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Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
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Ismaël Lô, lune des têtes
daffiche du Festival de Fès.
(DR)
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LBoulevard. Dix ans et toutes ses dents
Dix ans ! Arrivé au premier gros carrefour de son existence, LBoulevard fête son dixième anniversaire avec pas mal de surprises. La première : le Tremplin, qui pourrait devenir itinérant, soffre enfin une vraie belle scène pour lui tout seul, du 9 au 11 juin, au Théâtre Mohammed V de Rabat. On peut y faire jouer plus de groupes, tout en retrouvant lambiance dune salle, comme à la FOL des débuts, explique Hicham Bahou, co-fondateur de LBoulevard. En plus, les six vainqueurs |
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| (sur 26 candidats) auront cinq jours de formation technique et managériale avec les Bubblies, groupe toulousain qui sautogère de A à Z, avant de rejouer à L'Boulevard. Celui-ci se tiendra du 19 au 22 juin, très probablement au COC/RUC. Ceci malgré la tentative de léquipe de le délocaliser à lAérodrome dAnfa, bien plus vaste, pour marquer le coup et rendre hommage à cet espace que les Casablancais ne connaissent pas, mais qui va disparaître. Côté têtes daffiche, honneur aux groupes du terroir, au nombre de 40, côte à côte avec quelques hôtes étrangers : après Dirty Fonzy et Desert Rebel au Tremplin, place à Band of Gnawa, The Exploited, Psykup et Puppet Mastaz sur L'Boulevard. Sans oublier les plus habituels : du 23 au 25 juin, le Festival du docu musical, avec Génération Boulevard de Hicham Bajjou et Simo Slaoui, Fangafrica de lassociation StayCalm ou encore Ethiogroove d'Anaïs Prosaic. Enfin, le Kounache sur le gâteau, avec une rétrospective choc et un dossier oldies sur les rockers marocains des années 60 à fin 80, Golden Hands, Vigon et Jauk en tête. Aïd milad saïd ! |
Sortie. Jeu de baballe
Une histoire damour, dargent et
de football américain. Voilà comment on pourrait résumer Jeux de dupes, le dernier film de George Clooney
en tant que réalisateur. Nous sommes en 1925. Les Bulldogs, petite équipe amateur de football américain parmi tant dautres, ne remplit plus les stades et doit fermer boutique. Son capitaine, Dodge Connelly (George Clooney), veut se servir du football universitaire pour récupérer joueurs et public. Il fait donc appel à lidole des jeunes, Carter le bolide (John Krazinski), joueur décoré héros après la Première guerre mondiale. Mais larrivée de la reporter Lexie Littleton (Renée Zellweger) change ses plans
C'est sur ce scénario mince comme du papier à cigarettes que Clooney déroule un film sans prétention, vacillant entre la comédie romantique et la reconstitution nostalgique de lAmérique des années 20. Un pur divertissement bien ficelé et parsemé d'humour, où le duo Clooney-Zellweger se fait manifestement plaisir. What else ? À voir tout de même, pour le plaisir des yeux (de ces dames).
Jeux de dupes, au mégarama.
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Peinture. Lempreinte de Flo
Le corps, dans la peinture de Florence Arnold, surgit telle une apparition, précieusement protégée par un halo de couleurs à la fois douces et denses. Discrètement, ce corps se laisse aller sur la toile de lartiste, dont le travail a résolument gagné en maturité. Florence Arnold donne à voir le meilleur de ses vies au Maroc, en Algérie, en Côte dIvoire et au Cameroun : un sens de la narration propre à ceux qui ont connu le voyage. L'artiste nen est pas à son premier, loin sen faut. Depuis 1996, elle sillonne les galeries en France, aux Etats-Unis et au Maroc, et jette lancre du 5 au 21 juin à la galerie Théma, rue Taha Houcine, à Casablanca. |
Festival. Timitar, cinquième !
