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Par Majdoulein El Atouabi
Société. Les Moroccan doctors
Le Croissant rouge marocain vient de célébrer, en toute discrétion, son cinquantième anniversaire. Retour sur la saga de l'une des premières ONG du Maroc indépendant.
Peu d'associations marocaines peuvent se targuer d'avoir un demi-siècle au compteur. Le Croissant rouge marocain (CRM), alias Al Hilal Al Ahmar Al Maghribi, qui vient de fêter son 50ème anniversaire, en fait partie. Mais en guise de célébration, l'ONG s'est contentée d'une petite cérémonie, organisée le 14 mai, en marge de l'inauguration de |
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son école d'infirmières à Tétouan. Cet anniversaire devait être fêté en décembre 2007. Mais personne n'y avait pensé sur le coup. Il a fallu attendre mai 2008 pour rattraper l'omission, confie un membre du CRM. Créé par Dahir le 24 décembre 1957, le CRM n'a jamais été un as de la communication. Organisme discret, il préfère, comme l'explique son directeur et secrétaire général par intérim, Abdeslam Makroumy, s'exprimer par les actes, plutôt que sur les médias. Résultat : l'ONG, très présente sur le terrain, reste plutôt méconnue pour la majorité des Marocains.
Illustration en a été faite le samedi 27 avril, lors du fameux incendie de l'usine Rosamor à Casablanca. Ce jour-là, les 80 secouristes du CRM, accourus sur les lieux, ont été pris à parti par la population. Beaucoup nous confondaient avec les éléments de la Protection civile. Or, nous sommes de simples bénévoles travaillant pour une association autonome, témoigne un secouristes. En tant qu'auxiliaire des pouvoirs publics, le CRM épaule les organes étatiques tout en gardant son indépendance, confirme doctement Abdeslam Makroumy. Association reconnue d'utilité publique depuis 1958 par le CICR (Comité international de la Croix rouge), le CRM est en effet une structure gérée principalement par des bénévoles, sous la présidence de la princesse Lalla Malika. L'indépendance du CRM est un atout majeur. Elle le met à l'abri des lenteurs administratives qui handicapent souvent le travail d'institutions publiques, explique ce fonctionnaire du ministère de la Santé. Et d'ajouter : La présidence de Lalla Malika est également un plus. Quand ça coince, cette dame pèse de tout son poids pour ouvrir les portes et débloquer les dossiers .
Une présidente impliquée
Présidente inamovible du CRM depuis sa création, la tante de Mohammed VI est en effet très impliquée dans la gestion de lONG. Dans le passé, elle débarquait souvent à l'improviste au siège du CRM, dans l'ancien Palais Mokri au quartier Youssoufia à Rabat. Mais aujourdhui, c'est son fils, Moulay Omar, qui semble reprendre le flambeau, confie un membre du CRM. Loin d'être symbolique, le rôle de Lalla Malika va de la gestion administrative à la collecte de fonds
en passant par la participation directe aux opérations. Ce fut le cas en février 1960, au lendemain du séisme d'Agadir, qui fut le premier test grandeur nature pour le CRM. Ses secouristes, chapeautés par Lalla Malika, étaient les premiers (après l'armée) à arriver sur les lieux. Le fait constitua le véritable acte fondateur du Croissant rouge.
La petite association, qui a comblé le vide laissée par la Croix rouge française et espagnole au lendemain de l'indépendance, devient dès le milieu des années 60 l'un des acteurs majeurs de la politique sanitaire du pays. En plus des catastrophes naturelles et de l'assistance médicale, elle intervient dans des domaines aussi divers que l'alphabétisation, le soutien matériel des populations pauvres et la collecte de sang. Et elle dispose d'une arme imparable : une large couverture territoriale, via six cliniques et un réseau de 400 centres de soins, principalement installés dans les régions défavorisées. Le CRM peut aussi compter sur un important parc d'ambulances et des effectifs composés essentiellement de bénévoles (au nombre de 33 000 en 2007 !). Malgré tout, les besoins restent énormes. Lassociation, censée intervenir dans des régions reculées, ne dispose toujours pas d'un hélicoptère ! Mais nous avons une importante force de mobilisation, qui nous permet de disposer des moyens humains et matériels des 186 sociétés internationales rangées sous la bannière du CICR, tempère Abdeslam Makroumy, son directeur général. |
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