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Années de plomb. Les oubliés de l'IER
Société. Les Moroccan doctors
Elections. Le rapport qui dit (presque) tout
Consommation. Le client est loi
Moyen-Orient. Indépendance contre Nakba
Afrique du sud. La chasse à l'étranger
Électricité. Bientôt la pénurie ?
Festival. Ziggy, Goran et les autres
Mode. Glamour attitude
N° 325
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Maria A. Daïf

La semaine.

Ismaël Lô, l’une des têtes
d’affiche du Festival de Fès.
(DR)

Événement. Fès au septième ciel


Le Festival de Fès des musiques sacrées du monde trace sa voie depuis maintenant 14 ans. Et il a toutes ses dents, n’en déplaise à ses détracteurs. Souvent décrié pour son enfermement derrière les remparts de Bab El Makina et du Musée Batha, et pour une forme d’élitisme (essentiellement due aux prix des billets d’accès aux concerts) clairement revendiquée par la Fondation initiatrice, le rendez-vous n’a pas beaucoup changé depuis ses tout premiers pas.
Question de créneau et de parti pris. Ce qui est une manière de prévenir tout le monde : mesdames, messieurs, l’édition 2008 n’a rien de révolutionnaire, elle fera plaisir aux aficionados et énervera les autres. Comme d’hab. Relevons par ailleurs que les organisateurs ont mis de l’eau (enfin, un chouia) dans leur vin pour développer le festival off et gratuit, ouvert et éclaté dans plusieurs lieux de la ville. Voilà pour les formalités. Pour la programmation 2008, elle est sans surprise, c'est-à-dire bonne, cohérente. Un bon cru du “sacré” que l’on pourra goûter, entre autres, avec l’ensemble Al Kindi du Sheikh Hamza Shakour, les Munshid de la Grande Mosquée des Omeyyades et le chœur byzantin Tropos d’Athènes (le 8 juin), la Compagnie Belen, chants et danse flamenco (le 9 juin), la Libanaise Majda Al Roumi accompagnée de son orchestre (le 13 juin), le Sénégalais Ismaël Lô (le 14 juin).


www.fesfestival.com
Du 6 au 14 juin, à Fès.


Sortie. Le retour d’Indy

Quelle mouche a piqué Harrison Ford ? Il paraît que ce soit l'acteur qui ait appelé Steven Spielberg (le réalisateur) pour lui demander de remettre le couvert, dans un quatrième épisode des aventures d'Indiana Jones. Nul ne peut le nier : les deux premiers opus de la saga de l'archéologue ont marqué une génération de mordus de cinéma d’aventure. Nul ne peut nier non plus que, depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Du coup, près de vingt ans après sa dernière apparition, l’homme aux mythiques fouet et chapeau a quelque chose de désuet. Et c'est probablement l'indulgence de la nostalgie qui sauve son retour du naufrage. On se surprend alors à apprécier les tribulations du professeur Jones qui, en pleine guerre froide, part à la recherche d'un crâne de cristal aux pouvoirs surnaturels, coursé par de méchants agents soviétiques et secondé par un petit jeunot (Shia LaBoeuf). Les aficionados (âgés) trouveront que ce numéro 4 est juste un opus de plus. Les autres, tous les autres, le verraient plutôt comme le numéro de trop.

Indiana Jones et le royaume du Crâne de Cristal, au Mégarama.



Cinoche. Laâyoune dans les yeux

ça bouge à Laâyoune ! L’Association d’animation culturelle et artistique de la ville organise sa première rencontre internationale cinématographique. Du 4 au 8 juin prochains, longs-métrages marocains, syriens, suisses, tunisiens, palestiniens, iraniens, espagnols, français et même mexicains seront projetés. Le tout est accompagné d’un atelier, présentant les métiers du cinéma, et de diffusions de films d’animation pour enfants. Une caravane cinéma se déplacera à travers la région pour projeter une kyrielle de films marocains. Des hommages sont également au programme et Laâyoune aura une pensée pour la réalisatrice Narjiss Nejjar, les acteurs égyptiens Cherif Mounir et Leila Ouloui.


