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Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
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Dalila Ennadre, sur le tournage
de Morts en vie(s).
(DR)
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Documentaire. À la vie, à la mort
Las de devoir produire ses films à la sauvage et face à la rareté croissante des soutiens, Dalila Ennadre souffle un peu : elle vient de recevoir une bourse de la Fondation pour lart et la culture arabes, basée à Amman, en Jordanie. De quoi finir de monter son dernier documentaire, suite humainement logique dune longue série reconnue. Moi, Fadma (titre provisoire), cest le portrait dune septuagénaire, jadis envoyée satisfaire les goumiers dans les bordels de campements militaires indochinois. Le sexe était une arme coloniale, rappelle la |
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| réalisatrice, dont lhéroïne a toujours revendiqué quon reconnaisse sa participation à leffort de guerre, comme les anciens combattants. La prolifique cinéaste couve déjà un nouveau film. Dans Morts en vie(s), dont une partie des plans est déjà tournée, Dalila Ennadre plonge son regard dans le cimetière juif de Casa, aux abords de la médina. Un lieu silencieux mais mille fois témoin, accueillant tant les victimes dune épidémie de typhus que des soldats morts pour la France ou des héros de la Résistance. À travers les regards du vieux gardien, qui sest vu confier une boutique dolives par son prédécesseur parti en Israël, dun fossoyeur avec son fils, que les morts aident à vivre, et de deux petits vieux en manque de cette vie dautrefois qui sorganisait ensemble, la réalisatrice souligne lintangible : on est tous pareils. La mort est très démocratique, elle ne souffre ni de frontière, ni de religion. Bien dit. |
Sortie. Le chaos selon Chahine
Le Chaos, dernier film de Youssef Chahine (co-réalisé avec Khaled Youssef), vient sajouter à la filmographie riche et engagée du réalisateur égyptien. Un personnage semble incarner à lui tout seul le chaos et labsence de normes évoqués dans ce film : le policier Hatem (interprété par lexcellent Khaled Saleh). Un petit tyran dont le cynisme et la cruauté nont pas de limite. Son uniforme lui donne un sentiment de surpuissance et dimpunité. Il rackette les commerçants de son fief, humilie et torture les détenus entre deux courbettes à ses chefs. Il ne semble retrouver sa part humaine que lorsquil se retrouve la nuit, face au portrait volé de Nour (Mouna Chalaby), son objet damour et de dépit, qui se refuse à lui. Ce Foutouwa des temps modernes se heurte à Charif (Youssef El Chérif), un jeune procureur intègre et soucieux dappliquer la loi et de rétablir léquité. Ces deux figures relaient à lécran la réputation de deux corps de lEtat égyptien : la police égyptienne, empêtrée dans des scandales successifs de torture et de répression brutale de lopposition, et la magistrature, qui se bat pour préserver son indépendance et mériter le respect dont elle jouit dans le pays de Moubarak.
Au 7ème Art le 17 et à lIF de Rabat le 18.
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Cinéma. Enfants terribles
Après ses périples sur la route (Le Grand voyage) et dans les airs en tant que scénariste (LAvion), Ismaïl Ferroukhi voyage dans le temps. Avec Isild Le Besco ou encore Yann Le Gal, il est lun des sept réalisateurs ayant co-signé Enfances, sorti en France le 14 mai. Chacun des sept a eu la liberté dexplorer une anecdote tirée des jeunes années dun grand cinéaste (Fritz Lang, Orson Welles, Jacques Tati, Alfred Hitchcock, Ingmar Bergman et Jean Renoir), décisive dans son univers créatif. Ferroukhi a choisi de filmer un pan de lenfance de Renoir. Lors dun été à la campagne, Renoir enfant se lie damitié avec un jeune braconnier
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Musique. Chellah Jazz
Rabat abritera pour la 13ème fois le festival Jazz au Chellah : du 12 au 16 juin prochain, dix formations musicales se succéderont sur la scène installée entre les murailles historiques de la capitale. Comme à son habitude, lévénement mêlera jazz européen et musiques marocaines, fusions créées pour le dialogue entre lEurope et le Maroc. Le guitariste belge Philip Catherine ouvrira le bal, suivi de la voix mystique du soufi Dhafer Youssef et des mélodies de Wolfgang Muthspiel. Les Hollandais State Of Monc joueront leur Nu-Jazz après la prestation des Pink Freud, qui présenteront leur Trance-jazz-dance. Florian Nicolesu et son violon seront aussi de la partie, sans parler de Lansiné Kouyaté, David Neerman, Hassan Boussou, Ahmed Cherkani, Giorgos Kontrafouris et bien dautres. Du métissage, encore et toujours, avec le trio Majid Bekkas, habitué de Chellah, aux côtés du pianiste virtuose Joachim Kühn et du batteur dexception Ramon Lopez. De quoi voyager le temps dun festival.