Plusieurs scènes dans la ville, une cinquantaine de concerts en six jours, 600 artistes dici et dailleurs
Pour sa cinquième édition, Timitar a de nouveau vu grand, tout en restant fidèle à une identité forgée dès sa naissance : faire (re)découvrir les différentes familles de la musique amazighe. Agadir met donc à l'honneur les rythmes traditionnels du Souss, qui ouvriront le bal tous les soirs. Pour commencer, Izenzaren, Tarragt ou Aït Laati. Suivra une programmation mêlant nouvelle scène marocaine et musiques du monde, ou plus exactement du continent africain. Les sonorités chaleureuses de Youssou NDour envahiront la ville pour la soirée douverture. Puis, au fil de la semaine, Alpha Blondy, Rokia Traoré, Khaled et Salif Keita se relaieront pour chanter lAfrique. Le Festival ne recherche pas une programmation dartistes internationaux de renom, mais la promotion dartistes locaux, insiste le staff organisateur. À noter, parmi les chanteurs du cru, la présence de Rap 2 Bled aux côtés de Darga et Fez City Clan.
Agadir, du 1er au 6 juillet.
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Polémique. Fnaïre rate le coche
Les Marrakchis de Fnaïre doivent à lheure quil est s'en mordre les doigts. Prévus dans la programmation du festival Mawazine, les inventeurs du rap taklidi se sont désistés quelques semaines plus tôt, ratant ainsi loccasion
de recevoir le chèque royal de 250 000 dirhams, offert aux groupes de la jeune scène marocaine. Quelle mouche les a donc piqués ? La grosse tête, souffle-t-on du côté de l'organisation du festival rbati : Ils ont revu à la hausse leur cachet et exigé de jouer en première partie de Juanes ou de Whitney Houston. Du côté du groupe, on préfère tempérer. Tout ceci nest quune suite de quiproquos, assure Noufissa Bouanani, manager du groupe. Les négociations se sont multipliées mais nous ne sommes pas arrivés à un compromis. Nous avons demandé une grande scène, chose quon nous a refusée. Nous avons préféré nous retirer. Quant au don royal, nous ne regrettons rien. Pour le roi, nous aurions joué gratuitement. Mouais. |
Photographie. Regards sur villes
Les Rencontres internationales de la photo de Fès ont une ambition : devenir le deuxième rendez-vous photographique africain, après la prestigieuse Biennale de Bamako. Les deux événements ont dailleurs été partenaires pour cette deuxième édition de la manifestation fassie, proposant depuis le 24 avril une exposition dune qualité indéniable, réunissant, autour du thème de la ville, des photographes de renom. En plus dun panorama de jeunes talents, l'exposition propose des regards sur la ville dans tous ses états : Sebastian Schutyser immortalise les mosquées du Mali (Place Sofia), Ramirez montre Cuba sous un nouveau jour (Institut français) et, le clou des Rencontres, un hommage à lIranien Abbas (pilier des agences Sipa, Gamma puis Magnum), dont le travail The Children of Abraham est montré pour la première fois dans un pays musulman (Musée Batha).
