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La semaine

Des secouristes tentant de sortir
les survivants des décombres.
(AFP)

Chine. Pékin joue la transparence


Le séisme, d’une magnitude de 7,8 sur l’échelle de Richter, qui a frappé lundi 12 mai la région du Sichuan, dans le sud-ouest du pays, préfigure-t-il un nouveau changement d’ère en Chine ? Pour l’heure, les autorités comptent les victimes (près de 15 000 morts, 40 000 disparus et des dizaines de milliers de sans-abri selon le dernier bilan officiel) et jouent la transparence. Pour la première fois, les radios, télévisions et sites web chinois ont immédiatement commenté le sinistre, alors que Pékin avait pris l’habitude d’annoncer ce type de catastrophe
plusieurs jours après. L’exécutif chinois a cette fois réagi très rapidement : le président Hu Jintao a immédiatement appelé à “un effort national” pour venir en aide aux victimes, et le premier ministre Wen Jiabao a pris la tête des équipes de secours dans un effort de communication largement relayé par les médias. La télévision chinoise l’a montré criant dans un mégaphone pour rassurer les survivants ensevelis sous les décombres d’un bâtiment. Trois mois avant les JO, la Chine sait que le monde l’observe et qu’un nouveau faux-pas, après les émeutes au Tibet, ne lui sera pas pardonné.

Mais Pékin n’a pas accepté pour autant les équipes humanitaires étrangères : les aides financières et en nature proposées par les Etats-Unis, l’Union Européenne, le Japon et l’ONU sont les bienvenues, mais pas les ONG. Les Chinois se débrouillent avec les moyens du bord, autrement plus importants que ceux de la Birmanie voisine, pour secourir les victimes. La région de l’épicentre étant quasiment coupée du monde, des médicaments et des vivres sont parachutés depuis mercredi 14 mai par hélicoptère. Plus de 100 000 soldats ont été dépêchés dans le Sichuan, tandis que la population se mobilise pour les sinistrés : dans les grandes villes, certains donnent leur sang, d’autres de l’argent, d’autres encore partent directement sur les lieux du séisme comme volontaires.


Pakistan. Gouvernement fragilisé

Pervez Musharraf peut se frotter les mains. La coalition d’opposition formée il y a seulement six semaines vient d’être fragilisée par le départ des neuf ministres, membres du parti de Nawaz Sharif. L’ancien Premier ministre a claqué la porte du gouvernement après que les discussions sur la réintégration des 60 juges, limogés en novembre dernier par le président Musharraf, ont échoué. Nawaz Sharif avait posé leur réintégration comme une condition de sa participation au gouvernement. Mais Asif Ali Zardari, le veuf de Benazir Bhutto et nouveau chef du Parti du peuple pakistanais, ne tient pas à provoquer Musharraf. Or, si les juges de la Cour suprême sont rétablis dans leurs fonctions, ils pourraient invalider la réélection du général-président en octobre 2007. Nawaz Sharif a toutefois promis de continuer à soutenir la coalition au Parlement.


Serbie. Oui à l’Europe !

Contre toute attente, le Parti démocrate du président Boris Tadic a largement remporté les élections législatives tenues dimanche 11 mai en Serbie, avec 39% des voix. Les ultranationalistes du Parti radical serbe (SRS) de Tomislav Nikolic n’en ont obtenu que 28%. Le pro-européen Tadic, élu président en janvier dernier, sera toutefois obligé de s’allier à d’autres partis, tels la formation du Premier ministre Vojislav Kostunica (11,3% des voix), ou le Parti socialiste de Serbie, pour constituer une majorité gouvernementale. Pour autant, la victoire du Parti démocrate devrait permettre l’accélération du processus d’adhésion de la Serbie à l’Union Européenne. Et si le changement de gouvernement ne devrait pas conduire à une reconnaissance par la Serbie de l’indépendance du Kosovo, les relations avec l’Etat fraîchement créé pourraient en être facilitées.


