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N° 325
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Réda Allali

ZB se demande ce que font ces amoureux de la liberté d’expression à la RTM.

Nom : Boualem
Prénom : Zakaria
Né en 1976 à Guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque



Zakaria Boualem, au café où il a quasiment élu domicile, parcourt la presse avec juste ce qu’il faut de concentration pour ne pas sombrer dans le règne végétal. Voici donc pour vous, mesdames et messieurs, une revue de presse exclusive réalisée par le Guercifi, garantie sans foot, d’où le “mesdames” placé plus haut, et merci.

Le syndicat des acteurs égyptiens vient de décider de limiter le travail des acteurs étrangers à un film par an, histoire de protéger leur soupe. C’est très bien, que Dieu les récompense. Il faut préciser que les acteurs étrangers, bien sûr, ce sont des arabes, ceux-là mêmes qui constituent le public pour ce type de cinéma. Autrement dit, les égyptiens aiment bien leurs frères les arabes, à condition qu’ils restent du bon côté de l’écran. Zakaria Boualem, qui a une sorte de passion pour ce genre de combat d’arrière-garde un peu absurde, voudrait proposer de fixer la même limite aux spectateurs arabes, qui auront désormais le droit de regarder un film égyptien par an. Pour sa part, il fait cadeau de son quota de 32 films, cumulé depuis sa naissance, à qui le souhaite, b’sahha.

Les journalistes de la RTM ont fait grève cette semaine pour réclamer plus de liberté d’expression. Zakaria Boualem se demande ce que sont venus faire ces amoureux de la liberté d’expression à la RTM… C’est un peu comme si les gendarmes exigeaient le droit de devenir tektoniques ou les footballeurs le droit de jouer avec les mains. Il fallait y penser avant de s’engager.

Le Maroc s’est engagé à renforcer les liens commerciaux avec le Sri Lanka, qui s’élèvent actuellement à 25 millions de dirhams. Ouf, quel soulagement !...

Zakaria Boualem a lu un excellent article sur l’immigration, présenté sous forme de récit. C’est l’histoire d’un immigré chassé de son pays par la famine et un système politique répressif et qui s’est installé au Etats-Unis pour y faire fortune. L’originalité réside dans le fait que l’histoire se passe au siècle dernier et que ce brave homme ne s’appelle pas Boubacar Traoré ou Mohcine Belabdelmoughit, mais John Smith, et que le pays qu’il a fui s’appelle l’Irlande. Le cousin de John Smith, pour les mêmes raisons, s’est installé en Afrique du Sud avec le même succès et il en a profité pour asservir quelques noirs au passage. Zakaria Boualem en a conclu que Mohcine Belabdelmoughit avait un problème de timing. Il aurait dû naître plus tôt, il aurait bien voulu asservir les enfants de John Smith à ses heures perdues.

Le Maroc va changer de fuseau horaire le mois prochain. Zakaria Boualem va ainsi avancer soudain d’une heure et réduire de par ce fait l’écart qui nous sépare de nos voisins du nord. Question : on peut pas avancer directement de deux siècles ?

Toujours plus fort, ce titre du Matin du Sahara, le noble organe vers lequel il convient de se tourner lorsqu’on peine à terminer dignement une chronique : “La contribution de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) aux projets approuvés entre 2005 et 2007 dans la province d'Oued Eddahab, s'élève à 33 306 645 DH”. Passons rapidement sur le fait que les projets, approuvés en 2005, ont trouvé leur financement en 2008, et seront sans doute achevés à ce rythme trépidant vers 2010, et intéressons-nous plutôt à ce qui fait le charme de ce titre mystérieux : l’incroyable précision du montant annoncé. Les cinq derniers dirhams, voilà ce qui intéresse Zakaria Boualem. Que va-t-on faire avec ces cinq derniers dirhams, payer le gardien de voitures ? Pourquoi cette précision diabolique ? Parce que, comme l’a expliqué Roland Barthes, “tout ce qui est précis est réputé réel”. Du coup, on est devenu précis.

On peut continuer à faire à peu près n’importe quoi, mais avec précision.
Pour terminer, une vraie bonne nouvelle pour les Rbatis : le FUS compte désormais dans son administration un nombre de personnalités de premiers rang qui lui garantissent une dizaine de titres pour les années à venir. Non, ce n’est pas du foot, on avait promis de ne pas en parler. C’est de la politique, et merci.

 
 
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