Islamistes. Le PJD en questions
Années de plomb. Les oubliés de l'IER
Société. Les Moroccan doctors
Elections. Le rapport qui dit (presque) tout
Consommation. Le client est loi
Moyen-Orient. Indépendance contre Nakba
Afrique du sud. La chasse à l'étranger
Électricité. Bientôt la pénurie ?
Festival. Ziggy, Goran et les autres
Mode. Glamour attitude
N° 325
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine

Fouad Ali El Himma,
et son tracteur-mascotte.
(AFP)

El Himma. Au labour et au moulin


Le député des Rhamna a décidé de passer à la vitesse supérieure. Le Mouvement pour tous les démocrates (MTD) a tenu deux rencontres le week-end dernier, après celles d’Agadir et de Tanger. Samedi 17 mai, rendez-vous était donné aux “élites locales” de la région Rabat-Salé-Zemmour-Zaër. Adoptant un ton direct, Si Fouad, comme l’appellent ses proches collaborateurs, a semblé séduire le millier de personnes présentes. Tout en appelant à la “mise à niveau politique”, il
a nié que son mouvement ait vocation à se transformer en parti. Au même moment, à Kelâat Sraghna, le PJD organisait une rencontre avec les habitants de la ville, dix jours après le lancement par le roi de projets de développement d’un montant de 7 milliards de dirhams dans la région des Rhamna. Le Pjdiste Abdelilah Benkirane, très critique vis-à-vis de la proximité affichée entre Ali El Himma et le roi, a rappelé que “Mohammed VI est le roi de tous les Marocains”. Lundi, le très officiel Le Matin du Sahara distribuait encore satisfecits et bons points à l’enfant chéri des Rhamna : “Benguérir a eu la chance de trouver en l'un de ses fils, Fouad Ali El Himma, l'interprète des aspirations de la population depuis qu'il a été investi de la confiance des électeurs”. Et comme en réponse aux critiques qui ont suivi le lancement de projets sur les terres de l’ancien secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Le Matin précise : “Si tous les représentants du peuple avaient suivi la méthodologie de travail de Fouad Ali El Himma, il serait possible pour l'institution législative de recouvrer la confiance des citoyens”. Dimanche, Fouad Ali El Himma était à Khénifra pour une nouvelle rencontre. D’autres devraient suivre pour labourer tout le Maroc.


Khaled. La guerre des drapeaux

Le roi du raï a été catalogué comme défenseur du Polisario par des journaux algériens, suite à son concert à Caceres en Espagne le 10 mai dernier. Lors de sa prestation, Khaled aurait brandi un drapeau de la RASD, que lui a lancé un fan dans le public. “C’est faux !”, s’insurge Hamid Daoudi, un proche du chanteur, qui a joint Khaled pour avoir sa version des faits. Selon cet ami chargé des concerts privés de la star au Maroc, Khaled ignorait la nature de l’étendard qu’il a posé négligemment de côté. “Khaled a au contraire arboré un mini drapeau du Maroc, qu’il a rangé de manière bien visible dans la poche de sa chemise”, ajoute Hamid Daoudi. Dont acte.


Université. Fin de l’émeute

Après les affrontements entre étudiants et forces de l’ordre sur le campus de Marrakech mercredi dernier, l’université Cadi Ayyad a rouvert ses portes le lundi suivant. L’émeute a clôturé 3 semaines de tension entre l’administration et des étudiants qui bloquaient l’accès aux locaux de la faculté de droit. Aujourd’hui, l’université tourne au ralenti avec “40% d’étudiants présents et la cité universitaire à 60% calcinée récupère peu à peu ses locataires”, nous a déclaré Moulay M’hamed Mrani Zentar. Sur place, certains étudiants continuent d’affirmer qu’un des leurs est mort lors de la bataille rangée. Une version démentie par les autorités, la semaine dernière.


FUS. Coup de boule à l’ASR

Les velléités réformistes que nourrit le secrétaire du roi, Mounir Majidi, sur les installations du club rbati du FUS, ont fait une première victime : le club de pétanque de l’Association sportive de Rabat (ASR) vient de voir son siège rasé par les bulldozers. Fondé en 1921, ce club situé en plein centre-ville, juste à côté du terrain du FUS, a enfanté plusieurs champions nationaux et internationaux de pétanque. Pour les boullistes rbatis, il était également un lieu de vie et de loisir réputé pour ses grillades et son pastis. Il devra déménager vers un local excentré à proximité du Complexe sportif Moulay Abdellah.