Soudan. Une si brève arrestation

Ancien bras droit du président Omar El Béchir, le chef de l'opposition islamiste soudanaise Hassan Al Tourabi est aujourd’hui son principal ennemi. Accusé à plusieurs reprises de soutenir les rebelles du Darfour, ce dernier a été arrêté lundi à l’aube, avant d’être relâché dans la soirée. Cette brève interpellation fait suite à l’attaque, deux jours plus tôt, d’Om Durman, la ville jumelle de Khartoum, par le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus puissant des groupes rebelles du Darfour, qui a tenté pour la première fois de renverser le président El Béchir. Les combats entre les forces de sécurité soudanaises et les rebelles du JEM ont continué samedi, faisant plus d’une centaine de morts. En représailles, Khartoum a rompu ses relations diplomatiques avec le Tchad, accusé d’être impliqué dans l'attaque.


Birmanie. Menace d’une nouvelle catastrophe

Alors que les secours peinent toujours à atteindre les zones dévastées par le cyclone Nargis, un deuxième typhon serait en formation au large des côtes birmanes. La tempête qui s’est abattue les 2 et 3 mai sur le sud du pays a causé la mort de près de 40 000 personnes, tandis que 30 000 autres sont toujours portées disparues. L’Union Européenne évoque des risques de famine, les réserves de blé du pays ayant été détruites par le cyclone. Mais la junte continue de délivrer les visas au compte-gouttes pour les humanitaires. Selon l’ambassadeur britannique auprès de l’ONU, la junte s’approprierait une partie de l’aide internationale.


Moyen-Orient. L’optimisme béat de Bush

Une roquette palestinienne s’est abattue mercredi 14 mai sur un centre commercial de la ville israélienne d’Ashkelon, faisant une trentaine de blessés. Quelques heures plus tôt, le président américain George Bush, venu participer aux célébrations des 60 ans d’Israël, avait réaffirmé son espoir dans la conclusion d’un accord de paix entre Palestiniens et Israéliens avant la fin de son mandat. Ehud Olmert avait renchéri en déclarant qu'il œuvrait en faveur de la paix, notamment pour parvenir à une trêve avec le Hamas. Peu de temps après l’annonce du tir de roquette, le mouvement islamiste a salué cette action et mis en garde Tsahal contre toute riposte “insensée”. Ashkelon, située à dix kilomètres au nord de la bande de Gaza, est rarement touchée par les tirs quasi quotidiens des roquettes palestiniennes.



Lu pour vous [FRANCE]
La justice en sari rose

Julien Bouissou, Le Monde, 9 mai 2008.

Entourée de paysannes enveloppées dans des saris roses, Chunna Devi, un bandage autour du front, sort de son sac en plastique des foulards maculés de sang. “Regardez ce qu'ils m'ont fait. A cinq, ils m'ont jeté des briques et ont donné des coups de bâton à moi et à ma fille”, lance-t-elle à la foule. Quatre jours plus tôt, cette habitante d'un petit village du sud de l'Uttar Pradesh, une région pauvre du nord de l'Inde, avait tenté de repousser des assaillants. Transportée sur un lit au commissariat le plus proche, elle a déposé plainte, sans que les policiers y donnent suite. (…) Le “gang rose” constitue sa dernière chance. En la fixant de ses yeux verts, Sampat Pal Devi, la chef de ce gang, promet de lui rendre justice. Elle ira bientôt au commissariat avec des dizaines de “sœurs”, toutes vêtues de rose et munies de bâtons.
Au sud de l'Uttar Pradesh, (…) nombre de femmes pratiquent des avortements clandestins lorsqu'elles apprennent que leur enfant est une fille, pour éviter de payer une dot au moment de son mariage. (…) Et quand elles voient le jour, rares sont celles à pouvoir se rendre à l'école. Près des trois-quarts des femmes sont analphabètes. Sampat Pal Devi connaît bien ces injustices pour les avoir subies elle-même (…). À l'âge de 9 ans, elle quitte les bancs de l'école après avoir été mariée de force à l'époux de sa soeur qui venait de décéder, puis accouche, quatre ans plus tard, de son premier et unique enfant. “J'ai appris à lire et à écrire, seule, la nuit (…)”.



Vite !

Un bateau-citerne rempli d'eau potable est arrivé mardi à Barcelone, où une sécheresse historique menace les 5,5 millions de Catalans de restrictions drastiques. Deux autres bateaux doivent partir bientôt de Marseille pour ravitailler la cité espagnole.

 
 
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