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Pages coordonnées par Maria A. Daïf
La semaine.
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Une photo signée Touhami Ennadre.
(DR)
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Photographie. Dombre et de lumière
Les photos de Touhami Ennadre sont un coup de poing dans le ventre. Le ciel qui vous tombe sur la tête. Chacun de ses clichés est un condensé démotions fortes, une remise en question de tout. Remise en question de ce que vous avez pu lire ou apprendre sur lombre et la lumière, sur le noir et le blanc. Remise en question de ce que lon a pu vous dire sur les voleurs dimages, sur leurs intentions et leurs secrets du métier. Touhami Ennadre vous pétrifie, ne vous laisse pas indemne.
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Le photographe, dont la renommée nest plus à faire dans le monde (il est bardé de prestigieux prix) et pourtant si rare et méconnu dans son propre pays, est un génie. Sans abus de langage aucun. Son travail, comparé aux peintures de Van Gogh et aux poèmes de Rimbaud, a lintensité et la force propres à ceux qui marqueront à jamais lhistoire de lart. Touhami Ennadre, fils de lancienne médina de Casablanca devenu parisien, na rien des photographes daujourdhui. Aucun artifice dans ses clichés, aucune technique sophistiquée, mais un appareil auquel il a enlevé définitivement le viseur, en faisant du coup une extension de son bras et un capteur de cette lumière noire qui fait sa marque de fabrique. Ses portraits dAméricains face au 11 septembre, ses photographies de poissons aux yeux exorbités, danimaux dépecés et de mains entrelacées, sont le regard quil porte sur la violence, la misère et la mort. Un regard comme il en faut pour nous ouvrir les yeux.
À partir du 5 juin, à la villa des arts de rabat.
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Film. Tout pour ma mère
Good bye, Lenin !, réalisé par lAllemand Wolfgang Becker nest pas sans rappeler La Vie est belle de Roberto Begnini, essentiellement parce que les deux réalisateurs ont réussi avec brio un mélange des genres pas évident : lironie, lhumour et lautodérision dun côté, et le drame de lautre. Par ailleurs, les deux films racontent comment, pour protéger des membres de leur famille (la mère pour le premier, le fils pour le second), deux hommes maquillent la dureté de la réalité. Si vous navez pas vu Good bye Lenin, sorti en 2003, cest donc loccasion daller courir voir lhistoire de ce jeune Berlinois qui apprend la chute du mur de Berlin alors quil est au chevet de sa mère dans le coma. La mère se réveille huit mois après la chute du mur, et pour lui éviter le choc de voir la ville (la vie) complètement changée, son fils fera en sorte quelle ne découvre rien des changements de la RDA. Le film est projeté dans le cadre dune semaine du film allemand (du 9 au 13 juin 2008 à 20h30), à lEcole supérieure des arts visuels de Marrakeh. Nec plus ultra, lentrée est libre.
Good bye, Lenin !, à lESAV de Marrakech.
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Danse. Le Gabon au Maroc
Casablanca a désormais droit à sa journée du Gabon : pour la première fois, la culture (cuisine inclus) gabonaise sera à lhonneur, et ce grâce à lUnion Gabonaise du Maroc et à Amélie Banga Eboumi, ambassadrice de lEtat africain au Maroc. Samedi 14 juin donc, une matinée est consacrée au plaisir des yeux et du ventre : des expositions et des dégustations vous feront découvrir lartisanat et la cuisine gabonais. Laprès-midi rimera avec spectacles vivants, sketchs, danses traditionnelles, défilé de mode, etc. Et pour les plus courageux, une soirée dansante au Bao Night Club de Casablanca est prévue pour prolonger la fête. De la culture et de la bonne humeur a priori. |
Télévision. Aflam TV est arrivée !
