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N° 325
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La Semaine

Le siège casablancais de l’OCP.
(AIC PRESS)

OCP. Alliance avec la Libye


L’Office dirigé par Mustapha Terrab poursuit toujours son plan d’investissement. Cette semaine, un mémorandum d’entente a été signé à Jorf Lasfar entre l’Office et le groupement Libya Africa Investment Portfolio (LAP). Les deux partenaires devraient investir un milliard de dollars (environ 7,5 milliards de dirhams) pour construire trois usines de fabrication de produits dérivés des phosphates : une unité de production d’acide phosphorique au Maroc (350 millions de
dollars), une usine de production d’ammoniac en Libye (500 millions de dollars) et une unité de production d'engrais (150 millions de dollars), dont le pays d’implantation n’a pas encore été déterminé. Selon les partenaires, l'association repose sur une approche de complémentarité entre le Maroc et la Libye. La production d’engrais repose sur l’ammoniac, qui est traité à base de gaz. La Libye dispose de grandes capacités en gaz, alors que le Maroc possède des quantités abondantes de phosphate et de phosphore. La synergie permettra de réduire le coût de fabrication des engrais, que les opérateurs veulent exporter au meilleur prix vers les pays d’Afrique. Ce projet industriel est le premier d’un vaste programme stratégique lancé par l’OCP. L’Office a l’ambition de faire de Jorf Lasfar le premier site de valorisation, de transformation et de production des engrais dans le monde. Pour cela, il compte aménager sur ce complexe portuaire une plateforme pour accueillir 10 unités intégrées à l’horizon 2015. Les aménagements d’accueil devraient coûter 10 milliards de dirhams et drainer des investissements directs étrangers de l'ordre de 50 milliards de dirhams, créant au passage quelque 6000 emplois directs.


Biladi. La CDG entre en jeu

La Compagnie générale immobilière (CGI), filiale de la CDG, remporte un nouvel appel d’offres et accouche d’une entité dédiée : la Savio (Société d’aménagement et de valorisation d’Imi Ouaddar, dans la région d’Agadir). Signée le 21 mai à la primature, la convention entre dans le plan Biladi (sites destinés aux touristes nationaux). Elle prévoit la création de 6000 lits, 284 appartements hôteliers et plus de 1000 places de camping sur un terrain de 33 hectares, proposé par le Conseil régional d’investissement du Souss. Le projet prendra forme dans trois ans et coûtera 400 millions de dirhams. Par ailleurs, le protocole d’accord prévoit un packaging complet. Une station d’épuration des eaux usées devrait ainsi voir le jour. Elle sera prise en charge par la CGI si le gouvernement, qui a prévu sa construction, s’en désengage.


Investissements. 8 milliards en commission

Une nouvelle réunion de la commission des investissements vient d’être tenue cette semaine sous la présidence du Premier ministre. Et encore un gros paquet de conventions avec l’Etat validé. À la clé 8 milliards d’investissement à injecter et quelque 3500 emplois à créer. Les secteurs sont toujours les mêmes : le tourisme vole la vedette avec des investissements de près de 3 milliards. Il est talonné par la chimie et parachimie avec 2 milliards de dirhams. Viennent ensuite les secteurs du ciment et de la métallurgie avec respectivement 1,1 milliard et 528 millions de dirhams. Au total, la commission interministérielle a examiné 24 projets durant cette 2ème session de l’année. Et elle ne sera certainement pas la dernière : 6 autres grands projets attendent déjà l’arbitrage de la primature.


BCP. L’effet Benchaâboun

Jamais la Banque centrale populaire n’aura fait autant parler d’elle que depuis l’arrivée de Mohamed Benchaâboun à sa tête. Cette semaine encore, la banque a vu son cours flamber sur fond de rumeurs concernant de nouvelles acquisitions. Le marché se faisait l’écho de l’achat par la BCP de la société de Bourse indépendante Upline Securities. Le lendemain, on parlait surtout de la reprise d’une des deux compagnies de Moulay Hafid Elalamy, CNIA ou Essaâda. Deux opérations qui ont été formellement démenties par les responsables des sociétés cibles. Ce qui n’est pas une rumeur, en revanche, c’est la nouvelle réorganisation de la BCP. Un nouvel organigramme est en cours de finalisation pour réaménager ses activités par métier : grandes entreprises, PME/PMI, professions libérales et particuliers, sans oublier la branche des MRE.