Justice. Nettoyage de printemps

Le ministre de la Justice Abdelouahed Radi a annoncé le 20 mai au Parlement une réduction du nombre de tribunaux au Maroc. Dans sa ligne de mire, les “centres de juges résidents”. Créés dans les années 1970, ces 180 cours aux prérogatives limitées devaient pallier le manque de tribunaux de première instance. “C’est un travail de rationalisation. Nous les payons à ne rien faire depuis plusieurs années, ils n’ont plus de raison d’exister”, nous a expliqué le ministre. La fermeture définitive de ces centres débutera une fois achevée la construction des 22 nouveaux palais de justice annoncés par Radi.


Grève générale. Y avait pas foule

La Confédération démocratique du travail (CDT, gauche) avait appelé à une grève générale de 24 heures pour le mercredi 21 mai. Si les camarades de Noubir Amaoui, patron de la CDT, se félicitent du “très fort taux de participation”, le gouvernement, par le biais du ministre de l’Emploi Jamal Aghmani, affirme que “la grève n’a pas été suivie, à l’exception de quelques établissements scolaires”. Amaoui a appelé à cette grève sans l’accord des autres centrales syndicales. L’UGTM en particulier, affiliée à l’Istiqlal, avait fait savoir par la voix de Mohamed Benjelloun Andaloussi que le 21 mai serait une journée de travail : “C’est une occasion d’œuvrer pour la réussite de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH)”, a expliqué Andaloussi à nos confrères d’Aujourd’hui le Maroc. À défaut de trouver le lien, cherchez l’erreur…


Terrorisme. Le Maroc a du réseau

Près de trois mois après l’affaire Belliraj, un nouveau réseau terroriste belgo-marocain a été démantelé. Onze personnes ont été arrêtées par la police à Fès et Nador alors qu’elles projetaient des actes terroristes dans les deux pays, a-t-on appris lundi dernier par la MAP. Selon les médias belges, Bruxelles avait connaissance des plans d’attentat visant le Parlement européen et un hôtel. Alerté, le Maroc aurait établi leurs relations avec des filières d'acheminement de moudjahiddine en Irak et permis le démantèlement. Selon Assabah, Abdellatif Bekkali, Marocain installé à Bruxelles et organisateur présumé du réseau, a financé le voyage d'un groupe de Marocains dans les camps d’entraînement d'Al Qaïda en Algérie et en Mauritanie, avant de les envoyer en Irak.


Talk-show. Benkirane dérape

Le président du conseil national du PJD était l’invité de l’émission Hiwar sur Al Aoula, mardi 20 et, comme prévu, Abdelillah Benkirane a perdu son calme. Morceaux choisis. Sur les législatives du 7 septembre 2007 : “Nous ne sommes pas soumis au ministère de l’Intérieur” ou encore, “le PJD n’a pas eu sa part entière des élections”. Au présentateur Mustapha Alaoui : “Vous passez des messages. C’est pour cela que vous avez une oreillette.” Les festivals de musique : “Malice, souillure et saleté”. Et deux ans après la sortie du film, la pilule Marock n’est visiblement pas passée : “Je demande la création d’une commission parlementaire de censure du cinéma”. Et de la bêtise aussi ?


Al Jazeera. Silence radio

Les interrogations concernant la suspension de la diffusion à partir du Maroc du Journal du Maghreb, émission de la chaîne Al Jazeera, demeurent. “Nous disposons d’une autorisation provisoire de l’ANRT, qui prend fin en juillet 2008 et nous ne savons toujours pas ce qu’on nous reproche exactement”, souligne ce responsable de la chaîne qatarie joint au téléphone. Démentant les rumeurs de diffusion à partir de l’Espagne, rapportées par la presse marocaine, notre source précise que “la direction d’Al Jazeera a envoyé trois demandes d’audience à la HACA, qui n’a toujours pas répondu”.


Crime. L’étrangleur de Chaouen arrêté

Mohamed Talbi, l’auteur présumé du crime odieux perpétré la semaine dernière dans la région de Chefchaouen, a été arrêté le mardi 20 mai à la gare routière de Fnideq. Selon des sources sécuritaires, l’homme âgé de 30 ans aurait étranglé dans la matinée du jeudi 15 mai trois enfants, une fillette de 13 ans, son frère et sa cousine, tous les deux âgés de 18 mois, à l’aide d’un bout de tissu. Maçon professionnel, engagé par une famille de pasteurs pour retaper leur étable, le présumé assassin aurait profité de l’absence de ses employeurs pour s’infiltrer dans leur maison et la cambrioler. Surpris par la présence des trois enfants, il a choisi de les faire taire à jamais.


