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Par Maria A. Daïf
Festival. Les ratés de Cas'Arts
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La maquette du Globe Zevaco,
créée par Hassan Darsi
(DR)
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Le festival darts plastiques de Casablanca sest tenu du 28 mai au 1er juin, presque en catimini. Ce quil en reste ? Une polémique autour des nouveaux habits du Globe Zevaco.
Juillet 2005, Casablanca a son premier grand festival. Pendant huit jours, les Casablancais, de Sidi Moumen à Anfa Supérieur, vécurent de grands moments de musique, de cinéma et de spectacles de rue. Le coup de maître est reconduit lannée suivante et la métropole pouvait enfin être fière davoir un évènement à son image : ambitieux et |
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multiple. En 2007, la présidente du festival, Miriem Bensalah, jette léponge. Elle est remplacée par Ahmed Ammor, plus connu par le grand public comme l'ex-président du Raja. L'homme prend la décision de scinder la manifestation en trois événements dans lannée : Casa Music, Casa Ciné et CasArts. La même année, la musique bat son plein en juillet et Casa Ciné est une réussite, malgré un public assez hésitant. Restait CasArts, le volet arts plastiques de lévénement, finalement tenu du 28 mai au 1 juin. CasArts fut donc furtif et invisible. Rien de véritablement convaincant, sauf peut-être les 14 ateliers darts plastiques dont ont bénéficié des enfants de 10 à 15 ans, ainsi que lexposition qui sen est suivie à la place Rachidi. Normal. Les arts plastiques, ça ne peut pas avoir le retentissement de la musique, ce nest pas un spectacle grand public, se défend le président du Festival. Annoncées également dans le programme de CasArts, des journées portes ouvertes dans quatre galeries casablancaises, opération que cette commissaire dexposition commente ainsi : Cest une blague ! Les galeries sont toujours ouvertes au public. À quoi riment alors des journées portes ouvertes ?.
Au final, que reste-t-il de cette première édition de CasArts ? Une polémique autour du clou du Festival : le Globe Zevaco (ou lkoura al ardia), repeint couleur bronze par lartiste Saïd Housbane. Ahmed Ammor raconte la naissance du projet : Cela fait des mois que nous pensons à un travail autour du Globe Zevaco. Nous avons reçu plusieurs propositions, dont celle de Saïd Housbane, qui nous a séduits. Sauf que, les initiés lauront remarqué, ledit travail sur le Globe rappelle avec insistance celui de lartiste plasticien Hassan Darsi.
Nawal Slaoui, directrice artistique du versant art urbain du Festival de Casablanca cru 2005, crie au scandale : Si le travail ressemble à celui de Darsi, cest parce que lidée vient de lui. Et cest moi-même qui avais parlé de ce projet à l'équipe du Festival avant de la quitter. On lui a tout simplement volé son idée. Hassan Darsi, lui, nen revient toujours pas. Recouvrir de dorures des sites architecturaux de Casablanca, dont le Globe Zevaco, a depuis des années fait partie de mes projets. Le doré est ma manière à moi dattirer lattention du public, de tirer la sonnette dalarme, tonne-t-il.
Vol de propriété intellectuelle ?
Flash-back. En janvier dernier, l'artiste est contacté par léquipe du Festival, intéressée par son idée. Jai proposé trois projets, tous ayant comme point névralgique le Globe Zevaco, représentant pour moi le ventre de Casablanca, raconte-t-il. En février, il conçoit une maquette du Globe, recouvert de dorures, maquette qui fut exposée à la Villa des Arts le mois suivant, lors dune vente aux enchères de la CMOOA. Selon lartiste, plusieurs réunions de travail eurent lieu avec Ahmed Ammor et les membres de lassociation du Festival, aboutissant à des réactions peu enthousiastes à l'égard du projet. Puis, la communication sest coupée, poursuit lartiste. Ahmed Ammor oppose : Ce que Darsi proposait ne nous convenait pas. Il parlait de dorures qui se dégraderaient très vite au soleil, alors que la peinture de Housbane peut durer des années. Cas'Arts serait-il coupable de vol de propriété intellectuelle ? Le critique dart Aziz Daki ny va pas de main morte : Jai suivi depuis longtemps la conception de ce projet par Hassan Darsi et jai été très surpris de voir dautres se lattribuer. Cest un mépris de la propriété intellectuelle et des droits dauteur. Laffaire sarrêtera-t-elle là ? Hors de question, martèle Darsi. Nous voulons des explications et nous ferons ce quil faut pour les avoir. Nawal Slaoui enfonce le clou : Si un président de festival se donne le droit de sapproprier le travail dun artiste, non seulement cest scandaleux, mais cela donnera le droit à dautres de le faire. Cest en somme signer larrêt de mort de la création dans ce pays. Voilà, en gros, ce que les Casablancais retiendront de cette édition de CasArts. Dommage
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