Guantanamo. Y a-t-il une vie après l'enfer ?
Abdelouahed Radi : "Je suis un ministre de souveraineté"
Internet. La tribu des hackers
Reportage. Allah, Al Kora, Al Malik
Foot. L'écurie de Sa Majesté
Société. Les voix sans visage
Othman Mellouk : "Les Marocains n'aiment pas le preservatifé
Liban. Le retour du chaos
France. Zizanie au Conseil musulman
Bourse. La cagnotte des dividendes
Musique. Les MMA en coulisses
Sortie. Pasolini n'est pas mort
Festival. Droits sur image
N° 324
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

L’opérateur portuaire s’apprête
à ouvrir son capital.
(AIC PRESS)

Privatisations. La Bourse a la cote


Décidément, la place casablancaise est dans les petits papiers de son autorité de tutelle. Le ministère des Finances semble en tout cas favoriser le marché boursier pour les opérations du transfert au privé. Ainsi, cette semaine, le département de Salaheddine Mezouar aurait repris sa réflexion sur les modalités de privatisation de Marsa Maroc. Et c’est la piste d’une OPV via la Bourse de Casablanca qui semble être privilégiée pour vendre 20 à 30% du capital de Marsa Maroc. La société née de la séparation des activités du défunt Office d’exploitation des
ports (ODEP) vient d’ailleurs de rendre publics ses chiffres pour l’exercice 2007. Des comptes qui reflètent la forme olympique de l’opérateur portuaire : un chiffre d’affaires à 2,35 milliards de dirhams, un bénéfice de 344 millions et des capitaux propres de 1,1 milliard de dirhams. Par ailleurs, si l’affaire Marsa Maroc n’est, pour l’heure, pas totalement acquise pour le marché boursier, la privatisation de la centrale de Tahaddart devrait en revanche passer par la place casablancaise. L’Office national d’électricité (ONE) vient de désigner la banque d’affaires Attijari Corp comme conseiller pour la cession sur le marché d’une partie de sa participation dans la société Energie électrique de Tahaddart (EET). La société détient une concession de 20 ans pour l’exploitation de la centrale électrique située à 10 kilomètres au nord d’Asilah. Et ce transfert d’une partie de son capital vers le privé est budgétisé dans la Loi de Finances 2008.


BMCE. Encore un emprunt

La banque de Othman Benjelloun ne manque pas de créativité pour assurer son financement. Elle vient de signer un emprunt subordonné de 70 millions d’euros auprès de la SFI, filiale de la Banque Mondiale. Le mécanisme de cette ligne de crédit constitue une première, tant au niveau national que régional. D’une part, l’opération prévoit une option de conversion en actions dans le capital de BMCE Bank pour la SFI. D’autre part, le prêt, totalement décaissé à ce jour, demeure libellé en devises, car la banque de Benjelloun devrait l’utiliser pour financer l’expansion de son activité en Afrique. La SFI n’en est pas à sa première opération novatrice avec la BMCE. En 1996, déjà, elle avait conseillé la banque marocaine pour un placement de 50 millions de dollars de GDR (Global depositary receipts) auprès des meilleures signatures bancaires mondiales de l’époque (Nomura, Commerzbank…).


Résultats. Maroc Telecom confirme

Encore des chiffres mirobolants pour la première entreprise du royaume. Au terme du premier trimestre de l’année, Maroc Telecom affiche un chiffre d’affaires de 6,7 milliards de dirhams (en progression de 8%) et un résultat opérationnel de 3,1 milliards de dirhams. L’entreprise prend ainsi de plus en plus de poids au sein du groupe Vivendi, dont elle est la filiale la plus rentable, devant Canal+ et SFR. Selon le quotidien économique français Les Echos, Maroc Telecom représente 22% des profits de Vivendi en 2007 et près de 20% de la valeur du groupe. Abdeslam Ahizoune, président du directoire, ne manque pas de préciser que “c'est la première capitalisation boursière de la place de Casablanca, avec un poids de 15,7 milliards d'euros, c'est-à-dire autant que le groupe Bouygues”.