Polémique. Les droits à l’image

Mélanie Bétancourt, Rigoberta Menchu, Louise Arbour… autant de noms qui ont brillé par leur absence au premier Festival du film sur les droits humains de Rabat qui, après deux reports et sans un centime étatique, a eu lieu du 15 au 20 mai (lire TelQuel n° 324). La faute à des promesses de soutien non tenues, assure son directeur, Omar Louzi, comme celles des Affaires étrangères ou de l’ambassade de France. Autre regret : le manque de salles et d’horaires pour projeter les soixante films sélectionnés, dont un tiers n’a pas été vu. “On envisage d’organiser bientôt des caravanes dans les lycées et les universités”, confie Omar Louzi, qui compte relancer son évènement l’an prochain, quitte à y remettre de sa poche. Parmi les documentaires qui ont particulièrement marqué le public, Coca, la colombe de Tchétchénie, La Sécheresse du cœur, dans le désert du sud marocain, L’Accord, sur l’initiative de Genève au Proche-Orient et De guerre lasse, de Laurent Bécue-Renard, récompensé par le Grand Prix Benzekri 2008.


Cinéma. Le soldat Mourad Zaoui

L’acteur Mourad Zaoui (Wake up Morocco, El Guerrab et Kandisha) entamera, le 22 juin, le tournage du second long-métrage du Belgo-marocain Mourad Boucif (Au-delà de Gibraltar). Les Larmes d’argent revient sur le vécu des tirailleurs africains, employés comme chair à canon dans l’armée française. Zaoui y campe Soulaïman, un jeune marocain arraché à son village et enrôlé de force, pour prendre part à la mythique Bataille de Gembloux, durant laquelle des soldats marocains, armés de simples baïonnettes, vinrent à bout des chars allemands. Un film sur la guerre plutôt qu’un film de guerre, intimiste et engagé, dont le casting aligne Mohamed Majd, Rafik Boubker, Naïma Lemcharki et, peut-être, Omar Sharif, qui rejoindrait l'équipe du tournage au Maroc l'automne prochain. Zaoui enchaînera ensuite deux films de Mohamed Fekrane, coupable d’épisodes de 24H Chrono et Dexter, pour un Fast and Furious sauce marocaine et une “biopic” de Abdelkrim Khattabi, L’Emir.


Photographie. Plongée en Arabie

L’Arabie Saoudite est l’un des pays les plus conservateurs au monde. Mais sa jeunesse n’en est pas moins pleine de créativité. À la galerie Venise Cadre, une quinzaine de jeunes femmes exposent leurs photographies. Un regard sans tabous sur l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui, retranscrit par objectifs interposés. Des paysages au quotidien de la société, une centaine de clichés de styles différents, en couleur ou en noir et blanc. “Le ministère de la Culture d’Arabie Saoudite est très ouvert aux nouvelles tendances dans l’art”, affirme Mohamed Sghir JanJan, directeur de la Fondation du roi Abdul-Aziz, organisatrice de l’événement. L’exposition est donc réalisée dans le cadre d’un partenariat, et une semaine culturelle marocaine devrait être organisée l’année prochaine à Ryad, espère la Fondation.

Du 31 mai au 4 juin, à la Galerie Venise Cadre, Casablanca.



Festival. ça jazze à Tanger

Jazzophiles avertis mais peu avides de rassemblement de foule ? Rendez-vous à Tanger, du 28 mai au 1er juin, pour un festival conciliant programmation de qualité et atmosphère intimiste. Swing, be-bop, blues, funk et battucada (musique percussive du Brésil) envahiront la cité nordique et l’ambiance du Palais des institutions italiennes partagera son glamour avec cette édition du Tanjazz. À noter, vendredi 29 mai, l’hommage à James Brown par Boney Fields & The Bone’s Project, dont la trompette et la voix soul vous transporteront en quelques notes à Chicago. Puis direction Cuba, avec le latino-jazz, à l’honneur le samedi suivant. La soirée se prolongera avec “Jazz me do”, huit solistes interprétant les tubes des Beatles à la sauce jazz. Les plus férus poursuivront, dans une ambiance plus club, jusqu’au petit matin.