Etat civil. Al Hala Al Madania s’informatise

Le ministère de l’Intérieur vient d’organiser une conférence de presse dans les locaux flambant neuf de son annexe de Hay Ryad, à Rabat. Objet de la rencontre: l'état civil marocain. Pour appâter le maximum de journalistes, le département de Chakib Benmoussa a jugé bon d’inclure parmi le programme de la conférence l’épineuse question “du choix des prénoms”. Mais ce sujet polémique a été à peine effleuré. Les intervenants se sont en effet contentés de louer les “bienfaits” des dispositions de la très contestée loi sur l'état civil de 2003. La seule et véritable nouveauté annoncée lors de cette conférence aura finalement été le projet de modernisation de l'état civil. Doté d’une enveloppe budgétaire de 600 millions de dirhams, celui-ci prévoit l'informatisation des 2172 bureaux d’Al Hala Al Madania disséminés sur le territoire marocain… C'est déjà ça !


Javier Bardem. Groupie du Polisario

Deux semaines après sa diffusion sur le Web, la pétition en faveur du peuple sahraoui, initiée par un collectif de professionnels du cinéma espagnol, a recueilli 120 000 signatures. Intitulée “Todos con El Sahara” (“Tous avec le Sahara”), l’initiative entend accentuer la pression sur le gouvernement espagnol afin qu’il accorde au Polisario un statut diplomatique. Fort de l’appui effectif de plusieurs célébrités du showbiz espagnol, ce mouvement ambitionne de rassembler un demi-million de signature en six semaines. La méga-star Javier Bardem y tient le haut de l’affiche, en tant que symbole médiatique de l’initiative.


PSU. La grève de la discorde

Mohamed Hafid, membre de la direction du PSU et patron de l’hebdomadaire arabophone Al Hayat Al Jadida, est au cœur d’une polémique qui le met en porte-à-faux avec ses camarades du parti. Il a affirmé dans les colonnes de son périodique que la formation de gauche s’était divisée sur l’opportunité de soutenir l’appel à la grève générale du 21 mai, lancé par la CDT. Hafid s’est aussitôt attiré une volée de bois vert de la part du bureau politique du PSU, dont il est pourtant membre. En substance, selon le communiqué de l’instance dirigeante du parti, Hafid aurait failli à son devoir journalistique et “la grève de la CDT n’a jamais été à l’ordre du jour d’aucune réunion”.



3 questions à Mohamed Sebbar
[Président du Forum Vérité et Justice]


Les corps récemment découverts dans une caserne de la Protection civile à Nador étaient ceux de victimes des émeutes de 1984. Quelle suite comptez-vous donner à cette affaire ?
Nous organisons une caravane en direction de Nador le 30 mai prochain. Nous avons aussi prévu un sit-in devant l’ancienne fosse commune et des rencontres avec les familles des victimes. L’objectif est de leur manifester notre soutien et de travailler sur la mémoire de ces événements tragiques en recueillant leurs témoignages.

Et en ce qui concerne la fosse commune d’El Jadida, découverte mi-mai ?
Le Forum a obtenu du procureur du roi d’être associé à l’enquête ouverte sur cette fosse. Cette collaboration avec la justice est une grande première dont nous nous félicitons. Cela dit, la lumière est loin d’être faite. Nous insistons pour que toutes les responsabilités soient reconnues, qu’elles soient individuelles ou collectives.

N’est-ce pas justement un point de désaccord avec le CCDH ?
Effectivement, le CCDH ne considère que les cas où la responsabilité collective de l’Etat est engagée. Contrairement au Conseil, nous pensons aussi qu’il y a beaucoup d’autres charniers et fosses communes disséminés à travers le Maroc, notamment à Bouskoura, Mediouna, Laâyoune, et sur le site du fameux PF3 à Rabat.


Football. Gazon glissant

Le 14 mai dernier, au Centre national de Maâmora, 4 présidents de club et le secrétaire général de la Fédération royale marocaine de football ont eu un débat houleux au sujet du gazon synthétique. Les présidents taillaient en pièces la pelouse artificielle, objet de polémique récurrent entre les responsables de club et la FRMF. Le secrétaire général s’en mêla en émettant un avis contraire. Mal lui en prit. Il a été agressé verbalement par les quatre présidents qui, dans la foulée, ont réclamé une réunion extraordinaire pour obtenir la tête du responsable. Le général Housni Benslimane a dû rentrer d’urgence du nord du Maroc en hélicoptère pour calmer tout ce petit monde.


