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Par Youssef Aït Akdim
Reportage. Allah, Al Kora, Al Malik
Soutenu par une foule des grands jours, le Wydad a quand même été défait (0-1) par lEntente de Sétif en finale aller de la Champions League arabe. Un match étouffé par une ambiance patriotique à la limite de lhystérie.
Sous sommes le 9 mai 2008, l'étendue des gradins du complexe Mohammed V est envahie par les supporters du Wydad. Toute ? Non ! Un virage peuplé d'irréductibles supporters algériens résiste encore et toujours à la vague rouge. De l'extérieur, la clameur du public indique déjà une affluence des grands jours, bien au-delà des 40 000 places |
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payantes prévues par lorganisation. Normal, même les retardataires qui nont pas pris leur ticket à lavance pouvaient encore transiger (entre 20 et 50 DH) avec les vigiles de la société de sécurité, sous le regard complice des policiers. Lorsquon pénètre dans lenceinte du Stade dhonneur, la tension est déjà palpable. Oubliée la pelouse parfaite, oublié lencombrement aux portes, oubliés le match et les vingt-deux joueurs. Le spectacle est dans les tribunes, où certains sont venus de loin pour soutenir le WAC contre les Algériens de lEntente de Sétif (ESS). Et cette finale de la Champions League arabe doit cet exceptionnel engouement du public à une malheureuse histoire dhymne national tronqué, qui avait mis, une semaine auparavant, le feu aux poudres.
Lhymne du crime
Samedi 3 mai, à Blida. Le Maroc rencontrait lAlgérie dans le cadre des éliminatoires du Championnat dAfrique des nations (CHAN) réservé aux joueurs locaux. Avant le match, lhymne national marocain est amputé de sa chute. Tollé diplomatique et protestations officielles. La presse marocaine en remet une couche : Perfidie, irréparable, haine irrationnelle sans limite
éditorialistes et journalistes sportifs se déchaînent contre lhostilité algérienne. Même les dirigeants du Raja, lennemi juré, ont appelé leurs supporters à soutenir le Wydad. Fatalement, le match WAC-ESS ne sera que la dernière représentation dune farce répétée depuis plusieurs décennies. Avant même le début du match, les joueurs de Sétif sont insultés : la vertu de leurs mamans est mise en doute et même le président algérien nen sort pas indemne, aux cris de Bouteflika Va fan culo !.
Sur le terrain, on oublierait presque quun match de football se joue. La première mi-temps est dominée par les Wydadis, qui soffrent au moins trois occasions franches : Bidodane, puis Rafik et encore Bidodane sont à deux orteils douvrir le score. Les tentatives devant les cages de lESS sont éclipsées par le lourd nuage de fumée produit par les dizaines de fumigènes allumés par le virage Frimija qui accueille les ultras du WAC. Un vieux supporter rouge et blanc sexclame : Du feu on en aura toujours, on veut voir des buts. Car la défense de lEntente de Sétif résiste. Sur le banc de touche, Rachid Daoudi, ancienne gloire du WAC et adjoint de lentraîneur Oscar Fullone, fait les cent pas.
Le hold-up parfait
Les minutes ségrènent et larbitre signe la mi-temps sur un score vierge. Pendant la pause, le petit carré de supporters algériens essaie de donner de la voix. Encadrés par des dizaines de policiers, ils ont bien du mal à se protéger des projectiles qui pleuvent des gradins voisins, ponctués de Assahra Maghribia !, lancés par une foule surexcitée. Le répit arrive avec la reprise du match. Face à des Casablancais éteints, les joueurs de Sétif reprennent confiance et s'enhardissent peu à peu. À la 80ème minute, Farid Touil tue le suspense sur un de ses premiers ballons. Lattaquant algérien - que lon dit convoité par le Raja - est à la réception dun centre décole de Slimane Raho. Une chape de plomb tombe sur le terrain. Profitant du silence, les rares supporters de lESS donnent du Jazaïr chouhada ! (Algérie, pays de martyrs !, comme en écho à lanniversaire des émeutes de Sétif du 8 mai 1945, réprimées dans le sang). Les dernières minutes de la rencontre sont alors totalement éclipsées par le chaos dans les gradins. Sièges arrachés, rixes et bastonnades, le stade commence à se vider. La ministre des Sports, Nawal El Moutawakil, ne demande pas son reste. Rentrant chez eux sous escorte policière, les Wydadis ont la mine des mauvais jours. La finale-retour, prévue le 22 mai à Blida, près dAlger, promet dêtre tout aussi animée. |
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