jazzauchellah.com
Du 12 au 16 Juin à Chellah, Rabat. |
Festival. Lécologie à lhonneur
Lécologie et le développement durable tiennent aussi leur festival. Le premier en Afrique, clame fièrement Pour un Maroc vert, lassociation organisatrice. Et pour lévénement, celle-ci a mis les petits plats dans les grands. Rendez-vous pris pour trois jours au cur du parc national du Toubkal, aux abords de Marrakech, où amoureux de mère nature et défenseurs de lenvironnement échangeront sacs en papier recyclé et solutions pour une maison en matériaux écologiques. Loccasion de découvrir les actions dassociations, dONG et dentreprises, et de sensibiliser le public sur de nombreux thèmes : les énergies renouvelables, la gestion de leau, la désertification ou le tourisme solidaire. Au programme, des conférences, des débats, des ateliers, des projections de documentaires et une foire biologique. Et, festival oblige, à la tombée de la nuit, la musique envahira le bivouac. Voilà un festival qui joint lutile à lagréable.
Du 29 mai au 1er juin.
Pass à 20 dh la journée.
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Arts plastiques. Eternel Cherkaoui
Ahmed Cherkaoui en bref : il a commencé par réaliser affiches, panneaux publicitaires et enseignes, avant de rallier Paris, à lEcole des Métiers dArt pour sintéresser aux arts graphiques. Il a travaillé ensuite sur les tatouages, les jeux de tapisserie, les motifs artisanaux, autant de formes quil appelait les signes de ma mère. Dès 1962, il entame une série dexpositions à Paris comme au Maroc, qui le consacrent vite comme lun des espoirs de la peinture moderne internationale. En 1964, une quête spirituelle se lit sur ses toiles, dont Noé, la Prière, Mont des Oliviers ou Signe du Ciel. En 1967, il entame un travail dillustration du diwan dAl Hallaj et envisage de rentrer sinstaller au Maroc. La même année, il décède prématurément, laissant derrière lui une uvre marquant la naissance de la peinture contemporaine moderne marocaine. À (re)découvrir.
À la galerie Delacroix, à tanger, jusquau 28 juin.