Classement. Les Marocains pas peace & love

D’après l’indice mondial de la paix, publié le 20 mai par une société d’études appartenant à l’hebdomadaire britannique The Economist, le Maroc occupe la 63ème position des pays les plus pacifiques. Il recule de 11 places par rapport à l’année dernière, se classant derrière l’Islande, contrée la plus zen, mais loin devant le pays jugé le plus dangereux : l’Irak. L’indice se base sur 60 critères notés de 1 à 5. Parmi les points qui ont contribué au déclassement du Maroc : l’exposition au terrorisme (2,5 points), la stabilité politique (3,1), les relations de bon voisinage (3) et le respect des droits de l’homme (3).


Trafic d’organes. L’ogre oujdi

Selon les médias d’Alger, la gendarmerie algérienne aurait démantelé au début du mois de mai un réseau composé de Marocains et de Subsahariens spécialisés dans le trafic d’organes. Les membres de ce réseau kidnapperaient des nourrissons algériens pour les acheminer ensuite vers des cliniques à Oujda. Les bébés sont ensuite dépossédés de leurs organes, puis enterrés dans des fosses communes !
Réagissant récemment à cette rumeur sordide, le parquet d’Oujda a estimé qu’il s’agissait là d’une énième manifestation de la propagande anti-marocaine. Jugeant ces allégations ridicules, le parquet n’a pas donné suite.


USFP. Tous en scène

Après Abdelouahed Radi qui danse la valse hésitation, c’est au tour de Fathallah Oualalou de se déclarer officiellement candidat à la succession de Mohamed Elyazghi à la tête de l’USFP. C’est dans sa villa de Rabat, devant un parterre de proches et de journalistes que l’ancien ministre des Finances a enfin avoué ses ambitions. “Le temps était venu pour moi de passer de l’étape de la disponibilité à celle de la candidature”, a-t-il déclaré, désavouant ceux qui affirmaient que le timing choisi était une réponse à la candidature de Radi. Joint au téléphone, Habib El Malki, l’autre candidat en puissance, nous a déclaré vouloir prendre sa décision à la fin du mois de mai. “Les faux départs peuvent être néfastes (..) Avec le scrutin de liste, il n’est plus question de candidature individuelle. Il faut le temps nécessaire pour constituer une équipe”, a-t-il ajouté.


Haraka. Sus à la chicha

Le groupe du Mouvement populaire à la Chambre des représentants a déposé au début du mois un projet de loi visant à interdire le narguilé dans les lieux publics. Raisons évoquées : “La chicha est un produit importé du Moyen Orient qui a contaminé les jeunes et provoqué de nombreux malheurs”, nous a déclaré Essaïd Ameskane, membre du parti d’Aherdane. Pour le député, le mélange utilisé dans la chicha dissimulerait des stupéfiants et sa consommation encouragerait la débauche et la prostitution dans les lieux qui en proposent. “Il faut un cadre légal pour les autorités qui sévissent à intervalles réguliers contre les cafés à chicha”, justifie Ameskane. Une loi un brin fumeuse tout de même…


Fait-divers. Accueil musclé

Une empoignade qui débute au Maroc pour dégénérer en rixe en… France ! C'est ce qui s'est passé le dimanche 17 mai lorsqu'un couple marocain n'a pas respecté la file d'attente à l'embarquement d’un vol en partance de Marrakech vers Lyon, suscitant la colère et les réprimandes des autres voyageurs. Notre couple décide alors de rameuter par téléphone sa famille à Lyon. C'est ainsi qu'au moment du débarquement, quatre hommes et deux femmes, tous marocains et armés de barres de fer, s'en sont violemment pris aux passagers du vol. Selon le quotidien français Le Progrès, les six agresseurs ont finalement été traduits en justice pour “violences volontaires aggravées”.


Droits humains. La caravane passe

L’Association médicale pour la réhabilitation des victimes de la torture (AMRVT) a organisé une caravane médicale à Khénifra le 17 mai dernier. Une équipe casablancaise composée de treize professionnels de la santé a reçu, au sein de l’hôpital de la ville, 147 victimes de la torture dans une région qui a payé un lourd tribut aux années de plomb. Abdelkrim Manouzi, président de l’Association et frère du célèbre disparu Houcine Manouzi, explique le succès de l’initiative, co-financée par l’Union Européenne : “C’est une première au Maroc. L’ampleur de la participation, alors que nous n’attendions qu’une quarantaine de patients, montre que les indemnisations de l’IER n’ont souvent pas suffi”. L’AMRVT a déjà repris son bâton de pèlerin : prochaine escale de la caravane, Marrakech le 28 juin.



