure redistribution des richesses.


Géorgie. La Russie montre ses muscles

Alors que Dimitri Medvedev, le protégé de Vladimir Poutine, vient de prendre ses fonctions de président de la Fédération de Russie, l’ancien agent du KGB, devenu Premier ministre, prouve qu’il est toujours aux commandes. C’est lui qui organise la démonstration de force actuelle en Abkhazie, une région séparatiste du nord-ouest de la Géorgie où Moscou a envoyé des colonnes de chars et de soldats supplémentaires la semaine dernière. La Russie prétend vouloir défendre l’Abkhazie contre une offensive militaire géorgienne. Mais la véritable raison de ce déploiement de forces est l’intention de la Géorgie de rejoindre l’Otan, et la réponse favorable faite récemment par l’Alliance atlantique. Ce qui déplaît fortement à Moscou, qui craint de se faire “encercler” à terme par les bases de l’Otan.



Lu pour vous [FRANCE]
L’examen d’intégration recalé

Sabine Cessou, Libération du mardi 6 mai 2008.

Un fiasco complet. Tel est le bilan des tests de langue et de culture néerlandaises instaurés le 1er janvier 2007 par Rita Verdonk, l’ancienne ministre à poigne de l’Intégration. (…) Subventions, salles de classes, professeurs, tables, chaises et crayons, tout y est, sauf les inscrits. (…) À Amsterdam, il n’y a pratiquement pas de candidats (…). Ces tests payants (350 euros par passage) ont été simultanément instaurés dans les consulats néerlandais des pays d’émigration “non-occidentale”. En Turquie, au Maroc et en Chine, ils marchent bien. Trop bien, même. Sur les 4 400 candidats recensés en 2007, 90 % l’ont réussi du premier coup. Les autorités ont donc relevé le niveau, en posant plus de questions aux demandeurs de visas longue durée. Au Pays-Bas, en revanche, ces examens font l’objet d’un boycott massif. Ils sont vécus comme une mesure éminemment vexatoire par les intéressés, les “allochtones non-occidentaux” (…). Ces 600 000 personnes ont cinq ans pour passer l’examen, dont dépend le renouvellement de leur titre de séjour. (…) Les chômeurs qui ne maîtrisent pas le néerlandais et les femmes au foyer élevant des enfants en bas âge sont des cibles prioritaires. (…) Ella Vogelaar, la ministre travailliste de l’Intégration, (…) a décidé d’imposer une amende de 500 euros à tout “allochtone” ayant refusé pendant plus de quatre semaines des offres de cours faites par sa mairie. Rien n’indique, cependant, que les fautifs ne préféreront pas payer l’amende.



Vite !

La flamme olympique a atteint, jeudi 8 mai, le sommet de l’Everest, le “toit du monde” qui culmine à 8848 mètres. À trois mois des JO, la Chine s’offre une première historique, après un parcours mondial chaotique.

 
 
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