Autoroutes. ça roule !

Mis à part les autoroutes Fès-Oujda et Marrakech-Agadir, aujourd’hui en cours de construction, un nouveau plan d’extension du réseau autoroutier vient d’être dévoilé. Programmé pour les 4 prochaines années, ce plan - qui devrait coûter 15 milliards de dirhams - porte sur des tronçons d’une longueur totale de 384 kilomètres. Précisément, il s’agit d’une voie de contournement de Rabat, d’un tronçon entre Tit Mellil et Berrechid, un autre reliant les villes d’El Jadida et Safi et enfin l’autoroute Casablanca - Béni Mellal. Ces projets devraient être réalisés avant 2012 et porteront le réseau autoroutier à plus de 1800 kilomètres en 2015. À titre de rappel, le ministère des Transports a annoncé qu’il devrait consacrer la bagatelle de 31 milliards de dirhams pour les autoroutes et voies express durant ce quinquennat.


Public-Privé. Une loi en préparation

Le Maroc s’apprête à se doter d’une législation favorisant les partenariats public-privé, avec le soutien de la Société financière internationale (SFI), bras armé de la Banque Mondiale. Une bonne nouvelle pour les investisseurs. Le ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, en a d’ailleurs souligné l’aspect “win-win”, lors d’un colloque parrainé par l’OCDE, les 20 et 21 mai à Rabat. Depuis la mise en place de la loi 54-05 sur la délégation de services publics, opérateurs publics et privés attendent la création d’une nouvelle forme de contrats administratifs, qui prendrait pour modèle le contrat de partenariat français ou le PFI britannique. Déjà, les secteurs du transport (TGV) et de l’énergie sont ciblés en priorité. Mais on pense aussi à l’éducation et à la santé.



Pendant ce temps, le peuple…
Web market

Champion du monde de fainéantise, Achour est ravi d’apprendre la création d’un supermarché sur le Net : Epicerie.ma. Le concept a de quoi séduire. Faire ses courses sur Internet et les recevoir pépère chez soi, c’est révolutionnaire pour notre héros. Il décide d’explorer davantage la supérette virtuelle. Première surprise : le prix de certains produits est inférieur à celui affiché chez l’épicier du coin. Achour peut économiser 65 centimes sur une bouteille d’eau et 75 sur une boîte de sardines. Seulement, pour amortir les 42 dirhams de frais de livraison, il devra aligner une centaine de bouteilles d’eau. En plus, Achour ne voit pas comment un tel concept pourrait concurrencer son Super-Soussi. Car il lui suffit de composer un SMS pour être livré dans la minute qui suit, et gratis. Idem pour le boucher et le vendeur de légumes, qui poussent la délicatesse jusqu’à lui faire crédit. Sans parler de son concierge qui, moyennant un billet, approvisionne Achour en divers produits, parfois illicites. Achour se dit que ce site cible peut-être une clientèle haut de gamme. Cela pourrait expliquer pourquoi il propose plus de choix en nourriture pour animal de salon que de produits laitiers pour humains. Mais il remarque vite que les articles n’ont rien de prestigieux. Exemple : le rayon charcuterie est monopolisé par une marque locale, indigne du palais d’un contribuable imposé à 42%. Mais le comble, c’est le mode de règlement. Alors que le paiement électronique est possible au Maroc depuis 6 mois, cette épicerie virtuelle se fait payer à la livraison. Une petite révision des basiques du Net s’impose.



OFF.

Dans ses négociations avec les professionnels de la pêche, Aziz Akhannouch semble lâcher du lest. Le ministre de l’Agriculture et de la Pêche a concédé une augmentation de 30 centimes par kilogramme de sardine en vrac destinée à la conserve. Résultat : un revenu supplémentaire de 6000 dirhams par jour pour les bateaux pélagiques. S’en contenteront-ils ?


Les principaux actionnaires de Charaf Corporation reprennent le contrôle de leur société. Emerging Capital Partners (ECP), gestionnaire de fonds d’investissements dédiés à l’Afrique, vient de céder ses parts dans la société de fertilisants. Les actions ont été “restituées” aux actionnaires historiques du groupe pour un montant de 23 millions de dollars.

 
 
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