Méditel. 250 MDH pour le monde rural

à peine installé derrière son bureau, le nouveau directeur général de Méditel, Mohamed Elmandjra, vient de signer son premier gros chèque, d'un montant de 250 millions de dirhams. L’opérateur télécoms s’engage à couvrir en services de téléphonie mobile et Internet quelque 1316 localités d’ici 2011. “Rien que pour 2008, Méditel déploiera son infrastructure pour couvrir plus de 14 500 km2”, indique un communiqué de la compagnie. Un programme d’envergue qui s’inscrit dans le cadre du service universel, mais bien loin du plan de l’opérateur historique. Maroc Telecom avait annoncé la semaine dernière un programme qui devrait toucher 7318 localités pour un budget de 2,8 milliards de dirhams.


Ciment. La confiance règne

Le secteur du ciment est en pleine euphorie. Les prévisions de vente de 14 millions de tonnes à l’horizon 2009 sont sur le point d’être réalisées dès cette année. Le marché avait déjà cumulé 13 millions de tonnes en 2007 et se flatte, en ce début d’année, d’une progression de 20%. Les raisons de ce boom ? L’explosion de l’immobilier avec 80% des commandes. Et les gros bonnets du bâtiment ont foi en cette frénésie. Ils entendent d’injecter quelque 8 milliards de dirhams dans la production : Addoha et Ynna Holding passent commande de trois usines, alors que l’ancien banquier, Saâd Kettani, accompagnera l’arrivée du cimentier espagnol Lubasa au Maroc. Il n'y a pas à dire : le secteur se bétonne.


CDVM. La muraille de Chine ?

Dounia Tâarji, patronne du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), souhaite introduire les règles de bonne pratique chez les analystes financiers. Le CDVM vient de publier un projet de circulaire qui vise à réguler les conflits d’intérêt et la qualité des études produites par la communauté des analystes. Le gendarme de la Bourse pointe du doigt l’objectivité des études financières, censées orienter le choix des investisseurs. Celles-ci doivent donc se baser sur des données fiables et publiques, ce qui aurait tendance à réduire le délit d’initié. Techniquement, les analystes doivent indiquer dans leurs recommandations toutes les informations utilisées pour l’étude ainsi que leur traçabilité.



Pendant ce temps, le peuple…
ça roule !

Hicham, natif du quartier casaoui d'El Hank, gagne sa vie comme porteur free-lance à la Foire de Casablanca. Il est là pour épauler les locataires de stands à charger et décharger leur bazar. Alors, évidemment, Hicham connaît les expos qui se tiennent dans cet espace mieux que sa poche. Exemple : il sait que la Foire commerciale du ramadan est un calvaire. Ces Pakistanais qui débarquent avec leurs tables basses de deux tonnes et leurs pourboires pitoyables, Hicham les déteste plus que tout au monde. Le légendaire Salon du livre, avec ses pavés et ses barbus, lui donnent une overdose littéraire. Il n’y pas lieu d’en vouloir à notre héros. Il fait partie des 40% de Marocains toujours analphabètes. Le seul livre que Hicham s’est offert est “Le code de la route en 36 questions - réponses”, qu’il a appris phonétiquement. Mais bien qu’il soit incapable de déchiffrer une lettre de l’alphabet, Hicham est incollable sur les abréviations de l’industrie automobile comme GTI ou ABS. Ce qui nous ramène (enfin) à l’événement préféré de notre héros : le Salon de l’automobile. C’est l’occasion de croiser une faune nouvelle de visiteurs. Exit la ménagère de 50 ans qui cherche à se payer un mixeur bon marché, ou encore l’intellectuel coincé à la recherche de la dernière prose de S. Gouguenheim. Au Salon de l’auto, il y a surtout ces passionnés de voitures qui viennent immortaliser leur premier (et dernier) contact avec la SL AMG. Et aussi ces écervelés draguant de mignonnes hôtesses en leur promettant une balade dans l’imitation grossièrement chinoise de la BMW (BYD, de son nom). Bref, le seul événement où Hicham peut vraiment rouler des mécaniques.



OFF.

C’est désormais officiel. Attijariwafa vient de se payer les 80% de la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO) au Sénégal. La cérémonie officielle a eu lieu en début de semaine à Dakar. Et d’ores et déjà, la banque marocaine a fixé le destin de sa nouvelle acquisition : elle devrait fusionner avec sa filiale Attijari Bank Sénégal.


La CDG s’est équipée depuis 3 mois d'un écran géant qui orne la façade de son siège. La caisse entend bien amortir cet investissement et diffuser dans les mois qui viennent de la publicité sur fond de cours de Bourse. L’écran, qui aurait couté près de 10 millions de dirhams, a été “offert” à la caisse par sa filiale CDG Développement.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés