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N° 325
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Visa ou humiliation ?

L’objet de ma correspondance est d'apporter mon témoignage sur les obstacles mis par les services consulaires français à la délivrance du visa d'entrée en France.
Je suis âgée de 67 ans. J'ai fait mes études secondaires dans des établissements de la “Mission française”, je suis titulaire de deux diplômes d'ingénieur délivrés par des écoles françaises, mon premier enfant est né en France (et aurait pu obtenir la nationalité française si je l'avais demandée). Je suis plutôt matériellement aisé, je possède des cartes de paiement internationales (en ma qualité d'ancien consultant international) et je n'ai aucun antécédent judiciaire. J'ajouterai que je suis aussi titulaire d'un visa américain valable 10 ans, renouvelé à chaque échéance et sans aucune difficulté, par un pays avec lequel j'ai bien moins de liens culturels et professionnels que la France.
Depuis que le visa d'entrée en France a été institué, je me suis vu délivrer un visa de 3 ans. Mais à chaque fois, j'ai dû me battre et dénoncer les comportements humiliants du personnel des consulats de France auxquels je me suis adressé. En 2007, la durée de mon visa a été ramenée à 3 mois, et en 2008, ma demande de renouvellement a été purement et simplement rejetée par le consulat de France de Marrakech.
J'ai aussitôt saisi par écrit le consul pour un rendez-vous. J'ai reçu trois semaines plus tard une lettre par laquelle j'étais invité à produire, entre autres justificatifs, un document attestant que j'avais acquitté mes impôts sur le revenu. La même lettre m'informait que la liste des documents exigibles n'était pas limitative et que le consulat restait souverain quant à la décision de m'accorder ou pas le visa demandé. Ce à quoi j'ai répondu que je n'avais à rendre compte du paiement de mes impôts qu'aux autorités de mon pays, et que souveraineté ne doit pas être confondue avec arbitraire. Je sais qu'il existe des voies alternatives pour obtenir ce que la voie officielle m'interdit. Mais je refuse de les emprunter par principe.
Je souhaite que ce témoignage sera publié, afin d'informer le public de la manière dont un citoyen (même relativement privilégié) est traité dans un consulat français (je suis convaincu que mon cas n'est pas isolé). Cela pourrait aussi inciter les autorités françaises à nous expliciter le sens du visa. Est-ce un moyen légitime pour écarter les demandeurs indésirables (selon des critères objectifs), ou un prétexte pour perpétuer des rapports historiquement dépassés. Est-il une faveur accordée à quelques privilégiés, ou un droit auquel est éligible toute personne pouvant justifier de moyens matériels pour séjourner dans le pays et ne représentant aucune menace pour sa sécurité ? Quels garde-fous a-t-on mis en place pour éviter les dérives et dissuader certains fonctionnaires sans envergure d'exprimer leur mépris sous couvert de souveraineté ?
J'espère aussi, par le biais de votre journal, interpeller notre ministre des Affaires étrangères pour savoir quel appui nous pouvons attendre de lui quand un pays nous ferme ses portes sans raison, alors que nous tenons les nôtres grandes ouvertes à ses ressortissants. Et j'aimerais aussi savoir si notre ministre des Finances a délégué une partie de ses prérogatives en matière fiscale aux consulats de France.

Mohammed Chraïbi,
Marrakech.



10 ans de Viagra

Votre dossier au sujet du Viagra a été remarquable. Riche en informations et en témoignages touchants, il explique bien une certaine évolution des mœurs au Maroc. Vous le dites bien dans le dossier : le laboratoire américain Pfizer a choisi le Maroc pour lancer le Viagra, car il a été jugé comme le pays musulman le plus ouvert. Devrait-on s’en réjouir ? Sans aucun doute, oui ! Car cela démontre que nous avons, quoi qu'on en dise, un certain espace de liberté. Probablement non, car c’est aussi une grande source de problèmes. Mais en tout cas le dossier dans l’ensemble est plutôt intéressant. Je vous invite aussi à consacrer un jour l'une de vos couvertures au fléau du sida, qui est un peu le revers de la médaille d'une certaine liberté sexuelle.

Ahmed Charmi,
Marrakech.



Bravo, Asmae !

Fidèle lectrice de TelQuel, c’est avec grand plaisir que je lis régulièrement la rubrique “L'interrogatoire”. Et celle de la semaine dernière m’a fait particulièrement plaisir. J’ai pu découvrir une autre facette de la vie de Asmae Chaabi, une femme pour laquelle j’ai une grande admiration. Le parcours de cette femme est exceptionnel. Elle a su imposer son nom dans le milieu politique. Et même si elle est soutenue par son père, cela n’enlève rien à son mérite. J’ai également bien apprécié que Mme Chaabi se prête au jeu des questions personnelles, comme sa relation avec son mari ou sa coupe de cheveux. Et cela se voit que Mme Chaabi a du répondant.

Wafae Mourchid,
Rabat.



Ministre de quoi ?

On savait bien que l’USFP va mal, mais là, on peut dire que le parti va très mal. L’interview de Abdelouahed Radi, que vous avez publiée la semaine dernière, est assez révélatrice de cette triste vérité (“Je suis un ministre de souveraineté”, TelQuel n° 324). Comment un leader d’un parti politique emblématique peut-il se considérer comme un “ministre de souveraineté” ? Plus makhzénien que ça, tu meurs ! Surtout quand le ministre en question s’occupe du département de la Justice. Comment alors espérer une justice indépendante ou une quelconque séparation des pouvoirs ! Ce qui est encore plus étonnant, c’est que M. Radi laisse entendre dans votre entretien qu’il brigue le poste de premier secrétaire du parti. Les dinosaures de l’USFP ne sont visiblement (et malheureusement) pas une espèce menacée de disparition. En attendant, le parti est en perdition.

Salim Haddou,
Casablanca.

 
 
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