Humeur. 21h58 ce mardi-là

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Abelilah Benkirane est un type bien, il nous oblige à un exercice redoutable, que l’on a pris l’habitude de fuir comme la peste : la chronique télé. Parce que son passage dans l’émission Hiwar de (Moulay) Mustapha Alaoui. Parce que lui. Un sommet. Benkirane est le numéro 1 du conseil national du PJD, le parti dont il est, en quelque sorte, la conscience et le père fouettard depuis que le vieux Docteur Khatib a repris ses pantoufles de grand-père. Benkirane ne parle ni à TelQuel, ni à ses semblables, les journaux qu’il n’aime pas. Mais il parle à la télévision. Haut, fort, cette bonne darija mâtinée de sourates comme il en fuse tous les jours des terrasses de café pop. Benkirane a toujours quelque chose à dire, alors il le dit même quand il semble se moquer de l’intelligence moyenne nationale. L’Algérie ? “Allah Y’hdihoum, Dieu les remette sur le droit chemin !”. Le Polisario ? “Ce sont nos enfants, c’est tout”. Marock ? “Je ne l’ai pas vu, c’est du zina !”. Le Boulevard des jeunes musiciens ? “C’est du zina ou presque !”. C’est simple, primaire, ça plaît, ça déclenche les applaudissements nourris d’un plateau télé où les élites islamistes côtoient les élites d’autres planètes. Maintenant, en retirant les références à Dieu et à son prophète, que vaut réellement le discours de monsieur Benkirane, tel qu’il nous a été donné de le constater, à 21h58 ce mardi-là ? Probablement pas grand-chose. Juste le reflet de ce que l’on peut appeler l’arrière-pays d’une certaine pensée arabe contemporaine, “tout ce qui n’est pas moi est bête et méchant”. L’Iran, par exemple, est un pays bien parce qu’il tient tête à Israël et aux Etats-Unis. Ceux qui ne sont pas d’accord n’ont qu’à s’en remettre à Dieu pour retrouver la raison. Les comme lui, Si Benkirane, peuvent dire fièrement, comme le film d’Yves Robert : Nous irons tous au paradis !



VITES !

La réalisatrice de Marock, Leïla Marrakchi, prépare l’adaptation à l’écran de La Prisonnière, l’autobiographie de Malika Oufkir, dans laquelle la fille du général du coup d’Etat de 1972 raconte sa détention et ses relations avec Hassan II. L’héroïne de Marock, Morjana Alaoui, incarnera Malika Oufkir, selon Jeune Afrique du 21 mai.


Spécialiste des libertés sur Internet à Reporters sans frontières, Clothilde Le Coz est arrivée au Maroc, jeudi dernier, pour rencontrer des acteurs de la blogosphère marocaine ainsi que Fouad Mourtada, le faux prince de Facebook. Au menu des discussions : la liberté d’expression sur le Net marocain.


L’écrivain Abdellah Taïa a été sélectionné, cette semaine, pour le prix Renaudot. Son dernier roman, Une mélancolie arabe publié aux éditions Le Seuil, fait partie d’une première liste de 16 œuvres que départageront les membres du jury du prix début novembre, date de remise de la récompense littéraire.


Selon Assabah du 21 mai, un garde du corps de Mohammed VI a braqué son arme sur un motocycliste qui se dirigeait vers le roi, la semaine dernière, sur une artère casablancaise. L’homme tentait de sortir une lettre de requête de sa poche pour la remettre à Mohammed VI, qui était arrêté à un feu rouge au volant de sa voiture.


L’AMDH espère organiser un jour sans voitures le dimanche 8 juin à Rabat, à l’occasion de la journée mondiale de l’écologie (5 juin). L’Association attend le feu vert de la wilaya interdisant la circulation sur l’avenue Mohammed V. L’AMDH compte y dresser des stands de sensibilisation à la pollution automobile.


Le Maroc servira de décor pour la version cinéma de L’Alchimiste, le best-seller de l’écrivain brésilien Paolo Coelho. Le tournage, qui débutera dans deux ans, regroupera Laurence Fishburne et Penelope Cruz. Les 30 millions d’exemplaires vendus présagent de nombreuses entrées et un sacré coup de pub pour les paysages du plus beau pays du monde.
 
 
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