Marocain, arabe, indien ou américain
le cinéma crève le petit écran national depuis le début du mois. Des films avant tout, tel est le créneau de la nouvelle chaîne de la SNRT, Aflam TV, diffusé 24 h/24. Au programme, des longs-métrages en français, arabe, amazighe ou en VO et une sélection Bollywood, ainsi que des feuilletons, pièces de théâtre et un magazine dédié au Septième art. Quatorze nouveaux films par semaine, dont un marocain, clame-t-on à la SNRT. Zapper la Sept semble donc pouvoir devenir le réflexe télévisuel préféré des Marocains, si ce nest quAflam TV nest disponible que sur la TNT. Moyennant un décodeur, vous accéderez, en juin, à Aâlach a lbhar, de Hakim Belabbès, ou Manhouss ou zadou kadouss, de Brahim Chkiri, pour les films marocains. Les amateurs deffets spéciaux verront ou reverront Troie, La Momie, Spiderman, Hulk, et les plus jeunes attendront Stuart Little ou la série des Allo Maman
Le coût reste donc élevé pour une programmation largement exempte de succès récents, trouvés gratuitement sur le satellite. À vous de voir. |
Radio. Fréquence nostalgie
Ces années-là, certains chantaient pour la première fois. À lépoque, le public les découvrait. Pour rendre hommage à ceux davant et les faire connaître aux plus jeunes, Mohamed Bhiri a ressorti les 33 et 45 tours pour une émission éponyme. Le vieux routier de la radio marocaine, voix reconnaissable entre mille, titille les souvenirs pour le plus grand bonheur des nostalgiques. Amateurs dun voyage musical dans les années soixante et soixante-dix, fermez les yeux et branchez vous sur la station Rabat Chaîne Inter tous les samedis de midi à 13 heures. Une heure de divertissement pleine de surprises, promet lanimateur qui officie à lantenne depuis un mois, alternant chansons et sketches. Journaliste de son état, Mohamed Bhiri ravive les mémoires entre rires et spleen. Entre autres, Ces années-là, un de ces samedis, a rappelé aux auditeurs la participation du Maroc à lEurovision 1981, représenté par Samira Bensaïd, pas encore Samira Saïd. |
Exposition. Rembrandt à Casablanca
Si la technique du clair-obscur a encore quelques mystères pour vous, le Sacré-cur éclairera votre lanterne artistique avec lexposition de 50 reproductions en taille réelle des tableaux de Rembrandt. Un décor idéal pour les uvres du peintre, fortement inspiré par la Bible. On retrouve les toiles les plus connues ainsi que celles ayant trait au monde arabe. LOrient a fasciné Rembrandt alors quil na jamais quitté la Hollande, commente lun des organisateurs, à lambassade des Pays-Bas au Maroc. Le portrait dun noble oriental livre ainsi cet imaginaire du 17ème siècle. Et léclairage, possible sagissant de photographies haute résolution, dévoile tous les détails de la peinture et le jeu de lumière qui ont fait la renommée de Rembrandt. Les puristes trouveront lexposition de reproductions sans aucun intérêt artistique, les pragmatiques diront que cest déjà ça de gagné.
Jusquau 11 juillet à léglise Sacré-Coeur. Entrée libre.
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Festival. Que demande le peuple ?
