Scandale. Le Maroc des fosses communes
Prisons. En attendant l'effet Benhachem
Analyse. Amaoui, un zaïm aux abois
Nostalgie. L'âge d'or de la presse partisane
Italie. Berlusconi Vs les poubelles
Tourisme. Les couacs du Plan Azur
Histoire. Le Saladin intime
Portrait. Serial acteur
N° 326
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Nina Hubinet

La semaine

Pedro Antonio Marin,
alias Manuel Marulanda, le
chef historique des FARC.
(AFP)

Colombie. Les FARC en deuil


C’est une véritable hécatombe à la tête des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie). Après la mort, le 1er mars, de Raul Reyes, le n°2 de la guérilla, puis la reddition, le 18 mai, de Karina, l'une des combattantes des FARC les plus recherchées par l’armée colombienne, le coup de grâce a été annoncé une semaine plus tard par les dirigeants du mouvement : Manuel Marulanda, le leader historique, est décédé le 26 mars d’une crise cardiaque. Connu comme
le plus vieux guerillero du monde, il s’est éteint à l'âge de 78 ans, “dans les bras de sa compagne et entouré de ses gardes du corps”. Il a immédiatement été remplacé à la tête des FARC par Alfonso Cano, l’idéologue de l'organisation, considéré comme plus modéré.

Pedro Antonio Marin, alias Manuel Marulanda, est né dans les années 1930 dans une famille de paysans de la cordillère des Andes. Surnommé Tirofijo (En plein dans le mille en espagnol), pour ses talents de tireur, Marulanda a pris le maquis dans les années 1950, fuyant les persécutions des conservateurs au pouvoir. Après sa découverte du marxisme, il fonde les FARC en 1964. Grâce aux rançons des enlèvements et l’argent de la cocaïne, son mouvement se développe jusqu'à compter 15 000 hommes. Les guerilleros seraient aujourd’hui entre 7000 et 9000.

D’après des journalistes qui ont connu Marulanda, le chef rebelle avait mis en place un système de commandement très centralisé. Sa disparition représente du coup une véritable épreuve pour l’unité des FARC. Des membres du gouvernement du président Alvaro Uribe n’ont d’ailleurs pas hésité à prédire la fin prochaine de l'organisation.

Pour Gustavo Petro, ancien membre des FARC, l’arrivée d’Alfonso Cano à la tête du mouvement devrait permettre l’ouverture de négociations avec le Pouvoir. Les familles des quelque 1000 otages retenus par les guerilleros reprennent espoir. En France, la sœur et la mère d’Ingrid Bétancourt, détenue depuis plus de six ans dans la jungle, ont lancé dimanche un appel au nouveau chef des FARC pour qu’il libère la Franco-colombienne.


Algérie. La chasse aux convertis

Trois ans de prison ferme : c’est ce que risque Habiba Kouider, une protestante algérienne accusée de “pratique sans autorisation d’un culte non musulman”. Son crime ? Avoir été arrêtée, le 29 mars, dans un bus, en possession d’une dizaine de bibles. La jeune femme, convertie au christianisme il y a quatre ans, a été immédiatement placée en garde-à-vue. Le Tribunal correctionnel de Tiaret (nord-ouest) a reporté le verdict au 3 juin, pour “complément d’information”. Le procureur tente de démontrer que Habiba Kouider est coupable de prosélytisme, mais les preuves manquent. Plus de dix procès contre des Algériens convertis au christianisme ont eu lieu ces derniers mois en Algérie. Si la liberté de conscience est inscrite dans la Constitution, une loi de 2006 a introduit la notion “d’autorisation” pour pratiquer une autre religion que l’islam.


Canada. Le chef de la diplomatie démissionne

La distraction du ministre des Affaires étrangères canadien lui aura coûté son poste. Maxime Bernier, connu pour ses gaffes à répétition, a finalement démissionné lundi 26 mai, après son implication dans une affaire de mœurs. L’homme politique conservateur avait oublié, en avril, des dossiers classifiés dans l’appartement de sa maîtresse, Julie Couillard. Or, des documents judiciaires, publiés par le quotidien Globe and Mail au début du mois, ont révélé que son “amie de cœur” avait été mariée à une pointure du grand banditisme. L’erreur de trop, qui a poussé le Premier ministre canadien, Stephen Harper, à exiger le départ de son chef de la diplomatie. Harper aurait également peu apprécié que Couillard assiste à de réunions du gouvernement et intervienne dans la communication du ministre des Affaires étrangères.