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Prix. Inspiraction
Le temps dun soir, elle a troqué sa tenue de chantier pour un caftan scintillant. Le 6 mai à Washington, Salima Naji a été sacrée lune des dix Inspiring Women de la Mosaic Foundation, animée par les ambassadrices et femmes dambassadeur dAfrique du Nord et du Moyen-Orient. En présence de mesdames Laura Bush et Condoleezza Rice, larchitecte a rappelé quil faut recréer une confiance culturelle au Maroc pour permettre à la population dintégrer la mondialisation avec fierté et créativité, car une jeune génération coupée de son contexte culturel cherche des modèles extérieurs à copier, niant son identité. Cest via la Mosaic Foundation quun programme de télémédecine a été mis en place en 2006, entre le Children Hospital de District of Columbia et ceux de Rabat, Casa et Marrakech. |
Tout neuf. Un Lion à Mers Sultan
Le collectif artistique La Source du Lion na pas lâché le morceau : Hassan Darsi et son team voulaient depuis un bon bout de temps un atelier de création à Casablanca, et ils ont fini par lavoir. Financé par les moyens propres du collectif (soutenu par des mécènes), latelier sis au 113, boulevard Mers Sultan, ouvrira ses portes le 20 juin prochain. Le collectif affiche ses ambitions pour cet espace : plate-forme de rencontres, déchanges et de recherches artistiques et atelier de travail qui accueillera et les artistes en résidence et leurs travaux. Le collectif inaugurera le lieu par une présentation du projet Le Lion se meurt (publication, costumes
) et lancera en même temps un nouveau projet intitulé Le Square vu den bas, qui impliquera dans un premier temps des architectes de Casablanca. |
Exposition. La guerre en textes et photos
Guernica. Le tableau de Picasso est souvent la première image qui surgit à lévocation de la guerre civile espagnole. Pour en savoir plus sur le conflit, direction lInstitut Cervantès à Casablanca. Une exposition retrace actuellement les trois années qui ont ravagé lEspagne de 1936 à 1939, au travers des chroniques publiées par la presse internationale à lépoque. Plusieurs centaines de correspondants, du The New York Times à la Pravda, ont couvert les champs de bataille. En une vingtaine de sujets, on reconstitue les deux fronts, nationalistes contre républicains, et les événements qui ont amenés à la victoire du général Franco. Un voyage dans le temps en compagnie dErnest Hemingway, George Orwell ou Antoine de Saint-Exupéry, correspondants de guerre.
Jusquau 25 mai, à linstitut Cervantès, Casablanca.
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Humeur.
Collision
Samedi après midi. Autoroute Casablanca-Rabat. Extérieur jour : entre chien et loup. Une voiture a pris feu, provoquant un bouchon. Les pompiers arrivent dans lurgence. Dans la précipitation, ils ont oublié les extincteurs. Un petit signe de sous-développement anodin comparé à lattroupement provoqué par lincendie de cette Fiat Palio. Explosera ? Nexplosera pas ? Le suspense est intenable pour le troupeau de paysans attroupés sur le bord de lautoroute. Malgré lasphalte environnant, les grosses cylindrées, cest la campagne. Les loisirs y sont rares, les autochtones soccupent comme ils peuvent. Là, il y a mort dhomme possible, une famille peut partir en flamme en quelques secondes. Un condensé de vie qui vous fait oublier la mort à petit feu qui vous tue en zone périurbaine et reste de champ boueux, entre ciel gris dusine et pâquerettes au raz du bitume. Nulle part, là où il ne se passe jamais rien, enfin, on tient une anecdote morbide à se raconter au coin du feu, dans ces contrées où le malheur des autres aide à tuer le temps. Sans influence sur le scénario du film, simple comparse à linstar de la vache esseulée laissée à létable qui regarde passer les trains. Quest ce qui vous différence dun bovidé, ici ? Un simple détail dans les infrastructures stucturantes qui vous traversent sans vous toucher. Votre vache posée sur le bord dun rail. Et vous, définitivement sur le bord dune autoroute
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Baume au chur
La Chorale polyphonique de Casablanca se produira les 24 et 25 mai au théâtre Mohammed VI, à Casablanca. Près dune centaine de choristes, de dix nationalités, chanteront en chur musiques du monde, musique classique, jazz, gospel, etc. Amateurs dharmonies, cest pour vous ! Et pour ne rien gâcher, lentrée est libre.
Apopkoi ?
Pas paresseux pour un sou, les Lazywall ne tiennent pas le mur
mais peaufinent en studio leur nouvel opus. Apoptosia verra le jour courant juin et rassemblera les titres du premier EP des rockeurs de Tanger, mais surtout, de nouvelles compos aux touches marocaines
Rock is not dead, loin de là !
La mort lui va si bien
Après Le Défunt, qui explore les arrière-pensées des invités à des funérailles, Rachid El Ouali dédie son deuxième court-métrage à un homme suicidaire. Pas de quoi plomber le Festival international du court dAbidjan : La Mouche et moi sest envolé avec le Grand Prix dor et celui du meilleur acteur, décerné à Abdou Masnaoui. |
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