Radio. En direct du bistrot

Un bravo mérité à l’équipe d’Atlantic radio en charge du très sympathique direct consacré au Festival Mawazine. Le concept : les deux journalistes Amine Boushaba et Franck Mathiau, posés avec leur matériel au Grand Comptoir (brasserie chic rbatie), reçoivent tous les jours entre 18h50 et 20h ceux qui font l’actualité de l’événement et plus encore, puisque les deux compères attrapent au vol artistes et anonymes passant par les lieux. Sont ainsi passés au micro des deux acolytes, dans le désordre, l’agitatrice algérienne Biyouna, son compatriote raïman Bilal, l’étoile angolaise Bonga, l’Orchestre National de Barbès… Interviews spontanées, éclats de rire, déclarations sur le vif, le tout dans une ambiance décontractée. L’émission, à peine préparée, a cette qualité qui manque cruellement sur nos ondes : la légèreté !


Musique. Rap de rue

Les forçats du rap triment toujours : “Mamnou3 f’Radio” est en cours de finalisation. Pour rappel, la compilation au concept subversif réunit plus d’une vingtaine d’artistes marocains qui clament, en beats et en flows, que le rap ne se résume pas à ce qui passe sur les ondes. En scratch aussi, puisque la compil’ est entièrement mixée par DJ Inane, tout jeune DJ Rbati. Parmi les rappeurs annoncés, changements et confirmations : Mobydick fait toujours figure, avec Youssef Amerniss, de porte-parole de la compil. La playlist, par contre, ne mentionne plus Would Chaâb… Côté flouss, le système D n’a pas porté ses fruits comme prévu. L’équipe raptiviste.net cherche toujours, et fixe le lancement de la compil durant L’Boulevard. À bon “financeur”…



Humeur.
Cicatrice

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Le chanteur Bilal et Pascal Obispo sont deux artistes de la même veine. Ils ont le crâne rasé, des lunettes improbables, en plus de fans portés sur l’automutilation. À l’écoute de Bilal et Obispo, ça taillade à tout va, les tympans comme les autres parties du corps. Malgré ces ressemblances, à médiocrité égale et boucherie similaire, deux poids deux mesures. Obispo est considéré comme un artiste sensible, à l’écoute de sa partie féminine, le romantique capable d’écraser une larme après avoir fait l’amour dans des draps en soie. Bilal a pour sa part une image d’homme de Cro-Magnon, celle du mec qui tire son coup à même le pavé avec une fille pas toujours consentante. Les fans de Bilal sont pour beaucoup dans le racisme artistique dont est victime cet artiste. Des groupies qui se tailladent les avant-bras, Obispo en a aussi. Mais elles se coupent les veines, meurent en silence ou finissent aux urgences avec, enfin, un truc intéressant à raconter sur leurs blogs. Muettes à jamais, ou confinées dans une littérature que personne ne lit, et par conséquent ne fait pas de bruit. Les fous de Bilal se charcutent, quant à eux, l’avant bras et le torse, des blessures jamais mortelles. Juste pour arborer des stigmates de la passion, version chemkar. Ils viennent après vous en faire part en hurlant à la lune juste sous votre balcon. ça n’aide pas à apprécier Bilal…



FIFM, ça se prépare
C’est officiel, la prochaine édition, 8ème du nom, du Festival international du film de Marrakech se tiendra du 14 au 21 novembre prochain. Rien à signaler d’autre pour l’instant, si ce n’est que la Fondation organisatrice est en pleine promotion de l’événement et a été présente à la 61ème édition du Festival de Cannes.


Hard Album
Qui dit metal progressif marocain, pense forcément Syncopea. Les fans du groupe pourront prochainement goûter à leur premier album. Les 52 minutes des six morceaux (dont State of Mind et Expectation) sont en cours de mixage, à la recherche du mastering parfait. Les “headbangers” doivent s'impatienter…


Parle avec elles
Globe-trotteuse de son état, Leïla Ghandi vient de faire ses premiers pas sur scène. Lundi 19 mai, elle jouait à Paris dans une représentation exceptionnelle des Monologues du vagin, d’Eve Ensler. Trois jours plus tard, elle animait avec le navigateur Titouan Lamazou une discussion sur les femmes du monde à l’Institut français de Londres.

 
 
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