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Disparition. Sidi Pollack
Réalisateur prolifique, souvent décrié par la critique pour un cinéma quil revendiquait lui-même comme commercial, Sydney Pollack, disparu le 26 mai dernier, a pourtant marqué de sa patte le 7ème Art mondial. Le grand public, dont il se disait être le serviteur, retiendra linénarrable Tootsie (1982), le sept fois oscarisé Out of Africa (1986), ou encore La firme (1993), dans lequel il dirigea le jeune Tom Cruise. Les inconditionnels se souviendront, eux, du duo Sydney Pollack-Robert Redford dans On achève bien les chevaux (1969), Nos plus belles années (1974) ou encore Havana (1990). Acteur de formation, Sydney Pollack a fait sa dernière apparition à lécran dans Michael Clayton (2007) de Tony Gilroy, auprès de George Clooney. |
Livre. La vie vécue de Rachida
Elle a éclos dans Sept chiennes de vie, triomphé avec La Vie rêvée de Fatna. Quatre ans plus tard, Rachida Khalil, comédienne experte ès one woman shows corrosifs, continue de régler ses comptes avec lexistence, la plume remplaçant les planches. Le Sentier de lignorance (Ed. Anne Carrière), premier roman presque autobiographique, raconte Rosenas, gamine des montagnes rifaines, graine de rebelle que les parents ne savent plus trop bien sils doivent larroser ou larracher. À Mantes-la-Jolie, banlieue parisienne où la famille émigre, profs et bien-pensants en prennent aussi pour leur grade. Garçon manqué, amoureuse des plaisirs défendus, voleuse chevronnée, fugueuse insouciante, mariée de force, saltimbanque ou militante
autant de visages pour un seul cri, contre le poids des traditions et la petite mort induite par labdication. |
Music-hall. Début de Folies
Des serveurs en rollers slaloment entre les cracheurs de feu, un homme faucon sélance au-dessus des tables, des mimes se chamaillent sur les échafaudages, des chevaux de bois hennissent parmi les cancans
Depuis le 8 mai, Les Folies de Marrakech fait son show. Dans une immense salle à lambiance mi-médina mi-opéra, après un dîner finement gastronomique, les 47 artistes, convaincants, enchaînent tout sourire et sans temps mort des tableaux extravagants, parfois décalés et souvent drôles. Petit bémol : dans cette prolifération de décors et costumes, on ne sait pas toujours où regarder et des petites choses sont encore à régler côté son, lumière et trame de lhistoire, qui manque de clarté. Mais foi de spectateur, le premier music-hall du Maroc fait une entrée digne dintérêt. |
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Humeur.
Le 3ème il
Conjuguer lalcool et les insomnies rendrait lucide, croit savoir une source proche du comptoir. Un jour, un vieil aveugle fatigué entre dans un bar, une fille canon à son bras, la main tendue à la place du non-voyant pour recevoir laumône des clients. Les questions tournent vite dans la tête quand le sommeil manque, lalcool coule, et que lon se croit plus malin que les autres. Etait-elle vraiment sa fille ? Etait-il son père ? Qui avait loué lautre pour optimiser la recette ? Lui, pour réveiller la libido des hommes ? Elle, pour humaniser les mêmes hommes ? Les clients la dévoraient des yeux, on ne le voyait plus. Lui ne remarquait rien. Elle percevait tout, exposée en pleine lumière, sans les lunettes de soleil de son père aveugle. Le désir des hommes se pose sur son corps et la méfiance qui habitait leurs regards. Trop belle pour être honnête, trop sexy pour être une vraie pauvre, trop voyante pour faire la manche. Cétait énorme, ça ne pouvait pas être, se dit-on quand on se croit extralucide. Plusieurs clients ont jeté une pièce à la fille, juste pour la forme, parce que ce nétait pas cher payé pour accrocher ses yeux revolver. Elle ne les a pas décollés un seul instant du sol. Cétait vraiment son père, elle était sa fille. Tous lavaient diffamée dun simple coup doeil. Elle aurait mérité des dommages et intérêts. Plus que le dirham symbolique
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Blad Schizo triomphe
Le jury international du FICAM est littéralement tombé amoureux du clip réalisé par Chouaïb Chirour et Amine Beckoury pour la chanson Blad Schizophrène de Hoba Hoba Spirit. Il lui a justement décerné le Grand prix de la première compétition africaine du court-métrage danimation. Bravo.
Electro night
Léquipe dAlternatif Magazine se transforme, le temps dune soirée, en électrons libres de lelectro et organise Alternight au Ceon, boîte de nuit casablancaise. En têtes daffiche : Pro7, le zmagri de lelectro, Daox et sa transe, Mood et sa musique minimaliste
Le tout dans un décor signé Night of spirit. Rendez-vous le 6 juin.
La palme de la classe
On attendait un manifeste politique, cest finalement un regard humain qui fut distingué. Entre les murs, immersion dans une classe de 4ème en France, de Laurent Cantet, a décroché à lunanimité la Palme dor du 61ème Festival de Cannes. Le lauréat devra être très conscient du monde qui lentoure, avait prévenu le président du jury, Sean Penn. Dont acte. |
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