Israël. Olmert poussé vers la sortie

Cette fois, Ehoud Olmert ne peut plus se défiler. Le chef du Parti travailliste et ministre de la Défense israélien, Ehoud Barak, a réclamé mercredi sa démission, affirmant qu'en cas de refus, le Parti pourrait obliger le gouvernement à organiser des élections anticipées. Le Premier ministre israélien a en effet besoin du soutien des travaillistes pour gouverner. Mis en cause dans une affaire de corruption, Ehoud Olmert s’accroche désespérément à son poste. Mais le témoignage mardi de Morris Talansky, un homme d'affaires israélo-américain risque de mettre fin à son obstination. Talansky a affirmé avoir versé près de 150 000 dollars en liquide à Olmert pour financer ses campagnes électorales et des vacances de luxe. Une démission forcée d'Olmert pourrait mettre un terme aux négociations en cours avec Damas sur le plateau du Golan.


Chili. Arrestations d’anciens tortionnaires

Trente-trois ans. C’est le temps qu’il aura fallu à la justice chilienne pour identifier les 98 anciens agents de la Dina, la redoutable police secrète du général Augusto Pinochet, arrêtés dimanche à Santiago. Ces hommes seraient impliqués dans les meurtres de 119 opposants à la dictature militaire (1973-1990), torturés et assassinés en juillet 1975 au cours de l'opération “Colombo”. 42 corps n’ont jamais été retrouvés. La plupart des victimes appartenaient au Mouvement de gauche révolutionnaire (MIR). C’est le plus important coup de filet mené contre d’anciens responsables de la dictature chilienne, dont le règne a fait plus de 3 000 morts et disparus.


Liban. Sleimane (enfin) président

Après plus de six mois de crise politique, le Liban a enfin un président. C'est, comme attendu, Michel Sleimane, le chef des armées, qui a été élu dimanche 25 mai à la présidence de la république. Dans la foulée, le Premier ministre sortant, Fouad Siniora, a été reconduit dans ses fonctions. Il devra diriger un gouvernement d’union nationale, comme le stipule l'accord signé par l’opposition et la majorité libanaises à Doha, au Qatar, le 21 mai. Mais le plus dur reste à faire : distribuer les portefeuilles entre les factions rivales. Et malgré l’accalmie issue des accords de Doha, la tension n’est pas totalement retombée à Beyrouth. Des tirs ont été échangés lundi 26 mai dans l’ouest de la capitale entre miliciens du Hezbollah et partisans de la majorité. Le lendemain, un soldat a été tué dans des affrontements à Aramoun, au sud-ouest de Beyrouth.



Lu pour vous [FRANCE]
Le petit Mobutu au trou

Christophe Ayad, Libération, 27 mai 2008.

À Kinshasa, on l’appelait le “petit Mobutu”. Pourtant, il n’est pas petit, il mesure 1,90 m et dépasse le quintal. Le “petit de Mobutu” aurait été plus juste comme surnom. Longtemps, la rumeur a couru que Jean-Pierre Bemba était le fils caché du dictateur zaïrois. C’est possible, mais peu importe, l’important c’est qu’il a tout fait pour cultiver le mimétisme avec l’homme à la toque léopard. (…)
À 45 ans seulement, Jean-Pierre Bemba a presque tout connu : l’enfance d’un fils à papa, l’exil, la guérilla et ses atrocités, (…) la passion d’une campagne électorale. Mais la prison, le tribunal peut-être, ça non. Depuis qu’il a été arrêté, samedi soir à Bruxelles, à la demande du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Jean-Pierre Bemba doit se dire que les temps ont bien changé. Désormais, un juge argentin installé aux Pays-Bas peut vous faire coffrer pour des crimes commis par vos miliciens lors d’une expédition en Centrafrique remontant à six ans. Rien à voir avec la justice belge qui avait eu le bon goût de ne jamais faire appliquer une condamnation par contumace à un an de prison pour “traite d’êtres humains”, en 2003. (…)
Pendant qu’il est occupé à accroître sa fortune, Bemba “oublie” de payer ses hommes, qui se livrent aux pires atrocités (…) en République centrafricaine voisine, où il se porte, en 2002, avec l’aide du colonel Kadhafi, au secours du président Ange-Félix Patassé (…). C’est à cette occasion que les miliciens du Mouvement de Libération du Congo se livrent à des viols de masse.



Vite !

À Berlin, un monument vient d’être érigé en mémoire des victimes homosexuelles du nazisme. Sous le IIIème Reich, 50 000 personnes ont été condamnées du fait de leur orientation sexuelle, et 5000 à 15 000 ont été déportées dans les camps de concentration.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés