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N° 326
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

“L’ignorance peut rendre méchant”

Amine Bendriouch,
Styliste, modeliste
(TNIOUNI)

Antécédents

1984. Naissance à Marrakech.
2002. Baccalauréat scientifique.
2004. Dessine sa première collection.
2006. 1er prix de stylisme à ESMOD (Tunis).
03/07. Lancement de Hmar ou bikheer.
06/08. Lancement de la prochaine collection de Stounami.

Smyet Bak ?
Abdelghni Bendriouch.

Smyet mok ?
Lalla Fakhita Lamghari.

Nimirou d’la carte ?
Je ne le connais pas, désolé.

Lors de l’avant-première de Whatever Lola wants, on vous a vu taper la discute avec Fouad Ali El Himma. Vous êtes amis ?
Il voulait que je lui donne des T-shirts gratuits (rires). Je plaisante. C’est en fait moi qui l’ai approché, par curiosité. C’est un personnage intriguant. Il est l’ami du roi et le numéro 2 du pays. Je voulais savoir s’il respirait comme tout le monde. Et j’ai vu que c’était le cas. Cela dit, il est vrai que son costume doit coûter un peu plus cher que la moyenne…

L’ami du roi connaît bien Hmar ou bikheer ?
Oui, il m’a dit : “Tbarkellah Alik, vous faites du très bon travail”.

Il ne vous a pas proposé de rejoindre le parti du tracteur ?
Non, mais il se pourrait que je lui demande de rejoindre notre label (rires).

Il ne vous a pas soufflé l’idée d’un T-Shirt “Tracteur ou bikheer”, ou encore “El Himma ou bikheer” ?
Non, pas encore.

Il paraît que Hmar ou bikheer est un way of life. Vous y croyez ?
Bien sûr. La philosophie de la chose, c’est reconnaître sa différence pour aller de l’avant. Et on est au moins trois à y croire, Achraf El Cohen, Mohamed Smyej et moi-même, les créateurs du concept.

C’est quoi votre projet, réveiller le hmar qui sommeille en chacun de nous ?
Non, c’est plutôt de libérer l’humain qui sommeille en nous. Parce que le hmar travaille toute la journée. Hmar, c’est la pire insulte qui existe chez nous. Si on décline le concept, ça pourrait être chauve et bikheer, gros ou bikheer. L’essentiel, c’est d’être bien dans sa peau.

Vous racontez que vous avez mis 4 à 5 ans pour “naître”. C’est quoi ce délire ?
En fait, ma mère a essayé de m’avoir plusieurs fois. Mais elle a eu des fausses couches et des enfants mort-nés. Quand j’ai vu le jour, c’était la fête au quartier de Bab Doukkala, à Marrakech.

Vous arrivez à vous faire de l’argent avec Hmar ou bikheer ?
Pas encore, mais ça viendra. On n’a pas les moyens d’ouvrir des points de vente. Ce n’est pas l’envie qui manque, ni la demande. Nous avons mis nos propres fonds dans cette aventure. Nous sommes des gamins de la classe moyenne, pas des gosses de riches comme certains le pensent. Pour l’instant, Hmar ou Bikheer est juste une marque déposée, pas une entreprise.

Quand on vous reconnaît dans la rue, on vous dit chaaa ou raaaa ?
Il y a de tout. Il y a ceux qui vous félicitent pour ce que vous faites, d’autres qui vous manquent de respect. L’ignorance, ça rend parfois méchant.

Vous comptez lancer une collection de robes pour hommes. ça sera quoi, des takchitate ?
Non des kmiss évolués. Il y en a un peu marre des pantalons. On ne se sent pas libre dedans. La jellabas, c’est bien, mais pour les fêtes et ramadan. Et puis, ce n’est pas vraiment mon univers.

Avec un bac S, vous auriez pu devenir ingénieur ou médecin. Il y a eu une erreur de casting à un moment…
J’ai même eu la mention bien. Mais j’ai décidé de faire ce que je savais faire le mieux. Mes parents n’arrêtaient pas de me dire “Allah ihdik ya wouldi”. Ils se sont inquiétés quand je leur ai dit que je voulais être styliste.

Vous avez l’air un peu à l’ouest. Vous carburez à quoi ?
À la baraka et à ridat el oualidine.

Vous avez une sacrée tignasse. Votre coiffeur est mort ?
Non, c’est plutôt que je n’en ai pas. Quand je mets les pieds dans un salon de coiffure, j’ai des boutons qui poussent. Je pense que je suis atteint de traumato-capillose, c’est une maladie très rare.

ça se guérit ?
Je pense, mais pour ça, il faut aller se faire scalper à l’armée.

Et les filles, elles pensent quoi de votre coupe ?
Elles adorent ! Elles ont toutes envie de me toucher les cheveux.

Vous êtes fan des Jackson Five ?
Pas spécialement, plutôt de Jimi Hendrix. Mais ma coupe est un délire très personnel. C’est une manière de me libérer. Quand j’étais jeune, j’avais les cheveux raides, puis je les ai rasés, à l’époque où le hip hop était à la mode.

En conclusion, vous êtes…
(Coupant net) Oui, oui, Hmar ou Bikheeeer.

 
 
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