Fier de son statut de précurseur, le Festival national des arts populaires de Marrakech, créé en 1960, remet ça pour la 43ème fois du 14 au 19 juillet. Leçon numéro 1 du vintage, savoir dépoussiérer les classiques : après un show son et lumières au Palais Badii, lévènement unira, sur la grande scène de Bab Ighli, les anciens Najat Atabou, Hajib, Daoudia, Jil Jilala et Nass El Ghiwane à la relève nommée Darga, Hakmin, Saïd Mosker, Nabyla Maan, Fnaïre et Brada. Six jours durant, une centaine de troupes populaires, à peine rentrées dune tournée de 9000 km dans tout le royaume, se produiront dans les quartiers Massira, Mhamid, Sidi Youssef Ben Ali, Daoudiate, Bab Lakhmis et place Harti, pendant quun concours opposera, au Théâtre royal, Ghiyata, Gnaouas et Hennayate. |
Livre. Abdellah Taïa dédicace
Lauteur sera au Maroc cette semaine pour présenter son dernier ouvrage, Une mélancolie arabe (Editions Le Seuil). Loccasion de découvrir le visage frêle du jeune homme qui se cache derrière les mots durs de lécrivain. Après le succès du Rouge du tarbouche où il assume son homosexualité, Abdellah Taïa propose un roman dinspiration autobiographique et relate quatre histoires damour à Salé, Marrakech, Paris et le Caire. Un amour pour les hommes et pour la culture arabe que jalonne une véritable quête didentité. Et à larrivée, Abdellah Taïa vient dêtre sélectionné pour le prix Renaudot. Séance de dédicace, lundi 9 juin, à la Librairie des colonnes de Tanger, mardi 10 à Kalila Wa Dimna à Rabat, le jeudi suivant à lInstitut français de Casablanca, vendredi à la Librairie Porte dAnfa et samedi au Carrefour des livres. |
Théâtre. Un homme et une femme
À la rencontre dune rencontre : image, son, jeu et mouvement se rejoignent dans le spectacle Dédale en Eden. La Compagnie 8 bottes jaunes, lIrisson (Centre du multimédia et des arts visuels de Casa), la Villa des arts de Rabat et lassociation Amesip de Salé croquent la pomme avec de jeunes musiciens et conteurs marocains lors dune résidence de trois semaines (du 2 au 18 juin) à lInstitut français de Casablanca, pour faire naître cette création entre théâtre, danse et vidéo, bilingue et librement inspiré du mythe dAdam et Eve, sur linfinité des possibles dune rencontre. Après un détour par la France et lAngleterre, Dédale en Eden sera en tournée à partir du 18 juin, à Casa, Salé, Marrakech, Rabat et Fès. |
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Humeur.
La toison de Marx
On a eu un jour maudit la mauvaise idée de sinscrire à des lettres dinformation sur Internet, dont une consacrée à la sexologie. Un simple subterfuge pour regarder, sans rougir, des filles nues aux heures de bureau devant des employées en hijab. Lautre newsletter était dédiée à lextrême gauche marocaine et la multitude dassociations gavées de dialectique marxiste et dantimonarchisme. Une manière de sinformer sur les frondes sociales dans le Maroc dit profond, à limage du trou de balle quil est. Cela, sans quitter sa terrasse et sa vue plongeante sur le Maroc superficiel : le décolleté des Casablancaises. Au final, porno et communisme ont eu le même effet pas cool : le spam. Infraction du libéralisme, les pubs pour dopants sexuels et les rallongements de pénis ont inondé notre mail. Méfait du communisme, les tracts anticapitalistes et les slogans antimonarchistes lont saturé. Les marchands du temple promettaient de nous ériger plus haut et plus dur. Leurs pourfendeurs luttaient ferme à faire débander les classes dirigeantes au nom des fesses meurtries du petit peuple. Révolution ou éjaculation, tout se réduisait à une histoire de cul, qui allait avoir lautre ? On vous promettait les mêmes nuits fiévreuses suivies de lendemains qui chantent. On scandait la mort des utopies à la longue. Celle du temps des cerises comme de lamour
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No smoking
Il a offert aux femmes le vestiaire de leur indépendance, a dit Laurence Benaim, biographe dYves Saint Laurent. Le grand maître de lélégance et de la liberté, qui amena le smoking dans la garde-robe de ces dames, est mort dimanche 1er juin. Ses cendres reposeront au Jardin Majorelle de Marrakech.
Acrobaties
Envie de funambules, danseurs et autres tours de voltige ? La troupe chinoise dacrobates, Hunan, se produira au Maroc entre le 5 et le 11 juin. Le calendrier : spectacle le 6 au théâtre Mohammed VI de Casa, le 8 au théâtre Mohammed V de Rabat et le 10 au Centre culturel de Meknès. De quoi faire tourner les têtes
Les rockeurs du Désert
Avis aux mélomanes : Desert Rebel sera en concert pour le tremplin de la 10ème édition de LBoulevard. Le groupe, qui prône la culture équitable, réunit des mastodontes de la musique alternative. Parmi eux, Amazigh Kateb - voix de (feu) Gnawa Diffusion - pour ne citer que lui. Un grand moment musical. Le 11 Juin au théâtre Mohammed V, Rabat. |
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